Recherche

Auteur

cnpert

Voici ce qui arrive à votre corps lorsque vous arrêtez de boire de l’alcool pendant 28 jours !

Tout le monde le sait, boire de l’alcool sans modération n’est jamais une bonne idée, mais presque personne ne le fait.

Marie Desange

Selon les statistiques, une personne qui boit avec modération, c’est-à-dire seulement le week-end, consomme environ 9,5 litres d’alcool par an. Imaginons donc la quantité d’alcool que peuvent boire ceux qui n’ arrivent pas à se contrôler. L’ alcool a des conséquences terribles sur notre corps.

Mais si l’on réduit progressivement sa consommation d’alcool, ce qu’il advient à notre corps en seulement 28 jours est incroyable.

Première semaine sans alcool

Dans les premiers jours d’abstinence, nous mangeons plus. Arrêter de boire nous amène à rechercher des aliments plus riches en glucides. En effet, l’alcool augmente le taux de sucre dans le sang et ceux qui arrêtent de boire auront l’impression de ne pas consommer de sucre.

La qualité du sommeil de ceux qui sont habitués à boire avant de s’endormir n’est certainement pas la meilleure, mais elle se détériore dès la première semaine d’abstinence.

Les autres conséquences de la première semaine sont des maux de tête, de l’hypertension ou des problèmes de foie mineurs.

Deuxième semaine sans alcool

Le foie commence à se rétablir. La consommation d’alcool est un facteur de risque pour le foie et peut provoquer plusieurs maladies: de la stéatose, c’est-à-dire l’accumulation de graisse dans l’organe, à la cirrhose, une maladie dans laquelle la structure et la fonction du foie sont gravement altérées. Avec l’abstinence, le foie s’oriente vers une lente récupération. La digestion est améliorée.

La consommation d’alcool conduit notre estomac à produire plus de salive et de sucs gastriques. En l’arrêtant, on normalise la situation.

Troisième semaine sans alcool

La troisième semaine, la peau est rajeunie. La consommation d’alcool entraîne une diminution de l’élasticité et une dilatation des vaisseaux sanguins, d’où l’apparition de taches, de veines et de rougeurs, de poches et de cernes. L’arrêt de la consommation d’alcool améliore la circulation et libère les vaisseaux sanguins. Il est plus facile de se lever le matin.

Lorsqu’une personne est ivre, elle entre immédiatement dans une phase de sommeil profond, sautant les premières étapes, ce qui rend le réveil difficile.

Une fois que l’alcool est complètement éliminé de votre corps, le cycle de sommeil devient normal.

Les dents sont à nouveau blanches. L’alcool contient des sucres et des substances acides qui affectent l’émail des dents, provoquant des caries et augmentant la plaque dentaire. Il améliore le goût et l’odeur. L’abus d’alcool affecte les récepteurs du goût et de l’odorat.

Quatrième semaine san alcool

L’arrêt de la consommation d’alcool peut entraîner une perte de 2 à 3 kilos par mois. L’alcool, avec sa quantité de glucides et les problèmes digestifs qu’il provoque, fait grossir.

La pression artérielle baisse. L’alcool surcharge nos vaisseaux sanguins. Cela provoque une hypertension artérielle.

La consommation d’alcool met notre vie en danger. La consommation chronique d’alcool peut conduire à la démence. La prochaine fois que vous sortirez avec des amis, rappelez-vous que l’abus continu d’alcool est une catastrophe silencieuse pour votre santé et votre beauté.

SOURCE

Cocaïne Connection : le grand retour

Olivier Damien 

S’il est un commerce qui prospère de nos jours, c’est bien celui des stupéfiants en général et de la cocaïne en particulier. Jamais les saisies de cette poudre blanche qui alimente en argent frais les gangs du monde entier, donc ceux de nos cités, n’auront été aussi importantes. Ainsi, en France, 1,8 tonne était saisie en 1990 ; 5,3 tonnes en 2000 ; 11 tonnes en 2010 et 26,5 tonnes en 2021. Bien entendu, ces chiffres n’évaluent que la partie émergée de l’iceberg et laissent supposer sans aucune ambiguïté ce que peut être l’ampleur du trafic.

Un trafic, qui plus est, fort lucratif et largement encouragé par une demande qui ne cesse de croître. Longtemps évalué dans une fourchette allant de 200 à 500 milliards de dollars, le chiffre d’affaires de la drogue serait, au niveau mondial, en passe de devenir le premier. Cela signifie qu’il pourrait, à terme, dépasser celui lié au trafic d’armes qui s’élève, quant à lui, à 1.200 milliards de dollars.

Favorisée par une augmentation massive de la production, la cocaïne est en train de submerger l’Europe. Ainsi, la seule Colombie, important pays producteur de coca, a vu son rendement passer de 384 tonnes, en 2011, à 1.228 tonnes, en 2020.

Cette évolution massive a bien entendu eu deux conséquences importantes. D’une part, une relative baisse des prix au détail qui a permis d’élargir le champ de la « clientèle ». D’autre part, un vaste développement des réseaux de distribution impliquant des délinquants de plus en plus en plus jeunes mais également, compte tenu des enjeux financiers colossaux, de plus en plus violents.

Le trafic de stupéfiants en France est une des activités criminelles les plus prospères. Générant annuellement environ trois milliards d’euros de chiffre d’affaires, chiffre sans doute largement sous-estimé, ce commerce induit également de nombreuses autres activités criminelles comme le trafic d’armes, la prostitution, les vols en bandes organisées, etc., et se trouve à l’origine de nombreux règlements de comptes. Rappelons que seulement à Marseille, depuis le début de l’année, près de trente individus ont été abattus dans des circonstances directement liées aux stupéfiants.

La situation mondiale, telle qu’elle se dévoile peu à peu, est évidemment très préoccupante. Il est en effet facile d’imaginer que les énormes flux financiers générés par ces activités mafieuses, et qui ne font que se renforcer et se propager, peuvent directement mettre en danger les grands équilibres politiques, économiques et financiers de la planète. Ils peuvent aussi, facilement et rapidement, déstabiliser les États les plus fragiles, notamment ceux qui entretiennent des liens parfois ambigus avec ces activités illicites.

Pour ce qui concerne l’Europe, et la France au premier chef, l’affaiblissement des services de sécurité au cours de ces dernières années ainsi que l’ouverture largement opérée des frontières ont grandement contribué au développement du phénomène. Par ailleurs, la complexité des procédures policières et judiciaires ont rendu service à ceux qui, aujourd’hui, se jouent de nos forces de l’ordre et de nos lois et continuent de s’enrichir massivement au détriment de très nombreuses victimes.

Comme dans bien d’autres domaines, il faut d’abord que ceux qui nous gouvernent prennent conscience des erreurs commises. La lutte contre ces trafics passe par un renforcement des services chargés de les combattre. Elle nécessite ensuite une surveillance accrue de toutes nos frontières devenues de véritables passoires. Elle requiert enfin une coopération internationale renforcée et la mise au ban de la communauté mondiale des États qui, ostensiblement, encouragent et favorisent le développement de ces activités criminelles.

Malheureusement, le 22 septembre dernier, le Conseil constitutionnel français, en déclarant contraire à la Constitution l’article 60 du Code des douanes (celui relatif aux visites douanières), a envoyé un très mauvais signal quant à la volonté de nos élites de lutter contre un phénomène qui, selon l’OFDT, fait plus de 1.600 morts par an et coûte, rien qu’en soins de santé, 1,5 milliard d’euros par an à la collectivité nationale. Là encore, le pire est donc sans doute à venir !

Source

Cannabis : une couverture médiatique trop positive ?

Dans les médias, le traitement de l’efficacité du cannabis contre la douleur est jugée trop favorable par les auteurs d’une nouvelle étude, d’autant qu’elle est loin d’être prouvée dans les résultats des recherches portant sur le sujet.

DOLORES PRECIADO/ISTOCK


L’ESSENTIEL

  • Les études démontrant les bienfaits cliniques du cannabis sur la douleur manquent dans la littérature scientifique.
  • Pour l’instant, les chercheurs ne trouvent que peu de preuves des bienfaits cliniques du cannabis contre les douleurs.
  • Une personne sur cinq dans le monde souffre de douleurs chroniques modérées à fortes.

« Nous constatons que les études sur le cannabis sont souvent décrites en termes positifs dans les médias, quels que soient leurs résultats. » C’est ce que déclare dans un communiqué Filip Gedin, l’un des principaux auteurs d’une nouvelle méta-analyse (une étude qui analyse les résultats de plusieurs études précédentes sur un sujet) publiée ce lundi dans JAMA Network Open.

Les effets du cannabis contre la douleur sont les mêmes que ceux du placebo

L’analyse de l’équipe de chercheurs du Karolinska Institutet en Suède s’est appuyée sur 20 études antérieures portant sur près de 1.500 personnes. Selon leurs résultats, dans les essais cliniques portant sur les effets du cannabis contre la douleur, les participants qui reçoivent un placebo déclarent ressentir en grande partie le même niveau de soulagement de douleur que ceux qui consomment une substance cannabinoïde active. Les chercheurs n’ont observé aucune différence dans la réduction de la douleur entre le cannabis et le placebo.

Pourtant, ces études reçoivent un traitement médiatique positif dans la presse et les revues universitaires, quel que soit le résultat clinique. « C’est problématique et cela peut influencer les attentes en ce qui concerne les effets de la thérapie au cannabis sur la douleur. Plus le bénéfice supposé d’un traitement est important, plus les dommages potentiels peuvent être tolérés », ajoute Filip Gedin.

Les médias portent plus d’attention aux études sur le cannabis

La présence de cette couverture positive dans les médias a été mesurée grâce à Altmetric, un outil qui permet d’évaluer les mentions d’un sujet précis dans les médias, dans les blogs et sur les réseaux sociaux. Les chercheurs ont classé un total de 136 articles d’informations parus dans les médias et les blogs au sujet de l’efficacité du cannabis contre la douleur, comme positive, négative ou neutre, selon la façon dont les résultats ont été présentés.

Les chercheurs ont découvert que les études sur le cannabis avaient reçu une bien plus grande attention médiatique que les autres études publiées. De plus, la couverture médiatique était de la même ampleur, quelle que soit la pertinence des résultats et des preuves concernant l’efficacité du cannabis contre la douleur.

Source

Lettre du CNPERT , Décembre 2022

Cliquez ici pour lire la lettre

Réaction d’un lecteur à la Lettre du CNPERT de Décembre 2022

« Suite à la lecture des courriers que tu nous adresses ,je confirme largement tes observations.
Aujourd’hui dans notre région le nombre de consommateurs va grandissant ; les adultes âgés de 50 ans  plantent du cannabis dans les jardins ou les vignes ou les bois, avec des plantes de plus en plus puissantes ; il n’y a plus de différences de classes; paysans, profs,  médecins s’y mettent et nous remarquons l’effondrement social et sociétal qui s’en su
it.


Une catastrophe, tous ces gens deviennent asociaux, divorcent, perdent leur boulot et n’en retrouvent pas, ne veulent plus bosser parce qu’il vivent de leur commerce, sans scrupule ! c’est simplement DÉSOLANT.
Bon courage à vous. 
Merci de ce que vous faites pour notre jeunesse »

Légalisation du cannabis : des failles à tous les étages 

De: David Marques

Le texte de loi qui doit ouvrir la voie à la culture légale de quatre plants de cannabis à domicile ne sera pas soumis de sitôt au vote de la Chambre des députés. (Photo : afp)

Les autorités judiciaires réclament une «révision en profondeur» du projet de loi qui vise à légaliser la culture et la consommation de cannabis à domicile. De bout en bout, des lacunes sont décelées.

«Est-ce que la légalisation envisagée ne posera pas plus de questions pratiques qu’elle n’en résoudra, notamment par rapport aux contrôles du nombre de plants autorisés pour la culture par une communauté domestique?»

C’est Brigitte Konz, la présidente du tribunal d’arrondissement de Diekirch, qui résume le mieux les nombreuses interrogations énoncées dans les avis rendus par les autorités judiciaires sur le projet de loi visant à légaliser partiellement le cannabis récréatif au Luxembourg.

La liste des «difficultés et incongruités» mises en avant notamment par le parquet général est longue : contradictions, inégalités de traitement, manque de clarté, oublis, grave erreur de logique ou encore porte grande ouverte aux abus.

Bref, la ministre de la Justice, Sam Tanson, est renvoyée à ses études. Le premier avocat général, Serge Wagner, se montre le plus sévère. Il appelle à «revoir en profondeur» le texte, qui n’est pas prêt à être soumis de sitôt au vote des députés.

Se procurer des semences ? Illégal !

La justice décèle des failles à tous les étages, à commencer par l’acquisition des semences pour cultiver ses plants de cannabis à domicile jusqu’à l’impossibilité pour la police de contrôler effectivement le nouveau cadre légal.

Le projet de loi repose sur deux axes majeurs : la légalisation de la culture et de la consommation domestique de cannabis récréatif et l’allègement des sanctions pénales pour la détention ou le transport de petites quantités de cannabis sur la voie publique.

Le principe même du «choix politique» de réduire, grâce à cette ouverture, les risques induits par la consommation de cannabis et de prévenir, par ricochet, la criminalité est remis en question par les magistrats. Le parquet général estime que «le projet de loi ne semble pas prendre en considération la situation d’un trafiquant de drogue cultivant de manière professionnelle de grandes quantités de plantes et agissant dans le cadre d’une association ou organisation criminelle. Il risque apparemment les mêmes peines que celui qui a cultivé cinq ou six plantes pour sa consommation personnelle.»

«Aucune circonstance aggravante n’étant prévue, n’encourra-t-il qu’une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement?», s’interroge le parquet de Luxembourg.

Les problèmes détectés dans le texte commencent néanmoins bien plus tôt. Le projet de loi resterait ainsi «muet quant à la question de savoir par quel moyen le consommateur devra se procurer les semences et les graines pour la culture de plantes».

Le parquet de Diekirch rappelle que «l’importation de graines de cannabis reste interdite et constitue dès lors une infraction pénale». Afin d’éviter de se retrouver dans l’illégalité avant même de lancer sa culture privée, le procureur Ernest Nilles suggère d’autoriser les boutiques de CBD à importer et vendre les graines.

Cannabis à domicile, (futur) mode d’emploi

PLANTS Un ménage ou une communauté de vie peuvent cultiver en toute légalité un maximum de 4 plants de cannabis. La plantation peut se situer à l’intérieur ou à l’extérieur, mais elle ne doit pas être visible depuis la voie publique.

CONSOMMATION L’herbe cultivée doit être consommée à domicile. Il restera interdit de fumer son joint en public. La culture et la consommation restent interdites aux mineurs.

POSSESSION Il est prévu de procéder à une «décorrectionalisation» de la consommation, de la possession et du transport en public. La limite est fixée à 3 grammes. Un simple avertissement taxé de 145 euros sera dressé. Le cannabis sera saisi et détruit. L’amende est haussée à 300 euros, voire à 500 euros, en cas de refus de payer l’amende.

POURSUITES Toute possession de plus de 3 grammes va faire l’objet d’une procédure pénale. Un procès-verbal sera dressé et une comparution devant un juge d’instruction restera de mise.

MOBILITÉ La tolérance zéro prévaudra pour la conduite sous l’influence du cannabis.

La justice fait en outre remarquer que le texte semble prévoir la culture de cannabis uniquement dans un jardin privatif, mais pas dans une résidence comptant des dizaines d’appartements. «Il est évident que les propriétaires qui sont opposés à la culture (…) de cannabis peuvent être incommodés par l’odeur dégagée par les plantes (…) cultivées par d’autres copropriétaires», avance le parquet général.

Un règlement de copropriété interdisant la culture n’est pas forcément possible «au vu de la teneur du projet de loi». De plus, la police, qui serait certainement appelée à «d’innombrables reprises», ne pourrait que difficilement intervenir. «Même les réclamations (…) d’un voisin ayant des enfants en bas âge, importuné par les fumées de cannabis et ayant une vue directe sur la plantation seraient insuffisantes pour justifier un contrôle policier (…)», développe le premier avocat général.

D’une manière plus globale, les autorités judiciaires mettent en lumière toute une série de questions pratiques, notamment en ce qui concerne les contrôles sur la voie publique. «L’agent devra être en possession d’une balance électronique pour peser la substance (avec ou sans emballage ?) et d’un test rapide pouvant déterminer s’il s’agit effectivement de cannabis ou au contraire de CBD légal ou d’une autre substance légale», énumère Ernest Nilles.

«Les tests rapides étant cependant peu fiables pour déterminer le taux de THC, l’agent sera dans l’embarras pour déterminer l’illégalité du produit entre ses mains (…)», poursuit le haut magistrat. Le projet de loi serait aussi trop flou en ce qui concerne la saisie et la destruction des substances illégales trouvées sur un suspect.

La justice privée de moyens

D’autres points d’interrogation concernent la définition de la visibilité des plants depuis la voie publique. «On peut (…) s’imaginer qu’une personne pensant respecter la législation, alors que ses plantes ne sont pas visibles immédiatement depuis la voie publique, puisse néanmoins être pénalement poursuivie parce que ses plantes peuvent être aperçues à partir d’un point plus éloigné (…)», fait remarquer le tribunal d’arrondissement de Luxembourg.

Enfin, la justice regrette le fait que le projet de loi la privera des moyens dont elle dispose pour lutter contre la toxicomanie. «La décorrectionnalisation souhaitée (…) entraînera nécessairement la perte pour les forces de l’ordre des pouvoirs d’investigation en matière de flagrant délit, à savoir entre autres la possibilité d’effectuer des perquisitions, saisies et fouilles corporelles. De même, aucune instruction ne pourra être ouverte, le juge d’instruction étant incompétent en matière de contraventions.»

L’État compte cultiver du cannabis

On sait depuis plusieurs mois déjà que le gouvernement voulait mettre en route avant la fin de la législature en cours un cadre légal pour la culture, sous contrôle étatique, du cannabis médical au Luxembourg.

La nouveauté, annoncée fin juillet, est qu’une fois cette étape achevée, le cap sera également mis sur un projet de loi visant à lancer une chaîne de production étatique de cannabis récréatif. Les deux textes doivent encore être soumis en 2023 à la Chambre des députés.

Le Luxembourg compte observer de près comment les choses vont évoluer aux Pays-Bas, où une chaîne de production doit être lancée au premier trimestre 2023. Dans un premier temps, le Grand-Duché va néanmoins se limiter à la culture de plants en privé.

Le projet de loi, remis aux mains des députés, suscite toutefois des critiques (lire ci-dessus). Suivront les deux textes qui permettront à l’État de cultiver du cannabis à grande échelle. Importante précision : il semble d’ores et déjà exclu que la consommation en public soit autorisée.

Les yeux rivés sur l’ONU et l’Allemagne

Le parquet de Luxembourg renvoie dans son avis aux obstacles qui se présentent à l’international pour légaliser le cannabis récréatif. En effet, une convention de l’ONU force les parties signataires à limiter «exclusivement à des fins médicales et scientifiques la production, la fabrication (…), la distribution, le commerce, (…) et la détention (de) stupéfiants».

Il existe aussi le risque de se heurter aux accords de Schengen. La présidente du tribunal de Diekirch plaide donc pour une «solution européenne» qui répondrait «aux craintes quant à un pèlerinage vers le Luxembourg pour l’acquisition de cannabis (…)».

Au moins, le gouvernement juge-t-il «utile» que les législations du Luxembourg et de l’Allemagne sur le cannabis «s’agencent autour des mêmes principes et objectifs».

Outre-Moselle, il est prévu d’autoriser la vente de cannabis dans les magasins spécialisés et éventuellement dans les pharmacies (20 à 30 grammes). La culture personnelle privée sera autorisée et limitée à trois plantes.

Source

Laurent Gay, ancien héroïnomane : « J’ai perdu mon enfant, ma femme. J’ai eu le sida. La drogue, je la prenais pour mourir »

Alcool, drogues, sexe, alimentation, jeux d’argent ou jeux vidéo… Pour « Addict.e.s », sur Yahoo, anonymes et célébrités ont accepté de briser le tabou de la dépendance. Ils racontent la spirale infernale de l’addiction, l’impact souvent destructeur sur l’ensemble des sphères de leur vie, et le chemin, souvent long et douloureux, vers la sobriété.

Arraché à l’enfer comme il l’explique dans l’un de ses ouvrages, Laurent Gay est un miraculé. Cet ancien toxicomane a réussi à se sortir de l’engrenage des drogues et espère, grâce à son témoignage, éloigner les jeunes de cette spirale infernale. Pour Yahoo, il a accepté de raconter son histoire.

Drogues, règlements de compte, prison, maladie : Laurent Gay a traversé le pire. Cet ancien toxicomane, dont la vie ne s’est jamais apparentée à un long fleuve tranquille, a réussi à s’en sortir alors qu’il pensait avoir touché le fond. Au cœur de sa détresse, une rencontre a complètement bouleversé le cours de son existence. Pour Yahoo, l’auteur de l’ouvrage « Arraché à l’enfer », s’est livré sans tabou sur ses dérives et son parcours de résurrection.

« Faire rentrer la drogue chez soi, c’est faire rentrer le malheur. Elle vous prend tout jusqu’à la vie »

Enfant introverti, Laurent grandit dans un quartier difficile de Paris, dans le XVIIe arrondissement. Il bascule dans l’univers de la drogue à l’âge de 12 ans après avoir intégré une bande de caïds, de très mauvaises fréquentations. Avec eux, il fume du shit et se sent devenir quelqu’un. Là, tout s’accélère. Deux ans plus tard, il passe à un stade supérieur en s’injectant pour la première fois de l’héroïne. « Faire rentrer la drogue chez soi, c’est faire rentrer le malheur. La drogue passe son temps à nous pourrir notre âme, c’est le pire des pièges. Elle vous prend tout jusqu’à la vie », explique-t-il avec regret.

C’est en garde à vue qu’il se rend compte de son addiction. Contraint d’y rester pendant 48 heures, il commence à ressentir les effets du manque. Il plonge, comme la plupart de ses amis. Certains ne s’en remettront d’ailleurs jamais. « En près de 20 ans, j’ai perdu une cinquantaine de potes. Mon premier ami est décédé à l’âge de 14 ans d’une overdose », explique-t-il précisant que l’espérance de vie dans son quartier était de 25 ans. Pour se sortir de cet engrenage, il tente donc les cures de désintoxication mais rien n’y fait. Sans grande motivation, il replonge à chaque nouvelle tentative.

Aujourd’hui, Laurent a passé un cap en mettant ce pan de sa vie derrière lui et souhaite désormais partager sa « révolte intérieure ». S’adressant directement aux dealers, il exprime sa colère. « Vous qui vendez de la mort à ces jeunes, êtes-vous bien conscients de briser une multitude de vies ? ».

« J’ai fait plusieurs tentatives de suicide par overdose »

Et la sienne en fait partie. À cause de la drogue, Laurent enchaîne les mauvais choix et les déboires. Il commence à squatter dans des quartiers malfamés de Paris avec sa compagne, à dormir dans des caves. Alors qu’elle est enceinte, il apprend qu’elle est atteinte du Sida. L’enfant qu’elle porte ne survit pas.

C’est le coup de grâce. « Je n’avais plus d’espoir en moi. Je prenais de la drogue pour mourir. J’ai fait plusieurs tentatives de suicide par overdose, les pompiers m’ont ramené à la vie plusieurs fois », confie-t-il, admettant avoir vécu une période « très sombre et très difficile ». À 24 ans, il se retrouve à Fresnes derrière les barreaux à cause d’un règlement de comptes.

En prison, il se fabrique une lame pour s’ouvrir les veines. Au bord du suicide, ce non-croyant crie sa détresse à Dieu, lui demande s’il peut lui ouvrir la porte de son paradis, puis se met à pleurer. Là, il croit voir le visage du Christ, une apparition qu’il interprète comme un signe. « Ça a été une révélation, j’ai commencé à croire qu’il y avait quelque chose au-dessus de moi. À partir de là, je me suis battu contre tous mes petits démons », explique-t-il précisant être sorti de prison au bout d’un an grâce à un non-lieu.

« On m’a attaché à un lit, j’avais les mains et les pieds liés »

L’enfer aurait pu se terminer là mais Laurent en a décidé autrement. À peine sorti, il ne résiste pas longtemps à la tentation et se remet à se droguer. Il se fait alors enfermer dans un hôpital psychiatrique en milieu isolé où il subit son quotidien. « Les murs de ma chambre étaient matelassés. On m’a attaché à un lit, j’avais les mains et les pieds liés », se rappelle-t-il, encore choqué de cette vision. Finalement, les personnels soignants lui administrent de fortes doses de calmants, « ce que l’on appelle la camisole chimique ». « J’étais un légume ».

Là-bas, il apprend sa séropositivité. Les médecins se montrent très clairs et lui apprennent qu’il lui reste peu de temps à vivre. « À ce moment, la seule chose que je voulais, c’était de demander pardon aux membres de ma famille, de m’excuser de leur avoir fait vivre 15 ans de malheur ». Et alors qu’il se voit déjà mort, il trouve une nouvelle fois la lumière au bout du chemin.

Son quotidien bascule lorsqu’un bénévole, présent dans l’hôpital, lui tend la main. « C’était la première fois qu’on me disait que j’étais quelqu’un de bien ». Rapidement, il l’intègre dans une communauté religieuse qui accueille des malades en fin de vie. Au total, il y restera neuf ans, une période pendant laquelle il testera des traitements contre le sida. Aujourd’hui marié et heureux, Laurent veut passer son temps à aider les autres, à délivrer un message, particulièrement au monde de la jeunesse.

« La tentation est forte »

Comme il le rappelle, beaucoup d’adolescents et de jeunes adultes sont aujourd’hui prêts à faire « n’importe quoi pour avoir l’impression d’être regardés, d’exister et ressentir un minimum d’amour » dans ce monde anxiogène. Expliquant que la drogue n’allait en rien combler ces manques, il les a invités à « rentrer pleinement » dans leur « destinée ». Il s’est d’ailleurs directement adressé à eux.

« Ce n’est pas la drogue qui va te rendre plus intelligent. Ce n’est pas la drogue qui va te permettre de t’élever dans ce bas monde. Tu ne pourras plus te projeter, tu ne pourras plus avoir de rêves. Tu vas tourner en rond et tu vas simplement descendre dans des profondeurs que je ne te souhaite pas, donc le mieux c’est de te servir de ton super pouvoir, celui de dire non à la drogue. La tentation est forte mais il y a autre chose. Tu as un avenir », conclut-il.

Source

Europol annonce le démantèlement d’un «super-cartel» de la cocaïne à Dubaï et en Europe

Le cartel contrôlait environ un tiers du commerce de cocaïne en Europe.

Des policiers ont démantelé un «super cartel» de la cocaïne et arrêté 49 suspects dans divers pays dont six «cibles de grande valeur» à Dubaï, a annoncé lundi Europol. Cette vaste opération internationale a permis la saisie de 30 tonnes de cocaïne, avec des arrestations en France, en Espagne, en Belgique et aux Pays-Bas, a ajouté dans un communiqué l’Office européen de police, dont le siège est aux Pays-Bas.

«Les barons de la drogue, considérés comme des cibles de grand intérêt par Europol, s’étaient alliés pour constituer ce qui était connu comme un super cartel qui contrôlait environ un tiers du commerce de la cocaïne en Europe», selon Europol. «L’ampleur de l’importation de cocaïne en Europe sous le contrôle et le commandement des suspects était massive. Et plus de 30 tonnes de drogues ont été saisies par les forces de l’ordre durant les investigations», précise l’agence européenne.

Dubaï a arrêté deux suspects offrant un «grand intérêt», liés aux Pays-Bas, deux autres liés à l’Espagne et deux liés à la France. «L’un des suspects néerlandais est un extrêmement gros poisson», a déclaré une source d’Europol sous condition de l’anonymat. Outre les six arrestations à Dubaï, treize personnes ont été arrêtées en Espagne, six en France et dix en Belgique. Parallèlement, quatorze personnes avaient été arrêtées en 2021 aux Pays-Bas dans le cadre de la même opération, selon cette source.

Le parquet néerlandais a indiqué qu’il comptait demander auprès des Émirats arabes unis l’extradition des deux suspects liés aux Pays-Bas arrêtés à Dubaï. L’un est un homme âgé de 37 ans avec la double nationalité néerlandaise et marocaine, accusé d’avoir importé des milliers de kilogrammes de cocaïne aux Pays-Bas en 2020 et 2021. L’autre est un homme âgé de 40 ans avec la double nationalité néerlandaise et bosniaque, selon le parquet. «Il s’agit d’infractions criminelles graves liées au trafic international de drogue, principalement depuis l’Amérique du Sud via les ports d’Anvers et Rotterdam», selon un communiqué du parquet néerlandais.

Source

« Je vais vendre de la drogue en France, puis je reviens, je construis des maisons » : « Complément d’enquête » remonte la filière du crack jusqu’au Sénégal

Publié le 24/11/2022

Pour voir la video cliquez ici

Alors qu’un insoluble trafic empoisonne la vie de certains quartiers du nord-est parisien, une équipe de « Complément d’enquête » s’est rendue à Louga, d’où viennent de nombreux trafiquants de la capitale française.

Louga, au nord du Sénégal, à 4 000 kilomètres de Paris. Ce qui saute aux yeux en arrivant dans cette ville de 100 000 habitants, ce sont les chantiers qui poussent à tous les coins de rue. Partout, des maisons en construction, au milieu d’autres habitations bien plus modestes.

Selon Mica, un jeune informaticien qui a grandi ici, ces demeures flambant neuves sont construites grâce à l’argent de la diaspora, des dizaines de millions d’euros envoyés chaque année, de France notamment. Une partie est gagnée légalement, une autre serait issue du trafic de drogue.

« Une partie des maisons ici, c’est de l’argent sale. Beaucoup d’entre elles, ça vient du crack. C’est connu, mais les gens ne le disent pas, c’est tabou. »Mica, informaticien originaire de Louga, Sénégal à « Complément d’enquête »

our l’instant, Junior, 25 ans, est encore à Louga. Mais il a déjà planifié son avenir. Il veut partir à Paris pour rejoindre ses grands frères qui y vendent du crack. C’est le seul moyen d’avoir de l’argent rapidement en France, explique-t-il. 

« Pendant cinq ans, je m’associe avec mes frères, après je reviens, et avec cet argent, je construirai des maisons, je ferai des investissements, j’ouvrirai une quincaillerie… »

Junior a déjà commencé à « apprendre le métier » à distance. Lors de leurs appels vidéo, ses frères lui ont montré comment fabriquer le crack, comment scotcher les pochons et les cacher dans la bouche…  Pour entrer en France illégalement, il prévoit d’utiliser une carte de séjour portugaise que doit lui faire parvenir un passeur. Il lui en coûtera 6 800 euros, une dette qu’il compte rembourser avec l’argent de la drogue.

Source France info

ENQUÊTE – L’inéluctable progression des nouvelles drogues de synthèse

Fabriquées avec des produits chimiques, les nouvelles drogues de synthèse s’achètent facilement sur internet. Leurs fabricants inventent chaque semaine de nouvelles molécules, ce qui leur permet parfois d’échapper à la législation sur les stupéfiants.

Les nouveaux produits de synthèse attirent de plus en plus de clients, enquête sur ces substances artificielles mal connues.
Les nouveaux produits de synthèse attirent de plus en plus de clients, enquête sur ces substances artificielles mal connues. © Radio France – Melissa Foust

Une enquête d’Anne-Laure Barral, de la cellule investigation de Radio France

Sur une table, Frédéric Barozzi étale un caleçon, des affiches, des timbres, des flacons de liquides… Certains portent des inscriptions comme “Spice” ou “Tribe”. D’autres sont à l’effigie du dessin animé des Simpsons. Tous ces objets ont cependant un point commun : ils ont servi à cacher de la drogue. Le responsable du domaine stupéfiants et médicaments au service commun des laboratoires d’Île-de-France (un service qui travaille notamment pour les douanes) n’est plus étonné par l’inventivité des dealers. “On a même vu un tapis entier dont les fibres étaient imprégnées de drogue”, explique-t-il. 

Ses équipes analysent les poudres, les végétaux, les cristaux mais aussi les liquides saisis par les douanes pour savoir de quelles substances il s’agit. Et elles ont constaté que sur les 10.000 échantillons testés en moyenne par an, 10 à 20% appartiennent désormais à la catégorie des nouveaux produits de synthèse, qu’on appelle des NPS. Dans ce cas, “on regarde dans notre base de données si cette molécule est connue. Si ce n’est pas le cas, il faut décortiquer sa structure et lui donner un nom”, précise l’ingénieur.

Objets perquisitionnés servant à dissimuler de la drogue et envoyés au service commun des laboratoires d’Île-de-France pour analyse.
Objets perquisitionnés servant à dissimuler de la drogue et envoyés au service commun des laboratoires d’Île-de-France pour analyse. © Radio France – Anne-Laure Barral

Des drogues qui se renouvellent en permanence

En juin 2022, le service commun des laboratoires a encore signalé un nouveau produit de synthèse à ses homologues européens. Selon le rapport de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT), une cinquantaine de nouvelles substances apparaissent sur le marché européen chaque année, soit près d’une par semaine. Il y en a aujourd’hui près de 900 identifiées, avec différentes familles et différentes formes. 

Nous avons observé récemment du cannabis sur lequel on a pulvérisé des poudres de cannabinoïdes synthétiques, ce qui peut provoquer un état délirant”, déclarait en juin dernier le directeur de l’Observatoire, Alexis Goosdeel. Ces nouvelles drogues sont surveillées de près en raison des effets plus puissants qu’elles peuvent avoir. “Nous sommes très vigilants en particulier sur les opioïdes de synthèse que l’on voit apparaître parfois dans nos saisies en toute petite proportion”, reconnaît Corinne Cléostate, sous-directrice des affaires juridiques des douanes françaises. Les opioïdes de synthèse, comme le fentanyl, sont considérés comme cent fois plus puissants que la morphine et beaucoup plus addictifs. Ils ont provoqué un très grand nombre d’overdoses aux États-Unis.

Mais la provenance de ces nouvelles drogues évolue également. “Il y a des ateliers de fabrication en Chine, mais désormais aussi sur le continent européen”, explique Rita Jorge, analyste scientifique à l’OEDT. En 2020, plus de 350 de ces ateliers ont été démantelés, principalement en Pologne et aux Pays-Bas. “En France, nous avons plutôt de petits laboratoires artisanaux, alors qu’aux Pays-Bas, un atelier fabrique jusqu’à 100 kg de drogues de synthèse par jour”, ajoute Corinne Cléostrate.

À Montpellier : un laboratoire à domicile

À la différence des drogues dites classiques comme la cocaïne ou l’héroïne, ces nouveaux produits de synthèse ne sont pas fabriqués à partir de plantes de coca ou de pavot, mais à partir de produits chimiques. Les fabricants utilisent des dérivés du pétrole comme le benzène ou le kérozène, mais aussi des acides ou de l’acétone. Au moins deux laboratoires ont été démantelés en France en 2021, dont un à Montpellier, à quelques centaines de mètres seulement du commissariat de police.

Matériel perquisitionné chez un fabriquant de diverses drogues de synthèse dans le Finistère en 2013.
Matériel perquisitionné chez un fabriquant de diverses drogues de synthèse dans le Finistère en 2013. © Maxppp – Yannick Guerin PhotoPQR Ouest France

Avec le confinement je me suis mis à consommer tous les jours des amphétamines”, explique à la cellule investigation de Radio France, Eddy (pseudonyme), un orthoptiste de 35 ans, qui vient de sortir de détention provisoire après avoir été interpellé il y a un an. “J’ai vu que cela me coûterait moins cher de fabriquer moi-même la drogue en commandant les produits chimiques sur des sites internet chinois ou polonais.” Il dit s’être senti grisé par la sensation de toute puissance que lui procurait la drogue. Ses amis de “défonce”, comme il les nomme aujourd’hui, le sollicitaient en permanence pour obtenir une substance qu’on appelle la 3-MMC. Mais alors qu’il s’apprêtait à augmenter sa production et à commander du phosphore rouge et de l’acide sulfurique, un fournisseur français, intrigué par ce type de commande, a signalé ses agissements à l’administration.

La 3-MMC : star des nouvelles drogues de synthèse

La drogue de synthèse pour laquelle Eddy a été sollicité, la 3-MMC, inquiète particulièrement les services de santé. Selon les chiffres de l’enquête dénommée “Drames” consacrée aux décès liés à des consommations abusives de psychotropes, les drogues de synthèse ont causé 15 morts en 2020. “C’est énorme, relève Anne Batisse, pharmacienne cheffe du centre d’addictovigilance de Paris. Certes, la cocaïne a fait 77 décès, mais ses usagers sont beaucoup plus nombreux.” Trois fois moins chère que la cocaïne, la 3-MMC et ses dérivés gagnent du terrain en France. Les autorités ont vu les saisies se multiplier par trois ces dernières années. Les douaniers ont même effectué une prise record en janvier 2022 sur une petite route de l’Aveyron : 613 kg pour un montant de 9 millions d’euros.

Aujourd’hui, la 3-MMC rejoint des réseaux classiques de revente dans la rue ou sur les applications de type Snapchat ou Telegram”, constate Nina Tissot, sociologue et coordinatrice du rapport sur les tendances de consommation en Auvergne Rhône-Alpes pour l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT). À l’origine, ce stimulant était surtout consommé dans le cadre du “chemsex”, c’est-à-dire la prise de drogues lors de rapports sexuels généralement à plusieurs partenaires. Le chemsex s’est surtout développé dans les milieux homosexuels masculins. 

Mais depuis le confinement, cette drogue a gagné d’autres publics, hétérosexuels, dans les milieux festifs, et au-delà. Cette consommation a conduit certains usagers à basculer dans l’addiction et à avoir recours à des pratiques à risque. “Souvent, ces usagers n’utilisaient pas de préservatifs. On a vu revenir des infections comme la syphilis”, constate l’infectiologue Charles Cazanave qui soigne des dizaines de patients au CHU de Bordeaux.

La cellule investigation de Radio France passe commande

Cette drogue se développe d’autant plus facilement qu’elle se commande très simplement par internet. Pas besoin d’aller sur le darkweb ou de faire appel à un dealer via Telegram ou WhatsApp. La cellule investigation de Radio France a pu le vérifier en surfant sur un site hollandais qui propose des “produits de recherche”. Pour une soixantaine d’euros, nous avons pu commander de la 3-MMC et de la 3-MMA, une autre drogue de synthèse similaire. Le paiement pouvait se faire par virement en euros ou en crypto-monnaie sur un compte en Espagne. Une fois effectué, nous avons pu suivre le parcours de notre colis de Rotterdam à Paris. Et nous avons reçu au bout de cinq jours un paquet contenant une serviette de plage dans laquelle étaient cachés deux sachets de cristaux et de poudre.

Deux sachets de drogue dissimulés dans une serviette de plage.
Deux sachets de drogue dissimulés dans une serviette de plage. © Radio France – Melissa Foust

Cette expérience, ils sont nombreux à l’avoir faite. Pour cacher la drogue, “j’ai à peu près tout vu”, raconte Pierre, qui commande deux à trois fois par an des drogues de synthèse par internet. “J’en ai reçu dans des cartes de Noël, des faux DVD, des faux échantillons de crème hydratante.” En cas de perte du colis, le site propose même de vous renvoyer la moitié de la commande gratuitement. Il existe aussi des systèmes de parrainage, des promotions avec des produits offerts à tester.

Une législation dépassée

Passer par un site n’est cependant pas une garantie de qualité. En faisant analyser nos achats par le réseau associatif “Analyse ton prod” d’Île-de-France, (un réseau qui regroupe des associations sur tout le territoire, et travaille sur la réduction des risques auprès des usagers), nous avons eu une mauvaise surprise. Notre paquet ne contenait pas de la 3-MMC mais de la 3-CMC, un produit proche mais avec un atome différent. Et la deuxième drogue commandée ne contenait pas qu’un seul stimulant dans sa formule, mais deux. Cette tromperie sur la marchandise peut être dangereuse. 

La 3-CMC est potentiellement plus neurotoxique”, nous explique une consommatrice régulière de 3-MMC. “C’est une arnaque assez fréquente”, précise Nina Tissot, de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) en Auvergne Rhône-Alpes. “Depuis que les Pays-Bas ont interdit la 3-MMC en fin d’année dernière, ils vendent de la 3-CMC qui reste légale chez eux.” Mais en renouvelant sans cesse la composition de leurs produits, les chimistes poursuivent un autre objectif. Ils brouillent les pistes afin de contourner les législations. “Les nouveaux produits de synthèse ont été spécifiquement créés pour cela”, affirme Pierre Chappard, président de l’association Psychoactif qui anime un site d’usagers. Toute nouvelle molécule non répertoriée dans la nomenclature des stupéfiants ou des psychotropes par l’agence du médicament, l’ANSM, tombe en effet dans un vide juridique qui rend toute poursuite inopérante

Après analyse, le laboratoire du réseau Analyse ton prod révèle que les substances reçues ne correspondent pas à la commande passée sur le site.
Après analyse, le laboratoire du réseau Analyse ton prod révèle que les substances reçues ne correspondent pas à la commande passée sur le site. © Radio France – Anne-Laure Barral

Des conséquences graves

Certains de ces produits peuvent pourtant entraîner de sévères troubles neurologiques. Une lycéenne de Tarbes (65) a dû être hospitalisée en avril 2022 pour avoir inhalé un cannabinoïde de synthèse. L’an dernier, 80 jeunes mineurs dans le Nord de la France et la région de Reims ont également fait des malaises après avoir consommé ce qu’on appelle du “Buddha Blue” ou du “Pète ton crane”. “Cette substance a une affinité pour les récepteurs dans le cerveau beaucoup plus forte que la plante de cannabis”, explique le professeur Nicolas Franchitto, chef du service d’addictologie de l’hôpital Purpan à Toulouse. 

Même pour des gens qui ont déjà consommé du cannabis, “le risque, c’est la crise convulsive, des troubles neurologiques, cardiaques ou des insuffisances rénales”. Selon une enquête réalisée lors de la journée de défense et de citoyenneté en 2017, près de 4% des adolescents interrogés reconnaissaient avoir consommé un NPS, principalement un cannabinoïde de synthèse.

Des drogues indétectables

Autre caractéristique de ces drogues : elles échappent aux tests de stupéfiants effectués lors des contrôles routiers. Dans une étude réalisée en 2016, Camille Richeval, ingénieure au laboratoire de toxicologie du CHU de Lille, a identifié à postériori la présence de drogues de synthèse dans des tests réalisés auprès de conducteurs français et belges, qui avaient pourtant été déclarés négatifs. “Ces tests ne sont pas faits pour détecter les NPS comme la 3-MMC. On passe donc à côté”, explique la chercheuse. Le monde des drogues change si rapidement que même si on mettait au point un test plus performant, il serait très vite dépassé par un nouveau produit.

Le milieu du sport lui aussi est confronté à cette indétectabilité des produits. L’agence mondiale anti-dopage (AMA) organise régulièrement des conférences internationales sur les NPS. “Il faut surveiller qu’ils ne deviennent pas les produits dopants de demain”, explique Olivier Rabin, le directeur scientifique de l’agence. Certains produits vendus comme des compléments alimentaires de façon tout à fait légale sont passés entre les mailles du filet. “Nous surveillons particulièrement les forums de discussion de culturisme où l’on parle souvent de ces produits innovants”, poursuit-il.

Le problème est d’autant plus inquiétant que tout porte à croire qu’il est sous-évalué. L’association Play Safe s’en est rendu compte en créant un faux site de commande de NPS. Il se présente un peu comme le site hollandais sur lequel nous avons commandé nos produits. Avec une différence de taille : au moment de payer, il affiche un message d’alerte sur les risques qu’il y a à consommer ces substances. Or depuis sa création en avril 2021, ce faux site a enregistré au moins 20.000 commandes. Il aurait pu potentiellement réaliser un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros en un an. Si les NPS restent moins consommées que le cannabis et la cocaïne en France selon les données de l’OFDT, ils sont donc clairement en train de se faire une place sur le marché de la drogue.

Source

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :