Jeunes et addictions : 5 raisons de ne pas crack-er

Rédigé par Florence Vandendriessche Molinet le Mardi 28 Novembre 2017 

Dans le cadre de « la semaine de lutte contre la drogue et des addictions », l’édition 2017/2018 de « 5 raisons de ne pas cracker, s’est déroulé sur une quinzaine, du 13 au 23 novembre 2017, au centre social de Saint Jean à Ajaccio, qui a accueilli les élèves de 4è du collège Laetitia. Deux semaines s’articulant autour de 5 grands axes : Information – Éducation – Social et prévention -Sport et Culture.

Marie-Pierre Coppolani (AS) avec les élèves

Marie-Pierre Coppolani (AS) avec les élèves

Sensibiliser les jeunes sans être trop didactique, ni moralisateur, voici l’objectif de cette initiative de prévention qui visait à développer chez les jeunes des compétences psychosociales leur permettant de faire des choix éclairés et responsables. La MILDECA (Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et les conduites Additives) fait chaque année un appel à projet auquel le centre social répond. C’est la sixième année.

Les jeunes de 4è se prêtent au jeu
L’adolescence est une période dite de transgression, où l’individu se met facilement en rupture avec la famille et l’autorité parentale : « le choix de la classe de 4è n’est pas anodin », explique Marie-Pierre Coppolani, l’assistante sociale du collège Laetitia « car on note que c’est à l’âge de 13/14 ans que le risque de dérives se manifeste ». Ça en passe par la prise d’alcool, de cannabis ou plus grave, la cocaïne, l’héroïne.

Le tabac est aussi à l’ordre du jour.
L’événement « 5 raisons de ne pas crack-er » est apprécié de la part des collégiens qui passent un moment de détente hors cadre scolaire et qui pourtant mobilisent toute leur attention. Projections de court-métrages avec petits débats avec les élèves a ponctué les rendez-vous.
L’ANPAA (Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie) et le service de prévention spécialisée de la FALEP ont animé par petits groupes les ateliers. Le projet a concerné cinq classes se rendant successivement dans les différents ateliers.

Chaque élève est reparti avec une clef usb contenant un petit montage vidéo réalisé par Stéphane Sereni, coordinateur des équipes et animateur sportif au centre social, composé d’une compilation d’extraits d’émission de « c’est pas sorcier », émission sur Arte ; un montage sur tous les types d’addiction. « L’objectif étant de non pas les terroriser mais juste leur donner les informations nécessaires qui pourraient générer une prise de conscience » Explique t-il.

La jeunesse aux prises de sensations fortes et nouvelles
Les jeunes sont attirés par la prise de produits, pourquoi ? Parce que ces substances procurent des sensations idéales pour s’amuser, faire la fête. Et c’est à cet âge où l’impression de passer un cap, de devenir « grand » est très présente, ce qui induit une volonté de liberté.

Une liberté qui peut se traduire par la prise de drogue, d’alcool, c’est aussi le moment de la vie où les jeunes commencent à fumer. Si boire un verre par exemple une fois, peut n’avoir aucune incidence, cela peut selon les sujets et dans la plus part des cas, donner envie d’aller plus loin encore… c’est ici que le danger survient et que l’addiction s’installe.
Le phénomène nouveau : la cocaïne qui touche de plus en plus de jeunes. Il a été montré aux élèves, lors de la manifestation, comment la cocaïne est fabriquée en Colombie, celle qui se met dans le nez et qui fait rêver ou promettant d’améliorer la performance et permettant de démultiplier son punch,  « Si un jour, ils se retrouvent devant un rail de cocaïne, ils sauront ce qu’il contient : du kérosène, de la chaux se vendant à 1000 le gramme  » ajoute Stéphane Sereni.
Sport et dopage : obligation de résultat
En termes de sport, Jean-François de Peretti animateur sportif au centre social, explique que la pression mise par la société mais aussi par la famille est surdimensionné. Les enfants et les adolescents sont dans beaucoup de cas mis dans une relation de compétitivité constante, menant le sujet à une obligation de résultat. La prévention vise à réfléchir sur l’intérêt de faire du sport sans tricher.
Dès les petites catégories, il arrive que les parents mettent une pression folle sur leurs enfants qui se mettent dans un état d’angoisse anormal et qui grandissent avec cette culture de résultat. Cela concerne le domaine sportif, l’école, la société même.
Au centre social, on sensibilise toute l’année. « C’est un travail quotidien », explique Stéphane Sereni « sur la lutte contre les addictions au travers d’ateliers sportifs. Nous faisons des rencontres sportives, nous sensibilisons les jeunes, notamment au dopage. Sur tous nos ateliers, il y a toujours un petit moment qu’on prend pour sensibiliser les jeunes au fait de devenir accroc à quelque chose, que cela soit avec produit ou sans produit ».
Devenir messager, et pourquoi pas ?
Et si, les jeunes pouvaient véhiculer les risques et dangers possibles, auprès des copains et copines qui n’ont pas eu l’information, mais aussi aux parents ! C’est un vrai challenge et possible.
Une question de transmission orale. Engager à devenir messager d’informations préservant la vie pourrait paraître ambitieux mais réalisable ; le but étant d’enrayer au mieux possible ce mal de société généré par les drogues et addictions.

Il a été évoqué « l’estime de soi » lors d’ateliers. Parler de dignité, de respect pour soi-même, pour autrui et de son environnement proche semble marquer les jeunes consciences. À la question : « pensez-vous pouvoir sensibiliser un copain qui fume au risque du tabac », la réponse est « ça va être difficile car il s’en fichera » mais ils comprennent que ce qui n’est pas fait ne se fera pas, ils semblent comprendre que la parole leur est donné pour informer.

Ces élèves de 4ème se sont vus repartir avec un tee-shirt et une clef usb avec le montage vidéo et un film d’animation (source Youtube) criant de vérité :
 qui résume l’addiction à une drogue, quelle qu’elle soit. À travers cette pépite d’or, on peut y voir autant la caféine, la cigarette ou n’importe quelle drogue dure. Cette clef usb n’est pas donnée sans raison, elle contient également, les contacts des partenaires avec numéro d’appel.

 

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