L’alcool et le cannabis sèment toujours la mort sur les routes

 

Pierre Nègre et le major Frédéric Friscourt sillonnent l’Hexagone pour sensibiliser les jeunes aux dangers de la conduite sous influence…

Il faut choisir : boire, fumer ou conduire. Un message que Pierre Nègre, responsable de l’association Maaf prévention, et le major Frédéric Friscourt, en charge de la communication et de la prévention à la police nationale, ne cessent de marteler aux jeunes Français à travers l’Hexagone. 

Mardi, le binôme était au World Trade Center de Grenoble pour sensibiliser 57 élèves du lycée hôtelier Lesdiguières aux dangers de la conduite sous influence (alcool et drogues diverses). « Une nécessité, puisque la mortalité routière est la première cause de décès chez les jeunes adultes », souligne Pierre Nègre.

Au programme des élèves de 2e année de BTS en hôtellerie-restauration : visite d’un espace prévention, projection d’un film “choc”, une animation par les intervenants et des questions-réponses.

Un problème presque exclusivement masculin

« L’année dernière, sur 66 morts sur les routes en Isère, 32 étaient liés à l’alcool et 24 à la drogue. 20 % des accidents mortels impliquent des conducteurs novices et la catégorie la plus touchée est celle des 16-25 ans », explique le major Friscourt.

Pierre Nègre poursuit : « Ils payent un plus grand tribut. Sur 10 jeunes, 8 sont des garçons et 2 des filles, accessoirement passagères. Il s’agit d’un problème presque exclusivement masculin. Il y a eu une amélioration sur toutes les autres catégories d’âge, mais on ne la ressent pas sur celle-ci. »

Pire, l’initiation au culte de la cuite et de la défonce « se fait aujourd’hui en 4e ou 3e , note Frédéric Friscourt. Les jeunes commencent à picoler de façon habituelle à 13-14  ans, à découvrir le cannabis et même la cocaïne. Avant d’acquérir leur première voiture. »

Des constats alarmants

Et le constat est encore plus alarmant concernant le cannabis, interpelle le policier : « En 2015, il y a eu 499 tués sur les routes liés à cette drogue, alors que, l’année dernière, le nombre était de 879 ! On estime que d’ici trois ans, il aura supplanté celui des morts liés à l’alcool. Il faut vraiment prendre en compte cette tendance ! »

Entre autres de la part des parents : «  Ils sont nombreux à penser que consommer du cannabis n’est pas grave, sauf que le produit a complètement évolué, il est beaucoup plus fort et apporte plus de troubles qu’il y a vingt ans… »

Avec des effets plus néfastes en cas de polyconsommation avec de l’alcool, un mélange explosif qui, insiste M. Nègre, « multiplie les risques par 10 » !

L’assureur et le policier espèrent que, « dans les années à venir, la prévention va être de plus en plus prise au sérieux, avec le soutien des collectivités, des établissements scolaires et des parents ». D’ici là, ils ne ménageront pas leurs efforts afin d’avertir les jeunes et les adultes. Pour la sécurité de tous.

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Un portail pour combattre les addictions en milieu professionnel

Étonnant et préoccupant : les actifs consomment plus de tabac, d’alcool, de médicaments psychotropes et de cannabis que la population générale.

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Publié le  | Le Point.fr
Les actifs fument plus que les non-actifs (illustration).
Les actifs fument plus que les non-actifs (illustration). © FRANCK LODI/SIPA
Avoir une activité professionnelle ne met pas à l’abri de la consommation de tabac, d’alcool, de médicaments psychotropes, de cannabis ou d’autres formes d’addiction, bien au contraire.
Les chiffres annoncés par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) et le Fonds Action Addictions (F2A) ont de quoi surprendre.
Et ils justifient le lancement, en début de semaine, d’un portail internet pour prévenir et gérer les conduites addictives dans le monde du travail.
L’Académie de médecine avait d’ailleurs déjà alerté sur le sujet à la mi-octobre et recommandé que « des actions collectives d’information et de sensibilisation sur les dangers des drogues licites et illicites soient réalisées en milieu professionnel ». C’est donc chose faite.

Jeunes et addictions : 5 raisons de ne pas crack-er

Rédigé par Florence Vandendriessche Molinet le Mardi 28 Novembre 2017 

Dans le cadre de « la semaine de lutte contre la drogue et des addictions », l’édition 2017/2018 de « 5 raisons de ne pas cracker, s’est déroulé sur une quinzaine, du 13 au 23 novembre 2017, au centre social de Saint Jean à Ajaccio, qui a accueilli les élèves de 4è du collège Laetitia. Deux semaines s’articulant autour de 5 grands axes : Information – Éducation – Social et prévention -Sport et Culture.

Marie-Pierre Coppolani (AS) avec les élèves

Marie-Pierre Coppolani (AS) avec les élèves

Sensibiliser les jeunes sans être trop didactique, ni moralisateur, voici l’objectif de cette initiative de prévention qui visait à développer chez les jeunes des compétences psychosociales leur permettant de faire des choix éclairés et responsables. La MILDECA (Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et les conduites Additives) fait chaque année un appel à projet auquel le centre social répond. C’est la sixième année.

Les jeunes de 4è se prêtent au jeu
L’adolescence est une période dite de transgression, où l’individu se met facilement en rupture avec la famille et l’autorité parentale : « le choix de la classe de 4è n’est pas anodin », explique Marie-Pierre Coppolani, l’assistante sociale du collège Laetitia « car on note que c’est à l’âge de 13/14 ans que le risque de dérives se manifeste ». Ça en passe par la prise d’alcool, de cannabis ou plus grave, la cocaïne, l’héroïne.

Le tabac est aussi à l’ordre du jour.
L’événement « 5 raisons de ne pas crack-er » est apprécié de la part des collégiens qui passent un moment de détente hors cadre scolaire et qui pourtant mobilisent toute leur attention. Projections de court-métrages avec petits débats avec les élèves a ponctué les rendez-vous.
L’ANPAA (Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie) et le service de prévention spécialisée de la FALEP ont animé par petits groupes les ateliers. Le projet a concerné cinq classes se rendant successivement dans les différents ateliers.

Chaque élève est reparti avec une clef usb contenant un petit montage vidéo réalisé par Stéphane Sereni, coordinateur des équipes et animateur sportif au centre social, composé d’une compilation d’extraits d’émission de « c’est pas sorcier », émission sur Arte ; un montage sur tous les types d’addiction. « L’objectif étant de non pas les terroriser mais juste leur donner les informations nécessaires qui pourraient générer une prise de conscience » Explique t-il.

La jeunesse aux prises de sensations fortes et nouvelles
Les jeunes sont attirés par la prise de produits, pourquoi ? Parce que ces substances procurent des sensations idéales pour s’amuser, faire la fête. Et c’est à cet âge où l’impression de passer un cap, de devenir « grand » est très présente, ce qui induit une volonté de liberté.

Une liberté qui peut se traduire par la prise de drogue, d’alcool, c’est aussi le moment de la vie où les jeunes commencent à fumer. Si boire un verre par exemple une fois, peut n’avoir aucune incidence, cela peut selon les sujets et dans la plus part des cas, donner envie d’aller plus loin encore… c’est ici que le danger survient et que l’addiction s’installe.
Le phénomène nouveau : la cocaïne qui touche de plus en plus de jeunes. Il a été montré aux élèves, lors de la manifestation, comment la cocaïne est fabriquée en Colombie, celle qui se met dans le nez et qui fait rêver ou promettant d’améliorer la performance et permettant de démultiplier son punch,  « Si un jour, ils se retrouvent devant un rail de cocaïne, ils sauront ce qu’il contient : du kérosène, de la chaux se vendant à 1000 le gramme  » ajoute Stéphane Sereni.
Sport et dopage : obligation de résultat
En termes de sport, Jean-François de Peretti animateur sportif au centre social, explique que la pression mise par la société mais aussi par la famille est surdimensionné. Les enfants et les adolescents sont dans beaucoup de cas mis dans une relation de compétitivité constante, menant le sujet à une obligation de résultat. La prévention vise à réfléchir sur l’intérêt de faire du sport sans tricher.
Dès les petites catégories, il arrive que les parents mettent une pression folle sur leurs enfants qui se mettent dans un état d’angoisse anormal et qui grandissent avec cette culture de résultat. Cela concerne le domaine sportif, l’école, la société même.
Au centre social, on sensibilise toute l’année. « C’est un travail quotidien », explique Stéphane Sereni « sur la lutte contre les addictions au travers d’ateliers sportifs. Nous faisons des rencontres sportives, nous sensibilisons les jeunes, notamment au dopage. Sur tous nos ateliers, il y a toujours un petit moment qu’on prend pour sensibiliser les jeunes au fait de devenir accroc à quelque chose, que cela soit avec produit ou sans produit ».
Devenir messager, et pourquoi pas ?
Et si, les jeunes pouvaient véhiculer les risques et dangers possibles, auprès des copains et copines qui n’ont pas eu l’information, mais aussi aux parents ! C’est un vrai challenge et possible.
Une question de transmission orale. Engager à devenir messager d’informations préservant la vie pourrait paraître ambitieux mais réalisable ; le but étant d’enrayer au mieux possible ce mal de société généré par les drogues et addictions.

Il a été évoqué « l’estime de soi » lors d’ateliers. Parler de dignité, de respect pour soi-même, pour autrui et de son environnement proche semble marquer les jeunes consciences. À la question : « pensez-vous pouvoir sensibiliser un copain qui fume au risque du tabac », la réponse est « ça va être difficile car il s’en fichera » mais ils comprennent que ce qui n’est pas fait ne se fera pas, ils semblent comprendre que la parole leur est donné pour informer.

Ces élèves de 4ème se sont vus repartir avec un tee-shirt et une clef usb avec le montage vidéo et un film d’animation (source Youtube) criant de vérité :
 qui résume l’addiction à une drogue, quelle qu’elle soit. À travers cette pépite d’or, on peut y voir autant la caféine, la cigarette ou n’importe quelle drogue dure. Cette clef usb n’est pas donnée sans raison, elle contient également, les contacts des partenaires avec numéro d’appel.

 

Hausse de la consommation de drogue et d’alcool au travail: « On se sent impuissant »

Six dirigeants sur dix ont déjà été confrontés à des problèmes d’alcool chez leurs employés, selon l’Observatoire français des drogues et toxicomanie. 

La consommation de cannabis et de cocaïne chez les actifs est en augmentation. Quand l’addiction s’invite dans l’entreprise, les managers et chefs d’entreprises se retrouvent souvent démunis.

Prévention alcool et cannabis, les lycéens de Champollion concernés

Restitution du projet salle Balène.

Avec beaucoup de sérieux, mais aussi parfois de franches rigolades, 136 internes du lycée Champollion se sont défoulés vendredi 17 novembre salle Balène, en s’initiant à la prévention alcool-cannabis, avec leurs proviseurs, leurs CPE, leurs surveillants et quelques parents, en compagnie de José Da Costa du théâtre Arc-En-Ciel.

Ce projet de longue haleine, qui a regroupé huit associations et organisations du Figeacois, en partenariat avec des services du Grand Figeac, trouvait là sa restitution après de nombreux ateliers ou animations menés depuis la rentrée de septembre. Il y a eu là café-débats animés par Familles Rurales, Csapa du Peyry, Espace jeunes, PIJ, Planning familial, Antenne d’Oc et prévention spécialisée de Figeac, ciné-débat «La Playa» présentée par l’Astrolabe et Stéphanie Boyé de l’ANPAA du Lot, théâtre forum avec José Da Costa, et soirées Halloween jeudi 19 octobre à l’internat, avec Didier Buffarot du service du patrimoine. «Ce travail de partenariat aurait-il fonctionné, s’interroge Nadine Ric infirmière du lycée ? Moins d’élèves ont quitté l’internat ce jeudi 19 octobre. Seulement 42. Malgré tout le lendemain, 76 étaient absents au lycée. Ce soir-là dans la ville, les maraudes se sont déroulées sans appel aux sapeurs-pompiers. La présence d’adultes sur cet événement aurait-elle eu un impact ? Tous les jeunes sont volontaires, ils adhèrent au projet, et ont tous bien participé, malgré quelques difficultés d’organisation».

Le 15 décembre, le Csapa du Peyry dévoilera le résultat du questionnaire à la réunion parents-profs des secondes et le 12 janvier pour les premières et terminales.

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Cannabis : les intoxications accidentelles chez les enfants sont en augmentation

Entre 2004 et 2014, en France, 235 enfants ont été admis aux Urgences à cause d’une intoxication accidentelle au cannabis. Un phénomène inquiétant, qui prend de l’ampleur.

On a du mal à y croire, et pourtant : d’après une récente enquête menée par la responsable des urgences pédiatriques du CHU de Toulouse, le nombre d’enfants qui s’intoxiquent au cannabis chaque année par accident ne cesse d’augmenter.

Publiés dans la revue spécialisée Pediatrics, ces travaux décrivent une situation alarmante : entre 2004 et 2014, les hôpitaux français ont recensé 235 admissions d’enfants de moins de 6 ans pour intoxication au cannabis, dont 46 sur la période 2004-2009 et 183 sur la période 2010-2014.

Depuis le mois de janvier 2017, l’hôpital des enfants de Purpan (à Toulouse) a, lui, enregistré une quinzaine de cas. Par ailleurs, l’auteure a noté une nette augmentation des cas d’intoxications sévères : de plus en plus d’enfants se trouvent dans le coma à leur arrivée aux Urgences.Le cannabis, une drogue trop populaire en France

Malheureusement, l’intoxication accidentelle au cannabis concerne surtout les tout-petits : ainsi, sur les 235 enfants de moins de 6 ans hospitalisés en l’espace de 10 ans, 26 % avaient entre 0 et 11 mois, 58 % avaient entre 12 et 23 mois et seuls 5 % avaient plus de 36 mois. Plus surprenant : ce phénomène inquiétant toucherait principalement le Sud de la France, plus exposé aux trafics de stupéfiants. En effet, sur les 235 cas enregistrés, 30 environ avaient lieu à Toulouse et… 50 à Marseille.

D’après les autorités sanitaires, le cannabis est, de loin, la drogue illicite la plus consommée dans l’Hexagone. 3,4 % des hommes âgés de 18 à 64 ans en consomment régulièrement ; chez les ados âgés de 17 ans, cette statistique monte à 6,5 %.

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Cannabis, alcool et accidents mortels de la circulation

L’objectif de ce travail sur les accidents mortels de la sécurité routière en France est double :

  • Estimer le facteur de risque relatif pour un conducteur sous l’influence du cannabis ou de l’alcool d’être responsable en 2011 d’un accident mortel de la circulation routière ;
  • Comparer les résultats de 2011 à ceux obtenus lors de l’étude stupéfiants et accidents mortels de la circulation menée sur le territoire national entre 2001 et 2003.

En 2011, les procès-verbaux établis au cours d’accidents mortels impliquant 4059 conducteurs ont fait l’objet d’une analyse détaillée. Les dosages d’alcool et des drogues illicites dont le cannabis ont été réalisés dans le sang de ces conducteurs. L’étude compare les résultats obtenus pour ces analyses, chez les conducteurs responsables d’un accident mortel et chez ceux qui sont impliqués dans un tel accident sans toutefois être responsables.

Dans cette cohorte, la proportion de conducteurs sous l’influence de l’alcool est de 2,1% et sous l’influence du cannabis de 3,4%. Les sujets conduisant sous l’influence de l’alcool présentent 18 fois plus de risque d’être responsables d’un accident mortel et ceux sous l’influence du cannabis un risque multiplié par 1,7. De plus, un conducteur sur deux sous l’influence du cannabis était également alcoolisé. La présence à la fois d’alcool et de cannabis augmente par un facteur 29 (18 x 1,7) le risque d’accident mortel.

Dix ans après l’étude stupéfiants et accidents mortels de la circulation, la proportion de conducteurs alcoolisés ou sous l’influence du cannabis responsables d’un accident mortel de la circulation est restée la même, ainsi que la proportion des accidents mortels qui pourraient être évités si les conducteurs n’avaient consommé pas d’alcool ou de stupéfiant. Compte tenu du fait que le nombre global d’accidents mortels a considérablement diminué au cours de cette période (3963 tués en 2011 contre 8.000 en 2002), le nombre de victimes attribuable à l’alcool et/ou au cannabis a diminué dans les mêmes proportions. Pour les auteurs de ce travail, l’alcool, responsable du tiers des accidents mortels demeure le problème majeur en matière de sécurité routière.

Pr Jean-Pierre Goullé

J.L. Martin et al. PLoS One, 2017, 12 (11) : e0187320.