Fumer du cannabis entraîne de plus en plus de graves complications

Les morts impliquant le cannabis ont augmenté ces dernières années. Selon une enquête, les hommes trentenaires sont les principaux exposés.

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Publié le  Le Point.fr
Dans cette étude, l’usage du cannabis était « à visée autothérapeutique », notamment anxiolytique, sédative et hypnotique, pour plus d’un patient sur cinq.
Le nombre de notifications de problèmes de santé et de décès liés au cannabis et aux cannabinoïdes a augmenté en France entre 2012 et 2017. Les données présentées au Comité scientifique spécialisé temporaire sur le cannabis thérapeutique devraient inciter à la prudence. Ce comité a été créé en septembre par l’Agence nationale de sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé pour juger de la pertinence et de la faisabilité de la mise à disposition du cannabis à visée thérapeutique dans notre pays.
Il a récemment recueilli le point de vue des professionnels de santé et a examiné des données de vigilance afin d’évaluer les éventuels risques.

Le Dr Émilie Bouquet, du Centre d’évaluation et d’information sur les pharmacodépendances et addicto-vigilance du CHU de Poitiers, a présenté les résultats d’une enquête nationale menée dans 13 centres français. L’analyse a porté sur 2 217 notifications de vigilance impliquant du cannabis seul ou en association à de l’alcool et/ou du tabac entre 2012 et 2017.

« Le nombre de cas avec du cannabis a triplé, passant de 179 en 2012 à 562 en 2017, quand le nombre global des notifications doublait, passant de 2 833 à 5 560 cas », a-t-elle précisé.

Les trentenaires les plus touchés

Globalement, les hommes trentenaires sont les principaux concernés, avec le plus souvent une exposition chronique ainsi qu’une consommation fréquente de tabac, voire d’alcool. Pour plus d’un patient sur cinq, l’usage de cannabis était « à visée autothérapeutique », notamment anxiolytique, sédative et hypnotique. Les complications rapportées étaient psychiatriques dans plus de la moitié des cas, avec une dépendance et/ou une demande de sevrage (35 %), devançant largement les troubles psychotiques, une agressivité, une impulsivité et/ou de la violence ainsi que des manifestations anxieuses, dépressives, voire des idées suicidaires. Selon le Dr Bouquet, des antécédents psychiatriques étaient retrouvés chez la moitié des personnes concernées.

Mais les problèmes ne s’arrêtent pas là. Les notifications font état de problèmes neurologiques dans 15,6 % de cas, touchant surtout les âges extrêmes. Il s’agit principalement de troubles de la conscience, de la mémoire, des fonctions cognitives et de la concentration, d’accidents vasculaires cérébraux ainsi que de convulsions et d’épilepsie. Les complications gastro-intestinales concernent 7,8 % des personnes (essentiellement des nausées et des vomissements, ainsi que des douleurs abdominales). Quant aux troubles cardiaques, retrouvés dans 7,7 % des cas, ils prennent en général la forme de tachycardie, de palpitations et parfois d’infarctus.

Plus d’une centaine de décès

Toujours selon le Dr Bouquet, les morts impliquant le cannabis ont augmenté entre 2012 et 2016. Sur cette période, la spécialiste dénombre 131 décès directs, dont 62 liés au seul cannabis, et 136 décès indirects, dont 73 avec cette unique drogue. Entre 2012 et 2017, 16 décès ont été notifiés spontanément, impliquant le cannabis seul ou en association avec le tabac et/ou l’alcool, hors drames.

Dans le cadre de l’évaluation d’une mise à disposition du cannabis à visée thérapeutique et de spécialités à base de cannabinoïdes, Émilie Bouquet estime donc qu’il faut « impérativement tenir compte de ce risque de complications rares mais graves pour les éventuels futurs patients exposés, maintenir la vigilance, poursuivre la recherche sur la sécurité d’emploi et former/informer les professionnels de santé amenés à prescrire, délivrer et administrer ces produits ».

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Cannabis. À quels risques s’exposent les fumeurs ?

Que provoque le cannabis sur le corps ? Sur le cerveau ? Les jeunes sont-ils plus exposés que les autres ? Que cherche-t-on quand on fume ? (photo d'illustration)
Que provoque le cannabis sur le corps ? Sur le cerveau ? Les jeunes sont-ils plus exposés que les autres ? Que cherche-t-on quand on fume ? (photo d’illustration) | FOTOLIA

Outre les risques physiques, connus, le cannabis perturbe le fonctionnement du cerveau, et particulièrement chez les jeunes. Certains pensent aussi que fumer du cannabis aide à dépasser sa timidité ou apaiser sa colère. Un piège. Décryptage avec deux spécialistes.

Que provoque le cannabis sur le corps ? Sur le cerveau ? Génère-t-il des addictions ? Les jeunes sont-ils plus exposés que les autres ? Que cherche-t-on quand on fume ? Deux spécialistes de l’addiction répondent à ces questions.

Quels risques physiques génèrent le cannabis ?

On connaît les risques liés à la combustion : cancer, risques pulmonaires. Mais il y a aussi ceux liés aux substances avec lesquelles le cannabis est coupé. Par exemple « du cirage ou du caoutchouc », prévient Jean-Pierre Couteron, porte-parole de la fédération Addiction. Il est aussi psychologue dans une consultation jeunes consommateurs (CJC) à Boulogne-Billancourt.

Des risques cognitifs ?

Le cannabis perturbe aussi le fonctionnement du cerveau : mémoire, attention, concentration, ce qui ne facilite pas la scolarité. Les jeunes, dont le cerveau est en pleine maturation, sont les plus exposés. « Le cerveau sera perturbé au-delà de la période de consommation »« Alcool, cannabis, tabac sont beaucoup plus dangereux à ces âges-là, précise le Pr Reynaud, psychiatre addictologue et président du Fonds action, à l’origine du site addictaide.fr. Tout l’enjeu est, au moins, de repousser la consommation après 18 ans. Les risques encourus diminuent alors de trois quarts. »

Les conséquences peuvent être plus graves chez les très gros consommateurs ou ceux qui fument un cannabis très concentré en THC : « Il y a des risques d’épisodes délirants, hallucinations, troubles du comportement, dit le Pr Reynaud. Enfin, on sait maintenant que le cannabis peut induire des schizophrénies (cela reste rare et essentiellement chez des personnes prédisposées) et aggrave indiscutablement les états psychotiques et les pathologies psychiatriques. »

Des conséquences « psycho-sociales » ?

Le cannabis altère aussi les apprentissages, les « compétences psycho-sociales », prévient Jean-Pierre Couteron. « Des trucs tout bêtes : gérer son stress, sa colère, sa timidité. Ces compétences, que l’on apprend à un enfant, sont remises en jeu à l’adolescence. Si vous êtes un peu timide, angoissé, vous pouvez vous piéger à confier ce malaise à un produit ». Danger ! « Il donne l’impression que le problème n’existe plus, alors qu’en réalité, on n’a pas acquis la capacité à le résoudre… »

Y a-t-il des risques d’addiction ?

Oui, même s’ils sont moindres que l’alcool. « On considère que 5 à 10 % des consommateurs en général deviennent dépendants », dit Michel Reynaud. Mais ces risques sont plus élevés chez les jeunes. 24,9 % des jeunes de 17 ans qui ont consommé dans l’année du cannabis présente un risque élevé d’usage problématique ou de dépendance, selon l’Observatoire français des drogues et toxicomanies.

Les dispositifs de prise en charge sont-ils suffisants ?

Il existe des consultations pour les jeunes consommateurs (CJC) dans la plupart des villes. « Mais les structures existantes sont très en dessous des besoins, pointe le Pr Reynaud. Cela rend l’accès aux soins difficile. Enfin, la pédopsychiatrie en France est en grande souffrance, en raison du manque de médecins. »

Les parents d’adolescents ont du mal à trouver des réponses aux situations qu’ils rencontrent. Il faut des mois d’attente pour une consultation.

Par ailleurs, toutes les consultations jeunes consommateurs n’ont pas la même approche. Certains considèrent que le jeune doit d’abord être demandeur. « Moi, je pense qu’il ne faut pas attendre, dit Jean-Pierre Couteron. Je consacre une partie de mon temps à travailler avec les parents dont les enfants ne veulent pas venir consulter. On réfléchit ensemble à la manière de les faire bouger. »

Soigner une addiction ne peut-il passer que par la volonté du patient ?

Dans neuf cas sur dix, contraindre quelqu’un à se soigner ne mènera à rien. Dès que le traitement sera terminé, la personne se remettra à consommer. « C’est pour cette raison que les psychiatres sont souvent réticents à hospitaliser sous contrainte des personnes dont le problème principal est la consommation de psychotropes. Le patient doit accepter de faire une part du chemin. S’il ne veut pas du tout, les proches et nous-mêmes sommes en grande difficulté », dit le Pr Reynaud.

Fumer du cannabis ouvre-t-il la porte à une escalade vers des drogues plus dures ?

Il n’y a pas de preuve de la théorie de l’escalade. Au départ, les jeunes commencent par fumer du tabac et tous les toxicomanes sont ou ont été fumeurs. Et parmi ceux qui se mettent à fumer du cannabis, « seule une petite partie passera à d’autres produits et à une consommation problématique. Mais quand ça arrive, c’est un drame pour les parents et les enfants », dit le Pr Reynaud.

Que cherche-t-on dans les drogues ?

Un plaisir ou un apaisement à des difficultés sociales, psychologiques. « Toutes les addictions sont un plaisir qui a mal tourné », dit le Pr Reynaud.

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Chez les consommateurs de cannabis – 11/11/18

Pneumothorax spontané et emphysème pulmonaire 

Introduction

Si les complications pulmonaires du tabagisme sont bien connues, celles liées à l’usage du cannabis le sont moins.

Objectifs

Revue systématique sur les données concernant le pneumothorax spontané (PS) et l’emphysème pulmonaire chez les consommateurs de cannabis.

Sources documentaires

Medline sur la période 1980–2018 avec pour mots-clés : cannabis ou marijuana et pneumothorax ou emphysema (limites « Title/Abstract »). Parmi 97 articles, 42 résumés sélectionnés ont donné lieu à une double lecture aboutissant à retenir 20 études.

Résultats

Seize rapports de cas (8 avec PS) retrouvaient des bulles des lobes supérieurs chez les fumeurs mixtes (FM) de cannabis et tabac et chez les 2 fumeurs exclusifs de cannabis (FEC). Le risque de PS était accru chez les FM, mais pas chez les FEC. Chez des patients âgés de moins de 35 ans ayant un PS, l’incidence des bulles à la tomodensitométrie (TDM) thoracique était plus élevée chez les FM que chez les fumeurs exclusifs de tabac (FET). La TDM thoracique des patients ayant un PS ne montrait pas de différence significative concernant la prévalence, la localisation et le type d’emphysème entre les FM et les FET. La proportion de zones avec diminution de la densité pulmonaire était plus importante chez les FM que chez les non-fumeurs (NF), mais similaire chez les FET et les NF.

Conclusion

Les résultats suggèrent un effet toxique cumulatif du tabac et du cannabis sur le risque de PS et d’emphysème pulmonaire.

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« Le désastre des toxicomanies en France » par le Pr Jean Costentin

Présentation du dernier livre du Pr Jean Costentin : «  » – Editions Docis – par le Pr Jean-Pierre Goullé

Le dernier ouvrage du Pr Jean Costentin, intitulé « Le désastre des toxicomanies en France » est le cinquième d’une longue série consacrée aux toxicomanies, dont le premier « Halte au cannabis », a été publié il y a 12 ans. Comme les précédents, ce livre est le témoin d’un engagement de tous les instants, depuis plus de 20 ans, motivé par son farouche combat contre toutes les toxicomanies.

Rappelons à cet égard que Jean Costentin préside le Centre national de prévention d’études et de recherches sur les toxicomanies. Cet ouvrage qui comporte 365 pages, est un long cri de colère contre leurs méfaits, qu’elles soient licites, alcool et tabac ; ou illicites, cannabis en premier lieu. Il lutte également avec force, comme il le dit si bien, contre des idées qui prospèrent, entretenues par les médias, avec duplicité, à laisser se développer les toxicomanies et ses conséquences catastrophiques pour la santé publique.

Il s’agit d’un livre, fort bien écrit, au style alerte, riche de très nombreuses informations, destiné aussi bien aux professionnels de santé, qu’au grand public, parents, enseignants, éducateurs, mais aussi aux adolescents, tant il se lit avec une facilité déconcertante.

Dans son préambule, l’auteur cite ce qu’écrivait à propos des drogues illicites, il y a tout juste 30 ans le Pr Pierre Deniker :
« Du point de vue médical et sanitaire, il n’est pas question d’accepter le développement d’un mal nouveau, sous prétexte qu’il ressemble à celui que nous connaissons déjà. Les dégâts produits par l’alcoolisme et le tabagisme ne nous disposent pas, au contraire à subir passivement ceux des toxicomanies. Il ne s’agit pas de choisir entre la peste et le choléra qui sont déjà là. Il s’agit bien d’empêcher une troisième épidémie, sorte de lèpre… ».

Dans une première partie, il traite successivement des généralités sur les drogues, les toxicomanies et les addictions, avec des chapitres spécifiques sur le tabac, l’alcool, le cannabis, la cocaïne, les amphétamines, les opioïdes, sans oublier toutes les nouvelles drogues de synthèse dont le nombre ne cesse de croître, ni les médicaments détournés de leurs indications thérapeutiques. Il démonte également les circuits d’une activité particulièrement lucrative et les profits considérables engrangés par ce commerce.

Au-delà des 130 000 vies perdues chaque année, il rappelle les chiffres abyssaux de leur coût annuel pour la Nation, estimé à 250 milliards d’euros. Il s’oppose avec véhémence aux salles de shoot et fut l’un des premiers à dénoncer le détournement d’usage du Subutex®.

Quant à ce que l’on appelle improprement le « cannabis thérapeutique » souhaité par certains, alors que nous disposons de molécules plus actives dans chacune de ses indications ; il fustige cette démarche dont l’objet hypocrite est en réalité la légalisation de l’usage récréatif, sur le mode de ce qui a été fait dans d’autres pays.

Il accuse les graves insuffisances des plans gouvernementaux dans ce domaine, ainsi que les organismes officiels, pour les carences coupables dont ils ont fait preuve au cours des deux dernières décennies et qui portent comme il le dit, la mémoire, l’empreinte digitale du désastre de ces toxicomanies.

Face à ce terrible constat, mais sans concession, Jean Costentin évoque les différentes pistes qui s’offrent à nous pour sortir du gouffre, comme il le dit très bien. Il prend pour modèle la Suède, qui confrontée à ce problème par le passé, a réussi à résoudre sa crise par l’éducation, la pédagogie et l’enseignement.

Ces piliers, constituent donc pour lui les bases essentielles de la lutte contre ces toxicomanies. Le rapport 2017 de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies, qui du fait de l’absence d’information et de prévention dans les programmes éducatifs, décerne dans ces domaines un carton rouge à la France, semble donner raison au Pr Costentin.

Le lecteur trouvera en fin d’ouvrage, divers documents annexés, pour l’essentiel des échanges de correspondances et des commentaires très intéressants, qui l’enrichissent considérablement.
Ce livre doit trouver sa place dans toutes les bibliothèques familiales, tant il est à la portée de tous.

Disponible chez :

Les femmes auraient plus de risques que les hommes d’être accro au cannabis

Une étude italienne affirme que les femmes ont plus de risques de développer une dépendance au cannabis que les hommes, bien que ces derniers en consomment plus et plus régulièrement. L’hormone sexuelle féminine serait responsable.

Les débats sur le cannabis vont bon train depuis maintenant plusieurs années. Ses vertus thérapeutiques contre certaines maladies ont poussé des gouvernements à sa légalisation (contrôlée, dans la plupart des cas), mais il ne faut pas minimiser la dépendance qu’il peut générer chez les consommateurs, et les femmes sont les premières concernées. C’est en effet ce qu’avance le Conseil national de la recherche d’Italie : bien que les hommes aient 4 fois de chances d’essayer le cannabis et consomment des quantités plus importantes plus fréquemment, ce sont les femmes qui ont le plus de risques de devenir dépendantes à cause de l’œstrogène, l’hormone sexuelle féminine. Elles sont biologiquement plus sensibles aux effets de la drogue et à la diffusion de la dopamine dans le cerveau, qui crée instantanément du plaisir. « Le cannabis est la drogue illicite la plus consommée au monde, explique le Dr Liana Fattore, auteure de l’étude. Bien qu’il soit associé à des effets négatifs sur la santé, y compris le risque de développer une addiction, le cannabis médical et récréatif est de plus en plus légalisé. De plus, le cannabis synthétique [plus puissant que le cannabis mais qui en imite les effets, et jugé impropre à la consommation, NDLR] gagne en popularité et est associé à des vagues d’intoxications et à des décès occasionnels. Identifier les facteurs qu’impliquent la consommation de cannabis et l’addiction devient alors essentiel ».

10% des consommateurs deviennent accro

Si la raison exacte qui explique la plus grande « sensibilité » des femmes n’est pas connue, les scientifiques sont certains que le sexe joue un rôle majeur dans la régulation des cannabinoïdes, les substances chimiques qui activent les récepteurs cannabis présents dans le corps humain et chez les mammifères. « Des études sur les animaux suggèrent que les mécanismes endogènes [c’est-à-dire produits par le corps lui-même, comme l’œstrogène, NDLR] sont à l’origine de la sensibilité face aux cannabinoïdes.

Chez les rats, l’hormone féminine baptisée œstradiol impacte sur le contrôle des mouvements, le comportement social et la filtration de l’information sensorielle dans le cerveau – des aspects concernés par la consommation de drogue – en modulant le système endocannabinoïde. En retour, ce système influence la production d’œstradiol », poursuit le Dr Fattore.

Selon les chiffres du NHS, le système de santé publique britannique, 10% des consommateurs de cannabis deviennent dépendants, le risque étant accru si l’on commence durant sa jeunesse ou si l’on en prend tous les jours. Sans compter une potentielle dépendance au tabac, souvent associé à la drogue. Le mieux, c’est encore de ne jamais essayer…

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Dopage en entreprise : quand les salariés se droguent pour «tenir»

Dans un ouvrage paru aux éditions Erès, trois chercheurs se penchent sur le phénomène du dopage en entreprise. Récompensé par le prix RH 2018, Se doper pour travailler soulève les raisons profondes qui poussent certains salariés à l’addiction.

C’est un fléau dont le sport n’a pas fini d’entendre parler. Malgré les techniques de plus en plus poussées des systèmes de dépistage, le dopage continue de sévir auprès de certains athlètes désireux de décupler leur performance pour décrocher les trophées. Mais ils ne sont pas les seuls. Loin des terrains de tennis ou des pistes d’athlétisme, dans les buildings de verre parsemés d’open space, le dopage aussi a trouvé sa place. Sous des formes différentes. Psychotropes, cigarettes, cafés ou longues lignes blanches rythment la vie de certains salariés et leur permettent de «tenir». Et bien souvent dans l’indifférence générale. Voire dans l’auto-acceptation.

C’est à ce sujet délicat que trois intellectuels et professionnels du sujet ont choisi de s’attaquer l’année dernière. Avec succès, puisque leur essai baptisé Se doper pour travailler, paru aux éditions Erès, vient de recevoir le prix du livre RH 2018. Décerné par Science Po, le cabinet Syntec Recrutement et Le Monde, le prix RH récompense les ouvrages s’attaquant à des sujets pointus liés aux mutations que traverse le monde du travail. Se doper pour travailler est le résultat d’un travail de longue haleine mené par trois chercheurs, Renaud Crespin (CNRS), Dominique Lhuilier (Cnam) et Glady Lutz, docteur en psychologie du travail.

Remise en cause de «consommer moins c’est mieux»

«On s’est dit qu’il était temps d’aller voir sur le terrain ce qu’il en est aujourd’hui de ses consommations», explique l’un d’eux. Loin du cliché traditionnel de l’ouvrier alcoolique ou du publicitaire coké, le dopage quotidien, «très fréquent» selon les auteurs, ne serait pas réservé à une catégorie socio-professionnelle ni à un secteur d’activité particulier. Mais c’est surtout contre le discours de prévention officiel, qui vise à prévenir, détecter et sanctionner, sans se soucier des réalités, que les trois chercheurs ont dressé leur minutieuse étude. «Il y a un décalage entre l’adage préventif «consommer moins c’est mieux» et les pratiques réelles. Au cours de nos recherches nous avons pu constater que ces substances étaient au contraire utilisées comme un outil de régulation, pour tenir, se calmer, récupérer ou se stimuler».

Se transformer plutôt que de transformer sa situation professionnelle

Bref, loin de provoquer des comportements déviants, l’utilisation de drogues permettrait de conserver une santé apparente et une certaine sécurité. Par l’addiction, les salariés se préserveraient même d’autres risques liés au travail: surmenage, burn-out, déclassement… En cause, une réalité de plus en plus pénible ou difficile, que ces drogues permettraient d’affronter. C’est donc l’ensemble d’un système, basé sur la pression, où les salariés ne sont parfois que des variables tenues de rentrer dans des moules informes, qui est pointé du doigt par cet ouvrage. «Parfois les salariés n’arrivent plus à transformer les situations de travail. Ils pensent alors que c’est en se transformant eux-mêmes qu’ils arriveront, en étant plus rapides, plus détendus, plus ouverts dans la relation client, plus productifs, plus plus plus, toujours plus. Logique puisque c’est grosso-modo ce qu’on attend des salariés aujourd’hui», explique Dominique Lhuillier sur le site Mode(s) d’emploi.

D’où les limites du discours de lutte contre les addictions et prises de drogues en entreprises. S’attaquer aux salariés sans parler du problème dans son ensemble revient à ignorer les causes tout en voulant lutter contre les effets. Autrement dit, retirer l’addiction sans modifier le contexte qui a poussé le salarié à cette addiction c’est le priver de son principal carburant face à une course tout aussi difficile. On comprend mieux dès lors pourquoi les trois chercheurs ont titré leur ouvrage «se doper pour travailler» et non «se droguer pour travailler», d’apparence synonymes. Dans le monde compétition qu’est l’entreprise, comme dans le sport, les drogues ne correspondent pas à un objectif récréatif pur, mais bel et bien de performance ou de compensation d’une pénibilité profonde liée à leur effort.

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Boire de l’alcool modifie la façon dont nos souvenirs se forment au niveau moléculaire

D’après une étude menée par Karla Kaun de l’université de Brown aux États-unis, parue dans le journal Neuron, quelques verres d’alcool en soirée changent la façon dont nos souvenirs se forment au niveau moléculaire.

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Pour cette recherche, la professeure Karla Kaun, accompagnée d’une équipe de chercheurs, a décidé d’étudier la façon dont les molécules et gènes réagissent face à la conservation des souvenirs liés au mécanisme de récompense.

Pourquoi re-consommer ?

L’idée d’une telle étude vient d’un questionnement simple de la chercheuse : pourquoi les individus s’obstinent à re-consommer des produits qui ont pourtant un effet désagréable sur leur corps et leur esprit ?

La prise de drogues dures et douces (opiacés, alcool…) engendre souvent des états de mal-être plus ou moins intenses : nausées, vomissements, maux de tête, veisalgie… Pourquoi ne se souvient-on que des bonnes choses à propos de ces produits, et pas des mauvaises ?

Les recherches ont été effectuées sur des mouches à fruit. Pour ces recherches, les mouches étaient formées à trouver de l’alcool, pendant que les chercheurs étudiaient la façon dont les gènes réagissaient, et quelle protéine était responsable de ce mécanisme de récompense.

Les chercheurs ont premièrement trouvé les molécules qui se modifient lorsque l’envie (d’alcool, de drogue…), voire le manque se dessine. Une première étape qui pourrait bénéficier aux personnes dépendantes permettant ainsi de réduire l’intensité des souvenirs agréables reliés à la drogue en question.

D’après les recherches, l’une des protéines responsables de l’attrait des mouches pour l’alcool se prénomme « Notch ». Notch étant la première molécule d’un ensemble moléculaire, ayant un rôle dans le développement de l’embryon, et le développement du cerveau.

Les chercheurs ont également réalisé que le gène nommé récepteur dopaminergique D2 était affecté par l’alcool. Ce gène produit une protéine qui reconnaît la dopamine, un neurotransmetteur du bien-être connu pour être impliqué dans le codage de souvenirs agréables.

Dans le cadre de l’étude concernant les souvenirs de récompense liés à l’alcool, les chercheurs ont réalisé que la signalisation moléculaire n’était pas modifiée, et que la dopamine n’était ni diminuée ni augmentée. L’équipe a en revanche constaté que la version de la protéine fabriquée était modifiée très subtilement.

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CANNABIS IL DÉNONCE UN «JEUNOCIDE» AU PAYS DE JUSTIN TRUDEAU

Tandis que le Canada fête la libéralisation du cannabis, le biologiste et toxicologue valaisan Nicolas Donzé estime cette évolution totalement irresponsable du point de vue de la lutte contre les addictions.

Pour le biologiste et toxicologue de l'Hôpital du Valais, que ce soit le tabac, l'alcool ou les divers drogues, on doit se focaliser sur le problème de l'addiction entre l'individu et la substance.

Pour le biologiste et toxicologue de l’Hôpital du Valais, que ce soit le tabac, l’alcool ou les divers drogues, on doit se focaliser sur le problème de l’addiction entre l’individu et la substance. Image: DR

SIGNALER UNE ERREUR

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

S’exprimant dans le cadre d’une réunion avec des patients lundi en Valais, Nicolas Donzé, biologiste en chef adjoint et toxicologue à l’Hôpital du Valais, a eu des mots lourds de sens pour critiquer la libéralisation du cannabis au Canada. Pour lui cette évolution n’est rien moins comparable à un «jeunocide» au pays de Justin Trudeau.

Ces mots ont heurté certaines personnes présentes, mais lui s’en défend: «J’aime utiliser des expressions fortes, le but est d’amener les gens à réfléchir. En libéralisant le cannabis, on favorise l’agression de toute une jeunesse. Le cannabis a des défauts et des qualités, mais pour moi, l’élément central c’est la relation entre l’individu et la substance.»

Menace sur les 18-25 ans

Nicolas Donzé n’est pas inconnu dans le monde des drogues en Suisse, où il a passablement publié sur la question. Pour lui la consommation «festive» de cette plante n’a pas de raison d’être, en particulier auprès des jeunes: «Du point de vue du développement du cerveau, l’adolescence ne s’arrête pas à 18 ans, mais à 25 ans.»

En tant que biologiste, il s’intéresse sur les interactions entre le produit et le corps, en particulier ses effets sur la dopamine dans l’addiction que crée le cannabis. «L’addiction, précise-t-il, est une maladie du comportement qui perturbe notre mémoire, notre envie d’apprendre, qui est essentiel à notre vie, surtout pendant cette période de notre vie, entre 15 et 25 ans, où la possibilité de devenir addicte est significative.»

La plante à cent molécules

Pour lui, le cannabis n’est pas une drogue douce: «On sous-estime sa puissance. On libéralise un produit qu’on ne connaît pas ou mal. Les deux cannabinoïdes les plus connus sont le THC et le CBD, mais quand on fume un joint, même légal, riche en CBD et contenant moins de 1% de THC, la présence de 100 autres phytocannabinoïdes ne peut être ignorée. Le cannabis n’est pas la plante d’une molécule, mais de plus d’une centaine de substances différentes.»

Des vertus thérapeutiques à développer

Si le biologiste dénonce son utilisation récréative, il regrette cependant que le cannabis ait été écarté de la pharmacologie: «Il présente des vertus thérapeutiques de plus en plus intéressantes. Il serait dommage de gaspiller un tel potentiel. De nombreuses études doivent être encore faites pour trouver la bonne dose, la bonne occasion pour la bonne maladie.» Mais pas pour la bonne rigolade… (Le Matin)

Cannabis : « N’essayez pas ! », plaide le Premier ministre néerlandais en visite au Canada

Sur le cannabis, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte est catégorique : « N’en fumez pas du tout ! », a-t-il lancé jeudi en visite au Canada, une semaine après sa légalisation dans ce pays.

En Europe, les Pays-Bas, sont vus comme l’eldorado du cannabis. Sa possession, sa consommation et sa vente au détail de moins de cinq grammes dans des « coffee shops » sont tolérées depuis 1976. Pourtant, appelé à commenter la légalisation de cette drogue douce au Canada, depuis le 17 octobre, Mark Rutte a raconté l’histoire d’un proche dont la sur-consommation de cannabis a eu de graves conséquences sur sa santé mentale. « La marijuana d’aujourd’hui est bien plus forte (qu’avant) et est mauvaise pour la santé, surtout des jeunes », a-t-il observé.

« N’essayez pas du tout ! »

« La meilleure politique qu’on puisse s’imposer à soi-même sur la drogue est d‘éviter la première fois. Cela peut sembler conservateur, mais je vous le conseille : n’essayez pas du tout ! », a lancé le Premier ministre néerlandais aux lycéens canadiens devant lesquels il s’exprimait aux côtés de son homologue Justin Trudeau.

« Et si vous essayez, faites en sorte au moins de ne pas passer de ça (le cannabis) à d’autres drogues »« très dures » comme la cocaïne ou l’héroïne.

Par rapport au Canada, « nous avons une approche différente qui n’est pas tout à fait un succès », a reconnu le Premier ministre néerlandais, indiquant que son gouvernement étudiait une réforme en la matière.

L’expérience canadienne « intéresse beaucoup dans le monde », a reconnu M. Trudeau, car « nous cherchons tous la même chose : mieux protéger nos enfants, mieux protéger nos communautés, mieux protéger la santé publique et la sécurité ».

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G-ADDICTION tire la sonnette d’alarme

G-ADDICTION : l’association qui mobilise la jeunesse citoyenne,

Quentin Matton, président de G-Addiction, dénonce publiquement une situation qu’il n’hésite ps à déclarer : une bombe à retardement !

Le scénario

Les festivals de l’été ont été un moment incontournable pour la jeunesse azuréenne et les touristes de passage. Ils ont été des centaines de milliers à participer cet été à ces événements festifs. Alcool, drogues, médicaments détournés de leur utilisation initiale, agressions sexuelles, bagarres à répétition et violences.
Ce que nous avons pu constater sur le terrain, est catastrophique.

Les faits 

Quatre mois durant, nous avons fait la tournée des festivals, soirées, plages, bars et établissements de nuit et le constat est sans appel : les collectivités n’ont pas pris la mesure des dangers auxquels la jeunesse
est exposée. Nous sommes sidérés par le nombre de jeunes festivaliers évacués sur des brancards, par le nombre de jeunes femmes complètement ivres et droguées, à la merci de prédateurs, ainsi que par le manque de vigilance de certains organisateurs et gérants d’établissements. La consommation préoccupante et généralisée de produits psychoactifs n’a pas pu leur échapper.
Arrêtons de se voiler la face ! Il faut servir toujours plus, y compris à des clients qui arrivent au bar déjà ultra alcoolisés. Nos intervenants se sont vu proposé des dizaines de fois des drogues dures qui circulent parfois à la vue de tous.
Nous avons fait le maximum avec les moyens que le Préfet des Alpes-Maritimes nous accorde.

Les pouvoirs publics

L’État a pleinement conscience du problème mais ne peut pas seul juguler un phénomène préoccupant qui dépasse les pires scénarios et évaluations des besoins. Nous regrettons que cette préoccupation ne soit pas également partagée par les municipalités et organisateurs qui devraient pourtant s’en préoccuper.

L’analyse

Parce que nous ne voulons pas rester les bras croisés, nous écrivons ce jour aux maires et organisateurs de ces manifestations estivales afin qu’il prennent toute leur part dans les dispositifs de prévention, aujourd’hui en dessous des besoins réels. Ça n’est qu’une question de temps avant qu’un drame ne se produise à l’intérieur ou à la sortie de l’un de ces événements. Ne pas prendre conscience du problème c’est laisser la jeunesse à son triste sort, à la merci des dealers, des agresseurs et des alcooliers qui veulent vendre toujours plus.

La réaction

Nous ne voulons pas que ces événements festifs ferment mais l’argent qu’ils génèrent ne doit pas primer sur la santé publique de toute une génération.

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Eléments clés de la politique encadrant l’usage du cannabis à l’université Laval du Québec

Des dispositions bien permissives – Pr Jean-Pierre Goullé

Les éléments clés sont ainsi définis :

– la politique encadrant l’usage du cannabis à l’Université Laval s’applique à tous les membres de la communauté universitaire (personnel et étudiants), ainsi qu’à toute personne présente sur le site ;

– l’usage du cannabis est interdit, quelle que soit sa forme (fumée, vapotée ou ingérée) et passible d’amende. Cependant, la consommation de cannabis par les étudiants, sera tolérée lors d’activités sociales tenues après les heures d’enseignement, excluant toutefois la forme fumée ;

– il est interdit à tout membre du personnel d’exercer ses fonctions avec des facultés amoindries ;

– la loi québécoise interdit à quiconque de cultiver, produire, ou transformer du cannabis à des fins personnelles ou commerciales ;

– tout individu majeur peut posséder du cannabis dans le respect des contraintes imposées par la loi canadienne :

  • dans tout lieu public, la quantité totale maximale autorisée est de 30 g ;
  • dans les autres lieux, elle ne peut excéder 150 g ;
  • dans les centres pour enfants ou dans les haltes-garderies exploitées dans un site universitaire, toute possession est interdite ;

– trois groupes de personnes peuvent être autorisés à consommer du cannabis à l’Université Laval, ce sont les étudiants, le personnel et des chercheurs.

Pour les premiers, une autorisation d’usage à des fins médicales est requise mais elle exclut la fumée puisque celle-ci est interdite dans l’enceinte universitaire.

Pour les chercheurs, une dispense est nécessaire afin de se faire livrer, cultiver, produire, transformer et consommer du cannabis à des fins de recherche ;

– les sanctions infligées en cas de non-respect de la présente politique tiennent compte notamment de la nature, de la gravité et du caractère répétitif du manquement reproché. Elles sont appliquées, selon le cas :

  • pour le personnel de l’Université, conformément aux conventions collectives ou autres textes en vigueur établissant les conditions de travail ;
  • pour les étudiants, au règlement disciplinaire de l’Université Laval ;
  • pour les tiers, à la procédure en vigueur à l’Université, incluant la possibilité d’exclusion.

Canada : ma cabane au cannabis

Promesse électorale tenue : « élection, piège à chichon »

Ça y est, au Canada, l’irréparable vient d’être commis. Ce 15 octobre 2018, le Premier sinistre, Justin Trudeau, légalise à des fins récréatives le cannabis, qui était interdit depuis 1923. Vingt ans auparavant (préalable obligé), d’autres avaient entrouvert la porte en déguisant le cannabis en médicament. Le Canada est ainsi le premier État du G20 à avoir succombé. Promesse électorale tenue : « élection, piège à chichon ».

Le Canada n’était pourtant pas, dans le monde, le plus gros consommateur de cannabis. Il était très en deçà de la France qui, à cet égard, est l’échappée du critérium européen. La consommation devrait bien vite y exploser, à l’image des files qui se forment devant les magasins aux premiers jours de cette légalisation. Des initiatives isolées se font jour pour tenter de calmer le jeu dans les universités, la police, l’armée, les transports… Quand la loi s’effondre, des règlements intérieurs essaient d’y suppléer, avec une légitimité qui sera bien vite contestée.….

Cette légalisation a fait feu de tous les poncifs dont nous sommes abreuvés depuis vingt ans : meilleur contrôle du produit, de sa qualité, de sa teneur en tétrahydrocannabinol (THC), disparition du trafic ; mise au jour d’une économie souterraine que le fisc va pouvoir ponctionner ; figures sémantiques imposées auxquelles ne croient même plus ceux qui les déversent, tels des psittacidés.

C’est d’une main tremblante que le politique devrait légiférer quand ses décisions confinent à l’irréversible. On ne met pas de nom sur la personnalité qui aurait légalisé le tabac et devrait assumer ses 79.000 morts annuels en France. On ne met pas de nom sur tel autre qui a légalisé l’alcool, et qui devrait rendre compte de ses 49.000 morts. Cela ne s’est pas passé comme ça ; on ne sait plus qui a fait quoi et à combien ils s’y sont mis.

Pour le cannabis le paysage est tout autre. Le législateur modèle 2018, au Canada ou ailleurs, ne peut ignorer le pouvoir d’accrochage de cette drogue (20 % de ceux qui l’on essayé en deviennent dépendants) ; il ne peut méconnaître les principales manifestations de sa toxicité physique (supérieure à celle du tabac) ; il connaît forcément un certain nombre de ses méfaits psychiques : perturbations des capacités éducatives, effets désinhibiteurs avec prise de risque ou agressivité, perturbation de la conduite des véhicules à moteur et de diverses activités professionnelles, troubles de la maturation cérébrale pouvant déboucher sur la schizophrénie (communément « la folie ») selon une relation désormais irréfragable, induction d’anxiété, de dépression, de démotivation, incitation au passage à d’autres drogues quand l’intensité des effets du cannabis s’atténue, par le jeu d’une tolérance.

Tout comme la truffe qui rend fous les cochons, le cannabis fait entrer en rut : les alcooliers (Pernod-Ricard pense l’associer à ses whiskies), des chocolatiers, des confiseurs, des producteurs de tisanes, tous sont prêts à en mettre partout, même dans le sirop d’érable…

Que les concurrents commerciaux du Canada se réjouissent : s’ils savent résister eux-mêmes aux sirènes du cannabis, ils l’emporteront sur ceux que Trudeau chausse des semelles de plomb du cannabis.

Cette législation fera davantage de victimes que le tabac ; elle exacerbera les effets de l’alcool ; elle conduira à la légalisation d’autres drogues. Mais, au fait, Monsieur Trudeau, à partir de combien de victimes s’expose-t-on à l’accusation de crime contre l’humanité ?

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