Le cannabis, un ennemi de la fertilité

Le cannabis, un ennemi de la fertilité
Pour les couples souhaitant concevoir, la consommation de cannabis n’a rien d’anodin. Elle affecte à la fois les fonctions reproductives féminine et masculine et rend la conception plus difficile.

Très souvent banalisée, la consommation de cannabis peut avoir un impact négatif sur la fertilité féminine et masculine.

Commençons par les femmes. Fumer régulièrement entraîne des perturbations du cycle et de la qualité d’ovulation. « Cela est dû non seulement au THC (la principale molécule active du cannabis) mais aussi à d’autres composants du cannabis », peut-on lire sur le site stop-cannabis.ch. « Il semble ainsi par exemple que des phytoestrogènes présents dans la fumée de cannabis interfèrent avec  les récepteurs des oestrogènes. »

En outre, selon  l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), le cannabis « entraine un risque augmenté de kystes de l’ovaire et un risque d’infertilité pour les femmes ayant consommé du cannabis dans l’année précédant la tentative de conception ».

Du côté des hommes, les travaux vont dans le même sens. Le joint entraîne une diminution de la production de sperme, de la mobilité des spermatozoïdes et de leur durée de vie. Ainsi en 2003, une étude a montré un comportement anormal des spermatozoïdes: ils bougeaient trop vite et trop tôt. Ils avaient beaucoup moins de chances d’arriver à atteindre l’ovule et donc à féconder celui-ci.

Une conception difficile

Enfin, il a été montré que la consommation de cannabis au moment de la conception entraîne plus de risques de fausses couches et de grossesses extra-utérines. Il semble que le  THC empêche le transport et la nidation des embryons dans l’utérus. Par ailleurs, il serait néfaste lors d’une fécondation in vitro.

« Certaines de ces études doivent être confirmées », concède le site drogues-info-service.fr. « Toutefois, le principe de précaution incite les couples désireux d’avoir un enfant à cesser leur consommation de cannabis et de tabac, d’autant plus s’ils sont déjà suivis pour infertilité ou souhaitent avoir recours à la procréation médicalement assistée. »

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Cannabis, cocaïne, ecstasy: les Français consomment-ils plus que leurs voisins européens?

Deux personnes fumant du cannabis. (Illustration)

Un ami nous a quitté

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de notre éminent collègue et excellent ami, le docteur André Fabre, survenu à Créteil le 27 Mai 2019, à l’hôpital intercommunal (CHIC) où il a longtemps exercé.

Pédiatre de renom, formé aux écoles française et américaine, il s’est investi rapidement dans la protection des adolescents  par la lutte contre les drogues : il a été un pilier du CNPERT et un correspondant actif de notre blog  dés sa création.

Passionné d’informatique, il a largement développé l’utilisation des dossiers informatisés des patients et la mise en place du PMSI dans notre hôpital. Cette compétence lui a valu de développer la cellule informatique de l’Académie nationale de médecine.

La cérémonie religieuse sera célébrée le mardi 11Juin à l’Eglise suédoise (9 rue Médéric à Paris 17e), l’inhumation aura lieu en Suéde le 14 Juin au cimetière de Karaby.

A son épouse, Britt-Marie, à ses enfants et ses petits enfants, nous adressons nos sentiments de vive sympathie. Nous perdons un ami fidèle, présent dans tous les combats, qui a apporté compétence et fougue à la défense de nos convictions. Il est et reste présent parmi nous, nous ne l’oublierons pas.

Pr. Jean-Paul Tillement

En deux ans, 1,6 million de fumeurs en moins en France

INFOGRAPHIE – Il faudra encore attendre dix ou quinze ans pour observer une inversion de la courbe de mortalité.

1,6 million de fumeurs en moins, en à peine deux ans: le recul spectaculaire du tabagisme en France se confirme en 2018, selon le dernier Baromètre santé publié mardi 28 mai. Pour la deuxième année consécutive, l’enquête met en évidence une diminution du nombre de fumeurs quotidiens âgés de 18 à 75 ans. «L’ampleur de la baisse sur deux ans, de l’ordre de 12 %, est sans précédent: elle traduit non seulement un arrêt du tabac chez des fumeurs mais aussi une réduction du nombre de jeunes qui entrent dans le tabagisme», se réjouit François Bourdillon, le directeur général de Santé publique France qui voit dans ces résultats «un grand succès».

En 2018, 32% des Français adultes consommaient du tabac: 25,4 % quotidiennement (en chute de 1,5 points par rapport à 2017) et 6,6 % de manière occasionnelle. Ils ont aussi allumé moins de cigarettes – 15 par jour en moyenne. La cigarette électronique, de plus en plus utilisée pour arrêter de fumer, est devenue le premier outil d’aide au sevrage. 3,8 % des Français vapotent au quotidien en 2018, contre 2,7 % un an plus tôt. La moitié d’entre eux sont des anciens fumeurs.

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«L’instauration du paquet sans logo a contribué à rendre la cigarette moins attrayante, notamment auprès des jeunes»

Amélie Eschenbrenner, chargée de communication au Comité national contre le tabagisme (CNCT)

Cette baisse (moins importante qu’en 2017) est «la preuve qu’une politique cohérente et énergique a des effets sur la santé publique», salue Amélie Eschenbrenner, chargée de communication au Comité national contre le tabagisme (CNCT). Après des années d’attentisme, les autorités sanitaires ont pris le taureau par les cornes en 2016. La baisse actuelle est, selon les experts, la conséquence de l’arsenal de mesures antitabac mises en œuvre depuis lors: augmentation régulière des prix, mise en place du paquet neutre, remboursement des substituts nicotiniques (patchs, gommes) comme des médicaments ou encore, lancement d’une opération d’incitation à l’arrêt, le «Mois sans tabac». Sa dernière édition en novembre 2018 a connu un succès important, avec 250.000 inscrits. «Cet événement, ainsi que l’instauration du paquet sans logo, a contribué à rendre la cigarette moins attrayante, notamment auprès des jeunes», affirme Amélie Eschenbrenner. En 2017, l’enquête Escapad menée chez les mineurs de 17 ans avait déjà montré une baisse du tabagisme dans ce public.

Le dernier Baromètre santé, réalisé par téléphone auprès de 9000 personnes, comporte cependant plusieurs points noirs. Les chercheurs remarquent l’impact des inégalités sociales qui restent très marquées, même si elles ont tendance à s’atténuer. Ainsi 19,4 % des Français ayant au moins le bac fument quotidiennement, contre 28,2 % des non-diplômés.

De plus en plus de fumeuses

Par ailleurs la prévalence du tabagisme dans notre pays est toujours l’une des plus élevées en Europe, notamment chez les femmes. Avec 11,5 millions de fumeurs quotidiens en 2018, la France est encore loin des pays ayant imposé des politiques offensives de plus longue date, à l’instar des États-Unis et de l’Australie qui comptent aujourd’hui moins de 15 % de fumeurs.

» LIRE AUSSI – Tabac: les fumeurs sous-estiment encore les risques

Selon François Bourdillon, «les effets de cette baisse de consommation sur la mortalité ne se feront de toute façon pas sentir avant dix ou quinze ans». On estime à 75.000 le nombre de morts attribuables en 2015 au tabagisme, à la suite de cancers, de maladies cardiovasculaires ou de pathologies respiratoires. Cela correspond à 13 % des décès survenus en France métropolitaine. Depuis quinze ans, ce décompte augmente de 5 % chez les femmes chaque année en moyenne. Conséquence visible avec retard de leur entrée dans le tabagisme dans les années 1960 et 1970.

La tendance à la baisse va-t-elle se poursuivre? Le CNCT se dit confiant : «L’objectif de la première génération sans tabac en 2032, c’est-à-dire moins de 5 % de fumeurs chez les jeunes majeurs nés en 2014, est accessible.» En 2020, le prix du paquet de cigarettes coûtera 10 euros.

Pourquoi la légalisation du cannabis constituerait un drame de santé publique

Pr Jean Costentin

Membre des Académies Nationales de Médecine et de Pharmacie, contributeur du CERU, le labo d’idées universitaire, le Professeur Costentin, auteur de “Le désastre des toxicomanies en France” (Éditions Docis, 2018), explique en quoi la légalisation du cannabis constituerait un drame de santé publique.

Une course de vitesse se joue entre les tenants de la légalisation du cannabis, pressés de voir commis l’irrémédiable, et ceux qui informés des méfaits de cette drogue, tentent d’alerter les Français sur le drame sanitaire qui en résulterait.

La toxicité du cannabis, tant psychique que physique, a été maintes fois démontrée. Elle n’est d’ailleurs plus contestée dans le milieu médical. Pourtant, de nombreux lobbys favorables à sa légalisation investissent de gros moyens de communication pour faire accroire que cette drogue est un produit anodin. Face à cette propagande offensive, le rôle des médecins doit être de rappeler la véritable nature de cette substance et les dangers qu’elle fait peser sur notre santé.

La toxicité psychique du cannabis, liée à son principal constituant, le THC, a de multiples effets : elle induit une ivresse et provoque des effets désinhibiteurs qui sont la source de nombreux dangers aussi bien pour la conduite automobile que dans diverses activités professionnelles. Il a été démontré également que l’usage de ce toxique perturbait fortement la capacité d’apprendre et donc les activités éducatives ; il favorise la survenue d’anxiété, de troubles dépressifs pouvant inciter au suicide ; il joue un rôle dans l’apparition ou l’aggravation d’une schizophrénie qu’on ne sait guérir. De plus cette…

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Cannabis: des «conséquences importantes sur la santé mentale des ados»

La Dre Gabriella Gobbi est catégorique. « Le cannabis, ce n’est pas une drogue légère », a mentionné la chercheuse en marge d’une présentation faite au congrès de l’ACFAS lors d’un colloque sur les nouvelles perspectives scientifiques et l’importance pour la prévention du suicide.

Les données qu’elle a présentées sont évocatrices, alors qu’environ « 16 000 cas de tentatives de suicide au Canada seraient évités chaque année si les adolescents ne fumaient plus de cannabis ».

Psychiatre à l’Hôpital général de Montréal, la Dre Gobbi observe dans sa propre pratique une hausse des consultations pour des problèmes de santé mentale chez de jeunes consommateurs de cannabis.

Elle a notamment évoqué le cas d’un jeune Français, fils de deux médecins, qui avait consommé du cannabis une fois avant d’arriver au Canada pour ses études, lorsqu’il avait 19 ans.

Mais « pendant une période de stress et d’insomnie, ses amis lui offrent du cannabis », a relaté la Dre Gobbi. À 22 ans, sa copine l’amène à l’urgence. Il est en dépression sévère et a des idées suicidaires.

La Dre Gobbi souligne que le cas de cet étudiant illustre « le risque du groupe ». « Quand il habitait avec ses parents, il n’avait pas vraiment consommé, […] mais avec les pairs, quand tous tes amis consomment, tu consommes aussi, explique-t-elle.

Selon des données de 2013, l’âge moyen de la première consommation de cannabis se situait à 15,1 ans au Canada et à 13,5 ans au Québec.

La prévention devrait donc commencer à la préadolescence, entre 11 et 13 ans, croit la Dre Gobbi. «Les études sont très claires et disent que quand les parents sont très informés des conséquences du cannabis sur la santé mentale, c’est là que la prévention est la plus efficace, expose-t-elle. C’est donc très important que les parents soient bien informés que le cannabis n’est pas une drogue légère, que ce n’est pas une drogue récréative.»

Les conséquences sur le cerveau peuvent se faire sentir à l’adolescence, mais aussi «plus tard dans la vie», souligne par ailleurs la psychiatre. Les jeunes adultes sont «encore à risque entre 18 et 21 ans», dit-elle, alors qu’on observe une «augmentation exponentielle» de la consommation de cannabis dans cette petite tranche d’âge.

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Google Play Store arrête les livraisons de cannabis

Google Play Store arrête les livraisons de cannabis

Le roi des Gafa va bannir les applications qui vendent ou conseillent les potentiels consommateurs de marijuana.

À contre-courant d’une vague mondiale de légalisation du cannabis, récréatif ou thérapeutique, Google déclare la guerre à cette substance polémique. C’est contre l’achat de cannabis via Google Play Store, grand magasin virtuel d’applications sur mobile, que le géant américain entend lutter. Il a suffi d’une mise à jour, mercredi, de la politique de cette plateforme. Le roi des Gafa va en bannir, d’ici un mois, les applications, nombreuses, qui vendent ou conseillent le potentiel consommateur de marijuana ou de produits en contenant pour qu’il se fasse livrer.

Google n’a pas fait les choses à moitié: même les résidents d’États ayant légalisé cette drogue ne pourront, en effet, se soustraire à sa décision.

Google emboîte ainsi le pas d’Apple, dont l’Apple Store interdit déjà les applis qui facilitent la vente de marijuana, mais aussi de tabac ou substances contrôlées.

En riposte à ce durcissement de Google, le porte-parole d’une des applications incriminées (Eaze) a évoqué le risque que ces décisions «aident uniquement le marché illégal à prospérer». Google précise que les applications visées peuvent s’adapter à ses nouvelles règles, en évoquant le cannabis, par exemple, mais sans vente intégrée. Déterminé à séduire les plus jeunes, le groupe ne peut en outre se permettre de sembler promouvoir drogues et violences. D’autant qu’il a, encore tout récemment, été taclé après la découverte de contenus violents inappropriés dans des jeux pourtant destinés aux enfants.

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