Cannabis : la ministre de la Santé compte fermer les coffee shops

Agnès Buzyn l’a déclaré, dimanche, sur RTL. Selon elle, ces établissements fermeront dans plusieurs mois.

Des personnes font la queue devant un coffee shop, dans le 11e arrondissement de Paris, le 9 juin 2018.
Des personnes font la queue devant un coffee shop, dans le 11e arrondissement de Paris, le 9 juin 2018.
(ALPHACIT NEWIM / CROWDSPARK / AFP)

« Il va falloir qu’on revoie la législation et revoir comment on met de l’ordre dans tout cela. » Face au boom actuel de coffee shops qui « détournent le droit » pour vendre un dérivé du cannabis, le gouvernement veut clarifier la loi, a déclaré la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, sur RTL, dimanche 17 juin.

« Zone grise du droit »

A la question « auront-ils fermé dans quelques mois ? », la ministre a répondu : « Je pense qu’ils auront fermé ». Pour elle, « ces coffee shops se sont ouverts sur une zone grise du droit. Le droit dit que le chanvre peut être utilisé à des fins industrielles quand il contient moins de 0,2% de THC [la substance active du cannabis]. Il ne parle pas de produits en cigarette mais de la plante. Or ces magasins détournent le droit en disant que leurs cigarettes contiennent moins de 0,2% de THC. »

« Aujourd’hui, toute vente de cannabis à usage récréatif lorsqu’il contient du THC, quelle que soit la dose, est normalement condamnable. Mais c’est vrai que la législation sur les 0,2% peut être un peu floue », a relevé Agnès Buzyn.

Enquête préliminaire ouverte

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, le 11 juin, concernant une boutique parisienne vendant un dérivé du cannabis, afin de vérifier si elle respecte la législation, a appris l’AFP, confirmant une information du Journal du dimanche (article abonnés).

Les investigations ont été confiées à la Brigade des stupéfiants et du proxénétisme. L’enquête porte sur les chefs d’emploi, acquisition, transport, détention, offre et cession de stupéfiants.

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Madame la Ministre,  votre déclaration sur le cannabis médicament est maladroite.

Les membres du bureau du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT) les professeurs J. Costentin, J.-P. Goullé, C. Giudicelli, J.-P. Tillement, le bâtonnier A. De Bézenac

 Madame A. Buzyn, ministre de la Santé, a déclaré (le 24 mai) sur « France Inter » : « l’utilisation du cannabis à des fins médicales pourrait arriver en France. Je pense que nous avons du retard. Je ne peux pas vous dire à quelle vitesse nous allons le développer mais en tous les cas, j’ouvre le débat avec les institutions responsables de ce développement. Il n’y a aucune raison d’exclure, sous prétexte que c’est du cannabis, une molécule qui peut être intéressante pour le traitement de certaines douleurs très invalidantes. J’ai demandé aux différentes institutions qui évaluent les médicaments de me faire remonter l’état des connaissances sur le sujet ».

 Cette déclaration a, évidemment, fait le Buzz et nous sommes de ceux qui l’ont trouvée maladroite, en ce qu’elle entretient la confusion entre le cannabis, plante toxicomanogène et le concept de médicament. Il y a quelques années l’Académie de médecine concluait une étude consacrée à cette plante : « Le cannabis : un faux médicament et une vraie drogue ».    

La France aurait du « retard » si disposant de données pharmacologiques irréfragables et importantes elle n’en tirait pas parti ; or ces données n’existent pas. Les éléments disponibles ne justifient pas le forcing d’appétits mercantiles impatients, qui font fi du sacro-saint principe « Primum non nocere » (d’abord ne pas nuire).

Les Etats qui ont franchi le pas du « cannabis médicament », sous la pression de lobbies cannabinophiles, ne se sont pas embarrassés des critères rigoureux qui, en France, président à l’élévation d’une molécule à la dignité de médicament. Sous prétexte qu’il s’agit de composants du chanvre indien, devrait-on rompre avec les précautions accumulées au cours du temps, pour améliorer la sécurité du médicament. On doit faire encore mieux à cet égard, après quelques « loupés » récents dont des médias se repaissent goulûment, alors qu’ils se passeraient de ces précautions quand il s’agit de cannabis.

On ne saurais rejeter a priori tel cannabinoïde (parmi la centaine que recèle le cannabis) s’il montrait, à l’état pur, un intérêt thérapeutique à des doses éloignées de celles suscitant des effets délétères. C’est ce que fait la pharmacologie depuis François Magendie (1783-1865) et son continuateur Claude Bernard (1813-1878).

Les Etats qui ont légalisé le cannabis à des fins récréatives, ont toujours commencé par le travestir en médicament. Notre Ministre, non suspecte de jouer de cette grosse ficelle (en chanvre), trouble néanmoins l’opinion publique, déjà terriblement désinformée sur cette drogue, en parlant globalement de cannabis.

Le THC/ tétrahydrocannabinol, unique attente des toxicomanes qui requièrent la légalisation du cannabis, est déconsidéré comme médicament du fait de son déplorable rapport bénéfices/risques. L’intensité  de chacun de ses effets thérapeutiques potentiels  est modeste, comparée à celle de médicaments disponibles. Il n’a pas de spécificité d’action (au lieu du projectile qui vise une cible biologique, c’est une grenade qui envoie des projectiles dans tous les sens), modifiant  simultanément de nombreuses fonctions, ce que l’on n’accepte plus d’un médicament. Et surtout il est invalidé par les risques nombreux et souvent graves qu’il fait courir à ses utilisateurs : Addiction, anxiété, dépression, schizophrénie, ivresse, perturbation de la conduite d’engins de tous types, désinhibition, altérations de la mémoire et de la cognition, artérites, angine de poitrine, infarctus du myocarde, immunodépression, perturbations de la grossesse et de l’enfant qui en naitra, modifications épigénétiques transmises à la descendance…

La déconfiture thérapeutique du THC étant patente, ceux qui avaient investi  dans le cannabis s’escriment à recycler le concept en promouvant son congénère, le cannabidiol (CBD), soudain paré de mille vertus. Il intensifierait les effets bénéfiques du THC et annulerait ses effets délétères (miracle de la phytothérapie !). Pour le démarquer du THC, il est prétendu que le CBD n’a pas d’effets psychotropes mais simultanément, pour le glorifier, il lui en impartissent une longue liste (comprenne qui pourra). Il est présenté comme une thériaque (ce qui en thérapeutique est devenu invalidant). Au stade de ses investigations, on ne peut présager de son avenir thérapeutique. Le fait qu’il provienne du cannabis indica, ne saurait le condamner a priori, d’autant qu’on dispose désormais de cultivars produisant du CBD en l’absence de THC.  Si de jolies fleurs odorantes poussaient sur du fumier, on ne devrait pas s’interdire de les cueillir, pour s’en parfumer…

Madame la ministre ne réitérez pas l’erreur de votre prédécesseur qui, sous la pression de lobbies, a autorisé dans la précipitation le Sativex®, présenté comme une révolution thérapeutique (contre les spasmes musculaires douloureux de la sclérose en plaques). Cinq ans plus tard il n’est pas commercialisé en France, son « service médical rendu »   étant jugé « insignifiant ». Cette « montagne a accouché d’une souris », mais elle laisse dans nombre d’esprits crédules des souvenirs himalayens. N’abdiquez pas votre bon sens, votre culture et votre éthique médicales pour complaire aux lobbies qui resurgissent et qui, pour nous entraîner dans le grand bain de la légalisation du cannabis, voudraient d’abord nous faire patauger dans le pédiluve du « cannabis-médicament ».

Une réflexion prémonitoire

Mr Serge Lebigot, Président de l’association Parents contre la drogue dans un récent article de Valeurs Actuelles (ci-dessous) pose la question  de l’intérêt de l’utilisation du cannabis. au motif d’un prétendu bénéfice thérapeutique. Rien n’est moins sur.

Son message rejoint le nôtre, n’est- ce pas plutôt une façon de tenter de banaliser ses effets addictifs? Nos lecteurs apprécieront

 

Pourquoi le champagne donne-t-il mal à la tête ?

La bonne question.- «Non, le champagne me fait mal à la tête», entend-on à chaque apéritif dînatoire. Vrai ou faux ? Nous avons posé la question aux spécialistes du luxueux breuvage.

En soirée, les bulles, c’est votre truc. Le lendemain, un peu moins. Vous êtes persuadée, comme beaucoup, que le champagne vous donne mal à la tête. Beaucoup plus que le vin rouge et la bière. Est-ce vraiment le cas ? Nous avons posé la question à deux spécialistes du luxueux breuvage.

Le soufre à l’origine de tous les maux ?

La composition du champagne, qui fait partie de la catégorie des vins blancs, ne diffère pas réellement des autres vins. De l’eau, du sucre, de l’alcool issu de la fermentation des raisins, différents types d’acides et d’autres composants comme le soufre, également appelé sulfite. «Dans tous ces ingrédients, ce qui est susceptible de causer des maux de têtes sont l’alcool qui provoque une déshydratation, et le soufre que l’on rajoute à plus forte dose dans le champagne que dans le vin rouge», explique Yan Rousselin, directeur de l’école de dégustation Cours d’œnologie and more.

Naturellement présent dans le raisin, le soufre rajouté est nécessaire dans la fabrication du champagne puisque qu’il évite au raisin de tourner et de prendre l’odeur et le goût du vinaigre. «Le soufre naturel, contrairement à celui que rajoutent les vignerons dans les moûts, ne donne pas spécialement mal à la tête», affirme Max L’Hermenier, co-auteur du livre Dans les coulisses du champagne .

La teneur en sulfites dépend également du producteur et de son mode de production. «Entre un fabricant qui fait 6000 bouteilles et un autre qui en fait 100.000, la gestion n’est pas la même. Les vignerons traditionnels contrôlent mieux la quantité de sulfites ajoutés alors que les industriels en mettent beaucoup plus, ce qui rend le champagne de moins bonne qualité», affirme Max L’Hermenier.

Le contexte de dégustation, un facteur non négligeable

Pour Yan Rousselin, «le champagne ne donne pas plus mal à la tête qu’un autre alcool». Cependant, le contexte dans lequel on le boit peut changer la donne. «C’est l’alcool des moments de fête, de l’apéritif, ou des cocktails. Ce qui veut dire qu’on le consomme avant d’avoir mangé, or l’alcool monte beaucoup plus vite à la tête quand on a l’estomac vide», indique Yan Rousselin.

Si ce que vous préférez dans le champagne, ce sont les bulles. C’est également ces dernières qui vous poussent à en consommer sans compter. «Les bulles en elles-mêmes ne donnent pas particulièrement mal à la tête, mais elles créent une sensation de fraîcheur qui rend le champagne facile à déguster», commente Yan Rousselin. En conclusion, ne vous privez pas de coupe lors du prochain apéro. Allez-y simplement avec modération et le ventre plein.

* L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

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Effets du cannabis sur la santé

Quels sont les effets de la consommation de cannabis sur la santé?

À chaque fois que du cannabis est consommé, cela peut :

  • compromettre ton aptitude à conduire de façon sécuritaire ou à faire fonctionner de l’équipement. Le cannabis peut ralentir ton temps de réaction, réduire ta capacité d’attention et nuire à ta coordination. Consommer du cannabis et conduire peut entraîner un accident de la route, des blessures graves, voire la mort.
  • rendre plus difficile d’arriver à se souvenir ou à apprendre des choses. Après avoir consommé du cannabis, tu peux avoir de la difficulté à prêter attention, à arriver à te souvenir ou à apprendre des choses, ainsi qu’à prendre des décisions. Consommer du cannabis peut réduire ta capacité de bien accomplir ton travail ou d’obtenir de bons résultats à l’école.
  • affecter l’humeur et les sentiments. Le cannabis peut générer de l’anxiété ou un sentiment de panique.
  • affecter la santé mentale. Le cannabis peut déclencher un épisode psychotique (ne pas savoir distinguer ce qui est réel de ce qui ne l’est pas, souffrir de paranoïa, avoir des pensées incohérentes et, dans certains cas, des hallucinations).

Quels sont les effets à long terme de la consommation de cannabis?

La consommation régulière de cannabis (tous les jours ou presque) et sur une longue période (plusieurs mois ou années) peut :

  • endommager les poumons et rendre la respiration difficile. La fumée du cannabis contient de nombreuses substances nocives que l’on retrouve également dans la fumée du tabac. Tout comme fumer la cigarette, le fait de fumer du cannabis peut endommager tes poumons.Note de bas de page3
  • affecter la santé mentale. La consommation régulière et sur une longue période de temps de cannabis te rend plus susceptible de souffrir d’anxiété, de dépression, de psychose ou de schizophrénie.Note de bas de page4  Les produits de cannabis à plus forte concentration (tels que les concentrés comme les cristaux [shatter], la cire [wax], les dabs) peuvent aggraver les effets de la consommation de cannabis sur la santé mentale.Note de bas de page4  Arrêter ou réduire la consommation de cannabis peut atténuer les conséquences.
  • provoquer une dépendance physique ou une accoutumance. On estime que 1 personne sur 11 (ou 9 %) qui consomme du cannabis au cours de son existence développera une accoutumance au cannabis.Note de bas de page5  Cette proportion passe à 16 % chez les personnes qui commencent à consommer du cannabis durant l’adolescence et à 1 personne sur 2 chez celles qui fument du cannabis tous les jours.Note de bas de page5

De quelle manière le cannabis affecte-t-il la santé des jeunes?

La consommation de cannabis régulière ayant commencé au début de l’adolescence et qui se poursuit dans le temps est plus susceptible d’avoir des effets néfastes. Certains de ces effets néfastes peuvent ne pas être complètement réversibles.

Les jeunes sont particulièrement vulnérables aux effets du cannabis, les recherches montrant que le cerveau n’est pas entièrement développé avant l’âge de 25 ans environ. Cela s’explique par le fait que le THC, la substance présente dans le cannabis qui provoque la sensation d’euphorie ( « high »), agit sur le même mécanisme biologique responsable du développement du cerveau.Note de bas de page6  Plus la teneur en THC du cannabis est élevée, plus la personne qui en consomme est susceptible d’en subir les effets néfastes.

Qu’en est-il de l’utilisation du cannabis à des fins médicales?

Si le cannabis peut être consommé par certaines personnes pour soulager leurs problèmes de santé, le meilleur moyen permettant de déterminer s’il est approprié pour traiter tes symptômes particuliers est d’en discuter avec un professionnel de la santé.

Santé Canada a publié de l’information destinées à aider les Canadiens et leurs médecins à prendre des décisions éclairées par rapport aux avantages ou aux risques liés à l’utilisation du cannabis à des fins médicales.

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La cocaïne s’installe durablement en Europe

La « disponibilité » et la « pureté » de la cocaïne se sont accrues en Europe, où la production de drogues s’est intensifiée, s’inquiète l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), dans son rapport annuel publié ce 7 juin.

« Nous observons actuellement en Europe un accroissement de la production et de la disponibilité des drogues », constate Dimitris Avramopoulos, commissaire européen pour la Migration, les Affaires intérieures et la Citoyenneté, cité en préambule du rapport, soulignant que « le marché des drogues illicites est très dynamique et flexible, et dès lors d’autant plus dangereux ».

Si le cannabis reste la drogue la plus consommée en Europe, avec 17,2 millions de consommateurs âgés de 15 à 34 ans, l’OEDT tire la sonnette d’alarme cette année sur la « résurgence » de la cocaïne. Quelque 98.000 saisies de cette drogue produite à partir des feuilles de coca ont été réalisées en 2016 dans l’Union européenne, contre 90.000 en 2015, note le rapport, relevant que la pureté du produit, malgré un prix stable (60 à 70 euros le gramme), « a atteint son degré le plus élevé de la décennie », autour de 60% en moyenne.

A lire aussi : Cocaïne : toujours plus de ravages

Plus de 92 millions d’européens ont déjà exprimenté une drogue illicite

La cocaïne serait consommée par « 2,3 millions d’Européens », soit près de 2% des personnes âgées de 15 à 34 ans, selon l’OEDT, dont les travaux sont fondés sur des données collectées en 2016 ou l’année la plus récente disponible.

Les trafiquants de cette poudre blanche, importée en majorité d’Amérique latine, ont également adapté leurs circuits d’approvisionnement dans « le contexte d’un marché des drogues dynamique », note l’étude.  Ainsi, sur les 70,9 tonnes de cocaïne interceptées en 2016 (en légère hausse par rapport à 2015), 30 tonnes l’ont été dans la seule Belgique, dont les ports à conteneurs supplantent désormais ceux de l’Espagne (15,6 tonnes), jusqu’à présent le point d’entrée maritime historique de la cocaïne en Europe.

Augmentation de la prise en charge médicale des consommateurs

La plus grande circulation de cocaïne n’est pas sans conséquence sur la santé des consommateurs européens, dont 30.300 ont été admis en traitement pour la première fois en 2016, en hausse de près de 20% par rapport à 2014. « Ces évolutions montrent qu’il est de plus en plus important d’intervenir efficacement sur le plan de la prévention, du traitement et de la réduction des risques sanitaires pour les consommateurs de cocaïne », souligne le directeur de l’OEDT, Alexis Goosdeel, cité dans la synthèse du rapport.

Plus largement, l’OEDT observe avec inquiétude l’« augmentation de la production de drogue qui a désormais lieu en Europe », où « plus de 92 millions » de personnes âgées de 15 à 64 ans « ont déjà expérimenté une drogue illicite ». Ce phénomène s’explique, selon l’étude, par des soucis de commodités, de diminution des risques de détection aux frontières, de disponibilité et de moindre coût des produits chimiques nécessaires à la production.

De nouvelles méthodes de production de drogues illicites

Les trafiquants européens ne cessent également d’innover leurs méthodes de production avec, notamment, la multiplication des laboratoires de transformation de la cocaïne, de production de MDMA (principe actif de l’ecstasy), de méthamphétamine et d’héroïne. Concernant le cannabis, la hausse de la production européenne a eu notamment pour conséquence « l’augmentation de la teneur en principe actif de la résine de cannabis […] importée » depuis le Maroc, observe l’OEDT.

Par ailleurs, certaines des nouvelles substances psychoactives (drogues ou produits de synthèse), dont 51 ont été identifiées pour la première fois en 2017 sur un total de 670 surveillées par l’OEDT, sont désormais de plus en plus souvent produites en Europe, alors qu’elles étaient jusqu’à présent importées généralement de Chine avant d’être conditionnées. Désormais, le Vieux continent « exporte […] son expertise » dans les drogues de synthèse vers « le continent américain, l’Australie, le Moyen-Orient, l’Extrême-Orient et la Turquie », constate l’OEDT.

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Lutte contre le tabagisme :

Tolérance zéro

Rennes inaugure le premier campus non-fumeur de France

par Mathilde Debry

L’École des hautes études en santé publique (EHESP) de Rennes est devenue le premier campus de France sans tabac. Elle s’inscrit dans la lutte contre le tabagisme, qui bat aussi son plein au niveau national.

A l’occasion de la journée mondiale sans tabac, l’École des hautes études en santé publique (EHESP) de Rennes est devenue le premier campus de France sans tabac. « Il s’agit du premier établissement d’enseignement supérieur a lancer une aire sans tabac », s’est félicité l’école. « Nous nous inscrivons pleinement dans la lutte contre le tabagisme ».

Protéger les fumeurs passifs

Concrètement, les lieux sont devenus non-fumeur. Des totems sans tabac placés aux différentes entrées en informent les individus qui entrent dans la zone de 9 hectares. Pour ceux qui souhaitent tout de même fumer, des abris fumeurs et des cendriers avec un système de collecte de mégots ont été installés en lisière du campus, éloignés des entrées.

L’objectif est double : inciter les fumeurs à arrêter ou à diminuer leur consommation de tabac – ils pourront bientôt rencontrer des tabacologues ou s’initier à la sophrologie sur le campus – et protéger les fumeurs passifs.Une cigarette par jour suffit à mettre la santé en danger

A l’échelle nationale, la fédération française de cardiologie (FFC) vient aussi de lancer une campagne pour les préserver, ainsi que les « petits fumeurs », rappelant qu’une cigarette par jour suffit à mettre la santé en danger.

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[Tabac]
Même les « petits » fumeurs augmentent significativement leur risque d’accident cardio-vasculaire : +48% chez les hommes et +57% chez les femmes dès la 1ere cigarette quotidienne.
C’est la voici notre communiqué

Les dangers de la cigarette sont présents à court et à long terme.
A court terme, fumer peut provoquer des spasmes des artères, c’est-à-dire un rétrécissement brutal de celles-ci, la formation de caillots et l’apparition de troubles du rythme cardiaque. Ces troubles peuvent eux-mêmes être responsables d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cérébral (AVC) ou de mort subite.
A long terme, c’est la dégradation progressivement des artères qui menace le fumeur. Lorsque il est exposé à d’autres facteurs de risque comme l’excès de cholestérol, le diabète ou l’hypertension artérielle, ce phénomène peut être augmenté.
Chaque jour, 200 personnes décèdent à cause du tabac en France.

Une génération de non-fumeur avant 2034

Selon le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue à la Pitié-Salpêtrière et président de Paris sans tabac, la France pourrait aboutir à une génération de non-fumeur avant 2034. Une nouvelle enquête réalisée par son association montre que les moins de 15 ans sont moins de 5% à fumer. Ils étaient 11% en 2013.

Entre 2016 et 2017, le nombre de fumeurs en France a baissé de 2,5 points, ce qui équivaut environ à un million de fumeurs en moins.

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Addictions : les jeunes consomment trop de drogue, de porno, de jeux vidéos et de réseaux sociaux

Vendredi 8 juin 2018 à 8:11 Par Géraldine HoudayerFrance Bleu

Une étude, révélée par Le Parisien ce vendredi, indique que les niveaux de consommation de tabac, d’alcool, de drogue, de porno, de jeux vidéos ou de réseaux sociaux sont inquiétants chez les jeunes de 14 à 24 ans. Un jeune sur cinq regarde du porno au moins une fois par semaine.

Un jeune sur cinq regarde du porno au moins une fois par semaine.
Un jeune sur cinq regarde du porno au moins une fois par semaine. © Maxppp – Christophe Morin/IP3

Tabac, alcool, cannabis, cocaïne, porno, jeux vidéo et utilisation des écrans : les niveaux de consommation sont « inquiétants » parmi les jeunes de 14 à 24 ans, selon une vaste enquête sur les addictions conduite auprès d’un millier d’entre eux, publiée ce vendredi dans Le Parisien. L’enquête a été commandée par le Fonds Actions Addictions, la Fondation Gabriel-Péri et la Fondation pour l’innovation politique et menée par l’institut Ipsos.

Un jeune sur cinq regarde du porno au moins une fois par semaine

Selon cette enquête, un jeune sur cinq (dont 15 % des 14-17 ans) regarde de la pornographie au moins une fois par semaine, 9 % une fois par jour et 5 % plusieurs fois par jour. « Cela a des conséquences sur le développement des jeunes les plus vulnérables et les moins structurés psychologiquement », avec un « rapport peu adapté à la sexualité » et une « addiction », note le président du Fonds Actions Addictions, Michel Reynaud.

Un quart des 18-22 ans passe plus de cinq heures par jour sur les réseaux sociaux

Plus d’un jeune sur dix (13 % des 14-24 ans) joue au moins une fois par semaine à un jeu d’argent. Et les jeunes des milieux défavorisés en sont les premiers consommateurs. Un quart des 18-22 ans passe plus de cinq heures par jour sur les réseaux sociaux, et 10 % plus de huit heures. Un sur six (16 %) s’adonne plus de cinq heures par jour aux jeux vidéo et 7 % plus de huit heures. Certains jeunes dépassent ainsi dix heures quotidiennes devant un écran.

Une augmentation inquiétante de la consommation de cocaïne et d’ecstasy

Quelque 340.000 (3 %) des jeunes de 14-17 ans auraient déjà consommé de la cocaïne, de l’ecstasy ou du GHB, et 255.000 (5 %) des 18-24 ans en consommeraient toutes les semaines« L’enquête confirme l’importance de la consommation de produits licites et illicites, mais l’augmentation de la consommation des drogues festives (ecstasy, cocaïne…) qui apparaît d’un peu plus du double que dans les enquêtes habituelles, suscite une inquiétude particulière », estime Michel Reynaud.

Les jeunes des milieux défavorisés plus sensibles aux addictions  

L’enquête souligne, par ailleurs, que les jeunes des milieux défavorisés et les jeunes obèses sont plus vulnérables en matière d’addictions.

Acheter des produits interdits aux mineurs, un jeu d’enfant 

Cette enquête indique aussi que se procurer des produits interdits aux mineurs est pour ces derniers un « jeu d’enfant » : acheter de l’alcool, du tabac, des jeux d’argent (loto et PMU inclus) ou du cannabis est facile pour environ les deux tiers d’entre eux. Plus accessible encore, le porno, facile d’accès d’après 91 % d’entre eux.

Les parents sous-estiment la consommation de leurs enfants 

Cette enquête paraît alors que le Plan national de mobilisation contre les addictions du gouvernement est attendu. « Les parents sous-évaluent les consommations de leurs enfants en matière d’alcool, de tabac, de jeux d’argent et de pornographie » mais « ils sont demandeurs de solutions (contrôle d’identité, identification bancaire…) », remarque le Pr Reynaud. Aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités, tout d’abord en faisant appliquer la loi sur l’interdiction de vente d’alcool et de tabac aux mineurs, estime-t-il.

Les jeunes conscients des risques 

La majorité des jeunes a toutefois une bonne perception des risques liés aux produits et à l’abus d’écrans : risque de dépendance, de maladies graves, d’accidents de la route, d’échecs scolaires, professionnels ou financiers, risques d’isolement, de dépression ou de suicide. Les campagnes publiques d’information sont vues comme peu efficaces. Grand public, parents et jeunes souhaitent quasi unanimement le remboursement à 100 % de tous les soins anti-addictions, relève le professeur Reynaud.

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Rapport européen sur les drogues 2018: cocaïne, nouvelles substances psychoactives et overdoses

Addiction Suisse

Cocaïne : plus et plus pure

Une récente étude européenne (http://tiny.cc/ka8duy) a révélé une hausse des traces de cocaïne dans les eaux usées de la majorité des villes participantes. Une partie de cette hausse est liée au fait que la cocaïne est aujourd’hui plus pure qu’elle ne l’a été durant la dernière décennie, comme l’indique le Rapport européen sur les drogues 2018. La production en Amérique du Sud est elle aussi en hausse tout comme les saisies faites en Europe (70.9 tonnes en 2016). Les demandes de traitement connaissent aussi une augmentation et la cocaïne est la seconde drogue la plus souvent citée lors de présentations aux urgences hospitalières (http://tiny.cc/1b8duy).

La Suisse n’échappe pas à ces évolutions(1). Les villes helvétiques qui ont participé à l’étude sur les eaux usées figurent parmi celles avec les taux les plus élevés de cocaïne. Les données de la Société Suisse de Médecine Légale (http://tiny.cc/ce8duy) et des projets de Drug checking (http://tiny.cc/xf8duy) indiquent aussi une hausse assez nette de la pureté de cette substance. La statistique act-info (http://tiny.cc/6h8duy)suggère de son côté une légère augmentation des demandes de traitement.

Nouvelles Substances Psychoactives (NPS) : moins de nouvelles molécules Le nombre de substances jusqu’alors inconnues détectées au niveau européen est en baisse : une cinquantaine en 2017 contre environ une centaine en 2014 et 2015. Au total plus de 670 NPS ont été identifiées depuis environ une décennie. Les cannabinoïdes de synthèse figurent en tête avec 179 NPS, dont deux (ADB-CHMINACA et CUMYL-4CN-BINACA :http://tiny.cc/5i8duy) ont récemment été mises sous contrôle par l’UE car elles étaient associées à des décès. Un autre sujet d’inquiétude est l’identification d’opioïdes de synthèse, dont une dizaine de dérivés du fentanyl en 2017(http://tiny.cc/fk8duy). EMCDDA note aussi la diffusion de NPS en milieu carcéral.

Les données sur la consommation de NPS sont rares en Suisse (http://tiny.cc/0l8duy) et les saisies de NPS effectuées par les douanes ne font pas l’objet d’une analyse. Difficile donc de se faire une image précise de la situation dans notre pays. Les quelques enquêtes disponibles suggèrent que la Suisse est jusqu’ici un pays à faible prévalence de consommation de NPS. On ne dispose par contre pas de données sur la consommation de substances en milieu carcéral. Cette lacune du système de monitorage ne permet pas d’évaluer la présence de NPS dans cet univers.

Des benzodiazépines illicites dans la rue mais aussi sur internet Parmi les NPS détectées au niveau européen depuis 2015, l’on trouve aussi quatorze benzodiazépines qui ne correspondent à aucune des molécules figurant dans les médicaments autorisés dans l’UE. Comme d’autres NPS, ces substances sont aussi vendues sur internet, que ce soit sur le « darknet » ou sur des sites plus accessibles. Cette offre constitue un motif d’inquiétude, y inclus parce que certains usagers tendent à utiliser les benzodiazépines en combinaison avec d’autres substances.

Des benzodiazépines illicites ont aussi déjà été saisies dans le courrier postal à destination de la Suisse et certaines des molécules identifiées par EMCDDA ont sans doute été rapportées par le laboratoire de référence sur les NPS suisse. On manque en revanche de données pour examiner l’ampleur de leur diffusion dans notre pays.

Des décès par overdose qui restent à un niveau élevé Le nombre de décès par overdose enregistrés en Europe (UE, Norvège et Turquie) a augmenté pour la quatrième année consécutive pour atteindre environ 9’000 cas 2016. Près de la moitié des personnes décédées a désormais au moins 40 ans et quatre décès sur cinq sont associés à la consommation d’opioïdes, surtout d’héroïne souvent en combinaison avec d’autres substances (benzodiazépines, alcool). L’apparition de dérivés du fentanyl dans certains pays européens a contribué à relancer l’intérêt pour la distribution de naloxone permettant d’intervenir en cas d’overdose.

Les données sur les décès par overdose en Suisse montrent une baisse presque continue du nombre de cas entre 1995 (376) est 2012 (121). Depuis, le nombre est légèrement remonté à 132 cas en 2015, date des dernières données disponibles.

(1) Addiction Suisse va publier prochainement une analyse exhaustive du marché de la cocaïne dans le canton de Vaud qui permettra de mieux comprendre la taille et les mécanismes de ce marché.

Une collaboration plus étroite entre la Suisse et EMCDDA En septembre 2017, l’Office Fédéral de la Santé Publique et l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies ont signé un accord de collaboration(http://tiny.cc/ym8duy) permettant à l’avenir des échanges plus réguliers de connaissances entre la Suisse et l’agence européenne.

Festivals d’été

La circulation de pilules et poudres au contenu incertain peut augmenter durant la période des festivals d’été. Pour celles et ceux qui vont consommer ces drogues, il est recommandé de s’informer sur les règles du Safer use, sur les risques encourus et sur les substances dangereuses en circulation. Cela peut être fait auprès de know-drugs.ch (http://www.know-drugs.ch/) ou auprès des offres de prévention présentes lors des festivals, dont certaines proposent aussi le drug checking.   Nightlife Vaud sera présent au Montreux Jazz Festival http://www.nightlifevaud.ch/

Safer Dance Swiss (https://saferdanceswiss.ch/) sera présent du 27 juin au 1er juillet au Burning Mountain Festival, du 4 au 8 juillet au One Love Festival, du 10 au 15 juillet au Shankra Festival avec danno.ch (Grisons).

danno.ch (www.danno.ch/), avec Safer Dance Swiss, sera présent du 22 au 24 juin à l’Utopia Festival (Tessin)

danno.ch sera présent le 11 août dans le train spécial Chiasso-Zurich pour la Street Parade, qui se déroulera avec la présence de Safer Dance Swiss.

Addiction Suisse est un centre de compétences national dans le domaine des addictions. Elle est active dans la recherche, conçoit des projets de prévention et s’engage pour une politique de santé. Le but de notre ONG est de prévenir ou d’atténuer les problèmes issus de la consommation d’alcool et d’autres substances psychoactives ou liés aux jeux de hasard et à l’usage de l’internet.

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Les Britanniques trinquent de plus en plus sans alcool

Stuart Elkington, 47 ans, ne boit plus d’alcool depuis sept ans. Au Royaume-Uni, il n’est pas une exception: davantage soucieux de leur santé et de leur ligne, de plus en plus de Britanniques optent pour la sobriété, un phénomène qui a poussé l’industrie de l’alcool à s’adapter.

« Je me suis rendu compte que je dormais mieux, que je me sentais bien et que j’avais bien plus d’énergie », explique à l’AFP le quadragénaire, qui a renoncé à l’alcool alors qu’il tentait de fonder une famille avec sa compagne.

En 2017, sur 7.100 personnes d’au moins 16 ans interrogées dans le cadre d’une étude de l’Office des statistiques britannique (ONS), seules 57% avaient consommé de l’alcool au cours de la semaine écoulée: c’est le niveau le plus bas observé en douze ans. En 2005, quand cette étude avait été menée pour la première fois, la proportion était de 64,2%.

Et les abstinents sont de plus en plus nombreux –20,4% de la population ne boit jamais d’alcool, contre 18,8% douze ans plus tôt–, en particulier parmi les 25-44 ans (20,6%, contre 15,5%).

Pour Stuart Elkington, le bien-être retrouvé s’est accompagné cependant d’une frustration. « Boire une bière me manquait. Mais quand j’essayais d’en trouver une (sans alcool) qui ait le bon goût de la bière, je n’y arrivais pas vraiment ».

Alors en 2016, il lance Dry Drinker, une société de vente en ligne de bières, vins, mousseux et spiritueux sans alcool ou faiblement alcoolisés. La gamme s’est rapidement étoffée et compte aujourd’hui plus de cent références, commercialisées au Royaume-Uni ou expédiées sur le continent européen.

Une bouteille de vin Sumika à teneur réduite en alcool et en calories, dans un magasin Marks and Spencer à Londres le 9 février 2018 (AFP - Daniel LEAL-OLIVAS)Une bouteille de vin Sumika à teneur réduite en alcool et en calories, dans un magasin Marks and Spencer à Londres le 9 février 2018 (AFP – Daniel LEAL-OLIVAS)

« Quand vous avez des enfants, une famille ou une vie très active, vous ne voulez pas perdre de temps avec des gueules de bois. Pour moi, il s’agissait de tirer le meilleur parti: savourer une bière fantastique, mais sans les aspects négatifs » de l’alcool, dit-il.

– Moins de calories –

En deux ans, les ventes sont montées en flèche, stimulées par l’arrivée sur le marché britannique de nouveaux produits de qualité offrant « le goût de l’alcool mais sans alcool », constate-t-il.

Une tendance amplifiée par le succès croissant de la campagne « Dry January » (« Janvier sobre »), lancée en 2013 par l’association Alcohol Concern, qui encourage à ne pas boire une goutte d’alcool pendant un mois après les excès des fêtes de fin d’année. Selon celle-ci, 5 millions de Britanniques y ont pris part en 2017.

Les ventes de vin sans alcool ont progressé de plus de 8% entre 2015 et 2017 en Grande-Bretagne, d’après le cabinet Kantar Worldpanel. Et celles de bière et de cidre contenant moins de 1,2% d’alcool ont bondi de plus de 28% en volume.

Le moteur de la demande? « Une prise de conscience croissante des consommateurs de leur santé et des risques liés à une forte consommation d’alcool », explique la société d’analyse économique BMI Research, qui constate cette tendance dans « les pays développés » en général.

Ces produits « contiennent également moins de calories que les boissons alcoolisées conventionnelles, donnant un élan supplémentaire à la demande », souligne BMI Research.

– « Bataille féroce » –

L’industrie de l’alcool comme la grande distribution se sont engouffrées dans ce créneau porteur.

« Dans un marché qui rétrécit, la bataille est inévitablement plus féroce pour maintenir ses parts de marché », observe John Timothy, qui dirige le lobby britannique de l’alcool, Portman Group. Les producteurs consacrent « des millions de livres » dans de nouvelles boissons désalcoolisées « de meilleure qualité », selon lui.

Plusieurs bières sans alcool ont récemment été lancées sur le marché britannique, dont une par le plus grand brasseur mondial, AB InBev. Le belgo-brésilien estime que les bières sans alcool ou allégées en alcool représenteront un cinquième de ses ventes de bière en volume d’ici à 2025.

Le numéro un des supermarchés britanniques, Tesco, a récemment commercialisé une gamme de vins à moins de 0,5% d’alcool, dont l’arôme est « quasiment impossible à distinguer de leurs homologues alcoolisés », affirme-t-il, grâce à une technologie consistant à ne désalcooliser qu’une fraction du vin.

Marks et Spencer s’est aussi lancé dans l’aventure. « La clé du processus est de prendre un vin de bonne qualité au départ. Il existe d’autres produits sur le marché (…) mais ils ont tendance à être très aqueux », explique la sommelière du groupe, Sue Daniels, à l’AFP. « Pour nous, ce n’est pas un marché de niche mais un marché en expansion », qui s’adresse à tous.

Signe des temps, le « Great British Beer Festival », qui transformera en août un centre d’exposition londonien en plus grand pub du monde, proposera pour la première fois de son histoire des bières sans alcool.

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Cannabis et santé respiratoire: quel danger guette les fumeurs?

F. MALTAIS (M.D. PNEUMOLOGUE) ET M. MORISSETTE (CHERCHEUR) (1)

Pot, mari, weed. Peu importe comment vous l’appelez, le cannabis sera légalisé sous peu au Canada. Points de vente, taxes, prix, conduite sous influence, etc. ; les sujets de discordes et de préoccupations fusent de toutes parts. Mais qu’en est-il de l’impact de l’utilisation du cannabis sur notre santé, plus précisément notre santé pulmonaire ? Y a-t-il un réel danger ?

Encore de la « boucane »

Nos poumons sont faits pour respirer de l’air propre, pas de la fumée. Alors que les effets du tabagisme sur la santé des poumons sont très bien documentés, ceux du cannabis commencent à peine à être mieux compris.

Puisque les utilisateurs de cannabis consomment souvent du tabac ou d’autres drogues dommageables pour les poumons, isoler les effets propres au cannabis est un défi scientifique important. Nous savons cependant que la fumée de cannabis n’est pas sans danger.

La combustion du cannabis produit de nombreux composés qui favorisent le développement du cancer du poumon. L’inhalation du cannabis cause également la toux, la production de mucus et expose l’utilisateur à une quantité de goudron plus élevée que celle du tabac.

L’utilisation chronique de cannabis peut par elle-même, et surtout lorsqu’elle est associée au tabac, mener à la bronchite chronique, une composante de la maladie pulmonaire obstructive chronique.

La consommation de cannabis par les adolescents et les jeunes adultes est également préoccupante. En effet, exposer de jeunes personnes à la fumée de cannabis avant que le plein développement pulmonaire ne soit complété pourrait compromettre leur santé respiratoire et les rendre vulnérables aux maladies respiratoires pour le reste de leur vie.

Le THC, au-delà du « buzz »

Le principal agent actif du cannabis, celui qui crée ses effets psychotropes, le fameux « buzz », est le THC ou tétrahydrocannabinol. Mais le THC est bien plus qu’un agent psychotrope. D’un point de vue botanique, le THC est au cannabis ce que la nicotine est au tabac : une substance insecticide produite par des plantes qui cherchent à se protéger des envahisseurs.

Il faut également savoir que notre corps produit ses propres cannabinoïdes, appelés endocannabinoïdes (du grec endon qui veut dire intérieur), et ils sont très importants. On leur reconnaît plusieurs fonctions biologiques sur les systèmes immunitaire et cardiovasculaire ainsi que sur le métabolisme, pour ne nommer que ceux-là.

C’est d’ailleurs un domaine de recherche bouillonnant d’activités. Les sources externes de cannabinoïdes comme le cannabis ont donc le potentiel d’influencer le bon fonctionnement de notre système endocannabinoïde interne, et ce, à nos risques et périls.

C’est la dose qui fait le poison

Le débat concernant le lien entre le cannabis et la santé respiratoire n’est pas terminé. Sans être alarmiste, il ne faut pas non plus considérer le cannabis comme une substance inoffensive pour les poumons.

Comme pour toutes substances récréatives, il existe une relation entre l’importance de l’exposition et les risques pour la santé. Le plaisir et, surtout, la sécurité demeurent donc dans la modération… et vous savez maintenant pourquoi.

(1) François Maltais est pneumologue à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec et professeur titulaire à la Faculté de médecine de l’Université Laval. Mathieu Morissette est professeur au Département de médecine de la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheur de l’axe pneumologie de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec. Les deux font partie du collectif de chercheurs de l’Alliance santé Québec.

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Les ados consommant du cannabis s’exposent à un risque accru de schizophrénie à 30 ans

Par Gael Brulin,

Cannabis (photo d’illustration) Photographee.eu/Shutterstock

Fumer du cannabis à l’adolescence peut avoir de fâcheuses conséquences sur l’utilisateur et ce quinze ans plus tard. Une étude révèle ainsi un risque accru de schizophrénie à l’âge de 30 ans.

Des scientifiques finlandais viennent de rendre les résultats d’une étude dans laquelle est établi un lien de cause à effet entre la consommation de cannabis pendant l’adolescence et un risque plus important de schizophrénie à l’âge de 30 ans.

Pour parvenir à cette conclusion, parue le mois dernier dans la revue médicale British Journal of Psychiatry, les chercheurs ont suivi 6.500 adolescents, de 15-16 ans jusqu’à leurs 30 ans. Le lien évoqué plus haut a été mesuré en prenant en compte d’autres facteurs : consommation de tabac, d’alcool ou d’autres substance illicites, antécédents schizophréniques dans la famille ou encore symptômes précoces (prodromiques) à l’adolescence.

Cinq joints de cannabis suffisent à élever le risque de schizophrénie

Les scientifiques ont découvert qu’avec une consommation se limitant à cinq joints, les jeunes utilisateurs enregistraient un risque significativement plus élevé de développer une schizophrénie entre 15 et 30 ans (la maladie apparaît en règle générale entre 20 et 30 ans). Les adolescents présentant des symptômes prodromiques sont quant à eux encore plus concernés avec un risque quasiment multiplié par deux.

Nos confrères de Ouest-France rappellent notamment que de précédentes études conduites sur le sujet en 2015 et 2016 n’avaient pas intégré les symptômes prodromiques ni la consommation d’autres substances psychoactives en parallèle. Ces travaux révélaient de même davantage des symptômes psychotiques que des troubles mentaux, telles que des hallucinations auditives, sensorielles, olfactives ou visuelles ou encore des délires à thématique persécutive ou intuitive.

Évaluation attendue de l’importance du facteur

Il va maintenant s’agir de déterminer si la consommation de cannabis vient favoriser un risque déjà existant ou si ce facteur se suffit à lui-même. Dans tous les cas, les observations délivrées ici devraient plaider plus encore pour un encadrement de la consommation de cette drogue par la jeune population.

Un article de tripsavvy paru en janvier dernier rappelait que le cannabis n’était pas complètement interdit en Finlande, où son usage à des fins thérapeutiques est ainsi autorisé depuis 2008.

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Alcoolisme : un traitement novateur testé en France pour lutter contre la dépendance

 le 31 mai 2018

Alcoolisme : un traitement novateur testé en France pour lutter contre la dépendance
Thinkstock

Des chercheurs français testent actuellement une technique qui stimule certaines zones du cerveau grâce à un courant électrique continu.

Le but ? Permettre aux patients alcooliques de reprendre le contrôle et ne plus être dépendants.

En France, 10% de la population est soumise à un problème d’alcool. De nombreux scientifiques tentent de trouver un traitement. Parmi eux, les médecins addictologues du CHU de Tours (Indre-et-Loire) qui cherchent de nouveaux volontaires pour leur essai clinique. Leur méthode innovante, aux premiers résultats encourageants, consiste à stimuler certaines zones du cerveau : celle des émotions, de la mémoire et du plaisir. L’opération permettrait aux personnes alcooliques de reprendre le contrôle et de se libérer de leur dépendance.

Le premier symptôme qui apparaît dans l’addiction à l’alcool, c’est la perte de contrôle, c’est-à-dire que quand j’ai décidé que je ne boirai pas, je bois quand même« , indique à France Bleu Touraine le docteur Hussein El-Ayoubi, en charge de l’expérimentation. « C’est le cortex préfrontal qui, à force de répéter le comportement de consommer de l’alcool, perd le contrôle sur [ces trois zones]. Le but de la stimulation transcranienne à courant continu est de restimuler cette zone chez les patients addicts à l’alcool. »

Un traitement indolore

L’équipe de chercheurs a déjà pu tester la méthode sur une dizaine de volontaires à Tours. Ces derniers participent à des séances quotidiennes d’environ 13 minutes durant lesquelles des électrodes sont posées près de leur cortex préfrontal, c’est-à-dire l’avant du cerveau. Un courant électrique avec une intensité très faible – de un à deux ampères – est alors libéré de manière continue. Le volontaire ne ressent aucune douleur.

« J’ai vraiment tendance à croire à ce type de traitement car il y a déjà des effets positifs au CHU de Tours auprès des volontaires qui l’expérimentent depuis février« , s’enthousiasme le docteur Hussein El-Ayoubi.

L’équipe cherche actuellement 340 participants à l’échelle nationale. À la fin de l’étude, en 2019, si cette technique fonctionne, elle pourrait devenir la troisième méthode pour traiter la dépendance à l’alcool après les médicaments et la psychothérapie.

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