Cannabis : la ministre de la Santé compte fermer les coffee shops

Agnès Buzyn l’a déclaré, dimanche, sur RTL. Selon elle, ces établissements fermeront dans plusieurs mois.

Des personnes font la queue devant un coffee shop, dans le 11e arrondissement de Paris, le 9 juin 2018.
Des personnes font la queue devant un coffee shop, dans le 11e arrondissement de Paris, le 9 juin 2018.
(ALPHACIT NEWIM / CROWDSPARK / AFP)

« Il va falloir qu’on revoie la législation et revoir comment on met de l’ordre dans tout cela. » Face au boom actuel de coffee shops qui « détournent le droit » pour vendre un dérivé du cannabis, le gouvernement veut clarifier la loi, a déclaré la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, sur RTL, dimanche 17 juin.

« Zone grise du droit »

A la question « auront-ils fermé dans quelques mois ? », la ministre a répondu : « Je pense qu’ils auront fermé ». Pour elle, « ces coffee shops se sont ouverts sur une zone grise du droit. Le droit dit que le chanvre peut être utilisé à des fins industrielles quand il contient moins de 0,2% de THC [la substance active du cannabis]. Il ne parle pas de produits en cigarette mais de la plante. Or ces magasins détournent le droit en disant que leurs cigarettes contiennent moins de 0,2% de THC. »

« Aujourd’hui, toute vente de cannabis à usage récréatif lorsqu’il contient du THC, quelle que soit la dose, est normalement condamnable. Mais c’est vrai que la législation sur les 0,2% peut être un peu floue », a relevé Agnès Buzyn.

Enquête préliminaire ouverte

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, le 11 juin, concernant une boutique parisienne vendant un dérivé du cannabis, afin de vérifier si elle respecte la législation, a appris l’AFP, confirmant une information du Journal du dimanche (article abonnés).

Les investigations ont été confiées à la Brigade des stupéfiants et du proxénétisme. L’enquête porte sur les chefs d’emploi, acquisition, transport, détention, offre et cession de stupéfiants.

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Madame la Ministre,  votre déclaration sur le cannabis médicament est maladroite.

Les membres du bureau du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT) les professeurs J. Costentin, J.-P. Goullé, C. Giudicelli, J.-P. Tillement, le bâtonnier A. De Bézenac

 Madame A. Buzyn, ministre de la Santé, a déclaré (le 24 mai) sur « France Inter » : « l’utilisation du cannabis à des fins médicales pourrait arriver en France. Je pense que nous avons du retard. Je ne peux pas vous dire à quelle vitesse nous allons le développer mais en tous les cas, j’ouvre le débat avec les institutions responsables de ce développement. Il n’y a aucune raison d’exclure, sous prétexte que c’est du cannabis, une molécule qui peut être intéressante pour le traitement de certaines douleurs très invalidantes. J’ai demandé aux différentes institutions qui évaluent les médicaments de me faire remonter l’état des connaissances sur le sujet ».

 Cette déclaration a, évidemment, fait le Buzz et nous sommes de ceux qui l’ont trouvée maladroite, en ce qu’elle entretient la confusion entre le cannabis, plante toxicomanogène et le concept de médicament. Il y a quelques années l’Académie de médecine concluait une étude consacrée à cette plante : « Le cannabis : un faux médicament et une vraie drogue ».    

La France aurait du « retard » si disposant de données pharmacologiques irréfragables et importantes elle n’en tirait pas parti ; or ces données n’existent pas. Les éléments disponibles ne justifient pas le forcing d’appétits mercantiles impatients, qui font fi du sacro-saint principe « Primum non nocere » (d’abord ne pas nuire).

Les Etats qui ont franchi le pas du « cannabis médicament », sous la pression de lobbies cannabinophiles, ne se sont pas embarrassés des critères rigoureux qui, en France, président à l’élévation d’une molécule à la dignité de médicament. Sous prétexte qu’il s’agit de composants du chanvre indien, devrait-on rompre avec les précautions accumulées au cours du temps, pour améliorer la sécurité du médicament. On doit faire encore mieux à cet égard, après quelques « loupés » récents dont des médias se repaissent goulûment, alors qu’ils se passeraient de ces précautions quand il s’agit de cannabis.

On ne saurais rejeter a priori tel cannabinoïde (parmi la centaine que recèle le cannabis) s’il montrait, à l’état pur, un intérêt thérapeutique à des doses éloignées de celles suscitant des effets délétères. C’est ce que fait la pharmacologie depuis François Magendie (1783-1865) et son continuateur Claude Bernard (1813-1878).

Les Etats qui ont légalisé le cannabis à des fins récréatives, ont toujours commencé par le travestir en médicament. Notre Ministre, non suspecte de jouer de cette grosse ficelle (en chanvre), trouble néanmoins l’opinion publique, déjà terriblement désinformée sur cette drogue, en parlant globalement de cannabis.

Le THC/ tétrahydrocannabinol, unique attente des toxicomanes qui requièrent la légalisation du cannabis, est déconsidéré comme médicament du fait de son déplorable rapport bénéfices/risques. L’intensité  de chacun de ses effets thérapeutiques potentiels  est modeste, comparée à celle de médicaments disponibles. Il n’a pas de spécificité d’action (au lieu du projectile qui vise une cible biologique, c’est une grenade qui envoie des projectiles dans tous les sens), modifiant  simultanément de nombreuses fonctions, ce que l’on n’accepte plus d’un médicament. Et surtout il est invalidé par les risques nombreux et souvent graves qu’il fait courir à ses utilisateurs : Addiction, anxiété, dépression, schizophrénie, ivresse, perturbation de la conduite d’engins de tous types, désinhibition, altérations de la mémoire et de la cognition, artérites, angine de poitrine, infarctus du myocarde, immunodépression, perturbations de la grossesse et de l’enfant qui en naitra, modifications épigénétiques transmises à la descendance…

La déconfiture thérapeutique du THC étant patente, ceux qui avaient investi  dans le cannabis s’escriment à recycler le concept en promouvant son congénère, le cannabidiol (CBD), soudain paré de mille vertus. Il intensifierait les effets bénéfiques du THC et annulerait ses effets délétères (miracle de la phytothérapie !). Pour le démarquer du THC, il est prétendu que le CBD n’a pas d’effets psychotropes mais simultanément, pour le glorifier, il lui en impartissent une longue liste (comprenne qui pourra). Il est présenté comme une thériaque (ce qui en thérapeutique est devenu invalidant). Au stade de ses investigations, on ne peut présager de son avenir thérapeutique. Le fait qu’il provienne du cannabis indica, ne saurait le condamner a priori, d’autant qu’on dispose désormais de cultivars produisant du CBD en l’absence de THC.  Si de jolies fleurs odorantes poussaient sur du fumier, on ne devrait pas s’interdire de les cueillir, pour s’en parfumer…

Madame la ministre ne réitérez pas l’erreur de votre prédécesseur qui, sous la pression de lobbies, a autorisé dans la précipitation le Sativex®, présenté comme une révolution thérapeutique (contre les spasmes musculaires douloureux de la sclérose en plaques). Cinq ans plus tard il n’est pas commercialisé en France, son « service médical rendu »   étant jugé « insignifiant ». Cette « montagne a accouché d’une souris », mais elle laisse dans nombre d’esprits crédules des souvenirs himalayens. N’abdiquez pas votre bon sens, votre culture et votre éthique médicales pour complaire aux lobbies qui resurgissent et qui, pour nous entraîner dans le grand bain de la légalisation du cannabis, voudraient d’abord nous faire patauger dans le pédiluve du « cannabis-médicament ».

Une réflexion prémonitoire

Mr Serge Lebigot, Président de l’association Parents contre la drogue dans un récent article de Valeurs Actuelles (ci-dessous) pose la question  de l’intérêt de l’utilisation du cannabis. au motif d’un prétendu bénéfice thérapeutique. Rien n’est moins sur.

Son message rejoint le nôtre, n’est- ce pas plutôt une façon de tenter de banaliser ses effets addictifs? Nos lecteurs apprécieront

 

Effets du cannabis sur la santé

Quels sont les effets de la consommation de cannabis sur la santé?

À chaque fois que du cannabis est consommé, cela peut :

  • compromettre ton aptitude à conduire de façon sécuritaire ou à faire fonctionner de l’équipement. Le cannabis peut ralentir ton temps de réaction, réduire ta capacité d’attention et nuire à ta coordination. Consommer du cannabis et conduire peut entraîner un accident de la route, des blessures graves, voire la mort.
  • rendre plus difficile d’arriver à se souvenir ou à apprendre des choses. Après avoir consommé du cannabis, tu peux avoir de la difficulté à prêter attention, à arriver à te souvenir ou à apprendre des choses, ainsi qu’à prendre des décisions. Consommer du cannabis peut réduire ta capacité de bien accomplir ton travail ou d’obtenir de bons résultats à l’école.
  • affecter l’humeur et les sentiments. Le cannabis peut générer de l’anxiété ou un sentiment de panique.
  • affecter la santé mentale. Le cannabis peut déclencher un épisode psychotique (ne pas savoir distinguer ce qui est réel de ce qui ne l’est pas, souffrir de paranoïa, avoir des pensées incohérentes et, dans certains cas, des hallucinations).

Quels sont les effets à long terme de la consommation de cannabis?

La consommation régulière de cannabis (tous les jours ou presque) et sur une longue période (plusieurs mois ou années) peut :

  • endommager les poumons et rendre la respiration difficile. La fumée du cannabis contient de nombreuses substances nocives que l’on retrouve également dans la fumée du tabac. Tout comme fumer la cigarette, le fait de fumer du cannabis peut endommager tes poumons.Note de bas de page3
  • affecter la santé mentale. La consommation régulière et sur une longue période de temps de cannabis te rend plus susceptible de souffrir d’anxiété, de dépression, de psychose ou de schizophrénie.Note de bas de page4  Les produits de cannabis à plus forte concentration (tels que les concentrés comme les cristaux [shatter], la cire [wax], les dabs) peuvent aggraver les effets de la consommation de cannabis sur la santé mentale.Note de bas de page4  Arrêter ou réduire la consommation de cannabis peut atténuer les conséquences.
  • provoquer une dépendance physique ou une accoutumance. On estime que 1 personne sur 11 (ou 9 %) qui consomme du cannabis au cours de son existence développera une accoutumance au cannabis.Note de bas de page5  Cette proportion passe à 16 % chez les personnes qui commencent à consommer du cannabis durant l’adolescence et à 1 personne sur 2 chez celles qui fument du cannabis tous les jours.Note de bas de page5

De quelle manière le cannabis affecte-t-il la santé des jeunes?

La consommation de cannabis régulière ayant commencé au début de l’adolescence et qui se poursuit dans le temps est plus susceptible d’avoir des effets néfastes. Certains de ces effets néfastes peuvent ne pas être complètement réversibles.

Les jeunes sont particulièrement vulnérables aux effets du cannabis, les recherches montrant que le cerveau n’est pas entièrement développé avant l’âge de 25 ans environ. Cela s’explique par le fait que le THC, la substance présente dans le cannabis qui provoque la sensation d’euphorie ( « high »), agit sur le même mécanisme biologique responsable du développement du cerveau.Note de bas de page6  Plus la teneur en THC du cannabis est élevée, plus la personne qui en consomme est susceptible d’en subir les effets néfastes.

Qu’en est-il de l’utilisation du cannabis à des fins médicales?

Si le cannabis peut être consommé par certaines personnes pour soulager leurs problèmes de santé, le meilleur moyen permettant de déterminer s’il est approprié pour traiter tes symptômes particuliers est d’en discuter avec un professionnel de la santé.

Santé Canada a publié de l’information destinées à aider les Canadiens et leurs médecins à prendre des décisions éclairées par rapport aux avantages ou aux risques liés à l’utilisation du cannabis à des fins médicales.

Source

Lutte contre le tabagisme :

Tolérance zéro

Rennes inaugure le premier campus non-fumeur de France

par Mathilde Debry

L’École des hautes études en santé publique (EHESP) de Rennes est devenue le premier campus de France sans tabac. Elle s’inscrit dans la lutte contre le tabagisme, qui bat aussi son plein au niveau national.

A l’occasion de la journée mondiale sans tabac, l’École des hautes études en santé publique (EHESP) de Rennes est devenue le premier campus de France sans tabac. « Il s’agit du premier établissement d’enseignement supérieur a lancer une aire sans tabac », s’est félicité l’école. « Nous nous inscrivons pleinement dans la lutte contre le tabagisme ».

Protéger les fumeurs passifs

Concrètement, les lieux sont devenus non-fumeur. Des totems sans tabac placés aux différentes entrées en informent les individus qui entrent dans la zone de 9 hectares. Pour ceux qui souhaitent tout de même fumer, des abris fumeurs et des cendriers avec un système de collecte de mégots ont été installés en lisière du campus, éloignés des entrées.

L’objectif est double : inciter les fumeurs à arrêter ou à diminuer leur consommation de tabac – ils pourront bientôt rencontrer des tabacologues ou s’initier à la sophrologie sur le campus – et protéger les fumeurs passifs.Une cigarette par jour suffit à mettre la santé en danger

A l’échelle nationale, la fédération française de cardiologie (FFC) vient aussi de lancer une campagne pour les préserver, ainsi que les « petits fumeurs », rappelant qu’une cigarette par jour suffit à mettre la santé en danger.

Voir l'image sur Twitter

[Tabac]
Même les « petits » fumeurs augmentent significativement leur risque d’accident cardio-vasculaire : +48% chez les hommes et +57% chez les femmes dès la 1ere cigarette quotidienne.
C’est la voici notre communiqué

Les dangers de la cigarette sont présents à court et à long terme.
A court terme, fumer peut provoquer des spasmes des artères, c’est-à-dire un rétrécissement brutal de celles-ci, la formation de caillots et l’apparition de troubles du rythme cardiaque. Ces troubles peuvent eux-mêmes être responsables d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cérébral (AVC) ou de mort subite.
A long terme, c’est la dégradation progressivement des artères qui menace le fumeur. Lorsque il est exposé à d’autres facteurs de risque comme l’excès de cholestérol, le diabète ou l’hypertension artérielle, ce phénomène peut être augmenté.
Chaque jour, 200 personnes décèdent à cause du tabac en France.

Une génération de non-fumeur avant 2034

Selon le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue à la Pitié-Salpêtrière et président de Paris sans tabac, la France pourrait aboutir à une génération de non-fumeur avant 2034. Une nouvelle enquête réalisée par son association montre que les moins de 15 ans sont moins de 5% à fumer. Ils étaient 11% en 2013.

Entre 2016 et 2017, le nombre de fumeurs en France a baissé de 2,5 points, ce qui équivaut environ à un million de fumeurs en moins.

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Addictions : les jeunes consomment trop de drogue, de porno, de jeux vidéos et de réseaux sociaux

Vendredi 8 juin 2018 à 8:11 Par Géraldine HoudayerFrance Bleu

Une étude, révélée par Le Parisien ce vendredi, indique que les niveaux de consommation de tabac, d’alcool, de drogue, de porno, de jeux vidéos ou de réseaux sociaux sont inquiétants chez les jeunes de 14 à 24 ans. Un jeune sur cinq regarde du porno au moins une fois par semaine.

Un jeune sur cinq regarde du porno au moins une fois par semaine.
Un jeune sur cinq regarde du porno au moins une fois par semaine. © Maxppp – Christophe Morin/IP3

Tabac, alcool, cannabis, cocaïne, porno, jeux vidéo et utilisation des écrans : les niveaux de consommation sont « inquiétants » parmi les jeunes de 14 à 24 ans, selon une vaste enquête sur les addictions conduite auprès d’un millier d’entre eux, publiée ce vendredi dans Le Parisien. L’enquête a été commandée par le Fonds Actions Addictions, la Fondation Gabriel-Péri et la Fondation pour l’innovation politique et menée par l’institut Ipsos.

Un jeune sur cinq regarde du porno au moins une fois par semaine

Selon cette enquête, un jeune sur cinq (dont 15 % des 14-17 ans) regarde de la pornographie au moins une fois par semaine, 9 % une fois par jour et 5 % plusieurs fois par jour. « Cela a des conséquences sur le développement des jeunes les plus vulnérables et les moins structurés psychologiquement », avec un « rapport peu adapté à la sexualité » et une « addiction », note le président du Fonds Actions Addictions, Michel Reynaud.

Un quart des 18-22 ans passe plus de cinq heures par jour sur les réseaux sociaux

Plus d’un jeune sur dix (13 % des 14-24 ans) joue au moins une fois par semaine à un jeu d’argent. Et les jeunes des milieux défavorisés en sont les premiers consommateurs. Un quart des 18-22 ans passe plus de cinq heures par jour sur les réseaux sociaux, et 10 % plus de huit heures. Un sur six (16 %) s’adonne plus de cinq heures par jour aux jeux vidéo et 7 % plus de huit heures. Certains jeunes dépassent ainsi dix heures quotidiennes devant un écran.

Une augmentation inquiétante de la consommation de cocaïne et d’ecstasy

Quelque 340.000 (3 %) des jeunes de 14-17 ans auraient déjà consommé de la cocaïne, de l’ecstasy ou du GHB, et 255.000 (5 %) des 18-24 ans en consommeraient toutes les semaines« L’enquête confirme l’importance de la consommation de produits licites et illicites, mais l’augmentation de la consommation des drogues festives (ecstasy, cocaïne…) qui apparaît d’un peu plus du double que dans les enquêtes habituelles, suscite une inquiétude particulière », estime Michel Reynaud.

Les jeunes des milieux défavorisés plus sensibles aux addictions  

L’enquête souligne, par ailleurs, que les jeunes des milieux défavorisés et les jeunes obèses sont plus vulnérables en matière d’addictions.

Acheter des produits interdits aux mineurs, un jeu d’enfant 

Cette enquête indique aussi que se procurer des produits interdits aux mineurs est pour ces derniers un « jeu d’enfant » : acheter de l’alcool, du tabac, des jeux d’argent (loto et PMU inclus) ou du cannabis est facile pour environ les deux tiers d’entre eux. Plus accessible encore, le porno, facile d’accès d’après 91 % d’entre eux.

Les parents sous-estiment la consommation de leurs enfants 

Cette enquête paraît alors que le Plan national de mobilisation contre les addictions du gouvernement est attendu. « Les parents sous-évaluent les consommations de leurs enfants en matière d’alcool, de tabac, de jeux d’argent et de pornographie » mais « ils sont demandeurs de solutions (contrôle d’identité, identification bancaire…) », remarque le Pr Reynaud. Aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités, tout d’abord en faisant appliquer la loi sur l’interdiction de vente d’alcool et de tabac aux mineurs, estime-t-il.

Les jeunes conscients des risques 

La majorité des jeunes a toutefois une bonne perception des risques liés aux produits et à l’abus d’écrans : risque de dépendance, de maladies graves, d’accidents de la route, d’échecs scolaires, professionnels ou financiers, risques d’isolement, de dépression ou de suicide. Les campagnes publiques d’information sont vues comme peu efficaces. Grand public, parents et jeunes souhaitent quasi unanimement le remboursement à 100 % de tous les soins anti-addictions, relève le professeur Reynaud.

Source

Rapport européen sur les drogues 2018: cocaïne, nouvelles substances psychoactives et overdoses

Addiction Suisse

Cocaïne : plus et plus pure

Une récente étude européenne (http://tiny.cc/ka8duy) a révélé une hausse des traces de cocaïne dans les eaux usées de la majorité des villes participantes. Une partie de cette hausse est liée au fait que la cocaïne est aujourd’hui plus pure qu’elle ne l’a été durant la dernière décennie, comme l’indique le Rapport européen sur les drogues 2018. La production en Amérique du Sud est elle aussi en hausse tout comme les saisies faites en Europe (70.9 tonnes en 2016). Les demandes de traitement connaissent aussi une augmentation et la cocaïne est la seconde drogue la plus souvent citée lors de présentations aux urgences hospitalières (http://tiny.cc/1b8duy).

La Suisse n’échappe pas à ces évolutions(1). Les villes helvétiques qui ont participé à l’étude sur les eaux usées figurent parmi celles avec les taux les plus élevés de cocaïne. Les données de la Société Suisse de Médecine Légale (http://tiny.cc/ce8duy) et des projets de Drug checking (http://tiny.cc/xf8duy) indiquent aussi une hausse assez nette de la pureté de cette substance. La statistique act-info (http://tiny.cc/6h8duy)suggère de son côté une légère augmentation des demandes de traitement.

Nouvelles Substances Psychoactives (NPS) : moins de nouvelles molécules Le nombre de substances jusqu’alors inconnues détectées au niveau européen est en baisse : une cinquantaine en 2017 contre environ une centaine en 2014 et 2015. Au total plus de 670 NPS ont été identifiées depuis environ une décennie. Les cannabinoïdes de synthèse figurent en tête avec 179 NPS, dont deux (ADB-CHMINACA et CUMYL-4CN-BINACA :http://tiny.cc/5i8duy) ont récemment été mises sous contrôle par l’UE car elles étaient associées à des décès. Un autre sujet d’inquiétude est l’identification d’opioïdes de synthèse, dont une dizaine de dérivés du fentanyl en 2017(http://tiny.cc/fk8duy). EMCDDA note aussi la diffusion de NPS en milieu carcéral.

Les données sur la consommation de NPS sont rares en Suisse (http://tiny.cc/0l8duy) et les saisies de NPS effectuées par les douanes ne font pas l’objet d’une analyse. Difficile donc de se faire une image précise de la situation dans notre pays. Les quelques enquêtes disponibles suggèrent que la Suisse est jusqu’ici un pays à faible prévalence de consommation de NPS. On ne dispose par contre pas de données sur la consommation de substances en milieu carcéral. Cette lacune du système de monitorage ne permet pas d’évaluer la présence de NPS dans cet univers.

Des benzodiazépines illicites dans la rue mais aussi sur internet Parmi les NPS détectées au niveau européen depuis 2015, l’on trouve aussi quatorze benzodiazépines qui ne correspondent à aucune des molécules figurant dans les médicaments autorisés dans l’UE. Comme d’autres NPS, ces substances sont aussi vendues sur internet, que ce soit sur le « darknet » ou sur des sites plus accessibles. Cette offre constitue un motif d’inquiétude, y inclus parce que certains usagers tendent à utiliser les benzodiazépines en combinaison avec d’autres substances.

Des benzodiazépines illicites ont aussi déjà été saisies dans le courrier postal à destination de la Suisse et certaines des molécules identifiées par EMCDDA ont sans doute été rapportées par le laboratoire de référence sur les NPS suisse. On manque en revanche de données pour examiner l’ampleur de leur diffusion dans notre pays.

Des décès par overdose qui restent à un niveau élevé Le nombre de décès par overdose enregistrés en Europe (UE, Norvège et Turquie) a augmenté pour la quatrième année consécutive pour atteindre environ 9’000 cas 2016. Près de la moitié des personnes décédées a désormais au moins 40 ans et quatre décès sur cinq sont associés à la consommation d’opioïdes, surtout d’héroïne souvent en combinaison avec d’autres substances (benzodiazépines, alcool). L’apparition de dérivés du fentanyl dans certains pays européens a contribué à relancer l’intérêt pour la distribution de naloxone permettant d’intervenir en cas d’overdose.

Les données sur les décès par overdose en Suisse montrent une baisse presque continue du nombre de cas entre 1995 (376) est 2012 (121). Depuis, le nombre est légèrement remonté à 132 cas en 2015, date des dernières données disponibles.

(1) Addiction Suisse va publier prochainement une analyse exhaustive du marché de la cocaïne dans le canton de Vaud qui permettra de mieux comprendre la taille et les mécanismes de ce marché.

Une collaboration plus étroite entre la Suisse et EMCDDA En septembre 2017, l’Office Fédéral de la Santé Publique et l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies ont signé un accord de collaboration(http://tiny.cc/ym8duy) permettant à l’avenir des échanges plus réguliers de connaissances entre la Suisse et l’agence européenne.

Festivals d’été

La circulation de pilules et poudres au contenu incertain peut augmenter durant la période des festivals d’été. Pour celles et ceux qui vont consommer ces drogues, il est recommandé de s’informer sur les règles du Safer use, sur les risques encourus et sur les substances dangereuses en circulation. Cela peut être fait auprès de know-drugs.ch (http://www.know-drugs.ch/) ou auprès des offres de prévention présentes lors des festivals, dont certaines proposent aussi le drug checking.   Nightlife Vaud sera présent au Montreux Jazz Festival http://www.nightlifevaud.ch/

Safer Dance Swiss (https://saferdanceswiss.ch/) sera présent du 27 juin au 1er juillet au Burning Mountain Festival, du 4 au 8 juillet au One Love Festival, du 10 au 15 juillet au Shankra Festival avec danno.ch (Grisons).

danno.ch (www.danno.ch/), avec Safer Dance Swiss, sera présent du 22 au 24 juin à l’Utopia Festival (Tessin)

danno.ch sera présent le 11 août dans le train spécial Chiasso-Zurich pour la Street Parade, qui se déroulera avec la présence de Safer Dance Swiss.

Addiction Suisse est un centre de compétences national dans le domaine des addictions. Elle est active dans la recherche, conçoit des projets de prévention et s’engage pour une politique de santé. Le but de notre ONG est de prévenir ou d’atténuer les problèmes issus de la consommation d’alcool et d’autres substances psychoactives ou liés aux jeux de hasard et à l’usage de l’internet.

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Les ados consommant du cannabis s’exposent à un risque accru de schizophrénie à 30 ans

Par Gael Brulin,

Cannabis (photo d’illustration) Photographee.eu/Shutterstock

Fumer du cannabis à l’adolescence peut avoir de fâcheuses conséquences sur l’utilisateur et ce quinze ans plus tard. Une étude révèle ainsi un risque accru de schizophrénie à l’âge de 30 ans.

Des scientifiques finlandais viennent de rendre les résultats d’une étude dans laquelle est établi un lien de cause à effet entre la consommation de cannabis pendant l’adolescence et un risque plus important de schizophrénie à l’âge de 30 ans.

Pour parvenir à cette conclusion, parue le mois dernier dans la revue médicale British Journal of Psychiatry, les chercheurs ont suivi 6.500 adolescents, de 15-16 ans jusqu’à leurs 30 ans. Le lien évoqué plus haut a été mesuré en prenant en compte d’autres facteurs : consommation de tabac, d’alcool ou d’autres substance illicites, antécédents schizophréniques dans la famille ou encore symptômes précoces (prodromiques) à l’adolescence.

Cinq joints de cannabis suffisent à élever le risque de schizophrénie

Les scientifiques ont découvert qu’avec une consommation se limitant à cinq joints, les jeunes utilisateurs enregistraient un risque significativement plus élevé de développer une schizophrénie entre 15 et 30 ans (la maladie apparaît en règle générale entre 20 et 30 ans). Les adolescents présentant des symptômes prodromiques sont quant à eux encore plus concernés avec un risque quasiment multiplié par deux.

Nos confrères de Ouest-France rappellent notamment que de précédentes études conduites sur le sujet en 2015 et 2016 n’avaient pas intégré les symptômes prodromiques ni la consommation d’autres substances psychoactives en parallèle. Ces travaux révélaient de même davantage des symptômes psychotiques que des troubles mentaux, telles que des hallucinations auditives, sensorielles, olfactives ou visuelles ou encore des délires à thématique persécutive ou intuitive.

Évaluation attendue de l’importance du facteur

Il va maintenant s’agir de déterminer si la consommation de cannabis vient favoriser un risque déjà existant ou si ce facteur se suffit à lui-même. Dans tous les cas, les observations délivrées ici devraient plaider plus encore pour un encadrement de la consommation de cette drogue par la jeune population.

Un article de tripsavvy paru en janvier dernier rappelait que le cannabis n’était pas complètement interdit en Finlande, où son usage à des fins thérapeutiques est ainsi autorisé depuis 2008.

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Alcoolisme : un traitement novateur testé en France pour lutter contre la dépendance

 le 31 mai 2018

Alcoolisme : un traitement novateur testé en France pour lutter contre la dépendance
Thinkstock

Des chercheurs français testent actuellement une technique qui stimule certaines zones du cerveau grâce à un courant électrique continu.

Le but ? Permettre aux patients alcooliques de reprendre le contrôle et ne plus être dépendants.

En France, 10% de la population est soumise à un problème d’alcool. De nombreux scientifiques tentent de trouver un traitement. Parmi eux, les médecins addictologues du CHU de Tours (Indre-et-Loire) qui cherchent de nouveaux volontaires pour leur essai clinique. Leur méthode innovante, aux premiers résultats encourageants, consiste à stimuler certaines zones du cerveau : celle des émotions, de la mémoire et du plaisir. L’opération permettrait aux personnes alcooliques de reprendre le contrôle et de se libérer de leur dépendance.

Le premier symptôme qui apparaît dans l’addiction à l’alcool, c’est la perte de contrôle, c’est-à-dire que quand j’ai décidé que je ne boirai pas, je bois quand même« , indique à France Bleu Touraine le docteur Hussein El-Ayoubi, en charge de l’expérimentation. « C’est le cortex préfrontal qui, à force de répéter le comportement de consommer de l’alcool, perd le contrôle sur [ces trois zones]. Le but de la stimulation transcranienne à courant continu est de restimuler cette zone chez les patients addicts à l’alcool. »

Un traitement indolore

L’équipe de chercheurs a déjà pu tester la méthode sur une dizaine de volontaires à Tours. Ces derniers participent à des séances quotidiennes d’environ 13 minutes durant lesquelles des électrodes sont posées près de leur cortex préfrontal, c’est-à-dire l’avant du cerveau. Un courant électrique avec une intensité très faible – de un à deux ampères – est alors libéré de manière continue. Le volontaire ne ressent aucune douleur.

« J’ai vraiment tendance à croire à ce type de traitement car il y a déjà des effets positifs au CHU de Tours auprès des volontaires qui l’expérimentent depuis février« , s’enthousiasme le docteur Hussein El-Ayoubi.

L’équipe cherche actuellement 340 participants à l’échelle nationale. À la fin de l’étude, en 2019, si cette technique fonctionne, elle pourrait devenir la troisième méthode pour traiter la dépendance à l’alcool après les médicaments et la psychothérapie.

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Quand un « philosophe » se décrédibilise ….

Quand un « philosophe » se décrédibilise par des arguments aberrants pour la légalisation du cannabis

Pr. Jean Costentin , Président du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies

Dans le Journal du Dimanche (J.D.D.) le « philosophe » Gaspard Koenig (GK),
président d’un think tank (boite à idées) « Génération libre », entonne un hymne de plus pour la légalisation du cannabis. Il reprend à son compte tous les poncifs usés depuis deux décennies ; l’originalité ne serait-elle plus une caractéristique de la philosophie ?

Notre « philosophe » a l’honnêteté d’avouer d’emblée qu’il a abandonné l’usage
du café, alors qu’il continue de consommer épisodiquement du cannabis. Voilà l’ineptie suprême qui fait préférer la « fumette » qui rend bête, à la caféine qui rend plus intelligent*).

Peu importe la fréquence de sa consommation, qu’il ne précise pas, quand on sait qu’en raison de l’exceptionnelle persistance dans l’organisme du THC (principe psychotrope du cannabis), fumer un joint tous les trois jours installe une imprégnation permanente par cette drogue, avec des effets déplorables sur les facultés cognitives (et vraisemblablement les siennes).

Répondons ici, point par point, à ses assertions.

« Parce que 17 millions de français auraient déjà goûté au cannabis, et qu’ainsi un quart de la population aurait contrevenu à la loi, s’exposant à ses foudres maximales (jamais appliquées) d’une année de prison », GK explique «qu’il faut supprimer la loi ».
Un quart de la population s’étant sans doute aussi livré à des indélicatesses, allant du petit larcin au braquage de banque, cela justifierait-il la suppression de la loi interdisant le vol ?

« La légalisation permettrait une consommation plus responsable ».

Voilà une assertion gratuite ; la suppression de la responsabilité légale ne réduirait pas celle du toxicomane vis à vis de sa santé.

« Elle éliminerait les trafics ».

Les deux cent cinquante mille dealers se reconvertiraient peut-être dans la vente du muguet, mais quid en dehors du 1er Mai ?

« Cela permettrait de faire de véritables campagnes de prévention ».

Laissons agir d’abord ceux qui devraient assurer cette prévention ; si leurs actions s’avéraient efficaces on pourrait peut-être entendre alors les sollicitations de ceux qui militent pour la légalisation de la drogue. L’action de ces premiers ne saurait être conçue pour rattraper les errements engendrés par ces derniers.

« Cela permettrait de mieux soigner ceux qui peuvent l’être ».

On est soulagé de constater que GK n’ignore pas tout des méfaits psychiques et physiques du cannabis, mais il vaut mieux les prévenir que les guérir, d’autant qu’on est actuellement incapables de le faire.

« Les produits en circulation seraient de meilleure qualité ».

Quels sont les critères de qualité quand on parle d’un poison ? Quelle que soit la pureté de la drogue, le deal se portera toujours sur les produits plus dosés en THC ; ils sont depuis toujours les plus recherchés.

« La légalisation au Colorado n’a pas entraîné une explosion du nombre  des consommateurs ».

Néanmoins leur accroissement très manifeste a été constaté, à tel point que sur une plus longue période, cette diffusion pourrait s’apparenter à une pandémie. 

Les données de deux États américains ayant légalisé le cannabis en 2014 démontrent une hausse des accidents mortels dans lesquels sont impliqués des chauffeurs ayant consommé cette drogue. Les expériences du Colorado et de Washington inquiètent.  source

« Chacun doit avoir la liberté de vivre sa vie, à condition d’être majeur et informé ».

N’oubliez pas GK, que dans la société d’assistance (à crédit) qu’a choisie la
société française, ceux que la drogue fait sombrer sont à la charge de tous. N’ayant pas les moyens d’assurer avec nos seules ressources la prise en charge des détresses inévitables de la vie, tout doit être fait pour ne pas en recruter de supplémentaires.
Sachez, en outre que la permissivité que s’arrogent les adultes ne tarde pas à gagner les mineurs. Le « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais », ne tient pas bien longtemps.

« Il faut réorienter l’agriculture française » 

« La France rate le coche ; alors qu’elle pourrait devenir leader, du fait du poids de son marché intérieur ».
Exit les cultures vivrières, aussi indispensables que peu rémunératrices ; avec le cannabis (qui intoxique) la valeur ajoutée sera considérable. D’autant que la libération du produit en décuplera la consommation et la demande. A votre place GK je serais très honteux d’avoir écrit cela…

«Cela fera rentrer l’argent du marché noir dans le circuit classique ».

Ainsi, en toute impudence, la France (à la demande de l’U.E.) pourra s’offrir quelques points de P.I.B. supplémentaires en intégrant le chiffre d’affaires du commerce des drogues pour son calcul.

«Les petits dealers hors la loi deviendraient des entrepreneurs agréés ».

Ce n’est pas beau cela ? C’est tout simplement honteux ! Je dénie à GK, pour maintenir la haute image que j’ai encore des philosophes, le droit d’exciper de ce titre. « Il n’est de richesse que d’Hommes » ; en bonne santé, visant à un esprit sain, dans un corps sain ; ni shootés, ni camés ; ni paumés.

Reprenez du café* GK, avec modération, et arrêtez immédiatement le cannabis qui vous fait proférer des énormités.

*Café, thé, chocolat- Leurs bienfaits pour le cerveau et pour le corps. J. Costentin et P. Delaveau, Editions Odile Jacob, 2013

0,05g/l d’alcool : permis retiré ! …..

…..en Australie !

A partir du 30 avril, la réglementation dans l’Etat du Victoria change et des sanctions plus strictes attendent les contrevenants.

 Quelles sont les sanctions ?

Si lors d’un contrôle le conducteur a un taux d’alcool dans le sang égal ou supérieur à 0,05 g/l, son permis lui sera retiré et il devra :

  • – payer une amende,
  • suivre un programme spécifique avant de récupérer son permis,
  • – installer un éthylotest anti-démarrage dans chaque véhicule qu’il conduira (une fois qu’il aura récupéré son permis) pour au moins six mois.

Ceci s’appliquera également aux conducteurs professionnels qui commettront leur première infraction de conduite en état d’ivresse et qui seront contrôlés avec un taux d’alcool dans le sang inférieur à 0,05 g/l.

Si lors d’un contrôle le conducteur est sous l’emprise de stupéfiants, son permis lui sera retiré pour au moins six mois (au lieu de trois jusqu’à présent) et il devra également suivre un programme spécifique avant de récupérer son permis.

A partir du 30 avril, en cas de conduite en état d’ivresse ou sous l’emprise de stupéfiants, le conducteur contrôlé devra obligatoirement suivre un programme spécifique avant de récupérer son permis.

Le type programme à suivre dépendra de l’infraction mais il s’agira de sessions sur plusieurs jours.

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Risques liés à l’alcool: des médecins contre-attaquent

Instauration d’un prix plancher, taxe proportionnelle au degré d’alcool, encadrement plus strict de la publicité…Des médecins et experts de santé publique proposent 10 mesures pour limiter les dégâts de l’alcool.

Le secteur des boissons alcoolisées n’avait pas été chahuté de la sorte depuis longtemps. Après une première tribune publiée dans nos colonnes en mars visant à rappeler que le vin est aussi dangereux que n’importe quel alcool, quarante grands noms de la médecine et de la santé publique viennent de signer une nouvelle tribune. Cette fois, ils proposent aux autorités sanitaires dix mesures qu’ils jugent efficaces pour protéger des risques de l’alcool. «Nous ne sommes pas de ceux qui contestent que l’alcool, notamment le vin, fait partie de notre paysage, prennent-ils le soin de rappeler en préambule, (…) Mais nous témoignons de ses risques».

Les chiffres leur donnent raison: chaque année, 49.000 personnes décèdent et 15.000 autres se voient diagnostiquer un cancer à cause de leur consommation d’alcool. Les boissons alcoolisées sont d’ailleurs le premier facteur d’hospitalisation en France (environ 580.000 patients pour un coût estimé à 2,6 milliards d’euros par an, selon la Cour des Comptes). L’alcoolisation maternelle est de surcroît la première cause évitable de retard mental de l’enfant. Bien que la situation se soit améliorée depuis les années 1960, la France reste l’un des pays ayant le plus fort niveau de consommation d’alcool au monde, avec un peu moins de 12 litres d’alcool pur par an et par habitant. Alors, que faire?

Même sans abus, l’alcool est mauvais pour la santé

En guise de feuille de route, le gouvernement Français a pour seul objectif d’augmenter la taille du pictogramme destiné à rappeler que les boissons alcoolisées sont contre-indiquées aux femmes enceintes. Le programme proposé par les signataires de la tribune est autrement plus musclé. Ils commencent en douceur avec une première proposition consistant à ajouter sur les étiquettes la quantité de sucre, le nombre de calories ainsi que les grammes d’alcool contenus dans la boisson. L’objectif est d’aider les consommateurs à se repérer par rapport aux quantités maximales recommandées, fixées à 100 grammes par semaine, soit 10 verres standards. Pour l’heure, seuls le taux d’alcool et la présence de sulfites ajoutés doivent obligatoirement être affichés. Des discussions allant dans le sens de cette proposition sont en cours au sein de la Commission européenne.

Les médecins proposent également de remplacer la mention «l’abus d’alcool est dangereux pour la santé» par «l’alcool est dangereux pour la santé». «On le sait, l’alcool est nocif, même en petite quantité, notamment pour les gens souffrant de vulnérabilités. Certaines femmes ont plus de risque de développer un cancer du sein si elles boivent des boissons alcoolisées», explique le Pr Michel Reynaud, professeur de psychiatrie et d’addictologie et coauteur de la tribune. Très récemment, une étude a montré que le risque d’avoir certains cancers (œsophage, oropharynx et sein) augmente à partir de 10 grammes d’alcool par jour, soit l’équivalent d’un verre de vin.

» LIRE AUSSI – Pourquoi dit-on que l’alcool est cancérigène?

Mieux encadrer la publicité et instaurer un prix plancher

Les médecins reviennent également à la charge sur l’épineuse question de la loi Évin. Promulguée en 1991, celle-ci avait notamment pour objectifs d’encadrer la publicité des boissons alcoolisées et d’interdire la vente d’alcool aux moins de 16 ans. Mais des modifications successives ont fini par en amoindrir l’efficacité. «Dans le domaine de l’alcool, la loi Évin a été démantelée, désarticulée, et les dispositions restantes ne sont pour la plupart pas appliquées, déplore le Pr Reynaud. Nous souhaitons revenir à l’esprit initial de la loi, et ainsi protéger les consommateurs ciblés par les industriels du secteur, à savoir les jeunes et les femmes». Les auteurs de la tribune demandent notamment d’interdire fermement la publicité directe et indirecte sur les supports habituels, mais aussi sur Internet et les réseaux sociaux.

Mais la proposition la plus marquante est celle d’une taxe proportionnelle au contenu en grammes d’alcool, à laquelle s’ajoute un prix minimum de vente par unité d’alcool. À l’heure actuelle en France, les taux des différentes accises (impôts indirects) ne sont pas strictement proportionnels à la teneur en alcool ou à la nocivité particulière des différentes boissons alcoolisées, sauf exception. Ainsi, le vin représente 58 % de la consommation d’alcool en France, 71 % du chiffre d’affaires hors exportation et seulement 3,6 % des droits d’accises.

» LIRE AUSSI – Alcool: le mythe des bienfaits sur le cœur

Une minorité de gros consommateurs à risque

L’idée d’une taxe n’est pas du goût de Vin et Société, le représentant de la filière viticole, qui indiquait dans un document adressé aux candidats à la présidence de la République en 2017 que «les pays fortement taxés sont parmi ceux qui connaissent le plus de phénomènes d’alcoolisation massive». Or certaines expériences ont au contraire démontré que la hausse des taxes entraîne une diminution de la consommation. C’est le cas de la Colombie Britannique, une province canadienne où chaque augmentation des prix de 10% a été suivie d’une diminution de la consommation de 3,4%. En mai prochain, l’Écosse instaurera de son côté un prix plancher. Mais il existe également des contre-exemples, à l’image de l’Italie, qui est parvenue à ramener la consommation par habitant autour de 6 litres d’alcool pur par an, et cela alors que le vin y est totalement exonéré de droits d’accises.

«Il ne s’agit pas d’empêcher la population de boire de l’alcool, mais d’informer au mieux, souligne le Pr Michel Reynaud. Actuellement, la perception qu’ont les gens de l’alcool penche clairement en faveur de son aspect récréatif, et non des risques encourus. Il faut rééquilibrer la balance». Sur les 8,8 millions de consommateurs d’alcool réguliers, l’Observatoire français des drogues et toxicomanies estime à 3,4 millions le nombre de consommateurs à risque, c’est-à-dire buvant plus de 10 verres par semaine. «Ces personnes consomment les trois-quart de l’alcool vendu. Ce sont eux qui posent problème», conclut le spécialiste. Alors qu’ils n’ont, pour l’heure, pas reçu de réponse des autorités sanitaires, les signataires de la tribune s’apprêtent à demander la tenue d’une concertation citoyenne sur ce délicat sujet de santé publique.

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Le cannabis à l’adolescence accroît le risque psychotique

Le risque de développer à l’âge adulte une maladie de type schizophrénique est multiplié par trois.

Les personnes ayant consommé régulièrement du cannabis à l’adolescence ont trois fois plus de risques de développer un trouble psychotique de type schizophrénique avant l’âge de 30 ans, conclut une vaste étude finlandaise de l’université d’Oulu. «Ces résultats sont très clairs, confirme Franck Schürhoff, spécialiste de la schizophrénie aux hôpitaux universitaires Henri-Mondor à Créteil, et d’autant plus intéressants que les adolescents étudiés n’avaient eu aucun symptôme précurseur, ni de parents affectés.»

Sur les 6534 jeunes Finlandais interrogés il y a quinze ans, ceux qui avaient déclaré une consommation fréquente de cannabis étaient trois fois plus nombreux en proportion à avoir déclaré une psychose par la suite. Chose rare dans ce type d’étude, cet effet spécifique de la drogue a pu être distingué de celui de la consommation, souvent conjointe, de tabac ou d’alcool.

Cet effet est corroboré par une étude anglaise de l’université de Bristol, récemment publiée dans la revue médicale JAMA Psychiatry. Sur une population de 5300 adolescents de 14 à 17 ans, ceux déclarant un usage régulier de cannabis avaient un risque trois fois plus élevé d’avoir eu à 18 ans un trouble psychotique (hallucination, délire, voix intérieures).

De plus en plus de passages aux urgences

Là encore, ce risque est apparu beaucoup plus lié au cannabis qu’au tabac. L’hypothèse parfois évoquée que les personnes plus à risque de troubles psychotiques se tournent vers le cannabis a aussi été mise à mal car les adolescents ayant eu à 12 ans des symptômes précurseurs de psychose n’étaient pas plus nombreux à consommer la drogue. «Les adolescents s’avèrent particulièrement vulnérables au cannabis, précise le professeur Franck Schürhoff, car leur cerveau est alors en plein remodelage neuronal et hormonal avec la puberté.» C’est aussi à cet âge que leurs neurones présentent un pic de récepteurs au THC, la substance chimique hallucinogène de la drogue.

Chez les adultes, la responsabilité du cannabis dans le déclenchement de troubles psychotiques est connue depuis longtemps des psychiatres. Elle apparaît maintenant au grand jour dans l’État américain du Colorado, qui a progressivement libéralisé l’usage de cette drogue. En 2009, sa commercialisation à but thérapeutique a été autorisée pour des raisons médicales limitées et mal établies. En 2012, sa consommation récréative a été légalisée. Début 2014, sa commercialisation est permise sous la pression de divers lobbies industriels ou pro-cannabis et avec la perspective alléchante pour l’État de fortes rentrées fiscales. La conséquence a été une augmentation de 20 % des visites aux urgences pour troubles psychiques liées à l’usage du cannabis de début 2012 à fin 2014. Pour les adolescents, ces visites ont pratiquement triplé de 2009 à 2015.

Une drogue facile d’accès et riche en THC

Une telle progression intrigue les chercheurs du département de la Santé du Colorado à l’origine de l’étude, car le nombre de consommateurs réguliers de cannabis et son usage thérapeutique semblent stables depuis des années. Une fréquentation répétée des urgences par les mêmes consommateurs ne semble pas en cause. La conclusion la plus plausible, selon eux, est que le cannabis, devenu beaucoup plus facile d’accès et de plus en plus riche en THC, fait payer un tribut de plus en plus lourd aux populations fragiles qui en font un usage régulier.

Cela semble aussi le cas en France, selon le dernier rapport du Centre européen de surveillance des drogues et de leurs addictions (EMCDDA). Il montre que la prise en charge médicale des personnes pour troubles psychiques dus au cannabis a bondi depuis 2012, date à partir de laquelle la teneur en THC de la résine de cannabis a aussi progressé. Les diverses formes de cannabis dont la teneur en THC a triplé ces dernières années présentent un danger nettement supérieur pour le système nerveux, et celui-ci n’est plus atténué par d’autres substances présentes naturellement dans la plante.

«La consommation de cannabis devient un problème de santé publique chez les adolescents, d’autant plus s’ils présentent des signes de risque de psychose comme le repli social, une diminution de la motivation, des croyances bizarres ou des perceptions inhabituelles», prévient Franck Schürhoff.

À côté des structures de type «centre de détection et d’intervention précoce» tel que celui de Nancy, les maisons d’adolescents de chaque département doivent jouer un rôle important pour dépister les jeunes les plus vulnérables et leur éviter de basculer dans la première crise psychotique. «Et pourquoi n’y aurait-il pas aussi des campagnes de prévention plus générale sur les dangers de cette drogue, comme pour le tabac ou l’alcool? s’interroge le psychiatre, nous connaissons désormais les risques de dépendance et de schizophrénie qu’elle fait courir à toute une partie de la population.»

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Les professionnels de santé au défi des nouvelles substances psycho-actives

Paris, le vendredi 13 avril 2018 – Comme le suggèrent les derniers rapports de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) la consommation de nouvelles substances psycho-actives (NSP) explose.

Face à cette recrudescence, les professionnels de santé se sentent parfois impuissants. Pour les aider à combattre efficacement ce fléau, l’Académie de pharmacie a consacré sa dernière séance plénière à cette problématique.

Rappelons en préambule que ces NSP regroupent principalement des cannabinoides, opioïdes, cathinones et phényléthylamines de synthèse.

Des substances hautement toxiques

Présentant des teneurs en substances psycho-actives plus élevées que leurs ancêtres « naturels », ces drogues peuvent parfois menacer le pronostic vital : plusieurs centaines de décès ont ainsi été dénombrés au niveau européen. Néanmoins, comme le souligne le Pr Bruno Mégarbane* « il est difficile aujourd’hui d’établir si les NSP sont plus dangereuses que les drogues conventionnelles; tout au moins, on peut affirmer qu’elles sont toxiques et à l’origine d’une létalité prévisible marquée ».

Le Pr Mégarbane a également présenté le tableau d’une intoxication aigue.

Elle associe des signes adrénergiques (tachycardie, hypertension, agitation, mydriase), des symptômes d’encéphalopathie (confusion, hallucinations), des signes sérotoninergiques (myoclonies, fièvre) et/ou des défaillances d’organe. Le risque de complication neurologique (coma, convulsions, accident vasculaire) est majeur. Il existe aussi un risque de défaillance cardiovasculaire, respiratoire et rénal, hépatique et/ou hématologique (coagulation intravasculaire disséminée).

A ce sombre tableau, on pourra également ajouter les cas, biens documentés, d’automutilations et de suicides suivant immédiatement l’utilisation de ces produits.

Une consommation très répandue chez les toxicomanes

Dans le cadre de ces discussions, le Pr Jean-Claude Alvarez** a dressé un état des lieux de la prévalence de l’utilisation de ces produits.

Mais, immédiatement, un premier écueil s’impose : si ces molécules sont des dérivées de substances pour lesquelles il existe des tests de dépistage rapides, leur « modification structurale » les rend indétectables par ces tests et « la mise en évidence et la confirmation de ces nouvelles molécules reposent donc essentiellement sur la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse ».

Cependant, « un des moyens d’évaluation de la prévalence de drogues dans une population donnée est l’analyse capillaire, qui permet d’objectiver, mois après mois, l’évolution des consommations » a rappelé le Pr Alvarez.

Recourant à cette méthode, son équipe a réalisé deux études, l’une menée sur une population de patients suivis en addictologie ou hospitalisés en réanimation suite à une overdose, l’autre auprès d’un groupe d’homosexuels masculins ayant participé à l’essai Ipergay (dont l’objectif est l’évaluation de l’efficacité de la prophylaxie pré-exposition au VIH).

Sur 328 patients inclus dans la première étude, 96 (29 %) avaient déjà consommé des NSP. Dix-huit NSP différentes ont été identifiées, les cathinones étant la classe la plus représentée (36 %). La 4-methylethcathinone (4-MEC) est la molécule la plus répandue (17 cas), suivie par la méphrédrone (15). La prévalence de consommation d’autres drogues était de 36 % pour la cocaïne, 25 % pour les amphétamines, 33 % pour les opiacés et 22 % pour la kétamine. Les NSP sont retrouvées seules dans 9 % des cas, et sont le plus souvent associées à la cocaïne (64 %), aux amphétamines (55 %) ou aux opiacés (28 %). Il est également apparu que la fréquence de détection des NSP a progressé au cours de l’étude effectuée entre 2012 et 2016.

Dans les seconds travaux, parmi les 69 patients inclus, 37 étaient positifs aux NPS. Quinze NSP différentes ont été identifiées. La méphédrone est la molécule la plus répandue (14 cas), suivie par la 4-MEC (12). La prévalence de consommation d’autres drogues était de 68 % pour la cocaïne, 45 % pour la MDMA et 38 % pour la kétamine et aucun opiacé n’a été retrouvé. Aucun cas de NSP seule n’a été identifié.

Quelle prise en charge ? 

Selon plusieurs études, environ 15 % des consultations aux urgences suite à la consommation d’une drogue sont liées à une NPS, d’où l’importance de la communication du professeur Bruno Mégarbane sur la prise en charge des intoxications aigues à ces substances.

Elle suppose une « réhydratation, sédation par benzodiazépines ou neuroleptiques en cas d’agitation, traitements anticonvulsivants en cas d’épilepsie, intubation trachéale si trouble de conscience ou défaillance vitale, oxygénation au masque ou ventilation mécanique si insuffisance respiratoire, remplissage et catécholamines si insuffisance circulatoire. L’épuration extrarénale (hémodialyse ou hémoperfusion) permet de traiter les troubles hydro-électrolytiques menaçants mais non d’accélérer l’élimination du toxique. L’hyperthermie maligne et la toxicité sérotoninergique grave peuvent requérir un refroidissement par voie externe, une curarisation après sédation et ventilation mécanique et l’administration de cyproheptadine (antagoniste sérotoninergique des récepteurs 5HT-2A et 5HT-2C). La place du dantrolène n’est pas établie. La dépression neuro-respiratoire induite par les NPS opioïdes semble réversible par la naloxone, même si des doses plus élevées ont pu être nécessaires pour éviter l’intubation trachéale».

Concernant la prise en charge de la dépendance, comme le fait remarquer le Dr Alain Dervaux***, aucune étude randomisée contrôlée n’a été menée pour évaluer l’efficacité des traitements pharmacologiques et psychothérapiques dans des populations de sujets présentant une addiction aux NSP.

La prise en charge de ces patients est donc aujourd’hui calquée sur celle de l’addiction au cannabis pour les cannabinoïdes de synthèse, sur celle des addictions aux amphétamines pour les cathinones et autres stimulants de synthèse et sur celle de l’addiction aux opiacés dans les addictions au fentanyl et aux fentanyloïdes.

Frédéric Haroche

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