GROSSESSE et CANNABIS : Prudence, les effets sont sévères sur la santé du bébé

La légalisation croissante du cannabis, en particulier aux Etats-Unis, en élargit l’utilisation globale, thérapeutique ou récréative, y compris par les femmes enceintes. Ainsi, aux Etats-Unis, environ 16% des femmes enceintes en consomment quotidiennement. De premières études ont associé l’exposition in utero au cannabis à des résultats neurodéveloppementaux défavorables chez le fœtus. Cette nouvelle étude d’une équipe de l’Université du Nevada (Las Vegas) menée par échographie révèle de nouveaux effets néfastes sur le développement du fœtus : retard de croissance, insuffisance pondérale à la naissance, vulnérabilité aux infections, réduction du taux d’oxygène in utero… Dans le Journal of Maternal-Fetal & Neonatal Medicine, ces auteurs médecins mettent en garde les femmes en âge de concevoir : 0 cannabis durant la grossesse.

Le résultat n’est pas surprenant car c’est pendant son développement in utero que le « bébé » est probablement le plus vulnérable aux expositions néfastes. C’est confirmé par cette étude de cohorte rétrospective menée auprès de 450 femmes enceintes qui se sont auto-identifiées comme des utilisatrices régulières de cannabis. 450 femmes non consommatrices de canabis ont été appariées en tant que témoins. Les chercheurs ont comparé les données démographiques, les mesures de biométrie fœtale, la translucidité nucale et les données des dopplers de l’artère ombilicale chez les utilisatrices vs témoins. Le retard de croissance intra-utérin a été défini comme une réduction du poids fœtal de 10%, par rapport au poids normal.

De nouveaux effets multiples et néfastes du cannabis identifiés sur la santé du fœtus

La consommation quotidienne de cannabis pendant la grossesse apparaît ici liée à un risque accru d’insuffisance pondérale à la naissance,

  • de retard de croissance : au troisième trimestre, 26 des 192 fœtus exposés au cannabis présentent un retard de croissance (vs 6 des 192 témoins),
  • de vulnérabilité aux infections,
  • de diminution du taux d’oxygène ou d’apoxie (liée à une augmentation de la résistance vasculaire placentaire aux deuxième et troisième trimestres qui peut perturber le flux nécessaire de sang riche en oxygène à travers le placenta),
  • l’hypoglycémie,
  • de faibles scores d’Apgar,
  • la mortinaissance.

Ainsi, la consommation maternelle quotidienne de cannabis est associée à de nombreux problèmes de santé pour le bébé pendant la grossesse, mais aussi après la naissance et plus tard dans la vie. Ces données viennent confirmer les résultats de précédentes recherches : « Des données récentes publiées dans le JAMA indiquent que la consommation de cannabis durant la grossesse a doublé au cours des 15 dernières années et que 70% des femmes estiment que le risque associé est minime, voire nul », alerte l’auteur principal, le Bobby Brar, médecin à l’UNLV School of Medicine.

Ces conclusions qui contribuent à la preuve des dangers de l’exposition in utero du fœtus au cannabis, doivent alerter les jeunes femmes en âge de concevoir. Les médecins notent également que l’exposition à certains composés chimiques présents à la fois dans le tabac et le cannabis pourrait expliquer les anomalies de croissance observées : les hydrocarbures aromatiques polycycliques, présents à la fois dans le tabac et la fumée de cannabis seraient clairement en cause.

Des études supplémentaires seront nécessaires pour mieux comprendre les effets négatifs de la consommation quotidienne de cannabis de la mère, sur la croissance du fœtus, mais les auteurs mettent sérieusement en garde sur les dangers la consommation de cannabis pendant la grossesse.

Les femmes enceintes devraient être soumises à un dépistage tout au long de leur grossesse et être informées des effets possibles, ainsi que des interventions pouvant leur permettre d’arrêter de fumer.

L’ecstasy à Paris : 10 morts depuis Janvier 2019

La MDMA, la « drogue de l’amour », fait son retour en Europe

Plus connue quand elle se trouve sous la forme d’ecstasy, cette drogue ne détrône pas le cannabis en termes de consommation en Europe, mais elle talonne la cocaïne.

Comprimés d’ecstasy.
Comprimés d’ecstasy. DOMINIQUE FAGET / AFP

La « drogue de l’amour », la « D », la « MD »… Autant de petits noms pour désigner la MDMA (3,4-méthylènedioxyméthamphétamine), un stupéfiant plus connu quand il se trouve sous la forme d’ecstasy, qui signe son retour en Europe. La substance, qui s’est fait connaître dans les années 1990, ne détrône pas le cannabis en termes de consommation, loin de là, mais elle talonne la cocaïne depuis quelques années. C’est ce que montre le rapport 2016 de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), publié mardi 31 mai, et qui porte sur les données des années 2013 et 2014.

Ce rapport estime que 13 millions des 15-64 ans ont déjà consommé de la MDMA, soit près de 4 % de cette population (5,1 % a déjà testé la cocaïne et 24,8 % le cannabis). La MDMA séduit majoritairement des jeunes adultes : sur les 2,5 millions de personnes en ayant consommé au cours de l’année, 2,1 millions ont moins de 35 ans.

Substance présente dans les raves à ses débuts, « la MDMA/ecstasy n’est plus une drogue de niche ou liée à une sous-culture » et se trouve dans les bars ou les fêtes à domicile, indique par ailleurs le rapport.

« Peu chère, facile d’accès, de bonne qualité », la MDMA remplit tous les avantages d’une consommation « festive » de drogue, reconnaît Muriel Grégoire, psychiatre à l’hôpital Marmottan, spécialisé dans la prise en charge des addictions. « Elle a vraiment bonne réputation », ajoute la soignante, soulignant qu’il y a peu de risque de devenir accro : « C’est une drogue qui n’accroche pas. »

« En addictologie, ce n’est pas le problème principal, explique-t-elle. La MDMA stimule d’abord la sérotonine, et non la dopamine, comme le fait la cocaïne. Et si la cocaïne peut être discrète socialement, les effets de la MDMA sont visibles, si bien que les gens n’ont pas envie d’être dans cet état tout le temps. »

La MDMA est aussi « empathogène », c’est-à-dire qu’elle génère de l’empathie, d’où son surnom de « drogue de l’amour ». Les personnes qui en consomment décrivent un sentiment d’amour universel, l’envie de câliner son voisin, ils ressentent de l’énergie pour danser tout en restant « tranquille, sans devenir irritable », rapporte le docteur Muriel Grégoire.

« Bad trip » et attaques de panique

Pourtant, cette drogue a aussi des effets indésirables. Muriel Grégoire reçoit ainsi en consultation une poignée de consommateurs de MDMA qui ont l’impression de « ne pas redescendre » :

« Souvent, ce sont des patients qui en ont pris de manière abusive, de fortes doses ou tous les week-ends pendant plusieurs semaines. Ils ont fait un “bad trip” et ils gardent des signes résiduels quelques jours voire quelques semaines après. Ils peuvent souffrir de troubles anxieux ou dépressifs (attaque de panique, anxiété du matin au soir), ou, plus rarement, de troubles psychotiques comme un sentiment de persécution, de déréalisation ou de dépersonnalisation, c’est-à-dire qu’ils ne reconnaissent plus où ils sont ou qui ils sont. »

Les personnes fragiles ou alcoolisées sont plus sujettes à ces « mauvais voyages » mais « ces effets indésirables peuvent arriver à n’importe qui », souligne Muriel Grégoire. Le risque de surdose, pouvant entraîner la mort, n’est pas exclu non plus. « La situation est d’autant plus préoccupante que la MDMA […] est de plus en plus disponible via les marchés en ligne », précise Alexis Goosdeel, directeur de l’OEDT.

Le rapport de l’OEDT rappelle que la MDMA, après une phase de grande popularité dans les années 1990, a connu « une longue période pendant laquelle sa piètre qualité et son adultération [frelatage] se sont traduites par une diminution de sa consommation ».

Mais, aujourd’hui, « un marketing sophistiqué et ciblé » serait en œuvre, selon les auteurs de l’étude, afin de relancer cette drogue. Ils décrivent ainsi des « poudres, cristaux et comprimés fortement dosés, avec toute une série de logos, de couleurs et de formes ». « Il pourrait s’agir d’une stratégie délibérément mise en œuvre par les producteurs afin d’améliorer la réputation de cette drogue », suggère l’observatoire.

Substituts « légaux »

Par ailleurs, sur Internet, on voit apparaître des produits de synthèse vendus comme des substituts « légaux », indique l’étude. Ces nouvelles substances psychotiques jouent sur une zone grise juridique, éphémère : le temps que la « nouvelle » molécule soit officiellement reconnue comme illicite, elle peut être considérée comme légale par défaut.

Or la cathinone, par exemple, un substitut de stimulants tels que les amphétamines, la MDMA et la cocaïne, « a causé près de 200 intoxications aiguës et une centaine de décès depuis 2011 » en Europe, souligne le rapport. Plus risquées, ces substances sont aussi « clairement addictives », constate Muriel Grégoire.

Source 1

Source 2

Le Monde annonce la victoire de la Russie sur l’alcoolisme

Avec un récent rapport de l’OMS à l’appui, Le Monde a mis en valeur la baisse de la consommation d’alcool en Russie au cours de ces dernières années. Une hausse de l’espérance de vie en a résulté.

La Russie «a fait chuter l’alcoolisme», a indiqué Le Monde en se référant à un rapport ad hoc publié en octobre dernier par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Selon ce rapport, la consommation d’alcool par individu a reculé de 43% entre 2003 et 2016, résultat notamment d’une politique de restrictions appliquée depuis le début des années 2000, note le journal.L’OMS «va jusqu’à présenter les progrès réalisés par Moscou en matière de lutte contre l’alcoolisme comme « une success story »  à même de « donner des leçons » à d’autres pays», s’étonne le journaliste du Monde.

La diminution de la consommation des alcools forts entre 2003 et 2016 se monte à 67%, principalement au profit de la bière et du vin, note le journal. En 2017, chaque Russe de plus de 15 ans avait consommé en moyenne 11,1 litres d’alcool pur, soit moins que les Français (11,7 litres), pour une moyenne européenne à 9,8 litres.

Espérance de vie en hausse

La baisse massive de la consommation d’alcool a également contribué à accroître l’espérance de vie, qui s’est établie à 78 ans pour les femmes et 68 ans pour les hommes en 2018. Un niveau record, selon les auteurs du rapport de l’OMS. Au début des années 1990, l’espérance de vie masculine n’était que de 57 ans, contre 71 ans pour les femmes.Pour l’OMS, il y a «une corrélation forte» entre cette amélioration des indicateurs démographiques et la baisse de la consommation d’alcool, même si d’autres facteurs sont à prendre en compte. Par exemple, le stress des sauvages années 90, la mauvaise alimentation, le tabagisme et la détérioration drastique des services sociaux et de santé à cette époque.

Cigarette électronique : y aura-t-il aussi des morts en France ?

La Maison Blanche se dit inquiète des effets du vapotage après la mort d’une quarante septième personne liée à l’usage de cigarettes électroniques.

Atlantico : Comment expliquer ces décès ? Les Etats-Unis sont-ils les seuls à être touchés de la sorte ?

Gérard Dubois : L’épidémie d’atteintes pulmonaires (2290 cas) a commencé fin juillet et sa cause est connue depuis début septembre. C’est le détournement de l’usage de la cigarette électronique (vaporette) pour inhaler des produits achetés en dehors des circuits légaux contenant du THC (principe actif du cannabis) dilué dans de l’acétate de vitamine E. Ce mélange huileux est très mal supporté par les poumons et a tué 47 utilisateurs. Ce qui est curieux, c’est que les agences fédérales américaines de santé (Center for Disease Control and Prevention et la Food and Drug Administration) ont longtemps persisté à mettre en cause le vapotage en tant que tel et n’ont reconnu la vraie cause que mi-novembre, soit très tardivement. On peut ou non considérer comme fortuit que ce revirement soit concomitant avec le changement d’opinion du Président des Etats-Unis. D’abord bruyamment favorable à une interdiction des liquides aromatisés pour vaporette, il a ensuite changé d’avis.

Il faut signaler que si tous les médias du monde ont parlé de cette épidémie (qui est finissante), elle n’a concerné que les Etas-Unis. Un seul cas est survenu au Canada et un en Belgique, avec la même cause. Il est évident qu’interdire la vaporette pour un détournement d’usage comme en Inde, est aussi aberrant que d’interdire la fabrication des verres parce que quelqu’un est mort en buvant un verre de poison. C’est confondre le contenant non nocif avec le contenu toxique.

Qu’en est-il de la législation en France ? Y aura-t-il également des morts à cause du vapotage ?

Comme demandé par les experts et l’Académie de médecine dès 2015, la réglementation en France es très différente. La sûreté des produits est assurée et les substances dans les e-liquides font l’objet d’une déclaration. La limite autorisée en nicotine de ces liquides est le tiers de ce qui est autorisé aux Etats-Unis! La vente aux mineurs et la publicité sont interdites. Malgré une surveillance renforcée, aucun cas n’a été déclaré en France. Y aura-t-il des morts à cause du vapotage en France? Comme aux Etats-Unis, oui si des produits huileux sont mis sur le marché illégal. Non pour les utilisateurs de produits légaux.

Quelles peuvent être les solutions pour éviter ces morts ? La cigarette électronique est-elle aussi dangereuse que le tabac ?

Il y aura de nombreux morts chez les vapoteurs désinformés qui reviennent au tabac et les fumeurs prêts à vapoter qui y ont renoncé. Il faut retenir que le jour du premier décès dû au THC avec huile de vitamine E, 1500 fumeurs sont décédés le même jour aux Etats-Unis, 22000 dans le monde. Le pire inconvénient de cette crise, c’est d’avoir sciemment nui à la réputation de la vaporette alors que Santé Publique France indique qu’au moins 700 000 fumeurs ont décroché grâce à elle. La vérité est que les Etats-Unis paient leur manque de surveillance et de règlementation comme avec la crise des opioïdes. Alors que le tabac tue la moitié de ses consommateurs assidus, il ne faut pas se tromper d’ennemi. Les avantages de la vaporette sont certains, ses inconvénients hypothétiques.

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A Saint-Denis, une centième chaîne humaine contre la drogue sur fond de menaces des dealers

Depuis l'intrusion de dealers dans une école de Seine-Saint-Denis, des parents forment une chaine humaine devant l'école de leurs enfants.

Depuis l’intrusion de dealers dans une école de Seine-Saint-Denis, des parents forment une chaine humaine devant l’école de leurs enfants. – BERTRAND GUAY / AFP
Les parents d’élèves de Saint-Denis forment depuis le printemps dernier des chaînes humaines devant les écoles de plusieurs quartiers de la ville en proie au trafic de drogue. Malgré plusieurs intimidations, les habitants n’entendent pas baisser les bras.

8h15 devant l’école élémentaire Honoré de Balzac. La pluie battante n’a pas découragé la cinquantaine de personnes qui a répondu à l’appel des parents d’élèves des écoles de Saint-Denis ce vendredi 15 novembre. C’est devenu un rituel, après avoir accompagné leurs enfants jusqu’aux grilles de l’école, les parents forment une chaîne humaine pour protéger symboliquement l’établissement, situé entre deux points de deals. “Malgré le mauvais temps, on est toujours là !”, lâche avec le sourire Soraya, mère de deux enfants.

« Les dealers avaient pris l’habitude de dormir dans les locaux et d’y cacher leur drogue »

A l’origine de la mobilisation, une intrusion de dealers dans le groupe scolaire le 13 mai dernier, entraînant le confinement des 600 élèves pendant près d’une heure. Un épisode loin d’être isolé, qui s’est reproduit huit fois depuis lors. “Deux nouvelles intrusions ont été constatées depuis la rentrée, dont une dans le centre de loisirs au mois d’octobre”, raconte Catherine Denis, représentante de parents d’élèves FCPE au sein de l’établissement. “Avant l’incident du mois de mai, les dealers avaient même pris l’habitude de dormir dans les locaux du centre de loisirs et d’y cacher leur drogue. L’école c’est un sanctuaire, on ne touche pas à l’école de nos enfants”.

MANQUE DE MOYENS HUMAINS

Malgré le sombre tableau dessiné par des parents désœuvrés, la bonne humeur et la solidarité sont de mise. Comme un message envoyé aux guetteurs. “On est optimistes, regardez, on est tous ensemble, solidaires les uns des autres et on ne lâchera pas. L’Etat ne nous écoute pas, nous abandonne, et on doit s’y substituer pour agir. C’est important qu’on se responsabilise pour nos enfants, pour notre quotidien”, dit Fabienne, habitante de Saint-Denis.

Ce renoncement des pouvoirs publics, ils sont nombreux à l’agiter ce vendredi. Florence Hay, maire adjointe de Saint-Denis, brandit le dernier rapport parlementaire sur l’action de l’Etat en Seine-Saint-Denis pour dénoncer les inégalités que connaît le département. “Nous demandons simplement d’avoir les mêmes moyens que les autres territoires. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Cinq maires du département ont d’ailleurs attaqué l’Etat en justice pour rupture d’égalité”. La maire de quartier concède toutefois une petite victoire : 28 policiers issus du dispositif Quartiers de reconquête républicaine (QRR) ont été déployés depuis le mois d’octobre dans les quartiers nord, mais cela reste insuffisant selon l’élue pour endiguer les trafics.

DES MÈRES DE FAMILLE MENACÉES

Un rempart humain contre la drogue semble donc s’installer dans la durée, qui n’est évidemment pas du goût des trafiquants. Depuis le mois de mai, cinq mères de famille impliquées dans la mobilisation ont été la cible d’intimidations. Voitures vandalisées ou encore menaces de violence, trois d’entre elles envisagent de quitter les quartiers nord de Saint-Denis. “Nous avons reçu deux d’entre elles pour les accompagner dans leurs démarches de relogement. Mais ce n’est pas normal qu’elles aient à partir, c’est aux dealers de le faire”, signale Florence Hay.

« Je ne tremblerai pas face à des gamins de 14 ou 15 ans »

Sylvie, habitante de Villepinte, venue en soutien au collectif de Saint-Denis, a elle aussi été menacée par les dealers de son ancien quartier au printemps dernier. “Après avoir médiatisé les problèmes du trafic dans mon quartier, des dealers ont uriné sur mon palier et détérioré ma porte d’entrée. J’ai été victime de harcèlement de rue, jétais tous les jours menacée, c’était invivable”.

Malgré ces pressions constantes, la peur n’a pas envahi le collectif de parents du 93. Fabienne pointe même une déstabilisation des dealers, peu habitués à voir surgir un mouvement spontané de la sorte. “Ils ont rarement vu des parents se mobiliser comme ça. Je ne tremblerai pas face à des gamins de 14 ou 15 ans ». Les parents de Saint-Denis espèrent ainsi envoyer un signal fort aux autorités pour que celles-ci prennent vraiment le relais.

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Le recours au cannabis serait peu efficace pour réduire la consommation d’opioïdes chez les patients dépendants

(Relaxnews) – Une équipe de chercheurs canadiens a passé plusieurs études en revue afin de déterminer si le cannabis pouvait constituer une porte de sortie pour les patients dépendants aux opioïdes sevrés à la méthadone. Mais les résultats de l’enquête ne montrent pas de preuve solide quant au rôle salvateur du cannabis dans ce cas de figure précis. 

La crise des opiacés fait rage aux Etats-Unis avec, depuis le milieu des années 2010, plus de 50.000 décès par overdose. Le Canada, qui compte plus de 10.000 morts liées à la prise de ces drogues (héroïne, morphine, tramadol, codéine, oxycodone, fentanyl) utilisées illicitement pour soulager les douleurs chroniques est également concerné par ce fléau de santé publique.

La récente légalisation du cannabis à usage récréatif au Canada ainsi que dans plusieurs états américains laissait supposer une réduction de la consommation d’opiacés au profit du cannabis thérapeutique, reconnu lui aussi pour ses effets antidouleurs.

Mais une méta-analyse récemment publiée dans le Canadian Medical Association Journal et soutenue par The Canadian Institutes of Health Research (l’Institut de recherche en santé du Canada) met en lumière le manque de preuve évidente des bienfaits supposés du cannabis médical pour contrer la crise des opiacés.

Des chercheurs de l’université McMaster (Ontario, Canada) ont passé 23 recherches en revue, dont une méta-analyse comprenant six études avec un nombre total de 3.676 participants portant sur la consommation de cannabis pendant le traitement de sevrage à la méthadone.

L’équipe a constaté que les personnes qui consomment du cannabis pendant un traitement de sevrage ne consommaient pas moins d’opioïdes. De surcroît, cela ne les rendait pas plus susceptibles de prolonger le traitement jusqu’à la fin, notent les chercheurs.

« Nous n’avons trouvé aucun consensus parmi les études montrant que la consommation de cannabis est associée à une réduction de la consommation d’opioïdes ou à une plus longue rétention du traitement lorsqu’il est utilisé pendant le traitement de sevrage à la méthadone chez les patients atteints d’un trouble de consommation d’opioïdes », précisent les auteurs de l’étude.

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La légalisation du cannabis récréatif augmente la « consommation problématique »

Par Victor Garcia,
Les auteurs estiment que le grand public doit être mieux informé des avantages et des méfaits du cannabis.

Les auteurs estiment que le grand public doit être mieux informé des avantages et des méfaits du cannabis.

Les États américains qui ont légalisé l’usage récréatif de l’herbe psychotrope rencontrent une hausse des « consommations problématiques », selon une nouvelle étude.

L’étude en bref. La consommation de cannabis dans les États américains qui ont légalisé l’usage récréatif – c’est-à-dire non médical – a augmenté chez les adultes de plus de 26 ans et, en moindre partie, chez les adolescents. Les chercheurs se sont appuyés sur les réponses de plus de 500 000 sondées pendant 8 ans, selon une étude publiée dans la très sérieuse JAMA Psychiatry.

Qui l’a publiée ? Le principal auteur est l’épidémiologiste Magdalena Cerdá, directrice du NYU Center for Opiodie Epidemiology and Policy et professeur associée du Langone Medical Center, l’un des meilleurs centres médicaux universitaires des États-Unis. Mais l’étude est signée par un ensemble de chercheurs de la Grossman School of Medicine et de la Columbia University Mailman School of Public Health.

« Plus 26 à 37% chez les plus de 26 ans »

Dans le détail. Les auteurs de l’étude ont commencé par analyser les données de « L’enquête nationale sur la santé et l’usage de drogues » (NSDUH), qui compte 505 796 participants. Les chercheurs se sont intéressés aux données collectées entre 2008 et 2016 dans le Colorado, l’Etat de Washington, l’Alaska et l’Oregon, les quatre premiers États américains à avoir légalisé le cannabis pour l’usage récréatif (en 2014 pour les deux premiers, 2015 pour les deux autres). Le but était de disposer d’informations sur l’usage de cannabis avant et après la légalisation.

Ils ont ensuite comparé l’évolution de la consommation dans ces quatre États et dans ceux qui n’avaient pas légalisé le cannabis récréatif. Les chercheurs ont réparti l’usage en trois catégories : au moins une fois dans le mois, consommation fréquente (plus de 20 jours par mois) et consommation problématique, soit celle qui provoque des troubles comme une accoutumance accrue, de multiples tentatives (ratées) de contrôler ou d’arrêter ou encore l’abandon d’autres activités « sociales » au profit de la consommation. Enfin, ils ont séparé les consommateurs en trois catégories, les adolescents âgés de 12 à 17 ans, les jeunes adultes, de 18 à 26 ans, et les plus de 26 ans.

Résultats ? Ils ont constaté que, chez les adolescents, la « consommation problématique » était 25% plus élevée dans les États où l’utilisation récréative avait été légalisée et augmentait de 2,18 à 2,72%. Chez les jeunes adultes, aucune différence n’a été observée. En revanche, chez les plus de 26 ans, la consommation « une fois par mois » était 26% plus élevée par rapport aux autres États et passait de 5,65% à 7,10% ; l’utilisation était 23% plus élevée, progressant de 2,13 à 2,62%, et l’utilisation problématique 37% plus élevée, passant de 0,9% à 1,23%.

« Il existe des avantages à la légalisation »

Conclusions. Ces résultats peuvent surprendre puisque, jusqu’à maintenant, les arguments en faveur de la légalisation du cannabis consistaient à dire qu’elle pouvait aider à baisser la criminalité en coupant un vecteur de financement, de mieux contrôler la qualité des produits, et de faire baisser la consommation générale, voire de limiter l’accès aux drogues mortelles. « Bien que beaucoup de recherches ont été menées sur la légalisation de la marijuana à des fins médicales, très peu ont porté sur l’impact de la légalisation de l’usage récréatif, un phénomène récent aux États-Unis, analyse Magdalena Cerdá, interrogée par L’Express. Surtout, aucune étude n’avait encore examiné l’impact de la légalisation de la marijuana à des fins récréatives sur l’usage et le trouble de l’usage du cannabis dans différents groupes d’âge ».

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Les auteurs appellent à augmenter les efforts concernant la prévention et le traitement contre l’addiction. « Les traitements comportementaux comme la thérapie cognitivo-comportementale, le management des contingences [qui consiste à soutenir la dynamique des personnes par des renforcements positifs, NDLR], ou encore la thérapie de renforcement de la motivation se sont révélés très prometteurs chez les personnes qui consomment beaucoup », détaille la chercheuse. Pour les adolescents, elle rappelle l’intérêt des programmes visant à limiter la consommation précoce de marijuana, mais aussi de l’alcool et d’autres drogues.

Réduire les inégalités ethniques

Plus globalement, les auteurs estiment que le grand public doit être mieux informé des avantages et des méfaits du cannabis et tiennent à rappeler qu’il existe des avantages sociaux liés à la légalisation. « Nous espérons que la légalisation de la marijuana puisse diminuer les inégalités raciales et ethniques, car les chiffres montrent que lorsque la consommation de marijuana est illégale, les Noirs et les Hispaniques sont plus susceptibles d’être arrêtés et incarcérés pour possession de drogue, ce qui contribue considérablement aux inégalités carcérales des minorités raciales et ethniques dans notre pays », note Magdalena Cerda.