Risques liés à l’alcool: des médecins contre-attaquent

Instauration d’un prix plancher, taxe proportionnelle au degré d’alcool, encadrement plus strict de la publicité…Des médecins et experts de santé publique proposent 10 mesures pour limiter les dégâts de l’alcool.

Le secteur des boissons alcoolisées n’avait pas été chahuté de la sorte depuis longtemps. Après une première tribune publiée dans nos colonnes en mars visant à rappeler que le vin est aussi dangereux que n’importe quel alcool, quarante grands noms de la médecine et de la santé publique viennent de signer une nouvelle tribune. Cette fois, ils proposent aux autorités sanitaires dix mesures qu’ils jugent efficaces pour protéger des risques de l’alcool. «Nous ne sommes pas de ceux qui contestent que l’alcool, notamment le vin, fait partie de notre paysage, prennent-ils le soin de rappeler en préambule, (…) Mais nous témoignons de ses risques».

Les chiffres leur donnent raison: chaque année, 49.000 personnes décèdent et 15.000 autres se voient diagnostiquer un cancer à cause de leur consommation d’alcool. Les boissons alcoolisées sont d’ailleurs le premier facteur d’hospitalisation en France (environ 580.000 patients pour un coût estimé à 2,6 milliards d’euros par an, selon la Cour des Comptes). L’alcoolisation maternelle est de surcroît la première cause évitable de retard mental de l’enfant. Bien que la situation se soit améliorée depuis les années 1960, la France reste l’un des pays ayant le plus fort niveau de consommation d’alcool au monde, avec un peu moins de 12 litres d’alcool pur par an et par habitant. Alors, que faire?

Même sans abus, l’alcool est mauvais pour la santé

En guise de feuille de route, le gouvernement Français a pour seul objectif d’augmenter la taille du pictogramme destiné à rappeler que les boissons alcoolisées sont contre-indiquées aux femmes enceintes. Le programme proposé par les signataires de la tribune est autrement plus musclé. Ils commencent en douceur avec une première proposition consistant à ajouter sur les étiquettes la quantité de sucre, le nombre de calories ainsi que les grammes d’alcool contenus dans la boisson. L’objectif est d’aider les consommateurs à se repérer par rapport aux quantités maximales recommandées, fixées à 100 grammes par semaine, soit 10 verres standards. Pour l’heure, seuls le taux d’alcool et la présence de sulfites ajoutés doivent obligatoirement être affichés. Des discussions allant dans le sens de cette proposition sont en cours au sein de la Commission européenne.

Les médecins proposent également de remplacer la mention «l’abus d’alcool est dangereux pour la santé» par «l’alcool est dangereux pour la santé». «On le sait, l’alcool est nocif, même en petite quantité, notamment pour les gens souffrant de vulnérabilités. Certaines femmes ont plus de risque de développer un cancer du sein si elles boivent des boissons alcoolisées», explique le Pr Michel Reynaud, professeur de psychiatrie et d’addictologie et coauteur de la tribune. Très récemment, une étude a montré que le risque d’avoir certains cancers (œsophage, oropharynx et sein) augmente à partir de 10 grammes d’alcool par jour, soit l’équivalent d’un verre de vin.

» LIRE AUSSI – Pourquoi dit-on que l’alcool est cancérigène?

Mieux encadrer la publicité et instaurer un prix plancher

Les médecins reviennent également à la charge sur l’épineuse question de la loi Évin. Promulguée en 1991, celle-ci avait notamment pour objectifs d’encadrer la publicité des boissons alcoolisées et d’interdire la vente d’alcool aux moins de 16 ans. Mais des modifications successives ont fini par en amoindrir l’efficacité. «Dans le domaine de l’alcool, la loi Évin a été démantelée, désarticulée, et les dispositions restantes ne sont pour la plupart pas appliquées, déplore le Pr Reynaud. Nous souhaitons revenir à l’esprit initial de la loi, et ainsi protéger les consommateurs ciblés par les industriels du secteur, à savoir les jeunes et les femmes». Les auteurs de la tribune demandent notamment d’interdire fermement la publicité directe et indirecte sur les supports habituels, mais aussi sur Internet et les réseaux sociaux.

Mais la proposition la plus marquante est celle d’une taxe proportionnelle au contenu en grammes d’alcool, à laquelle s’ajoute un prix minimum de vente par unité d’alcool. À l’heure actuelle en France, les taux des différentes accises (impôts indirects) ne sont pas strictement proportionnels à la teneur en alcool ou à la nocivité particulière des différentes boissons alcoolisées, sauf exception. Ainsi, le vin représente 58 % de la consommation d’alcool en France, 71 % du chiffre d’affaires hors exportation et seulement 3,6 % des droits d’accises.

» LIRE AUSSI – Alcool: le mythe des bienfaits sur le cœur

Une minorité de gros consommateurs à risque

L’idée d’une taxe n’est pas du goût de Vin et Société, le représentant de la filière viticole, qui indiquait dans un document adressé aux candidats à la présidence de la République en 2017 que «les pays fortement taxés sont parmi ceux qui connaissent le plus de phénomènes d’alcoolisation massive». Or certaines expériences ont au contraire démontré que la hausse des taxes entraîne une diminution de la consommation. C’est le cas de la Colombie Britannique, une province canadienne où chaque augmentation des prix de 10% a été suivie d’une diminution de la consommation de 3,4%. En mai prochain, l’Écosse instaurera de son côté un prix plancher. Mais il existe également des contre-exemples, à l’image de l’Italie, qui est parvenue à ramener la consommation par habitant autour de 6 litres d’alcool pur par an, et cela alors que le vin y est totalement exonéré de droits d’accises.

«Il ne s’agit pas d’empêcher la population de boire de l’alcool, mais d’informer au mieux, souligne le Pr Michel Reynaud. Actuellement, la perception qu’ont les gens de l’alcool penche clairement en faveur de son aspect récréatif, et non des risques encourus. Il faut rééquilibrer la balance». Sur les 8,8 millions de consommateurs d’alcool réguliers, l’Observatoire français des drogues et toxicomanies estime à 3,4 millions le nombre de consommateurs à risque, c’est-à-dire buvant plus de 10 verres par semaine. «Ces personnes consomment les trois-quart de l’alcool vendu. Ce sont eux qui posent problème», conclut le spécialiste. Alors qu’ils n’ont, pour l’heure, pas reçu de réponse des autorités sanitaires, les signataires de la tribune s’apprêtent à demander la tenue d’une concertation citoyenne sur ce délicat sujet de santé publique.

Source

Publicités

Le cannabis à l’adolescence accroît le risque psychotique

Le risque de développer à l’âge adulte une maladie de type schizophrénique est multiplié par trois.

Les personnes ayant consommé régulièrement du cannabis à l’adolescence ont trois fois plus de risques de développer un trouble psychotique de type schizophrénique avant l’âge de 30 ans, conclut une vaste étude finlandaise de l’université d’Oulu. «Ces résultats sont très clairs, confirme Franck Schürhoff, spécialiste de la schizophrénie aux hôpitaux universitaires Henri-Mondor à Créteil, et d’autant plus intéressants que les adolescents étudiés n’avaient eu aucun symptôme précurseur, ni de parents affectés.»

Sur les 6534 jeunes Finlandais interrogés il y a quinze ans, ceux qui avaient déclaré une consommation fréquente de cannabis étaient trois fois plus nombreux en proportion à avoir déclaré une psychose par la suite. Chose rare dans ce type d’étude, cet effet spécifique de la drogue a pu être distingué de celui de la consommation, souvent conjointe, de tabac ou d’alcool.

Cet effet est corroboré par une étude anglaise de l’université de Bristol, récemment publiée dans la revue médicale JAMA Psychiatry. Sur une population de 5300 adolescents de 14 à 17 ans, ceux déclarant un usage régulier de cannabis avaient un risque trois fois plus élevé d’avoir eu à 18 ans un trouble psychotique (hallucination, délire, voix intérieures).

De plus en plus de passages aux urgences

Là encore, ce risque est apparu beaucoup plus lié au cannabis qu’au tabac. L’hypothèse parfois évoquée que les personnes plus à risque de troubles psychotiques se tournent vers le cannabis a aussi été mise à mal car les adolescents ayant eu à 12 ans des symptômes précurseurs de psychose n’étaient pas plus nombreux à consommer la drogue. «Les adolescents s’avèrent particulièrement vulnérables au cannabis, précise le professeur Franck Schürhoff, car leur cerveau est alors en plein remodelage neuronal et hormonal avec la puberté.» C’est aussi à cet âge que leurs neurones présentent un pic de récepteurs au THC, la substance chimique hallucinogène de la drogue.

Chez les adultes, la responsabilité du cannabis dans le déclenchement de troubles psychotiques est connue depuis longtemps des psychiatres. Elle apparaît maintenant au grand jour dans l’État américain du Colorado, qui a progressivement libéralisé l’usage de cette drogue. En 2009, sa commercialisation à but thérapeutique a été autorisée pour des raisons médicales limitées et mal établies. En 2012, sa consommation récréative a été légalisée. Début 2014, sa commercialisation est permise sous la pression de divers lobbies industriels ou pro-cannabis et avec la perspective alléchante pour l’État de fortes rentrées fiscales. La conséquence a été une augmentation de 20 % des visites aux urgences pour troubles psychiques liées à l’usage du cannabis de début 2012 à fin 2014. Pour les adolescents, ces visites ont pratiquement triplé de 2009 à 2015.

Une drogue facile d’accès et riche en THC

Une telle progression intrigue les chercheurs du département de la Santé du Colorado à l’origine de l’étude, car le nombre de consommateurs réguliers de cannabis et son usage thérapeutique semblent stables depuis des années. Une fréquentation répétée des urgences par les mêmes consommateurs ne semble pas en cause. La conclusion la plus plausible, selon eux, est que le cannabis, devenu beaucoup plus facile d’accès et de plus en plus riche en THC, fait payer un tribut de plus en plus lourd aux populations fragiles qui en font un usage régulier.

Cela semble aussi le cas en France, selon le dernier rapport du Centre européen de surveillance des drogues et de leurs addictions (EMCDDA). Il montre que la prise en charge médicale des personnes pour troubles psychiques dus au cannabis a bondi depuis 2012, date à partir de laquelle la teneur en THC de la résine de cannabis a aussi progressé. Les diverses formes de cannabis dont la teneur en THC a triplé ces dernières années présentent un danger nettement supérieur pour le système nerveux, et celui-ci n’est plus atténué par d’autres substances présentes naturellement dans la plante.

«La consommation de cannabis devient un problème de santé publique chez les adolescents, d’autant plus s’ils présentent des signes de risque de psychose comme le repli social, une diminution de la motivation, des croyances bizarres ou des perceptions inhabituelles», prévient Franck Schürhoff.

À côté des structures de type «centre de détection et d’intervention précoce» tel que celui de Nancy, les maisons d’adolescents de chaque département doivent jouer un rôle important pour dépister les jeunes les plus vulnérables et leur éviter de basculer dans la première crise psychotique. «Et pourquoi n’y aurait-il pas aussi des campagnes de prévention plus générale sur les dangers de cette drogue, comme pour le tabac ou l’alcool? s’interroge le psychiatre, nous connaissons désormais les risques de dépendance et de schizophrénie qu’elle fait courir à toute une partie de la population.»

Source

Les professionnels de santé au défi des nouvelles substances psycho-actives

Paris, le vendredi 13 avril 2018 – Comme le suggèrent les derniers rapports de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) la consommation de nouvelles substances psycho-actives (NSP) explose.

Face à cette recrudescence, les professionnels de santé se sentent parfois impuissants. Pour les aider à combattre efficacement ce fléau, l’Académie de pharmacie a consacré sa dernière séance plénière à cette problématique.

Rappelons en préambule que ces NSP regroupent principalement des cannabinoides, opioïdes, cathinones et phényléthylamines de synthèse.

Des substances hautement toxiques

Présentant des teneurs en substances psycho-actives plus élevées que leurs ancêtres « naturels », ces drogues peuvent parfois menacer le pronostic vital : plusieurs centaines de décès ont ainsi été dénombrés au niveau européen. Néanmoins, comme le souligne le Pr Bruno Mégarbane* « il est difficile aujourd’hui d’établir si les NSP sont plus dangereuses que les drogues conventionnelles; tout au moins, on peut affirmer qu’elles sont toxiques et à l’origine d’une létalité prévisible marquée ».

Le Pr Mégarbane a également présenté le tableau d’une intoxication aigue.

Elle associe des signes adrénergiques (tachycardie, hypertension, agitation, mydriase), des symptômes d’encéphalopathie (confusion, hallucinations), des signes sérotoninergiques (myoclonies, fièvre) et/ou des défaillances d’organe. Le risque de complication neurologique (coma, convulsions, accident vasculaire) est majeur. Il existe aussi un risque de défaillance cardiovasculaire, respiratoire et rénal, hépatique et/ou hématologique (coagulation intravasculaire disséminée).

A ce sombre tableau, on pourra également ajouter les cas, biens documentés, d’automutilations et de suicides suivant immédiatement l’utilisation de ces produits.

Une consommation très répandue chez les toxicomanes

Dans le cadre de ces discussions, le Pr Jean-Claude Alvarez** a dressé un état des lieux de la prévalence de l’utilisation de ces produits.

Mais, immédiatement, un premier écueil s’impose : si ces molécules sont des dérivées de substances pour lesquelles il existe des tests de dépistage rapides, leur « modification structurale » les rend indétectables par ces tests et « la mise en évidence et la confirmation de ces nouvelles molécules reposent donc essentiellement sur la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse ».

Cependant, « un des moyens d’évaluation de la prévalence de drogues dans une population donnée est l’analyse capillaire, qui permet d’objectiver, mois après mois, l’évolution des consommations » a rappelé le Pr Alvarez.

Recourant à cette méthode, son équipe a réalisé deux études, l’une menée sur une population de patients suivis en addictologie ou hospitalisés en réanimation suite à une overdose, l’autre auprès d’un groupe d’homosexuels masculins ayant participé à l’essai Ipergay (dont l’objectif est l’évaluation de l’efficacité de la prophylaxie pré-exposition au VIH).

Sur 328 patients inclus dans la première étude, 96 (29 %) avaient déjà consommé des NSP. Dix-huit NSP différentes ont été identifiées, les cathinones étant la classe la plus représentée (36 %). La 4-methylethcathinone (4-MEC) est la molécule la plus répandue (17 cas), suivie par la méphrédrone (15). La prévalence de consommation d’autres drogues était de 36 % pour la cocaïne, 25 % pour les amphétamines, 33 % pour les opiacés et 22 % pour la kétamine. Les NSP sont retrouvées seules dans 9 % des cas, et sont le plus souvent associées à la cocaïne (64 %), aux amphétamines (55 %) ou aux opiacés (28 %). Il est également apparu que la fréquence de détection des NSP a progressé au cours de l’étude effectuée entre 2012 et 2016.

Dans les seconds travaux, parmi les 69 patients inclus, 37 étaient positifs aux NPS. Quinze NSP différentes ont été identifiées. La méphédrone est la molécule la plus répandue (14 cas), suivie par la 4-MEC (12). La prévalence de consommation d’autres drogues était de 68 % pour la cocaïne, 45 % pour la MDMA et 38 % pour la kétamine et aucun opiacé n’a été retrouvé. Aucun cas de NSP seule n’a été identifié.

Quelle prise en charge ? 

Selon plusieurs études, environ 15 % des consultations aux urgences suite à la consommation d’une drogue sont liées à une NPS, d’où l’importance de la communication du professeur Bruno Mégarbane sur la prise en charge des intoxications aigues à ces substances.

Elle suppose une « réhydratation, sédation par benzodiazépines ou neuroleptiques en cas d’agitation, traitements anticonvulsivants en cas d’épilepsie, intubation trachéale si trouble de conscience ou défaillance vitale, oxygénation au masque ou ventilation mécanique si insuffisance respiratoire, remplissage et catécholamines si insuffisance circulatoire. L’épuration extrarénale (hémodialyse ou hémoperfusion) permet de traiter les troubles hydro-électrolytiques menaçants mais non d’accélérer l’élimination du toxique. L’hyperthermie maligne et la toxicité sérotoninergique grave peuvent requérir un refroidissement par voie externe, une curarisation après sédation et ventilation mécanique et l’administration de cyproheptadine (antagoniste sérotoninergique des récepteurs 5HT-2A et 5HT-2C). La place du dantrolène n’est pas établie. La dépression neuro-respiratoire induite par les NPS opioïdes semble réversible par la naloxone, même si des doses plus élevées ont pu être nécessaires pour éviter l’intubation trachéale».

Concernant la prise en charge de la dépendance, comme le fait remarquer le Dr Alain Dervaux***, aucune étude randomisée contrôlée n’a été menée pour évaluer l’efficacité des traitements pharmacologiques et psychothérapiques dans des populations de sujets présentant une addiction aux NSP.

La prise en charge de ces patients est donc aujourd’hui calquée sur celle de l’addiction au cannabis pour les cannabinoïdes de synthèse, sur celle des addictions aux amphétamines pour les cathinones et autres stimulants de synthèse et sur celle de l’addiction aux opiacés dans les addictions au fentanyl et aux fentanyloïdes.

Frédéric Haroche

Source

Les hôpitaux désarmés face à de nouvelles drogues

Photo d'illustration ©FRED DUFOUR - AFP

Face à la multiplication de drogues de synthèse de plus en plus variées, l’Académie de pharmacie tire la sonnette d’alarme.

Ces drogues sont le plus souvent des « cannabinoïdes de synthèse » (plus de 170 identifiés en Europe selon l’académie).

Alors les cannabinoïdes, pour faire simple, c’est du cannabis de synthèse qui est plus puissant, plus dangereux et plus addictif que le cannabis naturel.

Fabriqué en Chine, il se présente le plus souvent sous forme d’un mélange de plantes séchées (conditionné dans un petit sachet métallique) sur lesquelles une solution chimique le rendant plus actif a été pulvérisée.

Il peut également être vendu sous forme d’encens, de poudre ou d’e-liquide pour cigarette électronique.

Ils portent toujours la mention « non destiné à la consommation humaine ».

Seulement voilà, aujourd’hui, 15 % des consultations aux urgences liées à la toxicomanie concernent cette nouvelle drogue.

Or, face à l’inventivité des chimistes qui alimentent le marché sur internet ou ailleurs, les moyens employés pour identifier des drogues mieux connues comme le cannabis naturel , la cocaïne, l’héroïne, ou les amphétamines ne suffisent pas.

En fait , « la modification structurale des molécules de ces drogues de synthèses les rend indétectables par les tests de dépistage actuels, ce qui pose un vrai problème au monde médical comme aux services de police.

Quelles sont les conséquences concrètes justement de l’apparition de ces drogues de synthèse ?

Les effets des cannabinoïdes de synthèse sont souvent imprévisibles, et les conséquences sur la santé peuvent être très graves« Crise d’angoisse, troubles du sommeil, hypotension sévère, hallucinations, perte de conscience, dommages aux reins, problèmes cardiaques, avec parfois des palpitations plusieurs heures après la prise ».

Il y a même eu des décès, notamment aux États-Unis. De plus, Il n’existe pas actuellement de traitement de substitution.

L’Académie demande de meilleurs équipements techniques dans les hôpitaux, plus perfectionnés, seule façon, selon elle, de mettre en évidence cette drogue chez un patient, faute de quoi, des drames sont à prévoir.

Source

La drogue qui ravage l’Amérique (BFMTV)

Cliquez ici pour voir la vidéo

C’est devenu la première cause de mortalité chez les moins de 50 ans aux États-Unis: les overdoses aux opioïdes, ces médicaments antidouleur dérivés de l’héroïne. Deux millions d’Américains en sont dépendants et 42 000 en sont morts l’an dernier, dont la chanteuse des Cranberries. Il s’agit d’un fléau qui ravage tout le pays et qui touche tout le monde. Il a même fait reculer l’espérance de vie et a déjà fait plus de morts que les guerres du Vietnam et d’Irak réunies. – Un document « Grand angle BFMTV » du lundi 2 avril 2018.

Grand rendez-vous de décryptage et de reportages, « GRAND ANGLE » propose aux téléspectateurs de prendre le temps de revenir sur les grands événements de la journée. A la présentation de ce format unique, en prenant le temps nécessaire à la télévision, Jean-Baptiste Boursier reçoit, à l’issue de la diffusion de deux longs reportages, des invités en lien avec les thèmes abordés pour commenter, s’interroger, débattre, expliquer et apporter des clés de compréhension de l’actualité. Bruno Jeudy et Salhia Braklia décryptent eux les coulisses de la politique avec leur regard.

Attentats de l’Aude : Radouane Lakdim était positif au cannabis

Selon les premières expertises toxicologiques réalisées sur le corps de Radouane Lakdim, le terroriste aurait consommé une importante dose de cannabis peu avant ses attaques, révèle M6info.

Radouane Lakdim, le terroriste qui a tué quatre personnes dans plusieurs attaques dans l’Aude vendredi 23 mars, était positif au cannabis, selon les premières expertises toxicologiques effectuées sur son corps, révèle M6info, citant une source judiciaire.

Les expertises toxicologiques réalisées sur la dépouille de Radouane Lakdim auraient démontré qu’il avait consommé une importante dose de cannabis, quelques heures avant ses attaques terroristes.

Radouane Lakdim a été abattu lors de l’assaut des forces de l’ordre dans le Super U de Trèbes, où il retenait le gendarme Arnaud Beltrame en otage. Quatre personnes ont perdu la vie dans ces attaques. Après l’hommage national rendu mercredi 28 mars à Arnaud Beltrame aux Invalides à Paris, les obsèques de Jean Mazières, Christian Medves et Hervé Sosna ont eu lieu jeudi 29 mars.

Source

Les cinq substances les plus addictives pour le cerveau

Quelles sont les substances qui rendent notre cerveau accro ?

Voici les cinq substances les plus addictives. Certaines sont en vente libre.

Le classement des substances les plus addictives peut varier en fonction des différents critères utilisés pour les classer. En 2007, David Nutt et son équipe de chercheurs ont interrogé différents experts en addictologie pour tenter d’élaborer le classement le plus objectif possible.

L’héroïne

L’héroïne est la drogue la plus addictive, selon l’étude de David Nutt. Elle augmente le taux de dopamine (système de récompense du cerveau) de 200 %, ce qui la rend hautement addictive. De plus, la dose létale est seulement cinq fois supérieure à la dose nécessaire pour obtenir l’effet escompté.

La cocaïne

La cocaïne empêche les neurones d’éteindre le signal de la dopamine, ce qui provoque une activité anormale du système de récompense du cerveau. Environ 21 % des personnes qui essaient la cocaïne en deviennent dépendants une fois dans leur vie.

La nicotine

Il s’agit du principal ingrédient addictif du tabac. La nicotine est rapidement absorbée par les poumons et envoyée vers le cerveau. Les chercheurs prévoient que le tabac tuera 8 millions de personnes chaque année d’ici 2030. Il s’agit de la drogue la plus addictive accessible en vente libre.

Les barbituriques

Ce sont les plus anciens somnifères. Ils étaient initialement utilisés comme médicament pour traiter l’anxiété et les troubles du sommeil. À de faibles doses, ils causent une certaine euphorie, mais à des doses plus élevées ils peuvent être mortels, car ils inhibent les réflexes de respiration. Ils sont aujourd’hui beaucoup moins répandus, car ils ont été remplacés par les benzodiazépines (Xanax, Valium, etc.).

L’alcool

Autre substance très addictive en vente libre : l’alcool. Il a pour effet principal d’augmenter les niveaux de dopamine dans le système de récompense du cerveau de 40 à 360 %. Quelque 22 % de ceux qui ont « bu un verre » développent une dépendance à l’alcool à un moment de leur vie. L’alcool a également été classé comme la substance la plus dangereuse au monde par d’autres experts.

Cannabis et déclenchement de schizophrénie :

La bombe à retardement de la Super Skunk

Alors que depuis l’arrivée des catégories de cannabis, skunk ou superskunk à la fin des années 90, plusieurs études avaient pu montrer les risques de maladies mentales liées à la consommation de ces nouvelles variétés, des psychiatres britanniques mettent aujourd’hui en cause ces produits pour des cas de psychose, de délires paranoïaques et de schizophrénie. Comment expliquer de tels effets ?

Le chanvre indien ou Cannabis indica est une plante herbacée annuelle à tige droite, proche du chanvre commun ou Cannabis sativa, qui est quant à lui utilisé pour fabriquer la fibre textile de chanvre. Car le premier est riche en tétrahydrocannabinol (THC), alors que le second n’en renferme que des traces. Les principaux synonymes du chanvre indien ou « cannabis » sont le haschisch (mot d’origine arabe), l’herbe, la marijuana (mot d’origine espagnole), la marie-jeanne ou encore le shit. En réalité, ces synonymes ne sont pas strictement équivalents, car chacun d’eux est fréquemment associé à un mode de préparation particulier, réalisé à partir de la plante brute.
C’est ainsi que les termes d’herbe, de marijuana et de marie-jeanne sont plutôt employés pour désigner l’herbe séchée, alors que ceux de haschisch et de shit le sont plutôt pour désigner la résine (plus concentrée en THC) qui est extraite de l’herbe.
En raison de sa richesse en tétrahydrocannabinol (THC), son principal principe actif, le cannabis est un produit stupéfiant, classiquement considéré comme une « drogue douce », ce qui est de moins en moins vrai eu égard aux procédés actuels de fabrication de dérivés concentrés en THC qui sont de plus en plus souvent consommés. Comme presque tous les stupéfiants, il a un effet antalgique ou antidouleur, qui est parfois utilisé en thérapeutique.
Ce sont les feuilles, les fleurs et les tiges du chanvre indien femelle ou « cannabis » qui sont consommées, après avoir été séchées et hachées : il s’agit alors du cannabis naturel ou « herbe ». Ce cannabis naturel peut être mâché ou fumé. Le kif est en principe du cannabis naturel qui est mélangé à du tabac pour être fumé. Mais c’est de plus en plus souvent de la résine qui est mélangée à du tabac, pour être fumée dans des « joints » roulés ou dans des pipes à eau inspirées du narguilé.
Si la notion de « drogue douce » pouvait à la rigueur se justifier avec la consommation de cannabis naturel (herbe séchée), elle n’est plus adaptée aux formes concentrées que sont l’huile et surtout la résine, réellement dangereuses. Il faut préciser que la forte tendance actuelle à l’augmentation de la concentration en THC des dérivés du cannabis est particulièrement le fait d’une sélection génétique d’herbes concentrées et qui plus est de souches de cannabis produites par manipulations génétiques. Ces formes concentrées de cannabis sont cultivées notamment aux Pays-Bas et appelées Misty, Ice blue, Nederweet, Amnesia, Sinsemilla, Skunk ou encore super Skunk. Ainsi, non seulement la résine est plus concentrée que l’herbe en THC, mais de surcroît on est parvenu à obtenir de nouvelles formes de cannabis qui sont naturellement enrichies en THC. Les résines de cannabis les plus concentrées ont ainsi un taux de THC qui dépasse très largement 20 %, alors que le taux initial du Cannabis naturel était très inférieur à 10 %.
Le THC a une affinité exceptionnelle et une réelle toxicité pour le cerveau.
Ce produit a des effets enivrant et sédatif, qui peuvent être recherchés par les consommateurs. Mais il perturbe la mémoire à court terme et la fixation mnésique durable ; il entraîne également des troubles de l’équilibre et de la coordination.
Le THC a aussi des effets désinhibiteurs, pouvant se manifester par une agressivité dirigée contre soi ou contre les autres, par des comportements dangereux (sources d’accidents de la voie publique, d’autant plus que ce produit perturbe l’équilibre et la coordination), ainsi que par une désinhibition sexuelle (relations non consenties ou non protégées). Il a également un effet anxiolytique très apprécié et recherché par les sujets inquiets. Mais cette action anxiolytique s’atténue avec le temps (c’est la tolérance, à ne pas confondre avec la dépendance) : après plusieurs mois ou années d’un abus de cannabis, l’anxiété réapparaît et de façon bien plus intense qu’elle ne l’était auparavant. Ce produit a encore un effet antidépresseur. C’est ainsi que les sujets dépressifs peuvent devenir des consommateurs réguliers de cannabis. Mais là encore, une tolérance s’installe avec les mois et surtout les années. Comme avec l’anxiété, la dépression finit par réapparaître et de façon bien plus grave qu’auparavant, avec dès lors un risque de suicide. En effet, l’augmentation du taux de suicides chez les jeunes serait en partie liée à leur fréquente consommation de cannabis.
Mais ce qui est encore plus préoccupant, c’est la relation bien établie entre la consommation de cannabis et la survenue ou l’aggravation de la schizophrénie. La schizophrénie est une psychose chronique se traduisant par des délires (typiquement, des délires paranoïdes, ainsi appelés parce que moins structurés que les délires paranoïaques), des hallucinations, un comportement aberrant et parfois d’allure automatique, un langage pauvre et parfois incompréhensible, une perte de contact avec la réalité, un repli sur soi (repli autistique) et souvent une régression intellectuelle et mnésique.

Quels sont les risques de long terme de consommation de tels produits skunk ou superskunk ?

La schizophrénie évoluée aboutit à un handicap mental et social majeur. Le risque de schizophrénie (maladie appelée communément « la folie ») est d’autant plus élevé que la consommation est précoce et importante. Plusieurs études sont particulièrement alarmantes à ce sujet.

Source

Une nouvelle campagne sur les dangers du cannabis au volant

 

Le spot sera visible à la télévision et au cinéma, rappelant au passage que la consommation de cannabis est interdite en France.

En matière de prévention, la Sécurité Routière va avoir du pain sur la planche avec les 80 km/h. On peut déjà voir une campagne sur ce sujet dans la presse papier et, à n’en pas douter, un spot ne va pas tarder à être diffusé sur les écrans.

La Sécurité Routière n’en oublie pas pour autant les autres causes d’accidents. Elle donne ce week-end le coup d’envoi d’une campagne pour lutter contre la consommation de produits stupéfiants, avec le slogan « Fumer du cannabis est illégal, sur la route ça peut être fatal ».

Bien que la possession et la consommation de cannabis soient interdites, selon l’Office français des drogues et de la Toxicomanie (OFDT), ce produit est consommé en France par plus de cinq millions de personnes, au moins une fois dans l’année. Pour près de 700 000, c’est même de manière quotidienne.

Sous l’emprise du cannabis, un conducteur n’a pas conscience de la diminution de ses capacités : mauvaise évaluation des distances, perte de vigilance et de contrôle, diminution de la concentration… 22 % des personnes tuées sur la route en 2016 l’ont été dans un accident impliquant un conducteur sous l’emprise de stupéfiant.

Un nouveau spot de sensibilisation sera donc diffusé à partir du 25 mars à la télévision et du 28 mars au cinéma. La vidéo montre l’enterrement d’un jeune, mort dans un accident de la route après avoir fumé du cannabis.

 

La réponse de Trump à l’épidémie de drogue: un vaccin contre la dépendance

Donald Trump veut financer la recherche sur un vaccin contre la toxicomanie. Avec l’introduction de la peine de mort pour les trafiquants et la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique, c’est sa méthode singulière pour lutter contre la pire épidémie de drogue que les États-Unis aient jamais connue.

Dans un discours au New Hampshire, Trump a rassuré les Américains: « Je vous dis que le fléau de la toxicomanie s’arrêtera en Amérique », a déclaré Trump dans la ville de Manchester.

Les États-Unis traversent actuellement la pire épidémie de drogue que le pays ait jamais connue. (Lire: Les États-Unis des toxicos: toutes les 8 minutes, un Américain meurt d’une overdose). Le président a été fort critiqué pour avoir réclamé un « état d’urgence pour la santé publique » il y a six mois sans avoir depuis établi de plan d’action concret ni d’avoir réuni de fonds pour financer cela. Au New Hampshire, un état où le problème de l’addiction est encore plus grand qu’ailleurs, Trump est enfin arrivé avec un plan (un peu) plus concret.

Des points importants de son approche avaient déjà été divulgués. Par exemple, Trump pense que les trafiquants d’analgésiques illégaux (tels que l’héroïne) devraient recevoir la peine de mort. Il a fait référence aux pays qui pratiquaient la « tolérance zéro » envers les trafiquants de drogue, sans nommer ces pays, et a déclaré qu’ils n’avaient plus de problème de drogue.

La peine de mort ne fonctionne pas

Ce qui est un non-sens total. Il n’y a aucune donnée qui appuient les déclarations de Trump. Singapour, l’un de ces pays auquel Trump fait parfois référence, ne publie pas de chiffres fiables, mais ses rapports de police montrent qu’ils n’ont pas confisqué moins de drogues ces dernières années. Au contraire, ils en ont confisqué plus.

Les États-Unis rejoindraient de la sorte la fameuse liste des pays où la peine de mort est encore appliquée pour des faits de drogue: l’Iran, l’Arabie saoudite, la Chine, Singapour et l’Indonésie.

Trump a reconnu que la peine de mort pour trafic de drogue n’était peut-être pas applicable: « Peut-être que notre pays n’est pas prêt pour cela. » Il veut également faire tout ce qu’il peut pour empêcher les drogues d’entrer aux États-Unis. Sa solution est de construire un mur à la frontière avec le Mexique. Il est convaincu qu’au final, même les Démocrates voudront de son mur le long de la frontière avec le Mexique,

On estime que 2,6 millions d’Américains sont dépendants des analgésiques lourds. Et comme les opiacés sont chers, de nombreux consommateurs lui préfèrent l’héroïne, moins chère mais illégale. Pour inverser cette tendance, Trump veut améliorer l’éducation et limiter le comportement prescripteur des médecins. Dans trois ans, le nombre de prescriptions doit avoir diminué d’un tiers, souhaite le président.

Vaccin

De nombreuses vies ont déjà été sauvées avec du Naloxone ou du Narcan, un remède qui contrecarre l’effet d’une overdose d’analgésiques. Du coup, Trump estime que ce remède devrait être disponible partout.

Il croit également que plus de recherche devrait être réalisée dans la création de nouveaux remèdes. En décembre, il a été annoncé que les scientifiques avaient mis au point un vaccin qui contrecarre la dépendance à l’héroïne chez les souris et les rats. Les anticorps dans le vaccin empêchent la production d’un effet euphorique.

Trump souhaite que le vaccin soit également mis à la disposition des gens, bien que, selon les experts, cela devrait prendre un certain temps. Combien d’argent le président veut investir dans l’enquête? On ne le sait pas encore.

Le vaccin auquel Trump fait référence a été présenté en décembre par des chercheurs du Walter Reed Army Institute of Research. La question est de savoir si cela fonctionne sur les gens. Le problème est qu’en principe, le vaccin ne fonctionne qu’à court terme et nécessite des doses répétées.

En passant, un tel vaccin serait volontaire de toute façon. Trump est fortement opposé à la vaccination obligatoire. (Lire: De pire en pire: Trump veut que Robert F. Kennedy Jr, un dangereux anti-vaccin, préside une commission sur la sûreté des vaccins)

Source

Une émission de télé bien préparée !!

Quand, à partir d’un téléfilm ( « Prêtes à tout »), FR2 engage un « débat »  sur le thème  « Drogue : Un échec français ? ».

 Professeur Jean Costentin (Président du CNPERT)

 Peut-être avez-vous regardé (mercredi 14 mars, sur FR2, à 21h) le téléfilm « Prêtes à tout », remarquablement interprété par Anne Charrier et Alika del Sol, jouant le rôle de deux mères de famille, découvrant que leurs fils s’adonnaient au cannabis puis à la cocaïne, et étaient devenus dealers pour financer leurs consommations. Ils entraient alors en compétition avec un caïd de cité qui, avec ses sbires sans foi ni loi, après des contraintes et des menaces leur firent violence. Ces deux mamans désemparées, s’appliquaient à protéger leurs fils. Puis vint l’épilogue où ces mamans, visées avec un revolver par le caïd, le renversèrent avec leur voiture et le tuèrent. Ce film, traité avec beaucoup de subtilité, restitue bien le cheminement des deux ados, la psychologie des mamans, l’atmosphère glauque de la cité et le milieu du deal…

Le débat qui suivit  ( visible en cliquant ici jusqu’au 21/03/2018) fut, je ne dirais pas modéré, mais orienté par Julian Bugier (que je découvrais en la circonstance). Il avait constitué deux plateaux successifs comportant près d’une dizaine d’invités, dont deux seulement pour exprimer leur opposition à la légalisation du cannabis.

L’un d’eux était une mère de famille venue avec son grand fils qu’elle avait arraché à l’enfer du cannabis. Elle se réjouissait, on la comprend, que son gentil jeune homme, après avoir perdu beaucoup de temps dans son cursus dans l’enseignement secondaire, ait accédé enfin à la sixième année des études médicales.

L’autre invité donna à ce débat (hélas trop brièvement) la hauteur qui lui faisait défaut ; pourtant l’animateur s’appliqua, par ses petits coups de pattes, à tenter d’en relativiser la portée. Il s’agissait du docteur Philippe Juvin, chef de service des urgences de l’Hôpital européen Georges Pompidou et, de surcroît, maire de La Garenne-Colombes (92). A partir de son expérience de Maire, de sa culture et de sa pratique médicales, il justifia l’interdiction du cannabis, à partir de considérations sanitaires, enfin évoquées dans cette émission, soulignant la dangerosité du cannabis et les multiples dégâts qui lui sont imputables.

Dans la séquence précédente, le président de la Fédération française des addictions = FFA, (un psychologue, Couteron), n’avait fait qu’effleurer cet aspect, pour néanmoins décocher, en quittant le plateau, telle flèche du Parthe, « qu’il fallait bien sûre légaliser cette drogue »….

Le docteur Juvin aurait pu attirer l’attention (ce que par tact il n’a pas fait) sur le comportement bizarre d’un invité, présentant différentes manifestations de l’intoxication cannabique : yeux rouges (conjonctives injectées), chute des paupières (ptosis palpébral), regard dans le vague, gestuelle inappropriée, stéréotypies verbales…

Débattre d’un tel sujet est sûrement opportun, mais avec l’organisation honnête,  qu’on est en droit d’exiger d’une chaîne publique. Cela requiert : un nombre équivalent de défenseurs d’opinions contraires ; un équilibre de leurs temps de parole, corrigé au mieux en fonction de l’importance des éléments qu’ils ont à exposer ; une application à ne pas noyer les idées majeures dans des broutilles ou des anecdotes (ce qui signifie un nombre restreint d’intervenants). Enfin, et surtout, le modérateur ne doit donner l’impression d’appartenir à un camp et moins encore de s’ingénier à le faire gagner. Ce type de controverses requiert un arbitre, dont on aimerait qu’il connaisse bien le sujet ; bref tout ce qui manquait à ce débat, qui en l’occurrence ne mérite pas ce nom.

Ce débat s’intitulait : « Drogue – un échec français ? » ; titre en l’occurrence  inapproprié. Il y a échec quand, ayant déployé de grands efforts, ils n’aboutissent pas. Quels efforts d’informations sur les drogues et toxicomanies ont été effectués par les pouvoirs publics auprès des jeunes français? L’observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) vient de tancer la France pour ses carences majeures en cette matière ; aspect qui a, évidemment, été complètement éludé.

 

Cannabis : un nouveau syndrome inquiète les médecins

Consommé quotidiennement, le cannabis provoque un désordre aigu et un nouveau syndrome qui demeure mystérieux pour la communauté médicale. Le « syndrome d’hyperémie cannabinoïde », ou CHS, devient surtout de plus en plus fréquent.

Cannabis : un nouveau syndrome inquiète les médecinsOPENRANGE/ISTOCK

 

De fortes nausées, des vomissements sévères et des douleurs abdominales épigastriques ou périombilicales, tels sont les symptômes du « syndrome d’hyperémie cannabinoïde » auquel des chercheurs américains se sont intéressé.

Les effets du cannabis sont paradoxaux : son usage médical vise à lutter contre les nausées et vomissements chez les cancéreux mais, consommé quotidiennement, il provoque un désordre aigu qui demeure mystérieux pour la communauté médicale.Une des problématiques réside dans le fait que les personnes ignorent totalement que ce syndrome peut survenir suite à une consommation quotidienne de cannabis.Il s’agit d’un syndrome aigu et récurrent qui semble de plus en plus fréquent. Les résultats de leur étude sont publiés dans la revue Basic and Clinical Pharmacology and Toxicology.

Le paradoxe de la marijuana

C’est en 2004 qu’on nomme pour la première fois ce syndrome aigu, dans le journal médical Gut, un journal officiel de la British Society of Gastroenterology. Les personnes qui en souffrent tentent de faire passer ces symptômes en prenant des douches ou des bains chauds.

Dans leur étude, les chercheurs ont observé 155 personnes qui se sont présentées aux urgences à New York et à qui on a diagnostiqué un CHS. Les résultats globaux de l’étude suggèrent qu’un tiers des personnes qui signale une forte consommation de marijuana souffre de symptômes du CHS. Cet état serait, par ailleurs, plus fréquent chez les 18-29 ans.

En extrapolant au nombre de consommateurs quotidiens de marijuana, les chercheurs estiment que 2 millions d’adultes américains pourraient être touchés par le syndrome : en 2014 aux Etats-Unis le nombre de personnes ayant souffert de symptômes du CHS serait estimé entre 2 130 000 et 3 380 000.

Quel traitement ?

En pratique, les chercheurs ont ensuite demandé aux malades d’évaluer onze méthodes permettant de soulager ces nausées / vomissements aigus, à l’aide de l’échelle de Likert (en 10 points : de « pas du tout utile » à « le plus utile ».  Ces méthodes comprenaient : douches chaudes, douches froides, air frais, médicaments antiémétiques, fumer de la marijuana, s’abstenir d’en fumer, augmenter la température ambiante, manger, boire de l’eau, fumer des cigarettes et dormir.

Cinquante et une personnes ont indiqué que les douches chaudes procuraient un soulagement efficace, soit 32,9%. La seule méthode réellement efficace à 100% est d’arrêter de fumer de la marijuana. Il n’y avait pas de différence selon le sexe, l’âge…

Une 2e étude est prévue

Les chercheurs précisent tout de même les nombreuses limites inhérentes à l’étude : on ne peut pas être sûr à 100% que les personnes interrogées au cours d’un questionnaire médical soient totalement honnêtes quant à leur consommation de cannabis.

Par ailleurs on ignore parfois leurs antécédents médicamenteux et toxicologiques, et donc les possibles médicaments auxquels pourraient être imputés les symptômes ou les possibles interaction avec l’alcool et d’autres toxiques.

Les chercheurs travaillent désormais sur une seconde étude visant à identifier des médicaments éventuellement responsables, car pour le moment seul l’arrêt ou la réduction de la consommation de cannabis parvient à faire disparaître les symptômes.

Source