Le cannabis, produit illicite le plus expérimenté en France

L’ANPAA, association nationale protection en alcoologie et addictologie, gère la prévention et soins. Elle est l’interlocuteur privilégiée dans l’Yonne. © SALESSE Florian
À l’occasion d’une conférence sur les effets du cannabis organisée ce mardi 4 décembre à Auxerre, état des lieux de sa consommation en France et en Bourgogne Franche-Comté.

En 2017, le cannabis « demeure de très loin le produit illicite le plus expérimenté en France », selon le dernier baromètre santé sur les usages de substances psychoactives.

Mardi 4 octobre, l’association française des dépendants en rétablissement (AFDER) invite le public à une conférence sur le cannabis et ses effets. Elle est organisée en partenariat avec l’institut de formation en soins infirmiers, hôte de l’événement, et le réseau de santé mentale de l’Yonne. L’occasion de faire un tour d’horizon des chiffres de sa consommation.

Les plus élevés depuis 25 ans

« Les seules hausses statistiquement significatives portent sur l’expérimentation et l’usage quotidien, toujours selon Santé publique France. Ainsi 2,2 % des 18-64 ans déclarent un usage quotidien. La proportion des usagers dans l’année est de 11 % (soit un adulte sur dix). Les usagers réguliers (au moins 10 fois dans le mois) sont à 3,6 %. « Si les progressions observées sont bien moindres que celles intervenues entre 2010 et 2014, les niveaux 2017 s’avèrent être les plus élevés depuis 25 ans », précise les auteurs du baromètre santé.

17 millions d’expérimentateurs 

L’observatoire français des drogues et des toxicomanies a été sollicité par l’Ansm à l’occasion du comité scientifique sur l’évaluation de la pertinence et de la faisabilité de la mise à disposition du cannabis thérapeutique en France. À travers le croisement de diverses études, concernant la population âgée de 11 et 75 ans, il estime que le pays compte 1,4 million de réguliers (dont 700.000 qui ont un usage quotidien du cannabis) et 5 millions de consommateurs occasionnels. Le chiffre le plus important est celui des expérimentateurs : 17 millions. À noter qu’ils sont 2,2 millions pour la cocaïne, 38 millions pour le tabac et 47 millions pour l’alcool.

Surtout des jeunes, plutôt des hommes

Dans un diagnostic de l’addiction en Bourgogne Franche-Comté diffusé au printemps 2018, l’agence régionale de la santé a estimé que 9 % des Bourguignons de 17 ans consommaient au moins dix fois du cannabis dans le mois. Ils sont 4% a en avoir un usage quotidien. Le phénomène semble être générationnel : parmi les adultes, les pourcentages sont respectivement de 0,7 % et 1,4 %. Par ailleurs, ce sont plus souvent des hommes (33 % d’entre eux) que des femmes (18 %). À noter que, pour l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), les consommateurs de cannabis sont presque également répartis entre les catégories socioprofessionnelles en Bourgogne Franche-Comté : entre 23 et 28 % des ouvriers, employés, profession intermédiaire et cadres

Source

Publicités

Les nouvelles drogues aux USA et Canada (TF1)

« Sept à huit » du 2/12/2018 : Impressionnant !

Pour ne voir que ce sujet cliquez sur la photo et allez à 28′ 33″ (après la pub)

Source : TF1 2 Décembre 2018

Des éléments dont ne s’inquiètent pas les militants de la légalisation du cannabis.

Pr. Jean Costentin Président du Centre National de Prévention d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies

Dans une interview récente concernant la légalisation du cannabis au Canada, un « addictologue », à la manœuvre depuis plus d’une décennie pour obtenir une telle légalisation en France, William Lowenstein, déclarait, d’une façon stupéfiante (à tous les sens du terme) qu’il faudrait plus d’une dizaine d’années pour apprécier les conséquences de cette légalisation. Il anticipait même que dans un premier temps, cela accroîtrait le nombre des consommateurs ; pour le reste il faudrait attendre.

Propos pleins d’impéritie d’un apprenti sorcier, prêt à faire prendre de tels risques à notre Nation. La France, outre un manque fréquent d’anticipation (alors que gouverner c’est prévoir), n’a pas la culture de l’expérimentation.

Le char de l’Etat n’ayant pas de marche arrière, Il lui est impossible de revenir sur des dispositions ayant, de longue date, démontré leur nocivité : retraite à 60 ans, travail hebdomadaire limité à 35h (que le reste du monde a oublié d’imiter) ; régimes spéciaux de retraites ; méthode globale d’apprentissage de lecture ; assistanat ruineux et démobilisateur…

Notre Nation, qui consomme à un niveau record différentes drogues, dont le cannabis (il est en ce domaine champion européen) ainsi que divers psychotropes  (anxiolytiques, antidépresseurs, hypnotiques, analgésiques…) doit elle s’ingénier à aggraver sa situation?

Une étude récente de l’Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies (OFDT) montre que, contrairement à ce que l’on voulait nous faire accroire, l’appétence cannabique de notre jeunesse ne s’efface pas avec l’entrée dans la vie professionnelle.

L’adage « Il faut que jeunesse se passe » est faux en l’occurrence car la jeunesse s’efface mais la consommation se poursuit. Cette drogue déborde désormais dans le monde professionnel. Aussitôt certains rebondissent, arguant que c’est pour apaiser « la souffrance au travail ». Avec les 35 heures, les RTT, les 5 semaines de congés payés, des protections syndicales et prudhommales à un niveau jusqu’alors méconnu…il est inopportun d’exhumer Zola (mort en 1902).

La « souffrance », en l’occurrence, est plutôt l’insuffisance des performances de celui qui a chaussé les semelles de plomb du cannabis, ou la conséquence de son effet désinhibiteur qui le fait s’affranchir des règles, l’exposant à l’exclusion. Le cannabis fait stagner dans les bas échelons de la hiérarchie, il transforme en boulets de l’entreprise ou de l’administration les salariés consommateurs.

Ces incorrigibles cannabinophiles, à l’âge de la majorité électorale, pourront peser en faveur de la légalisation de leur drogue, mais aussi de toutes les drogues. On imagine facilement la suite, en faisant référence à la paralysie manifestée par les pouvoirs publics pour agir contre le tabac (avec ses 13 millions de fumeurs) et l’alcool (avec ses 4 à 5 millions d’alcoolo-dépendants).

Considérons aussi les effets épigénétiques du cannabis. Les travaux de Y. Hurd, (U.S.A.) indiquent que les personnes en âge de procréer qui exposent les précurseurs de leurs cellules germinales (spermatozoïdes, ovules) au tétrahydrocannabinol (THC) du cannabis, transmettent à leur descendance une vive appétence pour les drogues qui s’exprime dès l’adolescence. Ces parents drogués, victimes eux-mêmes de sa nocivité, deviendront ainsi parents de drogués… Non contents d’avoir infligé à la société leur médiocrité (voire pire encore), ils lui offriront des descendants plombés dès le départ.

Une Nation doit tout faire pour empêcher cela et en aucune façon faciliter et moins encore autoriser cette modalité d’annihilation. Le législateur ne peut plus faire semblant d’ignorer ces données, elles s’imposent à ses décisions, elles le responsabilisent pleinement, devant la Nation et devant l’Histoire.

Nouvelles découvertes sur les dangers du cannabis

À propos du cannabis, vient d’être découvert un risque nouveau. Sans entrer dans les détails disons que fumer le cannabis accélère le cœur, fait monter la tension ‘où une diminution de l’oxygène qui arrive au cœur. Voilà qui expose à faire des troubles des coronaires de l’angine de poitrine et des infarctus. Chez les sujets jeunes le risque est très faible de l’ordre de 2 %. Mais compte-tenu du nombre de fumeurs qui ne cesse de progresser, il est évident que globalement cela représente une quantité de cas non négligeable. Mais surtout 25 % d’entre eux mourra. Ce sont des formes d’insuffisance coronaires difficiles à diagnostiquer car elles concernent des jeunes qui se plaignent de douleurs au niveau du cœur ; mais s’y ajoute souvent un contexte d’anxiété, d’excitation, voire de confusion.

De plus 250 enfants en très bas âges sont intoxiqués par du cannabis qui a traîné et qu’ils ont ingéré.

Nous avons de multiples fois mis en garde contre le « cannabis récréatif » qui entraîne une atteinte cérébrale se traduisant par un déficit cognitifLe Figaro du 15/11/2018 rend compte d’une étude effectuée auprès de jeunes âgés de 16 à 25 ans par le Massachussetts General Hospital. Le texte en est paru dans la fameuse revue Clinical Psychiatry.

Arrêter la consommation du cannabis entraîne une amélioration immédiate de la mémoire. « Cette évidence clinique est désormais prouvée par des études robustes en termes de qualité et de suivi des sujets sélectionnés, explique le Dr Geneviève Lafaye, spécialisée dans la prise en charge des adolescents et jeunes adultes » (Hôpital Paul Brousse de Villejuif). 

Outre la mémoire, sont altérés le sens de l’attention et le pouvoir concentration. Monsieur Trudeau le gauchiste qui dirige le Canada ferait bien de lire Le Figaro, lui qui vient de légaliser l’usage du « cannabis récréatif ».

À Denain dans le Nord près de Valenciennes, un jeune père du nom de Raphaël Gamez était addict des jeux vidéo. Il jouait de 20 heures à 4 heures du matin ; en tout 50 heures par semaine. Or le « trouble du jeu vidéo » est défini comme apparaissant à 30 heures. Alors qu’il jouait, son bébé Djason, 6 mois, s’est mis à pleurer. Il l’a frappé à mort. Son avocate a plaidé le « manque » de cannabis ; ce qui était tout à fait exact mais ce qui n’a pas arrangé son cas aux yeux du tribunal. Il a été condamné à quinze ans de prison. (Voix du Nord, 08/11/2018).

Jean-Pierre Dickès

Source

La consommation de cannabis en France n’a pas été aussi élevée depuis 25 ans

La France comptait 5 millions de consommateurs de cannabis en 2017, dont 700 000 usagers quotidiens, selon les chiffres officiels. (PHOTO D'ILLUSTRATION)
La France comptait 5 millions de consommateurs de cannabis en 2017, dont 700 000 usagers quotidiens, selon les chiffres officiels. (PHOTO D’ILLUSTRATION) | JOSHUA RESNICK / FOTOLIA

En 2017, « le cannabis demeure la première substance illicite diffusée dans la population » avec 44,8 % des Français à l’avoir expérimenté, selon le Baromètre santé 2017 de Santé publique France sur plus de 20 000 personnes âgées de 18 à 64 ans.

Si la part des consommateurs dans l’année (11 %) n’a que légèrement progressé par rapport à la dernière enquête de 2014 (10,6 %), « les niveaux de 2017 s’avèrent être les plus élevés depuis 25 ans », soulignent les deux organismes.

Les 18-25 ans sont ceux qui consomment le plus

La tranche 18-25 ans reste la plus consommatrice, avec plus d’un jeune sur quatre (26,9 %) déclarant avoir fumé dans l’année, mais l’étude « observe avec le vieillissement des expérimentateurs, une consommation de plus en plus fréquente après 25 ans ».

« Il y a eu à la fin des années 90 une large diffusion du cannabis, avec près d’un ado sur deux à l’avoir expérimenté. C’est cette première génération expérimentatrice que l’on retrouve aujourd’hui », parmi les consommateurs plus âgés, explique à l’AFP Stanislas Spilka, l’un des auteurs de l’étude à l’OFDT. « Désormais, toutes les tranches d’âge sont concernées par des niveaux d’usage élevés », ajoute-t-il.

« L’entrée dans la vie professionnelle » n’arrête plus la consommation

Ainsi, la consommation dans l’année de cannabis concerne désormais 17,7 % des 26-34 ans, 9,4 % des 35-44 ans et 5,7 % des 45-54 ans. Cela démontre que « l’usage de cannabis […] persisterait après l’entrée dans la vie professionnelle », selon le baromètre.

À l’instar de l’alcool et du tabac, la situation professionnelle influence le niveau de consommation du cannabis : on trouve deux fois plus de consommateurs réguliers chez les chômeurs (6,6 %) que chez les actifs occupés (3 %). Mais, l’étude note « une progression de la consommation parmi les actifs occupés et une stabilisation de celle des chômeurs », entre 2014 et 2017.

Le mode d’approvisionnement est également un marqueur générationnel, les consommateurs de plus de 35 ans ayant davantage recours à l’autoculture (10 %, contre 7 % dans l’ensemble de la population), même si le « deal de rue » reste largement majoritaire pour près de deux tiers des usagers

Source

« Trop de clémence avec l’alcool au volant ! »

Au terme du verdict du Tribunal correctionnel du 13 novembre, Vincent Julé-Parade revient sur ce procès de la violence routière.

Vincent Julé-Parade, avocat de deux jeunes plaignantes blessées en novembre 2017.
Vincent Julé-Parade, avocat des deux jeunes plaignantes blessées en novembre 2017. (©L’Action Républicaine.)

Chartres (Eure-et-Loir). Avocat spécialisé dans la violence routière, Vincent Julé-Parade a perdu sa mère en 1995, tué par un chauffard ivre.

L’homme de loi s’est alors impliqué dans de nombreuses associations en lien avec la Sécurité Routière.

Il a contribué, avec cinq de ses amis, à la création de l’opération « Sam, celui qui conduit, c’est celui qui ne boit pas ! »

« Aujourd’hui, la poche de résistance est plus du côté de l’alcool que sur celui de la vitesse. Le problème de l’alcool c’est qu’il y a un fort lobby qui fait que l’on est encore très très clément avec l’alcool au volant », explique le pénaliste.

L’alcool, un puissant lobby

Ce 13 novembre 2018, Vincent Julé-Parade défendait deux jeunes filles, originaire de Thiron-Gardais blessées lors d’un accident de la route en novembre 2017.

L’une d’entre elle avait été très gravement blessée à la colonne vertébrale ainsi qu’à l’abdomen.

Au final, la prévenue, qui était sous l’emprise de l’alcool, écope de huit mois de prison avec sursis accompagné d’une mise à l’épreuve de deux ans. De plus, en peine accessoire, elle a interdiction de repasser le permis pendant un an.

« Ce jugement m’interpelle ! »

Et l’avocat de poursuivre son réquisitoire : « Pour la prévenue, cette décision du tribunal de huit mois de prison avec sursis ne changera pas la face du monde. Le but ce n’est pas d’envoyer les gens au trou mais c’est le message. Il n’y a aucun fléau sociétal contre lequel on a lutté, notamment d’autres faits (vitesse, drogue au volant, etc.) sans que la justice n’y joue un rôle d’application. La conductrice qui a blessé mes clientes encourait jusqu’à cinq ans d’emprisonnement au vu de son casier judiciaire. Et au final, elle n’a aucun jour de prison ferme. Ce qui m’interpelle, c’est de savoir que si on lui offre encore une chance, ne lui offre-t-on pas, en plus, l’opportunité de récidiver ? Enfin, lors des débats, on a pu constater que plusieurs dossiers étaient en lien avec des gens qui ont eu une conduite dangereuse qui n’a pas fait de blessés. On leur envoie quoi comme message : Allez-y continuez ! »

Source

Facebook détecte les potentiels dealers de drogue grâce à l’IA

Par Thibaut Popelier Le 18 novembre 2018

facebook piratage
Même s’il est, par principe, impossible de « modérer Internet », les réseaux sociaux comptent bien lutter contre le crime et les addictions. C’est par exemple le cas de Facebook qui a développé une intelligence artificielle pour s’attaquer aux dealers de drogue.

Cette IA peut donc repérer les images liées à la drogue qui ont été postées par des utilisateurs.

L’intelligence artificielle contre le crime

Cette technique permet de les détecter avant même qu’elles ne soient signalées par d’autres internautes comme étant du contenu inapproprié. La nouvelle manière procéder permettra notamment aux modérateurs humains de se consacrer à d’autres tâches, comme trouver des pages, des groupes ou encore des hashtags en rapport avec la drogue.

Kevin Martin, en charge de la politique publique américaine chez Facebook, a expliqué le fonctionnement de cette intelligence artificielle : « Notre technologie peut détecter du contenu comme des images en rapport avec la drogue et les tentatives de vendre cette drogue avec des informations telles que des prix, des numéros de téléphone ou des identifiants pour d’autres réseaux sociaux ».

Une solution contre la crise américaine des opioïdes ?

Dans le même temps, Facebook a rejoint Twitter et Google dans le but de former une coalition nommée « Tech Together ». Elle aura pour but de lutter contre la crise liée à l’addiction aux opioïdes (substances psychotropes comme l’héroïne par exemple), qui toucherait plus de deux millions d’américains à l’heure actuelle. D’après les autorités, ces addictions auraient causé la mort de plus de 49 000 citoyens américains l’année dernière.

D’après Kevin Martin, les plus gros acteurs d’internet, tels que Facebook et Google, travailleront ensemble pour offrir les ressources nécessaires afin d’aider les personnes victimes des différentes addictions liées à la drogue. Une tâche qui semble presque impossible…

Paris : un nouveau décès près de la salle de shoot

Cécile Beaulieu|16 novembre 2018
Un homme a trouvé la mort, ce jeudi, rue Ambroise-Paré (Xe). A côté de la salle de shoot. DR

Ce jeudi, un homme a trouvé la mort près de la salle de consommation de drogue, rue Ambroise-Paré (Xe). Il s’agirait du troisième décès ces deux dernières années.

« C’est le mort de trop. Nous savons tous que cette sanisette est une salle de shoot bis ». Rue Ambroise-Paré (Xe), où est installée depuis deux ans la salle de consommation à moindre risque (SCMR), le constat est le même, d’immeuble en immeuble.

Le décès, ce jeudi, d’un homme de 37 ans devant les toilettes publiques ne fait que rendre plus tendue encore la situation.

De sources judiciaires, une enquête pour « recherche des causes de la mort » est diligentée, mais il est évident que le lieu et les circonstances de son décès posent une multitude de questions, dans un secteur où les habitants dénoncent sans relâche les scènes ouvertes de toxicomanie et la dégradation de leurs conditions de vie : « Notamment l’utilisation des toilettes comme lieu d’injection, souligne une riveraine. Les gens font même la queue, chaque jour, pour s’y injecter. »

L’homme décédé ce jeudi a été retrouvé en possession d’un passeport suédois, d’un kit d’injection et d’un pochon contenant du crack. Il « n’était pas inscrit à la salle de consommation » du Xearrondissement, où plus de 1100 personnes sont enregistrées, tient toutefois à préciser la Ville.

« Je ne me voile pas la face, assène de son côté Alexandra Cordebard, la maire (PS) du Xe. Je voudrais que ces toilettes soient fermées, définitivement. Mais plus encore, que les horaires de la salle de consommation soient étendus à la matinée, alors qu’elle n’ouvre qu’à 13 heures. J’ai parfaitement conscience du mal-être des personnes qui vivent là, et je compte bien obtenir les crédits nécessaires à l’extension des horaires de la SCMR. La salle joue son rôle sanitaire, et il ne faudrait pas que l’impression inverse domine ».

Mais, dans le quartier Lariboisière, colère et lassitude dominent. « Nous venons, nous et nos enfants, d’assister au troisième décès sous nos fenêtres », s’agace Pierre (*), habitant du quartier depuis 15 ans. « Avant, les toxicomanes étaient là, mais ils faisaient partie de notre environnement. On les connaissait. Depuis l’installation de la salle et le démantèlement de la colline du crack (XVIIIe), il y a eu un véritable appel d’air, on découvre des gens qui arrivent de partout. Très agressifs, pas du tout enclins à partager notre vie. Bref, des tox très durs. On est démunis… Et changer les horaires de la salle, franchement, ça reviendrait à valider les problèmes plus qu’à les résoudre ».

En juillet dernier, un homme d’une quarantaine d’années avait déjà été découvert sans vie, au pied du 9, rue Ambroise-Paré. Et quelques jours seulement après l’installation de la salle en 2016, un homme serait également mort d’overdose. Jamais les enquêtes n’ont été rendues publiques.

La Ville de Paris réfléchit actuellement à l’installation d’une deuxième salle de shoot dans le nord-est parisien, ainsi qu’à la mise en place d’un bus itinérant qui permettrait d’assurer la prise en charge médicale des toxicomanes et de les accompagner dans un parcours de réinsertion.

Source

Fumer du cannabis entraîne de plus en plus de graves complications

Les morts impliquant le cannabis ont augmenté ces dernières années. Selon une enquête, les hommes trentenaires sont les principaux exposés.

Par 

Publié le  Le Point.fr
Dans cette étude, l’usage du cannabis était « à visée autothérapeutique », notamment anxiolytique, sédative et hypnotique, pour plus d’un patient sur cinq.
Le nombre de notifications de problèmes de santé et de décès liés au cannabis et aux cannabinoïdes a augmenté en France entre 2012 et 2017. Les données présentées au Comité scientifique spécialisé temporaire sur le cannabis thérapeutique devraient inciter à la prudence. Ce comité a été créé en septembre par l’Agence nationale de sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé pour juger de la pertinence et de la faisabilité de la mise à disposition du cannabis à visée thérapeutique dans notre pays.
Il a récemment recueilli le point de vue des professionnels de santé et a examiné des données de vigilance afin d’évaluer les éventuels risques.

Le Dr Émilie Bouquet, du Centre d’évaluation et d’information sur les pharmacodépendances et addicto-vigilance du CHU de Poitiers, a présenté les résultats d’une enquête nationale menée dans 13 centres français. L’analyse a porté sur 2 217 notifications de vigilance impliquant du cannabis seul ou en association à de l’alcool et/ou du tabac entre 2012 et 2017.

« Le nombre de cas avec du cannabis a triplé, passant de 179 en 2012 à 562 en 2017, quand le nombre global des notifications doublait, passant de 2 833 à 5 560 cas », a-t-elle précisé.

Les trentenaires les plus touchés

Globalement, les hommes trentenaires sont les principaux concernés, avec le plus souvent une exposition chronique ainsi qu’une consommation fréquente de tabac, voire d’alcool. Pour plus d’un patient sur cinq, l’usage de cannabis était « à visée autothérapeutique », notamment anxiolytique, sédative et hypnotique. Les complications rapportées étaient psychiatriques dans plus de la moitié des cas, avec une dépendance et/ou une demande de sevrage (35 %), devançant largement les troubles psychotiques, une agressivité, une impulsivité et/ou de la violence ainsi que des manifestations anxieuses, dépressives, voire des idées suicidaires. Selon le Dr Bouquet, des antécédents psychiatriques étaient retrouvés chez la moitié des personnes concernées.

Mais les problèmes ne s’arrêtent pas là. Les notifications font état de problèmes neurologiques dans 15,6 % de cas, touchant surtout les âges extrêmes. Il s’agit principalement de troubles de la conscience, de la mémoire, des fonctions cognitives et de la concentration, d’accidents vasculaires cérébraux ainsi que de convulsions et d’épilepsie. Les complications gastro-intestinales concernent 7,8 % des personnes (essentiellement des nausées et des vomissements, ainsi que des douleurs abdominales). Quant aux troubles cardiaques, retrouvés dans 7,7 % des cas, ils prennent en général la forme de tachycardie, de palpitations et parfois d’infarctus.

Plus d’une centaine de décès

Toujours selon le Dr Bouquet, les morts impliquant le cannabis ont augmenté entre 2012 et 2016. Sur cette période, la spécialiste dénombre 131 décès directs, dont 62 liés au seul cannabis, et 136 décès indirects, dont 73 avec cette unique drogue. Entre 2012 et 2017, 16 décès ont été notifiés spontanément, impliquant le cannabis seul ou en association avec le tabac et/ou l’alcool, hors drames.

Dans le cadre de l’évaluation d’une mise à disposition du cannabis à visée thérapeutique et de spécialités à base de cannabinoïdes, Émilie Bouquet estime donc qu’il faut « impérativement tenir compte de ce risque de complications rares mais graves pour les éventuels futurs patients exposés, maintenir la vigilance, poursuivre la recherche sur la sécurité d’emploi et former/informer les professionnels de santé amenés à prescrire, délivrer et administrer ces produits ».

Source

Cannabis. À quels risques s’exposent les fumeurs ?

Que provoque le cannabis sur le corps ? Sur le cerveau ? Les jeunes sont-ils plus exposés que les autres ? Que cherche-t-on quand on fume ? (photo d'illustration)
Que provoque le cannabis sur le corps ? Sur le cerveau ? Les jeunes sont-ils plus exposés que les autres ? Que cherche-t-on quand on fume ? (photo d’illustration) | FOTOLIA

Outre les risques physiques, connus, le cannabis perturbe le fonctionnement du cerveau, et particulièrement chez les jeunes. Certains pensent aussi que fumer du cannabis aide à dépasser sa timidité ou apaiser sa colère. Un piège. Décryptage avec deux spécialistes.

Que provoque le cannabis sur le corps ? Sur le cerveau ? Génère-t-il des addictions ? Les jeunes sont-ils plus exposés que les autres ? Que cherche-t-on quand on fume ? Deux spécialistes de l’addiction répondent à ces questions.

Quels risques physiques génèrent le cannabis ?

On connaît les risques liés à la combustion : cancer, risques pulmonaires. Mais il y a aussi ceux liés aux substances avec lesquelles le cannabis est coupé. Par exemple « du cirage ou du caoutchouc », prévient Jean-Pierre Couteron, porte-parole de la fédération Addiction. Il est aussi psychologue dans une consultation jeunes consommateurs (CJC) à Boulogne-Billancourt.

Des risques cognitifs ?

Le cannabis perturbe aussi le fonctionnement du cerveau : mémoire, attention, concentration, ce qui ne facilite pas la scolarité. Les jeunes, dont le cerveau est en pleine maturation, sont les plus exposés. « Le cerveau sera perturbé au-delà de la période de consommation »« Alcool, cannabis, tabac sont beaucoup plus dangereux à ces âges-là, précise le Pr Reynaud, psychiatre addictologue et président du Fonds action, à l’origine du site addictaide.fr. Tout l’enjeu est, au moins, de repousser la consommation après 18 ans. Les risques encourus diminuent alors de trois quarts. »

Les conséquences peuvent être plus graves chez les très gros consommateurs ou ceux qui fument un cannabis très concentré en THC : « Il y a des risques d’épisodes délirants, hallucinations, troubles du comportement, dit le Pr Reynaud. Enfin, on sait maintenant que le cannabis peut induire des schizophrénies (cela reste rare et essentiellement chez des personnes prédisposées) et aggrave indiscutablement les états psychotiques et les pathologies psychiatriques. »

Des conséquences « psycho-sociales » ?

Le cannabis altère aussi les apprentissages, les « compétences psycho-sociales », prévient Jean-Pierre Couteron. « Des trucs tout bêtes : gérer son stress, sa colère, sa timidité. Ces compétences, que l’on apprend à un enfant, sont remises en jeu à l’adolescence. Si vous êtes un peu timide, angoissé, vous pouvez vous piéger à confier ce malaise à un produit ». Danger ! « Il donne l’impression que le problème n’existe plus, alors qu’en réalité, on n’a pas acquis la capacité à le résoudre… »

Y a-t-il des risques d’addiction ?

Oui, même s’ils sont moindres que l’alcool. « On considère que 5 à 10 % des consommateurs en général deviennent dépendants », dit Michel Reynaud. Mais ces risques sont plus élevés chez les jeunes. 24,9 % des jeunes de 17 ans qui ont consommé dans l’année du cannabis présente un risque élevé d’usage problématique ou de dépendance, selon l’Observatoire français des drogues et toxicomanies.

Les dispositifs de prise en charge sont-ils suffisants ?

Il existe des consultations pour les jeunes consommateurs (CJC) dans la plupart des villes. « Mais les structures existantes sont très en dessous des besoins, pointe le Pr Reynaud. Cela rend l’accès aux soins difficile. Enfin, la pédopsychiatrie en France est en grande souffrance, en raison du manque de médecins. »

Les parents d’adolescents ont du mal à trouver des réponses aux situations qu’ils rencontrent. Il faut des mois d’attente pour une consultation.

Par ailleurs, toutes les consultations jeunes consommateurs n’ont pas la même approche. Certains considèrent que le jeune doit d’abord être demandeur. « Moi, je pense qu’il ne faut pas attendre, dit Jean-Pierre Couteron. Je consacre une partie de mon temps à travailler avec les parents dont les enfants ne veulent pas venir consulter. On réfléchit ensemble à la manière de les faire bouger. »

Soigner une addiction ne peut-il passer que par la volonté du patient ?

Dans neuf cas sur dix, contraindre quelqu’un à se soigner ne mènera à rien. Dès que le traitement sera terminé, la personne se remettra à consommer. « C’est pour cette raison que les psychiatres sont souvent réticents à hospitaliser sous contrainte des personnes dont le problème principal est la consommation de psychotropes. Le patient doit accepter de faire une part du chemin. S’il ne veut pas du tout, les proches et nous-mêmes sommes en grande difficulté », dit le Pr Reynaud.

Fumer du cannabis ouvre-t-il la porte à une escalade vers des drogues plus dures ?

Il n’y a pas de preuve de la théorie de l’escalade. Au départ, les jeunes commencent par fumer du tabac et tous les toxicomanes sont ou ont été fumeurs. Et parmi ceux qui se mettent à fumer du cannabis, « seule une petite partie passera à d’autres produits et à une consommation problématique. Mais quand ça arrive, c’est un drame pour les parents et les enfants », dit le Pr Reynaud.

Que cherche-t-on dans les drogues ?

Un plaisir ou un apaisement à des difficultés sociales, psychologiques. « Toutes les addictions sont un plaisir qui a mal tourné », dit le Pr Reynaud.

Source

Chez les consommateurs de cannabis – 11/11/18

Pneumothorax spontané et emphysème pulmonaire 

Introduction

Si les complications pulmonaires du tabagisme sont bien connues, celles liées à l’usage du cannabis le sont moins.

Objectifs

Revue systématique sur les données concernant le pneumothorax spontané (PS) et l’emphysème pulmonaire chez les consommateurs de cannabis.

Sources documentaires

Medline sur la période 1980–2018 avec pour mots-clés : cannabis ou marijuana et pneumothorax ou emphysema (limites « Title/Abstract »). Parmi 97 articles, 42 résumés sélectionnés ont donné lieu à une double lecture aboutissant à retenir 20 études.

Résultats

Seize rapports de cas (8 avec PS) retrouvaient des bulles des lobes supérieurs chez les fumeurs mixtes (FM) de cannabis et tabac et chez les 2 fumeurs exclusifs de cannabis (FEC). Le risque de PS était accru chez les FM, mais pas chez les FEC. Chez des patients âgés de moins de 35 ans ayant un PS, l’incidence des bulles à la tomodensitométrie (TDM) thoracique était plus élevée chez les FM que chez les fumeurs exclusifs de tabac (FET). La TDM thoracique des patients ayant un PS ne montrait pas de différence significative concernant la prévalence, la localisation et le type d’emphysème entre les FM et les FET. La proportion de zones avec diminution de la densité pulmonaire était plus importante chez les FM que chez les non-fumeurs (NF), mais similaire chez les FET et les NF.

Conclusion

Les résultats suggèrent un effet toxique cumulatif du tabac et du cannabis sur le risque de PS et d’emphysème pulmonaire.

Source

« Le désastre des toxicomanies en France » par le Pr Jean Costentin

Présentation du dernier livre du Pr Jean Costentin : «  » – Editions Docis – par le Pr Jean-Pierre Goullé

Le dernier ouvrage du Pr Jean Costentin, intitulé « Le désastre des toxicomanies en France » est le cinquième d’une longue série consacrée aux toxicomanies, dont le premier « Halte au cannabis », a été publié il y a 12 ans. Comme les précédents, ce livre est le témoin d’un engagement de tous les instants, depuis plus de 20 ans, motivé par son farouche combat contre toutes les toxicomanies.

Rappelons à cet égard que Jean Costentin préside le Centre national de prévention d’études et de recherches sur les toxicomanies. Cet ouvrage qui comporte 365 pages, est un long cri de colère contre leurs méfaits, qu’elles soient licites, alcool et tabac ; ou illicites, cannabis en premier lieu. Il lutte également avec force, comme il le dit si bien, contre des idées qui prospèrent, entretenues par les médias, avec duplicité, à laisser se développer les toxicomanies et ses conséquences catastrophiques pour la santé publique.

Il s’agit d’un livre, fort bien écrit, au style alerte, riche de très nombreuses informations, destiné aussi bien aux professionnels de santé, qu’au grand public, parents, enseignants, éducateurs, mais aussi aux adolescents, tant il se lit avec une facilité déconcertante.

Dans son préambule, l’auteur cite ce qu’écrivait à propos des drogues illicites, il y a tout juste 30 ans le Pr Pierre Deniker :
« Du point de vue médical et sanitaire, il n’est pas question d’accepter le développement d’un mal nouveau, sous prétexte qu’il ressemble à celui que nous connaissons déjà. Les dégâts produits par l’alcoolisme et le tabagisme ne nous disposent pas, au contraire à subir passivement ceux des toxicomanies. Il ne s’agit pas de choisir entre la peste et le choléra qui sont déjà là. Il s’agit bien d’empêcher une troisième épidémie, sorte de lèpre… ».

Dans une première partie, il traite successivement des généralités sur les drogues, les toxicomanies et les addictions, avec des chapitres spécifiques sur le tabac, l’alcool, le cannabis, la cocaïne, les amphétamines, les opioïdes, sans oublier toutes les nouvelles drogues de synthèse dont le nombre ne cesse de croître, ni les médicaments détournés de leurs indications thérapeutiques. Il démonte également les circuits d’une activité particulièrement lucrative et les profits considérables engrangés par ce commerce.

Au-delà des 130 000 vies perdues chaque année, il rappelle les chiffres abyssaux de leur coût annuel pour la Nation, estimé à 250 milliards d’euros. Il s’oppose avec véhémence aux salles de shoot et fut l’un des premiers à dénoncer le détournement d’usage du Subutex®.

Quant à ce que l’on appelle improprement le « cannabis thérapeutique » souhaité par certains, alors que nous disposons de molécules plus actives dans chacune de ses indications ; il fustige cette démarche dont l’objet hypocrite est en réalité la légalisation de l’usage récréatif, sur le mode de ce qui a été fait dans d’autres pays.

Il accuse les graves insuffisances des plans gouvernementaux dans ce domaine, ainsi que les organismes officiels, pour les carences coupables dont ils ont fait preuve au cours des deux dernières décennies et qui portent comme il le dit, la mémoire, l’empreinte digitale du désastre de ces toxicomanies.

Face à ce terrible constat, mais sans concession, Jean Costentin évoque les différentes pistes qui s’offrent à nous pour sortir du gouffre, comme il le dit très bien. Il prend pour modèle la Suède, qui confrontée à ce problème par le passé, a réussi à résoudre sa crise par l’éducation, la pédagogie et l’enseignement.

Ces piliers, constituent donc pour lui les bases essentielles de la lutte contre ces toxicomanies. Le rapport 2017 de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies, qui du fait de l’absence d’information et de prévention dans les programmes éducatifs, décerne dans ces domaines un carton rouge à la France, semble donner raison au Pr Costentin.

Le lecteur trouvera en fin d’ouvrage, divers documents annexés, pour l’essentiel des échanges de correspondances et des commentaires très intéressants, qui l’enrichissent considérablement.
Ce livre doit trouver sa place dans toutes les bibliothèques familiales, tant il est à la portée de tous.

Disponible chez :

Les femmes auraient plus de risques que les hommes d’être accro au cannabis

Une étude italienne affirme que les femmes ont plus de risques de développer une dépendance au cannabis que les hommes, bien que ces derniers en consomment plus et plus régulièrement. L’hormone sexuelle féminine serait responsable.

Les débats sur le cannabis vont bon train depuis maintenant plusieurs années. Ses vertus thérapeutiques contre certaines maladies ont poussé des gouvernements à sa légalisation (contrôlée, dans la plupart des cas), mais il ne faut pas minimiser la dépendance qu’il peut générer chez les consommateurs, et les femmes sont les premières concernées. C’est en effet ce qu’avance le Conseil national de la recherche d’Italie : bien que les hommes aient 4 fois de chances d’essayer le cannabis et consomment des quantités plus importantes plus fréquemment, ce sont les femmes qui ont le plus de risques de devenir dépendantes à cause de l’œstrogène, l’hormone sexuelle féminine. Elles sont biologiquement plus sensibles aux effets de la drogue et à la diffusion de la dopamine dans le cerveau, qui crée instantanément du plaisir. « Le cannabis est la drogue illicite la plus consommée au monde, explique le Dr Liana Fattore, auteure de l’étude. Bien qu’il soit associé à des effets négatifs sur la santé, y compris le risque de développer une addiction, le cannabis médical et récréatif est de plus en plus légalisé. De plus, le cannabis synthétique [plus puissant que le cannabis mais qui en imite les effets, et jugé impropre à la consommation, NDLR] gagne en popularité et est associé à des vagues d’intoxications et à des décès occasionnels. Identifier les facteurs qu’impliquent la consommation de cannabis et l’addiction devient alors essentiel ».

10% des consommateurs deviennent accro

Si la raison exacte qui explique la plus grande « sensibilité » des femmes n’est pas connue, les scientifiques sont certains que le sexe joue un rôle majeur dans la régulation des cannabinoïdes, les substances chimiques qui activent les récepteurs cannabis présents dans le corps humain et chez les mammifères. « Des études sur les animaux suggèrent que les mécanismes endogènes [c’est-à-dire produits par le corps lui-même, comme l’œstrogène, NDLR] sont à l’origine de la sensibilité face aux cannabinoïdes.

Chez les rats, l’hormone féminine baptisée œstradiol impacte sur le contrôle des mouvements, le comportement social et la filtration de l’information sensorielle dans le cerveau – des aspects concernés par la consommation de drogue – en modulant le système endocannabinoïde. En retour, ce système influence la production d’œstradiol », poursuit le Dr Fattore.

Selon les chiffres du NHS, le système de santé publique britannique, 10% des consommateurs de cannabis deviennent dépendants, le risque étant accru si l’on commence durant sa jeunesse ou si l’on en prend tous les jours. Sans compter une potentielle dépendance au tabac, souvent associé à la drogue. Le mieux, c’est encore de ne jamais essayer…

Source

Dopage en entreprise : quand les salariés se droguent pour «tenir»

Dans un ouvrage paru aux éditions Erès, trois chercheurs se penchent sur le phénomène du dopage en entreprise. Récompensé par le prix RH 2018, Se doper pour travailler soulève les raisons profondes qui poussent certains salariés à l’addiction.

C’est un fléau dont le sport n’a pas fini d’entendre parler. Malgré les techniques de plus en plus poussées des systèmes de dépistage, le dopage continue de sévir auprès de certains athlètes désireux de décupler leur performance pour décrocher les trophées. Mais ils ne sont pas les seuls. Loin des terrains de tennis ou des pistes d’athlétisme, dans les buildings de verre parsemés d’open space, le dopage aussi a trouvé sa place. Sous des formes différentes. Psychotropes, cigarettes, cafés ou longues lignes blanches rythment la vie de certains salariés et leur permettent de «tenir». Et bien souvent dans l’indifférence générale. Voire dans l’auto-acceptation.

C’est à ce sujet délicat que trois intellectuels et professionnels du sujet ont choisi de s’attaquer l’année dernière. Avec succès, puisque leur essai baptisé Se doper pour travailler, paru aux éditions Erès, vient de recevoir le prix du livre RH 2018. Décerné par Science Po, le cabinet Syntec Recrutement et Le Monde, le prix RH récompense les ouvrages s’attaquant à des sujets pointus liés aux mutations que traverse le monde du travail. Se doper pour travailler est le résultat d’un travail de longue haleine mené par trois chercheurs, Renaud Crespin (CNRS), Dominique Lhuilier (Cnam) et Glady Lutz, docteur en psychologie du travail.

Remise en cause de «consommer moins c’est mieux»

«On s’est dit qu’il était temps d’aller voir sur le terrain ce qu’il en est aujourd’hui de ses consommations», explique l’un d’eux. Loin du cliché traditionnel de l’ouvrier alcoolique ou du publicitaire coké, le dopage quotidien, «très fréquent» selon les auteurs, ne serait pas réservé à une catégorie socio-professionnelle ni à un secteur d’activité particulier. Mais c’est surtout contre le discours de prévention officiel, qui vise à prévenir, détecter et sanctionner, sans se soucier des réalités, que les trois chercheurs ont dressé leur minutieuse étude. «Il y a un décalage entre l’adage préventif «consommer moins c’est mieux» et les pratiques réelles. Au cours de nos recherches nous avons pu constater que ces substances étaient au contraire utilisées comme un outil de régulation, pour tenir, se calmer, récupérer ou se stimuler».

Se transformer plutôt que de transformer sa situation professionnelle

Bref, loin de provoquer des comportements déviants, l’utilisation de drogues permettrait de conserver une santé apparente et une certaine sécurité. Par l’addiction, les salariés se préserveraient même d’autres risques liés au travail: surmenage, burn-out, déclassement… En cause, une réalité de plus en plus pénible ou difficile, que ces drogues permettraient d’affronter. C’est donc l’ensemble d’un système, basé sur la pression, où les salariés ne sont parfois que des variables tenues de rentrer dans des moules informes, qui est pointé du doigt par cet ouvrage. «Parfois les salariés n’arrivent plus à transformer les situations de travail. Ils pensent alors que c’est en se transformant eux-mêmes qu’ils arriveront, en étant plus rapides, plus détendus, plus ouverts dans la relation client, plus productifs, plus plus plus, toujours plus. Logique puisque c’est grosso-modo ce qu’on attend des salariés aujourd’hui», explique Dominique Lhuillier sur le site Mode(s) d’emploi.

D’où les limites du discours de lutte contre les addictions et prises de drogues en entreprises. S’attaquer aux salariés sans parler du problème dans son ensemble revient à ignorer les causes tout en voulant lutter contre les effets. Autrement dit, retirer l’addiction sans modifier le contexte qui a poussé le salarié à cette addiction c’est le priver de son principal carburant face à une course tout aussi difficile. On comprend mieux dès lors pourquoi les trois chercheurs ont titré leur ouvrage «se doper pour travailler» et non «se droguer pour travailler», d’apparence synonymes. Dans le monde compétition qu’est l’entreprise, comme dans le sport, les drogues ne correspondent pas à un objectif récréatif pur, mais bel et bien de performance ou de compensation d’une pénibilité profonde liée à leur effort.

Source

Cannabis : « N’essayez pas ! », plaide le Premier ministre néerlandais en visite au Canada

Sur le cannabis, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte est catégorique : « N’en fumez pas du tout ! », a-t-il lancé jeudi en visite au Canada, une semaine après sa légalisation dans ce pays.

En Europe, les Pays-Bas, sont vus comme l’eldorado du cannabis. Sa possession, sa consommation et sa vente au détail de moins de cinq grammes dans des « coffee shops » sont tolérées depuis 1976. Pourtant, appelé à commenter la légalisation de cette drogue douce au Canada, depuis le 17 octobre, Mark Rutte a raconté l’histoire d’un proche dont la sur-consommation de cannabis a eu de graves conséquences sur sa santé mentale. « La marijuana d’aujourd’hui est bien plus forte (qu’avant) et est mauvaise pour la santé, surtout des jeunes », a-t-il observé.

« N’essayez pas du tout ! »

« La meilleure politique qu’on puisse s’imposer à soi-même sur la drogue est d‘éviter la première fois. Cela peut sembler conservateur, mais je vous le conseille : n’essayez pas du tout ! », a lancé le Premier ministre néerlandais aux lycéens canadiens devant lesquels il s’exprimait aux côtés de son homologue Justin Trudeau.

« Et si vous essayez, faites en sorte au moins de ne pas passer de ça (le cannabis) à d’autres drogues »« très dures » comme la cocaïne ou l’héroïne.

Par rapport au Canada, « nous avons une approche différente qui n’est pas tout à fait un succès », a reconnu le Premier ministre néerlandais, indiquant que son gouvernement étudiait une réforme en la matière.

L’expérience canadienne « intéresse beaucoup dans le monde », a reconnu M. Trudeau, car « nous cherchons tous la même chose : mieux protéger nos enfants, mieux protéger nos communautés, mieux protéger la santé publique et la sécurité ».

Source