Drogues : la cocaïne et le protoxyde d’azote de plus en plus répandus

Selon un rapport de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publié jeudi 20 décembre, la consommation de cocaïne et de protoxyde d’azote est en augmentation en France.

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Selon l’étude « Tendances récentes et nouvelles drogues » de l’OFDT, on comptait 1,6% d’usagers de cocaïne parmi les 18-64 ans en 2017, contre 1,1% en 2014. Le protoxyde d’azote ou gaz hilarant, qui peut se trouver dans n’importe quel supermarché, est de plus en plus utilisé dans les soirées étudiantes.

Jean-Pierre Couteron, porte-parole de la Fédération Addiction, a répondu aux questions du Magazine de la santé.

  • Comment expliquer l’augmentation de la consommation de la cocaïne ?

Jean-Pierre Couteron, Fédération Addiction : « Ce que l’OFDT a noté, c’est que la cocaïne quitte son milieu traditionnel, elle est en train de gagner les classes moyennes notamment parce que l’offre a changé. Le produit est un peu moins cher, on l’a rendu plus accessible, on peut se le faire livrer à domicile… On a aussi « amélioré » la qualité du produit, la cocaïne est davantage dosée, elle est plus pure. La cocaïne devient plus « fréquentable » et donc le marché s’est élargi. »

  • Quels sont les effets de la cocaïne sur l’organisme ?

Jean-Pierre Couteron : « Il y a des risques cardiaques, des effets de perte de contrôle avec tout ce qui s’ensuit : on prend moins soin de soi, on tire sur la machine… Il y a aussi des effets sociaux et psychiques. Or comme la cocaïne est de plus en plus « pure », plus dosée, tous ces effets sont augmentés. »

  • Des produits que l’on trouvait avant uniquement dans certains milieux festifs se diffusent de plus en plus. De quels produits s’agit-il ?

Jean-Pierre Couteron : « Essentiellement deux types de produits : le GBL-GHB, c’est-à-dire la drogue du violeur et le poppers, qui est un vieux produit qui disparaît et réapparaît. Le poppers a été remis en vente libre et les industriels ont changé le marketing avec des présentations plus amusantes, des petits slogans plus incitatifs. Il y a aussi une diffusion importante de l’ecstasy, de la MDMA, de la kétamine… Le mouvement général décrit par l’OFDT, c’est qu’auparavant ces produits étaient cantonnés à des « sous-groupes » festifs (chemsex, free parties, clubbers…)… et maintenant ils se diffusent dans d’autres milieux. Il va donc falloir changer les pratiques de prévention des risques. »

  • Le protoxyde d’azote, ou gaz hilarant, est aussi de plus en plus utilisé…

Jean-Pierre Couteron : « Le vrai risque, c’est que ce produit réapparaît chez un public qui n’a pas la notion du danger de ce produit. C’est un produit banal que vous pouvez acheter dans le commerce puisqu’il est présent par exemple dans les siphons à crème chantilly. Or il y a eu des cas d’accidents et de décès. Dans certaines régions, comme dans le nord de la France, cela devient un produit de grande consommation. Il va falloir réagir en terme de réduction des risques et d’information ! »

Source France info

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