Addiction aux opiacés : la première cause de mort par overdose en France

De nouveaux chiffres alertent sur la dangerosité des opiacés : le nombre de décès lié à leur surconsommation augmente en France.

Elle est la première cause de moralité par overdose en France. L’addiction aux opiacés serait responsable de plus de 500 décès chaque année, soit six fois plus que l’héroïne et cinq fois plus que la méthadone. Des chiffres alarmants, publiés par Le Monde ce 16 octobre, qui mettent l’accent sur les dangers de ces médicaments à base de dérivés d’opium. Les médecins ne cessent de dénoncer les risques engendrés par le recours aux antidouleurs, notamment l’accoutumance.

Selon le quotidien, la consommation de ces substances aurait connu un bond ces dernières années. Depuis 2004, les opioïdes forts auraient en effet connue une progression de 88 %. Pour l’oxycodone, analgésique très puissant, la hausse s’élèverait même à 1950 %.

LA PRESCRIPTION, DÉBUT DE L’ADDICTION

Lucie, trente-quatre ans, a accepté de témoigner pour RTL. Elle explique qu’après une opération des yeux il y a dix ans, elle se voit prescrire un antalgique à base de codéine. C’est le début de son addiction, raconte-t-elle : « Tout de suite, j’ai accroché… La diminution de la douleur, mais aussi un apaisement corporel, un bien-être ». Elle arrêtera à la fin du traitement, pour rechuter quelques mois après à cause d’une crise de névralgie, c’est-à-dire une douleur causée par la lésion ou l’irritation d’une partie du système nerveux. Cela fait deux ans que Lucie dépasse chaque jour la dose journalière maximum autorisée. Ingénieure médicale, elle sait pourtant qu’il ne faut dépasser une semaine de médication.

12 MILLIONS DE FRANÇAIS ACCROS

Selon l’Observatoire français des médicaments antalgiques (Ofma), près de 12 millions de Français seraient addicts aux opacités. Aux États-Unis, les overdoses de drogue ont tué plus de 63 000 personnes en 2016, soit plus que les accidents de voiture ou le Sida. Une étude montrait même que le nombre d’Américaines dépendantes aux opiacés pendant la grossesse a quadruplé en 15 ans.

Dans cette crise des opacités, des scientifiques se penchent sérieusement sur le développement d’un antidouleur plus puissant que la morphine qui n’entraînerait pas d’addiction. Ils espèrent pouvoir démarrer des essais cliniques sur l’Homme d’ici un an et demi

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Un pigeon ayant une passion pour l’alcool est l’oiseau de l’année

Pigeon alcoolique

Agence QMI

Publié le 15 octobre 2018

Le pigeon des bois, ou kereru, amuse régulièrement les Néo-Zélandais en tombant en état d’ébriété à force de manger des fruits fermentés, au point où les habitants de ce pays l’ont élu «oiseau de l’année» cette fin de semaine.

Année après année, les insulaires ont pris l’habitude de voir cet oiseau s’intoxiquer en dévorant des fruits contenant de l’alcool. Les pigeons peuvent alors se laisser balancer sur de très minces branches dans les arbres au gré du vent, quand ils ne tombent pas carrément au sol.

Plusieurs internautes ont lancé une vaste campagne pour offrir au kereru le titre d’oiseau de l’année, un hommage décerné annuellement par l’organisme Forest & Bird afin de sensibiliser à la conservation de la nature. Le pigeon a finalement été couronné en vertu d’un total de 5833 votes, soit plus de 2000 voix d’avance sur son plus proche rival.

Contrairement à environ 80 % des oiseaux du pays qui voient leur population décliner, le nouveau roi des oiseaux néo-zélandais ne figure pas sur la liste des oiseaux en danger de la Nouvelle-Zélande. Même si la population de kereru est stable, le pigeon est à risque de disparaître localement dans certaines régions de la Nouvelle-Zélande où ces prédateurs ont été insuffisamment contrôlés, a précisé l’organisme Forest & Bird.

Le concours a généré une participation record en Nouvelle-Zélande avec plus de 48 000 votes. Les organisateurs ont noté avec humour être parvenus à déjouer des tentatives d’interférence internationale en annulant quelque 1800 votes provenant de l’Australie.

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Cannabis ‘more harmful than alcohol’ for teen brains

Le cannabis ‘plus nocif que l’alcool’ pour le cerveau des adolescents (traduction en bas de cette page)
A teenager smoking cannabisImage copyright GETTY IMAGES

Teenagers using cannabis are causing long-lasting damage to their developing brains, a Canadian study suggests.

It found the impact on thinking skills, memory and behaviour was worse than that of teenage drinking.

The researchers, from the University of Montreal, urged teenagers to delay their use of cannabis for as long as they felt able.

The study tracked and tested 3,800 adolescents over four years, starting from around the age of 13.

Drinking alcohol and taking drugs, such as cannabis, at a young age is known to cause problems with cognitive abilities such as learning, attention and decision-making as well as academic performance at school.

This study found these problems increased as cannabis use increased – and the effects were lasting, unlike those of alcohol.

The teenagers, from 31 different Canadian schools, gave details of their drug and drinking habits once a year.

Their brain skills were also tested every year in school using computer-based cognitive tests.

Developing brains

Although levels of cannabis use in the study were low compared with alcohol use, 28% of the teenagers still admitted to some kind of use.

This compared with 75% of the teenagers who said they drank alcohol at least occasionally.

Prof Patricia J Conrod, lead study author, from the department of psychiatry at Montreal, said she had expected alcohol to have had more of an impact on the teenagers’ brains.

CannabisImage copyrightGETTY IMAGES

But, instead, the research detected greater increases in errors in cognitive tests on the teenagers using cannabis – while they were taking the drug and after they had stopped.

These effects were seen in working memory, reasoning and their ability to control their behaviour.

« Their brains are still developing but cannabis is interfering with that, » Prof Conrod said, of teenagers.

« They should delay their use of cannabis as long as they can. »

She also said the findings highlighted the importance of drug-prevention programmes.

Cannabis is thought to be the most widely used illegal drug in the UK.

It can be addictive and using it has been shown to increase the risk of developing psychotic illnesses, particularly in adolescents.

Giving up cannabis can lead to withdrawal symptoms, such as sleeping problems and mood swings, experts say.

The study is published in the American Journal of Psychiatry.

Une étude canadienne suggère que les adolescents qui utilisent le cannabis causent des dommages durables à leur cerveau en développement.

Il en ressort que l’impact sur les capacités de réflexion, la mémoire et le comportement était pire que celui de la consommation d’alcool chez les adolescents.

Les chercheurs, de l’Université de Montréal, ont exhorté les adolescents à différer leur consommation de cannabis aussi longtemps qu’ils le pourraient.

L’étude a suivi et testé 3 800 adolescents sur une période de quatre ans, à partir d’environ 13 ans.

Boire de l’alcool et se droguer, comme le cannabis, dès le plus jeune âge est connu pour causer des problèmes d’aptitudes cognitives comme l’apprentissage, l’attention et la prise de décision, ainsi que le rendement scolaire à l’école.

Cette étude a révélé que ces problèmes augmentaient à mesure que la consommation de cannabis augmentait – et les effets étaient durables, contrairement à ceux de l’alcool.

Quels sont les risques pour la santé de la consommation de cannabis?
Les adolescents, issus de 31 écoles canadiennes différentes, ont donné des détails de leurs habitudes de consommation de drogue et d’alcool une fois par an.

Leurs habiletés cérébrales ont également été testées chaque année à l’école à l’aide de tests cognitifs informatisés.

Développer les cerveaux
Bien que les niveaux de consommation de cannabis dans l’étude aient été faibles par rapport à la consommation d’alcool, 28% des adolescents ont néanmoins admis une certaine forme de consommation.

Ceci comparé à 75% des adolescents qui ont déclaré avoir bu de l’alcool au moins occasionnellement.

La professeure Patricia J Conrod, auteure principale de l’étude, du département de psychiatrie de Montréal, a déclaré qu’elle s’attendait à ce que l’alcool ait davantage d’impact sur le cerveau des adolescents.

Mais au lieu de cela, la recherche a mis en évidence une plus grande augmentation des erreurs dans les tests cognitifs chez les adolescents consommateurs de cannabis – pendant qu’ils prenaient la drogue et après l’avoir arrêté.

Ces effets ont été observés dans la mémoire de travail, le raisonnement et leur capacité à contrôler leur comportement.

« Leurs cerveaux sont encore en développement, mais le cannabis interfère avec cela », a déclaré le professeur Conrod, à des adolescents.

« Ils devraient retarder leur consommation de cannabis aussi longtemps qu’ils le peuvent. »

Elle a également déclaré que les résultats soulignaient l’importance des programmes de prévention de la toxicomanie.

Le cannabis est considéré comme la drogue illicite la plus largement utilisée au Royaume-Uni.

Il peut entraîner une dépendance et son utilisation augmente le risque de développer des maladies psychotiques, en particulier chez les adolescents.

L’abandon du cannabis peut entraîner des symptômes de sevrage, tels que des problèmes de sommeil et des sautes d’humeur, selon les experts.

L’étude est publiée dans l’American Journal of Psychiatry.

Prévention addictions: l’alcool, « grand absent du financement », dénoncent des médecins

Par AFP le 

L’alcool est « le grand absent du financement » du fonds de lutte contre les addictions aux substances psychoactives, s’insurgent des médecins dans une lettre ouverte à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

Dans ce courrier, ils lui demandent jeudi de faire participer l’alcool, en le taxant plus fortement, au financement de ce fonds de prévention, dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2019 (PLFSS 2019).

Le projet prévoit que le champ d’intervention de ce fonds, constitué de 100 millions d’euros provenant des taxes du tabac, sera élargi aux addictions liées aux substances psychoactives (alcool, cannabis), explique le professeur Michel Reynaud, président d’Actions addictions, co-signataire de cette missive.

Dans le cadre de la prévention, le projet de financement de la Sécu prévoit de faire bénéficier ce fonds de nouvelles ressources « correspondant au produit des amendes forfaitaires sanctionnant la consommation de cannabis (10 millions d’euros en 2019) ».

Cette augmentation de 10 millions d’euros « relève d’un effet d’annonce sans commune mesure avec la dimension du problème » de l’alcool en France, estiment les huit signataires.

Au-delà des 49.000 morts annuelles directement causées par sa consommation, l’alcool est la deuxième cause de cancers, la première cause de mortalité chez les 15-30 ans, la première cause de démence précoce.

L’alcool est aussi impliqué dans plus de la moitié des violences faites aux femmes et aux enfants. L’alcool est de surcroît la première cause de retard mental évitable de l’enfant (né d’une femme qui buvait pendant la grossesse), poursuivent-ils.

La prévention gouvernementale en matière d’alcool se limite à une « discussion picrocholine », dérisoire, sur la taille en millimètres du pictogramme « interdit aux femmes enceintes », déplorent-ils.

La loi de financement de la Sécurité sociale doit intégrer dès 2019 « une taxe sur les boissons alcoolisées » proportionnelle aux degrés d’alcool « pour financer les soins » et « une taxe sur les dépenses de publicité, y compris sur internet – pour financer la prévention », notent-ils.

Outre le Pr Reynaud, les signataires sont l’épidémiologiste Catherine Hill, les professeurs Amine Benyamina (psychiatrie, addictologie), Gérard Dubois (santé publique), Serge Hercberg (nutrition), Albert Hirsch (pneumologue) ainsi que le président et vice-président de l’Association nationale de prévention en Alcoologie et addictologie (Anpaa) Nicolas Simon et Bernard Basset.

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Cette start-up veut faire du vin sans alcool un juteux business

Le Petit Béret

Le Petit Béret a mis au point des technologies qui lui permettent de fabriquer un vin qui n’a jamais contenu d’alcool. Une première qui lui ouvre les portes des très attrayants marchés moyen-orientaux.

Combien de temps l’alcool et les drogues restent-ils dans notre organisme ?

Alcool, cannabis, drogues dures… La consommation de ces substances laissent des traces dans l’organisme. Mais pour combien de temps exactement ?

Combien de temps l'alcool et les drogues restent-ils dans notre organisme ? LESZEKCZERWONKA/ISTOCK

 


Dès qu’une personne consomme de la drogue ou de l’alcool, son corps commence à la décomposer. Au cours de ce processus, un composé issu de son métabolisme laisse des traces dans son sang, son urine et ses cheveux. Parfois plusieurs jours après avoir consommé le produit. Toutefois, la durée de présence détectable dans l’organisme dépend de la nature du produit consommé.

L’alcool :

Seule substance licite de cette liste, l’alcool peut entraîner de graves problèmes pour la santé s’il est consommé de manière excessive et trop régulière. Cette substance est également très longue à digérer pour l’organisme puisqu’il faut environ 1 demi-heure pour que le foie commence le processus de décomposition après la consommation d’un verre d’alcool standard (12 cl pour le vin, 25 cl pour la bière). La présence d’alcool dans le sang est comprise entre 10 à 12 heures dans le sang et de 3 à 5 jours dans l’urine.

Le cannabis :

Le cannabis est la drogue qui reste le plus longtemps dans notre organisme. Si nous ne sommes pas tous égaux face à la consommation de cannabis, le THC, substance psychoactive du cannabis responsable de l’effet planant, reste entre 1 et 3 semaines dans le sang, et 7 à 30 jours dans l’urine.

La cocaïne :

Bien qu’elle soit dangereuse pour la santé, la cocaïne a une durée de vie dans notre organisme beaucoup plus courte que le cannabis. En effet, ce produit consommé généralement par inhalation ou injection laisse des traces dans notre sang pendant 1 à 2 jours, et 3 à 4 jours dans notre urine.

L’héroïne :

Drogue appartenant à la famille des opaciés, l’héroïne se consomme, tout comme la cocaïne, par injection ou inhalation. Sa durée dans l’organisme s’avère elle aussi relativement courte : environ 12 heures dans le sang et 3 à 4 jours dans l’urine. A noter que l’héroïne a un pouvoir addictif très puissant. Si elle disparait relativement « rapidement » de l’organisme, celui-ci y deviendra très vite accro, en moyenne après quelques prises. Chez certaines personnes, une prise suffit à les faire basculer dans la dépendance.

Le LSD :

Cette drogue hallucinogène très puissante qui se consomme par l’ingestion est celle qui disparaît le plus vite de l’organisme. En effet, les traces de LSD dans le sang se dissipent au bout de 2 à 3 heures, de 1 à 2 jours dans l’urine et mettent trois jours à disparaître des cheveux.

L’ectasy :

L’ectasy est une drogue synthétique issue de la molécule MDMA et se prend par voie orale sous forme de pilule. La présence d’ectasy après ingestion est détectable dans le sang durant 2 à 3 heures et 3 à 4 jours dans l’urine.

Vous l’aurez compris, ces substances mettent du temps à être évacuées de l’organisme humain. Ces métabolites sont précieux pour les dépistages de drogues, car ils permettent de déterminer précisément si une personne a consommé des substances psychotropes ou non. Les tests de dépistage des drogues dans les cheveux sont très précis puisque la plupart des drogues (à l’exception du LSD) laissent des traces pendant environ 90 jours.

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Alcool chez les ados : les niveaux restent « dangereusement élevés », selon l’OMS

La consommation d’alcool a diminué chez les adolescents européens. Mais en dépit de ce recul, les niveaux de consommation restent « dangereusement élevés« , conclut l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au vu d’un rapport publié le 26 septembre, « Adolescent alcohol-related behaviours: trends and inequalities in the WHO European Region, 2002-2014 » qui a analysé des données de 36 pays européens, recueillies pendant 12 ans concernant la consommation d’alcool chez les adolescents.

Il en ressort qu’en 2014, plus d’un adolescent européen sur 10 consomme régulièrement de l’alcool chaque semaine à l’âge de 15 ans (9 % des filles et 16 % des garçons). Et un quart environ des garçons et plus d’une fille sur 5 déclarent avoir déjà été saouls 2 fois ou plus à l’âge de 15 ans. Ces taux sont en diminution par rapport à 2002. « La plus forte réduction globale de la consommation nocive d’alcool a été constatée dans les pays qui enregistrent habituellement une prévalence plus élevée, tels que la Grande-Bretagne et la région nordique », explique le Dr Jo Inchley, qui a supervisé la rédaction du rapport.

La consommation commence tôt. Ainsi, 25 % des filles et 31 % des garçons disent avoir commencé à consommer de l’alcool à l’âge de 13 ans ou moins. Ceci représente une baisse par rapport à 2002, année où le pourcentage était de 46 %, tant pour les garçons que pour les filles. Un adolescent sur dix environ avoue avoir été saoul pour la première fois à l’âge de 13 ans ou plus tôt (7 % des filles et 9 % des garçons). Mais il s’agit d’une diminution de plus de la moitié depuis 2002 (de 17 à 8 %).

Globalement, les différences entre les deux sexes ont tendance à se gommer, en particulier dans le nord de l’Europe, où les niveaux sont similaires. Cependant les différences restent marquées en Europe centrale, orientale et méridionale. Le taux de prévalence y est actuellement environ deux fois plus élevé chez les garçons que chez les filles.

L’OMS rappelle l’importance des conséquences de la consommation d’alcool à cet âge. En plus du risque de traumatismes mortels ou non, d’accidents, l’alcool est lié à des tentatives de suicide, une consommation d’autres substances, des grossesses non désirées, des maladies sexuellement transmissibles, de troubles des apprentissages et de la violence.

Cela entraîne « des modifications fonctionnelles et structurelles dans le cerveau, qui persistent à l’âge adulte » souligne l’organisation mondiale. « Puisque nous savons que toute consommation d’alcool à ce stade de développement délicat est particulièrement nocive, les décideurs ont la responsabilité de mettre en œuvre les mesures qui, comme nous le savons, sont efficaces, telles que la limitation de l’accès, le contrôle de l’âge et la restriction de tout type de marketing de l’alcool, y compris le marketing numérique.

Bien que la Région européenne de l’OMS ait déjà atteint l’objectif d’une réduction de 10 % fixé dans le cadre des maladies non transmissibles pour 2025, il est possible d’en faire beaucoup plus pour prévenir les effets dévastateurs de l’alcool en matière de mortalité prématurée et d’invalidité », déclare le Dr Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe.

Sources : 

Communiqué de l’OMS. 26 septembre 2018 ? Rapport « Les comportements liés à l’alcool chez les adolescents : tendances et inégalités dans la Région européenne de l’OMS, 2002-2014 (2018) ».

http://www.euro.who.int/fr/publications/abstracts/adolescent-alcohol-related-behaviours-trends-and-inequalities-in-the-who-european-region,-20022014-2018

Pourquoi zéro alcool pendant la grossesse ?

Pourquoi zéro alcool pendant la grossesse ?AVIS D’EXPERT – Le Pr François Bourdillon*, directeur général de Santé publique France renouvelle sa mise en garde sur les risques liés à la consommation d’alcool chez les femmes enceintes.

Le 9 septembre de chaque année a lieu la Journée mondiale de sensibilisation aux troubles causés par l’alcoolisation fœtale (TCAF), pour informer la population sur ce problème de santé majeur et prévenir la consommation d’alcool chez les femmes enceintes. Il faut savoir, en effet, que l’alcool traverse librement le placenta et imprègne le bébé à naître. Or l’alcool est tératogène chez l’embryon et toxique chez le fœtus en particulier pour son cerveau. La consommation d’alcool pendant la grossesse n’est donc pas sans conséquences. Elle expose au risque de survenue d’anomalies physiques et elle constitue surtout un facteur de risque majeur de trouble du neuro-développement chez l’enfant, persistant à l’âge adulte, responsable de difficultés cognitives et comportementales parfois très sévères. Le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) est la forme la plus complète de TCAF. Sa survenue est nettement corrélée à l’importance de la consommation d’alcool.

Est-il responsable de proposer un verre à une femme enceinte, voire d’insister ?

Il existe des formes moins complètes et moins spécifiques de TCAF pour des consommations d’alcool parfois modestes. Sur la base des déclarations diagnostiques chez le nouveau-né, les épidémiologistes de Santé publique France estiment, au minimum, qu’il naît chaque jour un enfant présentant un TCAF et chaque semaine un enfant présentant un SAF. Ils soulignent surtout que ces chiffres sont vraisemblablement très inférieurs à l’incidence réelle, compte tenu de l’insuffisance du repérage des consommations d’alcool pendant la grossesse et de l’absence de suivi au-delà de la période néonatale des enfants exposés in utero.

Des équipes expérimentées

Par précaution, parce qu’il n’existe pas de seuil de consommation en dessous duquel l’absence totale de risque individuel soit démontrée, et parce que l’on peut légitimement questionner la notion de consommation minimale acceptable s’agissant d’un produit tératogène et fœto-toxique, il est responsable de recommander de ne pas boire d’alcool si l’on est enceinte ou que l’on a un projet de grossesse. C’est le sens du «zéro alcool pendant la grossesse». Cette recommandation simple et universelle est de mieux en mieux comprise.

Ainsi, en 2017, 44 % des Français contre 25 % en 2015 déclarent spontanément qu’il n’existe pas de consommation d’alcool sans risque pour l’enfant. C’est probablement un impact de la campagne des pouvoirs publics diffusée depuis trois ans: «Vous buvez un peu, il boit beaucoup.» Toutefois, 21 % des Français contre 27 % en 2015 pensent encore qu’il n’est pas déconseillé de boire un petit verre de vin de temps en temps pendant la grossesse. C’est pourquoi Santé publique France et le ministère de la Santé lancent une nouvelle campagne: «Par précaution, zéro alcool pendant la grossesse.»

Le moment venu, chaque femme enceinte doit pouvoir s’interroger: faut-il vraiment prendre ou accepter ce verre même dans un contexte festif, une soirée entre amis, un mariage ou un anniversaire? Il s’agit aussi d’amener l’entourage à s’interroger: est-il responsable de proposer un verre à une femme enceinte, voire d’insister?

Cette campagne vise enfin à inciter les femmes qui auraient bu avant de se savoir enceinte, ou qui boivent régulièrement, à s’interroger sur leur consommation et à faire part spontanément de leurs préoccupations aux soignants qui les accompagnent (gynécologue, sage-femme, échographiste, médecin généraliste). En effet, informer les professionnels qui suivent la grossesse permet de bénéficier d’une prise en charge adaptée et de réduire les risques. Il existe des équipes expérimentées dans l’accompagnement des femmes enceintes en difficulté avec l’alcool, dont il faut faciliter et généraliser l’accès à celles qui en ont besoin. Leurs coordonnées sont accessibles sur le site Alcool Info Services, qui propose aussi l’aide d’écoutants (numéro vert: 0 980 980 930).

Améliorer le message sanitaire

Reste la question de l’information sur les bouteilles d’alcool. En application de l’arrêté ministériel du 2 octobre 2006, un message sanitaire à destination des femmes enceintes, préconisant l’abstinence au cours de la grossesse, est apposé sur toute boisson alcoolisée. Ce message peut prendre deux formes: un pictogramme, illustrant le message «zéro alcool pendant la grossesse», ou l’apposition sur l’étiquette d’une phrase d’information: «La consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l’enfant.» Dans les faits, c’est le pictogramme qui est très majoritairement utilisé, même s’il est souvent peu en évidence et donc difficile à repérer sur l’étiquette. Aujourd’hui, pour accroître l’impact du message et mieux informer les consommateurs, il est question de renforcer sa visibilité.

Les filières de boissons alcoolisées ont fait part de leur souhait de contribuer au plan national de santé publique du gouvernement «Priorités prévention», et certains s’engagent déjà: nous ne pouvons qu’encourager cet engagement citoyen et souhaiter qu’il gagne l’ensemble de la profession – y compris les plus réticents. C’est aussi pour cela que nous prenons la parole lors de la journée mondiale du Syndrome d’alcoolisation fœtal: pour renforcer la prise de conscience des acteurs et susciter la mobilisation de tous face à un véritable enjeu de santé publique.

*Avec Sophie Guillaume, sage-femme coordonnatrice en maïeutique, CHU Necker, et présidente du Collège national des sages-femmes de France ; David Germanaud, neuropédiatre, hôpital Robert-Debré (AP-HP), université Paris-Diderot (USPC). Mickael Naassila, professeur des universités et président de la Société française d’alcoologie ; Pr Damien Subtil, chef du Pôle femme, mère et nouveau-né, hôpital Jeanne de Flandre, CHU Lille, au nom du Collège national des gynécologues et obstétriciens français.

« Le temps ne fait rien à l’affaire » (à la façon de G. Brassens)

Les p’tits cons-ommateurs de cannabis rejoignent les vieux cons-ommateurs

Pr. Jean Costentin  – Président du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT)

La toxicomanie est faite de continuums ; continuum des produits qui s’ajoutent par ordre d’intensités d’effet et de toxicités croissantes ; continuum générationnel, les jeunes cons-ommateurs d’hier devenus inéluctablement les vieux cons-ommateurs d’aujourd’hui.

 La revue Drug and Alcohol dependence, 2018, 191, 337-381, dans un article intitulé : « Marijuana use by middle-aged and older adults in the United States, 2015-2016 », montre un accroissement du nombre d’adultes d’âge moyen et de séniors qui s’adonnent à cette toxicomanie. Cette publication a l’intérêt de s’intéresser à des adultes d’âge moyen (9% de consommateurs) et des plus de 65 ans ( 3% ) ; population qui était passée jusqu’à maintenant « sous les radars ».

Essayons d’imaginer la sociologie de ces vieux fumeurs de shit.

Il y a ceux qui ont débuté tôt cette addiction et qui n’en ont pas été gravement affectés, même si leurs parcours familiaux et/ou professionnels  ont été plus chaotiques, avec une altitude de croisière plus basse qu’elle n’eut été s’ils s’en étaient abstenus. Parmi eux certains n’ont jamais arrêté de consommer; la tolérance à certains effets gênants du cannabis les y a aidés.

D’autres, dont les activités imposaient qu’ils s’en abstiennent, ont arrêté. Mais à l’heure de la retraite, désoeuvrés, sans famille ou s’en étant détachés, ils s’étourdissent et trompent leur ennui, leurs regrets, leur inutilité ou leurs échecs, en renouant  avec la fumée du cannabis. Pour ne pas encourir les condamnations prévues par la loi, ils militent évidemment pour l’abolition de la loi qui le prohibe.

N’oublions pas les « Bobos » qui s’encanaillent en fumant du shit, pour retrouver des jouissances de leurs jeunes années sur les barricades de Mai 1968 ; cette « vérolution » qui leur a donné l’illusion d’avoir eu, les pauvrets, le courage de leurs aïeux qui dressèrent des barricades au XIIIème siècle. Ils requièrent aussi la légalisation de toutes les drogues. C’est dans leur nature pétitionnaire ; acutisée par le plaisir « d’emmerbéter » le « catho » et le « bourgeois tradi » ; la sensation d’être vraiment urbains, branchés, au dessus du vulgum pecus et conchiant le populisme.

Référons nous aussi au « jeunisme » dans deux de ses assertions : épauler les revendications des jeunes, sans se donner le mal de trier entre celles qui sont justifiées et celles qui leur sont délétères ; ou encore repousser les limites du vieillissement, en mimant les pratiques d’une frange de la jeunesse.

Concédons à ces individus mûrs, et pour certains déjà blets, qu’à leur âge les méfaits du cannabis seront moindres ou différents de ceux qui affectent nos ados. Déplorons que pour satisfaire leurs caprices ils se moquent éperdument d’exposer  nos jeunes à cette drogue si délétère.

Indifférents au fait de mourir plus idiots, ils n’est pas dans leurs plaisirs de se coucher moins sots qu’ils se sont levés.

L’usage nouveau du cannabis chez les adultes d’âge moyen et chez les séniors justifie, en tous cas, d’effectuer des études spécifiques sur les conséquences sanitaires de cette drogue à leurs âges.

On peut leur savoir gré de se prêter bénévolement à cette expérimentation ; mais avec leur manie de tout vouloir se faire rembourser, attendons nous à les voir revendiquer, avec la légalisation du cannabis, la participation de la « sécu » à leurs dépenses.

Cannabis de synthèse : 71 overdoses en deux jours sur le campus américain de Yale

100 fois plus puissante que le cannabis

par Charlotte Arce

Connu sous les noms de « K2 » ou « Spice », le cannabis de synthèse continue à faire des victimes sur les campus américains. La semaine dernière, ce sont 71 cas d’overdose qui ont été recensés sur le campus de l’Université de Yale, aux États-Unis.

Les étudiants la surnomment « K2 », « Spice », « Black Mamma » ou encore « Mr. Nice Guy ». Encore relativement peu connu en France, ce cannabis de synthèse poursuit son inquiétante progression sur les campus américains, où il jouit d’une impressionnante notoriété malgré les risques pour la santé.

Le site de CBS rapporte ainsi qu’à la mi-août, cette drogue synthétique a occasionné plus de 70 overdoses en l’espace de 2 jours à New Haven, Connecticut, où se trouve le campus de la prestigieuse Université de Yale. Selon les autorités, la plupart des cas d’overdose ont eu lieu au New Haven Green, un parc du centre-ville tout proche de l’Université. 6 victimes ont été retrouvées dans un état grave mais aucun décès n’a été signalé.

Une drogue 100 fois plus puissante que le cannabis… et bien plus dangereuse

Ce n’est pas la première fois que ce fameux cannabis de synthèse fait des ravages chez les jeunes Américains. Facile à acheter sur Internet, cette drogue synthétique est réputée pour produire les mêmes effets que le véritable cannabis, mais aussi de décupler ses effets. 85 à 100 fois plus puissante que la marijuana, elle est par ailleurs indétectable via les tests de dépistage car privée de THC, le principe actif du cannabis.

Ce qui ne l’empêche pas d’être extrêmement dangereuse pour la santé. Interrogée par Ouest France, le Dr Agnès Cadet-Taïrou, responsable du pôle Tendances récentes et nouvelles drogues à l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) met en garde les éventuels consommateurs : « Ces molécules, les cannabinoïdes synthétiques, sont nombreuses et diffèrent selon les produits. Elles sont surtout beaucoup plus puissantes que le THC. »

Un enjeu de santé publique aux États-Unis

D’où les multiplications d’overdoses outre-Atlantique. CBS rapporte ainsi que plus tôt cette année, le K2 a été associé à au moins 22 cas de saignements graves – du nez, des gencives et de l’urine – dans la région de Chicago. En 2017, des dizaines de personnes au regard vide ont été aperçues en train de trébucher comme des zombies dans un quartier de Brooklyn après avoir consommé cette drogue de synthèse.

Et la recrudescence n’est pas près de s’arrêter. En 2012, le National Institute on Drug Abuse révélait que 11% des adolescents américains avaient déjà testé le cannabis de synthèse.

« Ces produits peuvent être vendus sur Internet sous forme de poudre ou de liquide, mais ils sont surtout mélangés à des feuilles broyées ressemblant au cannabis standard, poursuit le Dr Cadet-Taïrou. Il s’en vend également sous forme dite ‘e-liquide’, utilisée avec des cigarettes électroniques. Et comme il existe une multitude de molécules, il est à la fois difficile de savoir précisément ce qu’il y a dedans et il n’existe pas d’effets standards : pour certains, le produit aurait un effet relaxant, sédatif ; pour d’autres, c’est un euphorisant. Mais les effets secondaires sont nombreux. »

Les conséquences sur la santé sont souvent désastreuses : accidents cardiaques, problèmes de rein et de foie, confusions, malaises, tensions artérielles, états psychiatriques délirants et paranoïaques qui conduisent parfois à la mort.

L’objectif désormais, aux États-Unis : mieux informer le public sur les ravages causés par le K2 et lutter contre son expansion auprès des étudiants et adolescents. Pour en finir avec ces multiplications d’overdoses, le gouvernement fédéral a déjà interdit de nombreux cannabinoïdes synthétiques spécifiques, tandis que des États et des villes comme New York ont adopté leurs propres lois visant d’autres cannabinoïdes synthétiques.

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Alcool au volant : l’option de l’éthylotest antidémarrage

Parmi les nouvelles mesures de sécurité routière annoncées mercredi 19 septembre, l’une concerne l’alcool au volant, avec le recours aux éthylotests antidémarrage (EAD).

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Un ensemble de mesures de sécurité routière a été adopté mercredi 19 septembre. Parmi elles, l’une concerne l’éthylotest antidémarrage (EAD).

Une alternative au retrait de permis. 

Notre journaliste Manon Bougault, présente en plateau, fait le point. « Vous sortez d’un dîner entre amis, vous êtes arrêté au volant pour un contrôle routier et on vous demande de souffler. Si votre taux d’alcoolémie est compris entre 0,8 et 1,8 gramme d’alcool par litre de sang, c’est un délit. Jusqu’à aujourd’hui, c’était la suspension de permis automatique et pour beaucoup, cela signifiait perdre son emploi. Désormais il y a une nouvelle alternative pour éviter cette suspension. Le préfet peut vous autoriser dans les trois jours, à installer dans votre véhicule, un éthylotest antidémarrage. Et en l’installant, vous gardez l’usage de votre véhicule. »

1 035 morts sur les routes en 2017

Comment fonctionne cet éthylotest ? « Le circuit est branché sur le circuit d’alimentation de votre véhicule. Vous soufflez. Si c’est vert, votre voiture peut rouler. Comptez 1 300 € pour l’installer« . Ce dispositif existait déjà « mais cela n’était proposé qu’au tribunal« .

En effet, « il fallait d’abord être jugé pour en bénéficier », et en attendant le jugement, on ne pouvait pas utiliser sa voiture. Et en 2017, « 1 035 personnes ont perdu la vie dans un accident lié à l’alcool. Cela représente un quart des morts sur les routes », souligne notre journaliste.

Source FranceInfo

Le vin et l’alcool : de la fête papillaire à l’anesthésie des papilles

Il a été prétendu, récemment, que le vin, ce n’était pas de l’alcool. Analysons cette assertion au deuxième degré (si l’on peut dire).

Le degré alcoolique d’un vin (°) correspond au volume d’alcool pur présent dans 100 ml de ce vin. Dans une bouteille (750 ml) d’un vin au titre alcoolique de 13° (niveau qui tend à devenir la règle, oubliez les beaujolais nouveaux d’antan à 9°), le volume d’alcool pur est de 13 (comme degré) x 750 (comme millilitres), divisé par 100 (c’est un pourcentage), soit de 97,5 ml d’alcool pur. La densité de l’alcool pur étant de 0,789, la quantité d’alcool pur dans cette bouteille est de 77 g (97,5 x 0,789). Ce calcul ne tient pas compte du fait que, lors du mélange de l’alcool et de l’eau, survient une contraction de volume, mais ne compliquons pas davantage, afin que Bacchus, à la différence de Jupiter, ne rende pas fou ceux qu’il veut perdre.

Ce détour pour affirmer que, dans le vin, il y a de l’alcool ; et même qu’il y en a beaucoup. Dans chaque verre à vin (100 ml), ce vin étant à 13°, il y a environ 10 grammes d’alcool pur. Donc, un verre standard de vin apporte 10 grammes d’alcool pur.

Cette assertion doit être analysée.

S’il s’agit d’une horrible « piquette » (brise-ménage, gingin, pinard, vinasse, picrate, tutu, rouge qui tache), celui qui l’engloutit ne s’inflige cet inconfort que pour satisfaire sa soif d’alcool.

S’il s’agit d’un « bon vin », l’alcool n’est sûrement pas absent des mobiles de sa consommation, mais avec des circonstances atténuantes : saveurs, arômes, longueur en bouche, qui en font une fête, que les œnologues animent avec talent.

Même avec les meilleurs vins rouges, la dégustation en dehors des repas est d’une certaine rudesse, qui vous coagule les papilles. C’est, alors, davantage un entretien de l’alcoolémie qu’une dégustation.

Ces bons vins, voire ces « grands vins » (ce qui n’est pas inéluctablement synonyme), expriment leurs qualités dans une alternance entre bouchées et gorgées ; le mets vient alors épauler le nectar, et réciproquement. Un fromage de qualité moyenne et un vin du même niveau, par une épiphanie réciproque, peuvent aboutir à une fête papillaire.

Notre gastronomie s’est développée en symbiose avec des boissons alcooliques, en des couples désormais indissociables : choucroute – bière blonde ; huîtres- muscadet ; sancerre, pouilly-fumé, menetou-salon, équidistants de Chavignol, se mariant à merveille avec son crottin ; cidre – camembert ; lièvre à la royale avec un bordeaux charpenté ; homard à l’armoricaine avec un corton-charlemagne. Mais trêve de salivation et de paraphernalia.

Il faudrait être un « pisse-froid » pour fustiger de telles associations. Ces embuscades gastronomiques sont erratiques ; le prix de ces bouteilles est élevé ; un équilibre entre ce que l’on mange et ce que l’on boit s’installe spontanément ; autant d’éléments qui prémunissent d’un excès franc.

Un tout autre discours devrait être tenu sur les « alcools forts » : gin, whisky, cognac, calvados, vodka, bukha, saké… Leur saveur discrète est éteinte par l’anesthésie des papilles produite par l’alcool à 40° ; leur séjour buccal est bref ; leur lampée est essentiellement au service d’une ascension de l’alcoolémie.

Le cheminement toxicomaniaque débute par l’expérimentation (40 millions de Français) ; il peut évoluer vers usage régulier et virer à l’alcoolodépendance (5 millions de Français) ; il donne accès à l’alcoolisme, dont meurent chaque année 49.000 des nôtres, sans compter les multiples handicapés physiques et/ou psychiques qu’il recrute

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Canada: «la légalisation du cannabis est une catastrophe annoncée»

Jérôme Blanchet-Gravel

Le Canada s’inspire-t-il de la ville d’Amsterdam? On pourrait le croire, car la consommation du cannabis sera bientôt légalisée à l’échelle du pays. Pour le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu et l’ex-enquêteur Paul Laurier, cette décision aura de graves conséquences. Sputnik s’est entretenu avec eux.

Le 17 octobre prochain, la marijuana deviendra légale au Canada. Le Canada deviendra ainsi le premier pays du G7 à légaliser «l’or vert». L’usage du cannabis était interdit depuis 1923, mais l’État fédéral autorisait sa consommation à des fins médicales depuis 2001.

Concrètement, le gouvernement canadien autorisera la possession d’une quantité de cannabis allant jusqu’à 30 grammes. La commercialisation du produit sera assurée par des sociétés d’État, gérées par les gouvernements provinciaux. Sans surprise, la consommation du pot sera également réservée aux adultes, l’âge minimal pouvant varier en fonction des provinces (18 ans au Québec, 19 ans en Ontario).

Jusqu’à 30 grammes autorisés pour les adultes

Le Premier ministre Justin Trudeau est si fier de son coup qu’il estime que le Canada pourrait donner l’exemple à des pays alliés. Selon lui, la légalisation de la marijuana est une décision «progressiste», qui serait avant tout prise pour le bien commun des Canadiens, du point de vue de la santé et de la sécurité publiques.

Le premier argument invoqué est que la légalisation de la marijuana privera de nombreux criminels de leur lucratif commerce. On pense effectivement que les sociétés d’État chargées de vendre le pot remplaceront les revendeurs illégaux. Dans cette optique, le gouvernement canadien pense assurer un meilleur contrôle, surtout auprès des jeunes.

«Le Règlement sur le cannabis contribuera à protéger la santé et la sécurité des Canadiens, en particulier les jeunes, et favorisera une industrie légale concurrentielle en mesure de supplanter le marché illicite. Il énoncera les règles relatives à la production, à la distribution, à la vente, à l’importation et à l’exportation de cannabis en toute légalité», peut-on lire dans le communiqué de presse du gouvernement.

Mais surtout, en légalisant le cannabis, le gouvernement canadien espère renflouer ses caisses. Statistique Canada estime qu’environ 4,9 millions de Canadiens âgés de 15 à 64 ans ont acheté du cannabis en 2017, leurs dépenses totalisant environ de 5,7 milliards de dollars canadiens (3,75 milliards d’euros). Parmi eux, 90% ont acheté du cannabis à des fins récréatives.

Vente de pot: un marché lucratif pour les gouvernements?

Après la légalisation, pour chaque gramme de cannabis vendu à moins de 10 dollars canadiens (6,60 €), une taxe d’environ 0,98 dollar canadien (0,65 €) sera prélevée par l’État fédéral, lequel redistribuera un quart de la somme aux provinces. À ce montant s’ajouteront les taxes fédérales et provinciales à la consommation, qui oscillent entre 10% à 15%.

À première vue, le projet peut donc paraître prometteur, mais plusieurs voix se sont élevées pour le critiquer, voire le dénoncer. Ainsi, le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu se dit complètement opposé à la légalisation du cannabis.Interrogé par Sputnik, M. Boisvenu a rapidement évoqué «une catastrophe appréhendée» dans ce dossier. Et ce, pour plusieurs raisons. Premièrement, le sénateur met en garde contre l’engorgement du système judiciaire. Le gouvernement canadien pense décharger le système en limitant les arrestations pour possession de marijuana, mais en fait, il ne fera que déplacer le problème. Notamment en raison du nombre élevé de contestations de la loi qui est à prévoir.

«Beaucoup de dossiers vont aller jusqu’en Cour Suprême. On pensait libérer les palais de justice des causes [cas, nldr] de « pot », mais il va y avoir beaucoup plus de causes de contestation du règlement, notamment car les lois des provinces sur la marijuana ne sont pas totalement en phase avec la loi fédérale.»

Deuxièmement, Pierre-Hugues Boisvenu pense que le projet de loi nuira aux peuples autochtones et ne contribuera pas vraiment à éradiquer la production illégale. D’ailleurs, la Gendarmerie royale du Canada s’était déjà prononcée sur le sujet: selon le plus haut corps policier du pays, le crime organisé ne sera pas écarté du marché.

«À mon avis, les conséquences de la légalisation sont sous-estimées par les gouvernements. Il y a d’abord des problèmes majeurs au niveau des réserves autochtones. Pour les Premières Nations, la légalisation sera un fléau. Déjà, ces peuples étaient aux prises avec des problèmes de drogue, et maintenant ils vont être aux prises avec plus de trafiquants et de production illégale. Il faut bien comprendre que la légalisation ne va pas du tout abolir le marché noir», a affirmé M. Boisvenu à Sputnik.

Le sénateur québécois s’inquiète aussi du nombre de gens intoxiqués qui conduiront leur véhicule, estimant dangereuse la conduite sous l’effet du stupéfiant. Il rappelle de plus que le test permettant de détecter cette substance dans l’organisme est beaucoup plus élaboré que l’alcotest… alors qu’il ne permet même pas de démasquer les gens qui ont mangé et non fumé de la marijuana… Et encore une fois, il craint une multiplication des contestations judiciaires, car les autorités ne seront pas prêtes à composer avec le phénomène.

Marijuana et conduite automobile: un cocktail explosif

L’ex-enquêteur de la Sûreté du Québec, Paul Laurier, partage l’avis de M. Boisvenu à ce sujet. Ce qui l’inquiète le plus est la sécurité routière. Non seulement la consommation de marijuana est dangereuse en soi pour les automobilistes, mais combinée à l’alcool et à d’autres drogues, elle pourrait faire des ravages. M. Laurier parle aussi de la combinaison fatale de textos et de marijuana au volant. Il rappelle qu’une fraction de seconde d’inattention suffit souvent pour créer des accidents mortels.

«Ma plus grande crainte, ça va être sur les routes. On va déplacer le problème. La police n’interviendra pas dans la rue, mais va devoir s’occuper des accidents causés par la consommation de pot. Les policiers vont intervenir sur beaucoup plus d’accidents. […] On va donc se retrouver avec une période de flottement. On a forcé le Sénat à passer cette loi-là, à dire oui, mais c’est évident qu’on n’est pas prêts. Les rapports scientifiques n’ont pas été considérés».

Un petit chien

Paul Laurier est aussi convaincu que la légalisation de la marijuana contribuera à démystifier, voire à banaliser sa consommation. En faisant du cannabis un produit comparable à l’alcool, le gouvernement Trudeau envoie le message que son usage n’est pas dramatique, voire tout à fait normal.

«La légalisation va généraliser et banaliser la consommation de la marijuana. Il va y avoir des effets nocifs sur la santé, c’est certain. Il y aura aussi des effets nocifs sur la santé mentale. Ce sont les gens qui vont payer pour cette expérience-là. […] La légalisation du cannabis, c’est un écran de fumée», s’est insurgé M. Laurier dans une entrevue avec Sputnik.

M. Laurier a aussi souligné que le crime organisé n’allait pas cesser du jour au lendemain de vendre du cannabis et que le Canada entrerait dans une «difficile période de transition». Ce que pense aussi M. Boisvenu. Paul Laurier a ajouté que beaucoup d’argent du crime organisé avait même été investi dans la production légale de marijuana.

marijuana

Enfin, si le Canada est le premier pays du G7 à légaliser la marijuana, il faut toutefois rappeler qu’il n’est pas le premier État nord-américain à le faire. Le gouvernement fédéral des États-Unis n’a jamais légalisé le pot, mais le Colorado, Washington, l’Oregon, l’Alaska, le Nevada et la Californie l’ont fait en tant qu’États. Le Canada s’est inspiré de l’expérience américaine pour mettre en œuvre sa propre politique.Justin Trudeau sait-il qu’en 2014, les cas d’ingestion involontaire de cannabis par des enfants de moins de neuf ans ont augmenté de 34% au Colorado et que les accidents de la route impliquant des fumeurs de pot ont bondi de 75% en trois ans dans ce même État?

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Cannabis thérapeutique: un comité officiel va évaluer son intérêt

De l’Insane OG, une souche de marijuana présentée au « Dr. Greenthumb », le dispensaire phare de médecine et de loisirs qui a ouvert le 15 août 2018 à Sylmar en Californie AFP/ARCHIVES – FREDERIC J. BROWN

L’Agence du médicament ANSM a créé un comité pour « évaluer la pertinence de développer en France l’utilisation thérapeutique du cannabis », et ses premières conclusions seront connues « d’ici la fin de l’année », a-t-elle annoncé lundi.

Les propositions de ce comité « seront basées sur l’analyse de l’ensemble des données scientifiques disponibles et l’expérience d’autres pays l’ayant déjà mis en place, en prenant en compte le point de vue des patients », a indiqué l’ANSM dans un communiqué.

« Des représentants associatifs, des professionnels en santé et en sciences humaines seront étroitement associés aux travaux de ce Comité, soit en qualité de membres, soit en étant auditionnés », a précisé l’Agence, selon laquelle les membres de cette structure seront nommés « dans les prochaines semaines ».

« Une première réunion se tiendra courant octobre et le Comité remettra ses premières conclusions d’ici la fin de l’année », selon l’ANSM.

Nommé pour un an, ce comité scientifique spécialisé temporaire (CSST) devra évaluer « l’intérêt thérapeutique du cannabis pour le traitement de certaines pathologies » et « les modalités de mise à disposition du cannabis dans le cadre d’une utilisation médicale ».

Dans une tribune publiée en juillet, plusieurs élus PS, LREM et EELV ont demandé la légalisation du cannabis à usage thérapeutique, qui pourrait selon eux apaiser les souffrances de 300.000 patients, en rappelant qu’une trentaine de pays ont légalisé partiellement ou totalement le cannabis à usage médical.

Ces élus et médecins font valoir « l’efficacité du produit dans la gestion de la douleur chronique, les troubles physiques provoqués par les chimiothérapies et les spasmes musculaires liés à la sclérose en plaques ».

En France, les médicaments à base de cannabis peuvent faire l’objet d’une Autorisation de mise sur le marché (AMM) depuis 2013.

Dans les faits, un seul en a bénéficié: le Sativex, spray destiné à soulager des malades atteints de sclérose en plaques. Il a obtenu cette autorisation en janvier 2014 mais n’est toujours pas commercialisé, en raison d’un désaccord sur son prix de vente.

En revanche, la consommation des joints de cannabis est pénalisée quel qu’en soit l’usage: la loi française ne fait pas de distinction entre leur usage récréatif et thérapeutique.

En juillet, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait affirmé qu’elle n’excluait pas d’autoriser les cigarettes de cannabis à usage thérapeutique si elles apportent « un plus » par rapport aux médicaments déjà autorisés.

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