Alcoolémie: quelle limite le corps peut-il supporter ?

Alcoolémie: quelle limite le corps peut-il supporter ?S’il n’y a pas de seuil létal de l’alcool, la tolérance est très variable selon les individus. Dans tous les cas, une consommation ponctuelle massive peut entraîner de gros dégâts.

Il n’y a pas de seuil létal de l’alcool, la tolérance est très variable selon les individus

Dr Philippe Batel

10 grammes par litre de santé. C’est le plus fort taux d’alcoolémie mesuré chez un automobiliste en France! Ce record, établi en 2005 par un homme âgé de 37 ans à l’époque, est encore loin du record européen. C’est en effet un Polonais d’une trentaine d’années qui détient la palme, avec une alcoolémie de 13,74 grammes par litre. Des exemples à ne surtout pas suivre, en particulier lors des fêtes de fin d’année, où certains peuvent avoir envie de s’adonner à la boisson…au prix de leur santé!

Existe-t-il une limite à ne pas franchir ou le corps humain peut-il s’adapter à des alcoolémies très élevées? «Il n’y a pas de seuil létal de l’alcool, la tolérance est très variable selon les individus», explique le Dr Philippe Batel, médecin addictologue à l’hôpital Beaujon (AP-HP) à Clichy. Cette inégalité dans l’ivresse est due à plusieurs facteurs. Le sexe, d’abord. Les femmes sont en effet beaucoup plus sensibles que les hommes aux effets toxiques de l’alcool, principalement parce qu’elles sont, en général, plus légères, et qu’elles ont davantage de tissus gras que les hommes. Or l’alcool se diffuse plus facilement dans ces tissus.

«Il existe également un facteur génétique, poursuit le Dr Batel. Certaines personnes sont capables de tolérer de manière provisoire des alcoolémies très élevées». L’accoutumance entre aussi en jeu. Ainsi une personne alcoolo-dépendante habituée à boire quotidiennement tolérera mieux une importante quantité d’alcool qu’une personne qui boit occasionnellement. «Le fait de prendre d’autres produits en plus de l’alcool – je pense notamment à la cocaïne et aux amphétamines — entraîne une amélioration considérable de la tolérance», ajoute le Dr Batel.

«Plus une personne a une tolérance élevée, plus le cerveau est en train de subir des modifications neuronales qui lui permettent de résister à l’alcool»

Dr Philippe Batel

Mais une bonne tolérance ne veut pas dire que le corps s’en tire mieux, au contraire. «La tolérance est le reflet de la souffrance cérébrale. Plus une personne a une tolérance élevée, plus le cerveau est en train de subir des modifications neuronales qui lui permettent de résister à l’alcool», explique le médecin.

Lorsque le cerveau n’a plus la force de résister à l’intoxication alcoolique aiguë, le corps tout entier plonge dans le coma. Cet état correspond à un état de perte de conscience provoqué par l’effet de l’alcool sur le système nerveux. Cela se manifeste de divers façons, allant d’une grande somnolence à un coma profond dans lequel le réflexe de déglutition est perdu. «On estime qu’avec 1,5 gramme d’alcool dans le sang, 30% de la population ferait un coma éthylique», illustre le Dr Batel. Le risque de coma éthylique est particulièrement important lorsqu’une quantité d’alcool comprise entre 2 et 4 grammes par litre de sang est consommée rapidement.

» Le binge drinking affecte visiblement le cerveau

L’ivresse peut-elle être mortelle? Oui, indirectement. La mort est le plus souvent due à un étouffement consécutif à des vomissements ou au positionnement de la langue dans la bouche. La prise d’alcool massive peut également provoquer des troubles métaboliques graves, telle qu’une hypoglycémie ou une hépatite aiguë, mais cela arrive plus rarement.

En France, l’alcool est responsable de la mort de 28% des personnes tuées sur la route, ce qui en fait la première cause d’accidents, devant la vitesse excessive et le téléphone au volant.

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Quels sont les effets de l’alcool sur notre organisme?

Lorsque nous buvons des boissons alcoolisées, l’alcool est absorbé au niveau du tube digestif et passe alors directement dans le sang. L’alcool se distribue ainsi dans l’ensemble de notre corps et touche l’ensemble de nos organes (par exemple : le foie ou le cerveau).

L’alcool est une substance psycho-active: il modifie l’activité du cerveau, nos sensations et notre comportement. Consommer de l’alcool peut, par exemple,  provoquer une désinhibition, des troubles de l’équilibre, de la mémoire ou des émotions.

L’alcool a aussi une action toxique sur le système nerveux et il peut induire des phénomènes de dépendance. L’alcool est aussi un carcinogène. C’est une substance dont la consommation n’est pas anodine par les effets qu’elle produit sur l’organisme, à court et à long terme.

Les effets produits par l’ingestion d’alcool sur notre organisme dépendent de plusieurs facteurs :

  • la quantité d’alcool ingérée
  • la composition chimique de la boisson alcoolisée
  • la fréquence de la consommation
  • le sexe
  • l’âge

Dans certains cas, définis en fonction des facteurs énumérés ci-dessus, la consommation d’alcool peut avoir un effet bénéfique ou présenter des risques pour la santé.

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Addiction aux drogues : le circuit cérébral mis en évidence

Dans un modèle de souris, des chercheurs ont identifié un circuit cérébral lié à la consommation compulsive de drogues. Ces travaux suggèrent aussi que les expériences personnelles, plus que la génétique, expliquent que certains sombrent plus facilement dans l’addiction.
L’addiction aux drogues passe souvent par plusieurs phases : après la première exposition à la substance addictive, l’individu consomme de manière maîtrisée sa « drogue », mais ensuite il peut perdre le contrôle et glisse vers une consommation compulsive. Tous les consommateurs n’atteignent pas ce niveau d’addiction.

Des chercheurs de l’université de Genève ont voulu savoir quelle était la différence, au niveau du cerveau, entre quelqu’un qui se drogue de manière compulsive et un utilisateur plus « raisonné ». Pour cela, ils ont mis au point un modèle de dépendance chez la souris. Les animaux pouvaient stimuler leur système de récompense dans le cerveau, simplement en appuyant sur un levier. En effet, la sensation de plaisir associée aux drogues est liée à l’activation du système de récompense, dans lequel agit le neurotransmetteur dopamine.

Pourquoi certains sont-ils plus facilement accro aux drogues ?

Pour savoir quelles souris faisaient un usage compulsif et incontrôlé de cette « drogue », les chercheurs ont puni les souris qui actionnaient le levier avec une petite décharge électrique. 60 % des souris ont continué à appuyer quand même sur le levier, tandis que les autres, comprenant la leçon, ont arrêté leur consommation. Ces résultats paraissent dans Nature.

Les chercheurs ont alors observé que dans le cerveau des animaux addict à leur drogue un circuit était activé : il allait d’une zone impliquée dans la prise de décision (le cortex orbito-frontal) aux ganglions de la base du système de récompense. Lorsque les chercheurs ont accru l’activité de ce circuit chez des souris qui contrôlaient leur consommation de drogue, celles-ci sont devenues addict. Inversement, quand l’activité de ce circuit était réduite chez les animaux accro à la drogue, ils arrêtaient d’actionner le levier de manière compulsive. Toutes les souris étaient génétiquement identiques, ce qui laisse penser que des modifications épigénétiques, liées à leurs expériences de vie, expliqueraient que certaines deviennent plus facilement addict que d’autres.

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Fumer du cannabis pourrait « reprogrammer » le sperme …..

….et créer des spermatozoïdes mutants

Des spermatozoïdes mutants. C’est ce qu’engendrerait la consommation de cannabis selon une étude publiée le 18 décembre dans la revue Epigenetics. En étudiant les effets de cette drogue sur des rats puis sur vingt-quatre hommes de 18 à 40 ans, une équipe de scientifiques de Duke University, en Caroline du Nord (Etats-Unis), a constaté une altération du sperme avec une « reprogrammation » des gènes de son ADN.

Pour leurs travaux, les chercheurs ont comparé le sperme de deux groupes de rats : l’un s’étant fait administrer du tetrahydrocannabinol (THC), la molécule active du cannabis, et l’autre non. Ils ont ensuite comparé le sperme d’un groupe d’hommes qui fumaient de la marijuana de façon hebdomadaire à un autre qui n’en avait pas fumé plus de dix fois au cours de leurs vies et pas du tout les six derniers mois. Chez les rats comme chez les humains, il s’est avéré que la marijuana avait changé la façon de fonctionner des gènes dans les cellules du sperme.

Drogues : la cocaïne et le protoxyde d’azote de plus en plus répandus

Selon un rapport de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publié jeudi 20 décembre, la consommation de cocaïne et de protoxyde d’azote est en augmentation en France.

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Selon l’étude « Tendances récentes et nouvelles drogues » de l’OFDT, on comptait 1,6% d’usagers de cocaïne parmi les 18-64 ans en 2017, contre 1,1% en 2014. Le protoxyde d’azote ou gaz hilarant, qui peut se trouver dans n’importe quel supermarché, est de plus en plus utilisé dans les soirées étudiantes.

Jean-Pierre Couteron, porte-parole de la Fédération Addiction, a répondu aux questions du Magazine de la santé.

  • Comment expliquer l’augmentation de la consommation de la cocaïne ?

Jean-Pierre Couteron, Fédération Addiction : « Ce que l’OFDT a noté, c’est que la cocaïne quitte son milieu traditionnel, elle est en train de gagner les classes moyennes notamment parce que l’offre a changé. Le produit est un peu moins cher, on l’a rendu plus accessible, on peut se le faire livrer à domicile… On a aussi « amélioré » la qualité du produit, la cocaïne est davantage dosée, elle est plus pure. La cocaïne devient plus « fréquentable » et donc le marché s’est élargi. »

  • Quels sont les effets de la cocaïne sur l’organisme ?

Jean-Pierre Couteron : « Il y a des risques cardiaques, des effets de perte de contrôle avec tout ce qui s’ensuit : on prend moins soin de soi, on tire sur la machine… Il y a aussi des effets sociaux et psychiques. Or comme la cocaïne est de plus en plus « pure », plus dosée, tous ces effets sont augmentés. »

  • Des produits que l’on trouvait avant uniquement dans certains milieux festifs se diffusent de plus en plus. De quels produits s’agit-il ?

Jean-Pierre Couteron : « Essentiellement deux types de produits : le GBL-GHB, c’est-à-dire la drogue du violeur et le poppers, qui est un vieux produit qui disparaît et réapparaît. Le poppers a été remis en vente libre et les industriels ont changé le marketing avec des présentations plus amusantes, des petits slogans plus incitatifs. Il y a aussi une diffusion importante de l’ecstasy, de la MDMA, de la kétamine… Le mouvement général décrit par l’OFDT, c’est qu’auparavant ces produits étaient cantonnés à des « sous-groupes » festifs (chemsex, free parties, clubbers…)… et maintenant ils se diffusent dans d’autres milieux. Il va donc falloir changer les pratiques de prévention des risques. »

  • Le protoxyde d’azote, ou gaz hilarant, est aussi de plus en plus utilisé…

Jean-Pierre Couteron : « Le vrai risque, c’est que ce produit réapparaît chez un public qui n’a pas la notion du danger de ce produit. C’est un produit banal que vous pouvez acheter dans le commerce puisqu’il est présent par exemple dans les siphons à crème chantilly. Or il y a eu des cas d’accidents et de décès. Dans certaines régions, comme dans le nord de la France, cela devient un produit de grande consommation. Il va falloir réagir en terme de réduction des risques et d’information ! »

Source France info

L’économie de la drogue peut-elle doper le PIB français ?

Le trafic de drogue bientôt pris en compte dans la richesse nationale. / DDM Illustration Th. Bordas
Le trafic de drogue bientôt pris en compte dans la richesse nationale. / DDM Illustration Th. Bordas

Faut-il intégrer le trafic de drogue au calcul du PIB ? Après plusieurs années de débat, l’Insee vient finalement de trancher en décidant d’incorporer le poids économique du narcotrafic au calcul de la richesse nationale. L’Insee applique en fait une demande de l’office européen de statistique Eurostat. Ce changement comptable pourrait entraîner une révision en « légère hausse » du produit intérieur brut français (PIB). L’acception de prise en compte est large puisque l’Insee tiendra désormais compte de la consommation de stupéfiants ainsi que des activités liées à cette consommation sur l’ensemble du territoire national. Cette prise en compte est destinée à aligner les statistiques françaises sur celles des autres pays européens qui intègrent déjà cette économie souterraine. Selon l’Insee, cette modification comptable n’entraînera qu’une révision en très légère hausse du niveau du PIB.

La prostitution reste exclue

L’intégration de ces nouveaux chiffres sera effective pour les chiffres du PIB révisés et détaillés en mai prochain a confirmé le chef du département des comptes nationaux de l’Insee, Ronan Mahieu. La révision sera d’ampleur puisqu’elle portera sur l’ensemble des résultats publiés par l’Insee depuis 1947 ! Le visage de la richesse nationale ne s’en trouvera pas fondamentalement modifié. Tout juste « quelques milliards » d’euros, à rapporter aux 2 200 milliards d’euros du PIB français relativise-t-on à l’Insee. « Ça n’influera pas sur le chiffre de la croissance » en 2017, ont prévenu les statisticiens.

La décision de l’Insee fait suite à un long débat lancé par Eurostat en 2013. L’institut statistique européen avait alors demandé aux États membres d’intégrer le trafic de drogue et la prostitution dans leurs statistiques nationales, estimant qu’il s’agissait de transactions commerciales consenties librement. L’objectif était d’harmoniser les données fournies par les pays européens, ces activités étant considérées comme légales dans certains États, à l’image des Pays-Bas, ce qui gonfle leur PIB, et illégales dans d’autres. Plusieurs pays ont alors décidé d’intégrer ces nouvelles normes, à l’image de l’Espagne, du Royaume-Uni et de l’Italie.

En revanche, l’Insee a refusé de comptabiliser la prostitution relevant des réseaux, estimant que le consentement des prostituées n’était « probablement pas vérifié ». « Sur ce point, nous maintenons notre position », a indiqué Ronan Mahieu.

Jusqu’à 23% du PIB au Maroc

C’est une bombe qu’a lancée l’an dernier le département d’État américain. Il a affirmé dans un rapport que la production de cannabis au Maroc équivalait à 23 % du PIB. En 2016, ce dernier s’élevait à 93 milliards d’euros. Le PIB marocain devrait donc être augmenté de quasiment un quart afin de prendre en compte le poids de l’économie souterraine du narcotrafic. On estime que le Maroc produit chaque année 700 tonnes de résine de cannabis.

 

« Cela ne chamboulera pas les comptes  »

Eric Heyer, Directeur du département analyses et prévisions à l’OFCE.

Eric Heyer, directeur du département analyses et prévisions à l’OFCE./ Photo DR.

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Quel impact ce nouveau calcul aura sur le PIB français ?

L’effet sera extrêmement marginal puisqu’on évalue le surplus d’un à deux milliards d’euros sur un PIB français qui totalise 2 200 milliards. La modification ne chamboulera donc pas les comptes de la nation.

Pourquoi vouloir soudainement intégrer l’économie de la drogue dans les statistiques ?

Pour le comprendre, il faut s’interroger sur l’objectif du calcul du PIB. Cet indicateur sert en grande partie à prévoir les recettes de l’État afin de calculer une série de ratios dont les critères de convergence du traité de Maastricht. Le déficit est par exemple toujours exprimé par un ratio calculé sur le PIB. Or, intégrer l’économie souterraine qui échappe à la fiscalité et ne génère donc pas en elle ni cotisation ni impôt pourrait induire une erreur sur l’estimation des recettes de l’État. En augmentant immédiatement le PIB de deux milliards, cela ferait mécaniquement chuter le ratio dette sur PIB.

L’argent de la drogue ne rentre-t-il déjà pas dans le PIB dès lors qu’il est blanchi ?

L’argent généré par le commerce illégal de la drogue fait en effet l’objet d’opérations de blanchiment. Mais quand cet argent est alors investi dans l’achat de biens immobiliers ou dans des parts de sociétés, il est déjà pris en compte dans le PIB !

Comprenez-vous cette mesure si elle est justifiée par une volonté d’harmoniser les comparaisons en Europe ?

Dès le moment où Eurostat a décidé d’intégrer l’argent de la drogue dans ses statistiques alors il faut intégrer ces données afin de pouvoir comparer correctement les PIB des différents pays. Mais je le répète, l’impact est évalué à 0,1 point de PIB. L’endettement va passer de 96,5 % à 96,4 % : la belle affaire !

Plus largement faut-il réintégrer dans le PIB l’économie souterraine qui échappe aux radars ?

C’est vrai que si l’on suit cette logique jusqu’au bout, nous devrions aussi intégrer le travail au noir et le secteur domestique. Les activités de bricolage ou de ménage des foyers représentent énormément de valeur qui n’est pas comptabilisée dans les indicateurs de type PIB. En effet seul est comptabilisé le PIB marchand. Par ailleurs, le choix d’exclure la prostitution est discutable d’autant que cette dernière est plus facilement quantifiable que le trafic de drogue.

Alcool et sport : la MILDECA alerte sur les risques d’un nouvel assouplissement de la loi Evin

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Madame Perrine GOULET, députée de la Nièvre, a remis le 30 novembre 2018 au Premier ministre un rapport sur le financement des pratiques sportives en France. Pour donner au mouvement sportif la capacité de mobiliser davantage de ressources privées, le rapport préconise notamment d’examiner la possibilité d’un assouplissement de la loi Evin, en particulier des dispositions suivantes :

  • la limitation de vendre de l’alcool pour un club à dix dates par an ;
  • l’interdiction générale de la publicité pour l’alcool à la télévision ;
  • l’interdiction du parrainage des clubs sportifs par les alcooliers.

La MILDECA rappelle que l’interdiction de la consommation d’alcool dans les stades était l’une des mesures fondatrices de la loi Evin. Elle visait justement à empêcher l’association symbolique de l’alcool et de son image aux valeurs positives du sport.

La MILDECA est donc fermement opposée à l’assouplissement de cet encadrement législatif essentiel, destiné à prévenir les consommations à risque d’alcool et à protéger la jeunesse.

L’alcool est responsable chaque année de près de 49 000 décès. Il est présent dans 30% des condamnations pour violences, 40% des violences familiales, 30% des viols et agressions, un tiers des accidents mortels de la route. Un français sur 5 se dit très affecté par les dommages liés à l’alcoolisation de tiers. Les collectivités locales, tant en milieu urbain que rural, sont très préoccupées par les débordements de la vie festive.

La lutte contre les consommations à risque d’alcool est une priorité de l’action publique, non seulement d’un point de vue de santé publique, mais aussi d’ordre et de tranquillité publiques, pour favoriser un « mieux vivre ensemble » au sein de la société française.

Au sein de cette action publique globale, la réduction des incitations à consommer, en particulier en direction des adolescents et des jeunes adultes, joue un rôle déterminant. La littérature scientifique rapporte de nombreuses preuves quant au lien entre exposition à la publicité et consommations à risque d’alcool, en particulier chez les jeunes (voir expertise collective Inserm sur les conduites addictives des adolescents).

Alors que les niveaux de consommation des adolescents et des jeunes adultes restent très préoccupants en France (à 17 ans, 44% ont déclaré une alcoolisation ponctuelle importante dans le mois), les études mettent en évidence que les jeunes, en raison de leurs pratiques sociales (internet, réseaux sociaux, cinéma, pratiques sportives et de loisirs) sont plus sensibles que la population générale à l’influence des stratégies publicitaires. Celles-ci peuvent être directes ou indirectes, c’est-à-dire valorisant l’image positive / festive de tel ou tel comportement ou produit (sponsoring, placement de produits, organisation de « concours »…).

Pour cette raison, les industriels investissent massivement dans ces stratégies publicitaires, soit des sommes de l’ordre de 450 millions d’euros par an. L’analyse des stratégies marketing met clairement en évidence la manière dont les jeunes sont ciblés, en tant que future génération de buveurs, via le recours à des imaginaires et des vecteurs populaires auprès de cette classe d’âge, tels que le sport. D’après une étude de janvier 2017, 30% des lycéens déclarent avoir été exposés aux publicités en faveur de l’alcool chaque jour au cours des douze derniers mois.

Protéger les adolescents et les jeunes adultes nécessite une extrême vigilance sur leur niveau d’exposition à la publicité qu’il ne faut en aucun cas voir augmenter. L’utilisation par les industriels de stratégies de contournement des règles applicables n’invalide pas le principe des interdits protecteurs ; au contraire, elle met en lumière l’urgence de faire appliquer strictement la loi pour permettre à la jeunesse de grandir dans un environnement protecteur. Élargir les possibilités de vente d’alcool dans les stades irait à l’encontre de cet objectif sociétal majeur.

Les fédérations sportives, par leur capacité de mobilisation et l’organisation de compétitions, ne doivent pas générer des incitations à des comportements à risque ; elles constituent au contraire un relai essentiel des campagnes de santé publique et notamment de la prévention des addictions (tabac, alcool, drogues…), en s’appuyant sur les valeurs du sport pour promouvoir des comportements favorables à la santé.

La perspective d’organisation d’évènements sportifs majeurs tels que la coupe du monde de Rugby ou les JO 2024 est ainsi l’occasion de porter des valeurs positives en termes de santé, de bien-être et d’intégration sociale. Les retombées sur l’ensemble du territoire d’ici à 2024 et même au-delà, notamment en matière de santé publique, seront aussi une des conditions de réussite de ces évènements internationaux majeurs.

Enfin, et c’est un enjeu crucial, il s’agit de prévenir les importants risques de trouble à l’ordre public potentiellement générés par ce type de manifestations et majorés en cas d’alcoolisation des supporters et du public.

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