Amendes pour usage de drogue :

près de 6 000 PV ont été dressés en un mois en France

Les gendarmes et les policiers sanctionnent chaque plus de 200 usagers de cannabis sur la voie publique, dont une grosse part en région parisienne

Un plant de cannabis, en Catalogne, le 24 septembre 2020.
Un plant de cannabis, en Catalogne, le 24 septembre 2020. (JOSEP LAGO / AFP)

Près de 6 000 amendes pour usage de stupéfiants ont été dressées en France depuis sa généralisation par le gouvernement début septembre, a appris franceinfo auprès du ministère de l’Intérieur, confirmant une information du Figaro. En un mois, près de 6.000 procès-verbaux électroniques ont été adressés à des usagers de cannabis, après qu’ils aient été surpris dans la rue par les forces de l’ordre.

Chaque jour, les gendarmes et les policiers sanctionnent plus de 200 usagers de cannabis sur la voie publique, dont une grosse part en région parisienne. Le ministère de l’Intérieur estime que ce sont « des débuts encourageants » même si le bilan peut sembler modeste et ne dessine pas encore une politique, rapporté aux grands bassins de population et aux grandes villes où le ministère veut mettre la pression sur les consommateurs.

60% en Seine Saint-Denis

C’est dans la région Île-de-France où le plus de PV ont été dressés. Près de 1 000 dont 60% en Seine Saint-Denis. Un chiffre qui illustre à lui seul, que les instructions et les priorités données aux forces de l’ordre varient d’un territoire à l’autre. Les gendarmes et les policiers ont peut-être plus de pression et de demandes de résultats dans les quartiers sensibles que dans les quartiers moins populaires où l’usage de stupéfiants est pourtant le même.

La politique du chiffre dessine aussi la carte de ces nouveaux PV anti-stups qui génèrent, on le rappelle, de l’argent pour l’État. 150 euros à 250 euros par contravention, ce qui n’est pas négligeable.

Obésité : l’alcool, un danger même en petites quantités

L’alcool s’avère addictif et dangereux lorsqu’il est consommé pendant plusieurs années en excès. Mais pas besoin d’en abuser pour s’exposer au danger.

Pour le prouver, des chercheurs coréens n’ont pas fait les choses à moitié. L’équipe du Dr Hye Jung Shin a en effet analysé les données médicales de 26 millions d’adultes (14 millions d’hommes et 12 millions de femmes), entre 2015 et 2016.

Résultat, boire la moitié d’une dose standard d’alcool par jour (un demi-verre de vin ou de bière par exemple) expose les consommateurs :

  • A l’obésité;
  • Au syndrome métabolique, caractérisé par un ensemble de troubles : surpoids, obésité, taux anomal du glucose sanguin ou du taux de graisses dans le sang, hypertension artérielle. S’ils ne sont pas contrôlés, tous ces facteurs de risque induisent une surexposition aux maladies cardiovasculaires, aux infarctus du myocarde et aux accidents vasculaires cérébraux. 

Dans le détail, comparés aux abstinents, les hommes consommant en moyenne la moitié d’une dose par jour avaient 10% de sur-risque de souffrir d’obésité et du syndrome métabolique. A deux verres par jour, cette donnée passe à 22% pour l’obésité et à 25% pour le syndrome métabolique. Et 34% et 42% chez les hommes buvant plus de deux verres par jour.

Chez les femmes, plus d’une demi-dose par jour expose à un sur-risque d’obésité de 9%. A partir de deux verres d’alcool par jour, les volontaires présentaient respectivement 22% et 18% de sur-risque souffrir d’obésité et du syndrome métabolique.

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Cannabis. « On ne va pas légaliser cette m… », lance Gérald Darmanin

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a estimé, ce lundi 14 septembre, que le maire (LR) de Reims Arnaud Robinet « se trompe profondément » lorsque il se prononce pour l’expérimentation de la légalisation du cannabis, une substance qu’il qualifie de « m… ».

Gérald Darmanin lors d’un discours à Paris, le 31 août 2020.
Gérald Darmanin lors d’un discours à Paris, le 31 août 2020. | STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Gérald Darmanin ne veut pas entendre parle de la légalisation du cannabis. Il a redit à deux médias différents, ce lundi matin. Sur LCI d’abord, où il s’est dit « absolument contre »« Pour moi, c’est une lâcheté intellectuelle […] ‘La drogue, c’est de la m…’, disait le spot télé. Eh bien on ne va pas légaliser cette m… », a-t-il lancé en référence à un clip antidrogue diffusée au milieu des années 1980 à la télévision française.

« Avec la légalisation, il y a un petit côté ‘je baisse les bras’»

Le ministre de l’Intérieur a utilisé le même élément de langage dans un entretien accordé au journal local L’Union ,alors que le maire LR de Reims (Marne) s’est prononcé pour l’expérimentation de la légalisation du cannabis« La loi de la République, c’est l’interdiction des drogues. J’ai sur ce point, et malgré mon estime pour lui, un désaccord profond avec Arnaud Robinet. Sur ce sujet, je crois qu’il se trompe profondément. Je ne peux pas, en tant que ministre de l’Intérieur, en tant qu’homme politique dire à des parents qui se battent pour que leurs enfants sortent de l’addiction à la drogue, que l’on va légaliser cette m…. Et je dis bien ‘cette m…’», s’est insurgé le ministre, en visite dans la Marne ce lundi.

« Qu’est-ce que je répondrais aux dizaines de courriers que je reçois par mois de parents qui ont eu des enfants gravement blessés ou tués, parce qu’ils ont pris de la drogue et qu’ils ont conduit après ? » a-t-il fait mine de s’interroger, estimant qu’« avec la légalisation, il y a un petit côté ‘je baisse les bras’»« Ce gouvernement ne baisse pas les bras », a-t-il conclu.

Le maire de Reims réclame un « vrai débat »

Dans une lettre au Premier ministre datée du 8 septembre, Arnaud Robinet avait au contraire demandé un « vrai débat » sur le cannabis pour « étudier les conséquences d’une légalisation de (sa) vente », avec des « expérimentations » locales, notamment à Reims.

« Cette réflexion, dont l’engagement nécessite un certain courage, pourrait déboucher sur la mise en place d’expérimentations territoriales limitées dans le temps », proposait l’édile. « Reims pourrait alors candidater », ajoutait-il dans ce courrier à Jean Castex.

« La France a l’arsenal répressif le plus strict d’Europe et pourtant, c’est le pays qui compte le plus de consommateurs de cannabis : 11 % des Français, trois fois plus qu’il y a 30 ans », avait argumenté auprès de l’Agence France-Presse (AFP) l’ancien député, jugeant indispensable de « sortir de l’idéologie et être pragmatique » sur ce sujet.

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Selon une étude, même des quantités modérées d’alcool sont liées au rétrécissement du cerveau

Une nouvelle étude montre à quel point l’alcool peut être nocif, surtout s’il est consommé en trop grande quantité. Mais qu’en est-il de la consommation modérée d’alcool ? Selon une nouvelle étude tirée de The Conversation et publiée dans Rapports scientifiques

En réalité, même une consommation modérée d’alcool peut être associée à des dommages physiques. Plus précisément, les chercheurs ont découvert un lien entre une consommation modérée d’alcool et une diminution du volume du cerveau.
Les chercheurs ont analysé les effets de l’alcool sur 300 sujets âgés entre 39 et 45 ans.

La majorité des sujets analysés ont déclaré boire à un niveau modéré avec une moyenne inférieure de 14 unités d’alcool par semaine (une unité d’alcool est une unité de mesure utilisée principalement au Royaume-Uni et peut être définie comme 10 millilitres d’alcool pur : la quantité d’unités d’alcool peut donc varier fortement en fonction de la boisson et de la teneur en alcool de celle-ci).

Les chercheurs ont découvert que même à des niveaux aussi modérés de consommation d’alcool, il y avait une réduction de la quantité de tissu cérébral, une diminution qui était ressentie par les scanners cérébraux. Une perte de tissu cérébral peut à son tour être liée à un impact physiologique tel qu’une réduction de la capacité du cerveau à fonctionner, bien que l’étude n’ait pas trouvé de lien direct entre des niveaux modérés de consommation d’alcool et le dysfonctionnement du cerveau.

Selon Tony Rao, médecin et conférencier invité au King’s College de Londres et auteur de l’article paru dans The Conversation), la consommation d’alcool est susceptible d’accélérer le rétrécissement naturel du cerveau qui se produit avec l’âge.

Entre autres choses, Rao lui-même explique que les résultats de cette nouvelle étude confirment en fait ce qui a été montré dans une étude précédente, à savoir que la consommation de 7 à 14 unités d’alcool par semaine peut être liée à une diminution de la taille du cerveau ainsi qu’à de moins bonnes performances en ce qui concerne les tests de compétences cérébrales tels que le rappel de mots mémorisés à la demande.

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Légalisation du cannabis : quels élus y sont favorables ?

Le maire de Reims, Arnaud Robinet, qui est pourtant une figure montante des Républicains, vient d’écrire au Premier ministre pour lui dire qu’il est prêt à tester la légalisation du cannabis récréatif dans sa ville.

Avant lui, beaucoup d’autres élus se sont prononcés en faveur de l’expérimentation. Tour d’horizon.

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  Le cannabis au lycée, le témoignage d’un assistant d’éducation

Un de nos correspondants, François Torres, a été pendant cinq ans, assistant d’éducation  dans différents établissements d’enseignement. Il a rassemblé ses observations sous forme d’un mémoire de master d’encadrement éducatif de l’Université de Poitiers qu’il nous a confié.

Titulaire d’une licence en droit et d’un DU de sciences criminelles, son témoignage est celui d’un homme de terrain qui a su établir des contacts personnels avec des utilisateurs de cannabis.

On découvre comment au collège, on s’initie à la drogue, le parrainage d’un fumeur confirmé, l’entrée dans un groupe qui protège (?), encadre et fournit  la drogue. Fumer à l’intérieur de l’établissement  est  à moindre risque qu’à  l’extérieur. 

 Le cannabis au lycée, le témoignage d’un assistant d’éducation

En première ligne, aux côtés des enseignants,  l’assistant d’éducation  (AE) suit le parcours des collégiens et des lycéens. Sa mission se situe dans le cadre de la vie scolaire, il rend compte de son action au Conseiller principal d’Education (CPE) et au Chef d’établissement.

Son rôle est d’observer, d’écouter, de conseiller et parfois de sanctionner les consommateurs de drogue. L’un d’eux nous a confié la relecture de son rapport après cinq ans de pratique dans plusieurs lycées. Il doit en faire la soutenance dans le cadre d’un master  de l’Institut supérieur du professorat et de l’éducation (INSPE). Son  travail cible «  L’usage évolutif de  la consommation de cannabis chez des lycéens et leurs démotivations scolaires ».

L’observation d’une dépendance au cannabis est basée sur le constat d’un état de manque. Le diagnostic est  simple chez un utilisateur irrégulier, yeux rouges, peau pâle, élocution lente, parfois raisonnements incohérents. Le syndrome de sevrage est alors  identifiable.

Il est beaucoup plus difficile de découvrir le consommateur régulier qui maîtrise ses prises, a développé un état de tolérance et ne présente que des signes discrets, pâleur, parfois amaigrissement. L’AE cite même le cas d’un élève de terminale scientifique qui avait fumé trois joints avant l’entretien (il l’a avoué lors de l’entretien). L’entretien en lui même était spontané et n’a pas fait au préalable l’objet de préparation, la conversation a duré une heure « dans une expression parfaite ».

Le choix du cannabis s’explique parce qu’il est peu cher (moins que l’alcool) et considéré comme moins dangereux. Il est essentiellement fumé sous forme de cigarettes, l’usage préalable du tabac a appris à les rouler et sous forme de pipes à eau, les fameux Bangs dont notre AE a une belle collection, évidemment confisquée (comme l’herbe).

L’apprentissage des prises se fait auprès d’un (ou des) fumeur expérimenté, généralement à deux, entre pair formant un groupe. Plus ils sont nombreux à fumer, plus la conviction de l’intérêt de fumer du cannabis s’impose rapidement.   Les nouveaux rejoignent le groupe.

On n’évite pas  pour autant les effets violents  qui arrivent parfois, réactions agressives, tachycardie, crises de paranoïa, le « bad trip » lorsque  la quantité absorbée et/ou  de la concentration de la drogue sont très élevées mais aussi parce que le groupe pousse à la consommation. Des réactions encore plus graves s’observent, signalées alors par les personnels d’établissement, à type de dépression, de sentiment d’injustice, le monde entier lui en veut alors qu’il n’a fait de mal à personne. Ce type d’accident survient plus souvent  chez les internes, l’AE signale que ceux-ci passent plus de temps au lycée que chez leurs parents.

Les comptes-rendus de conversations de l’AE  avec  les lycéens qui l’acceptent (volontariat) sont éclairantes car elles s’expriment librement dans le cadre de la vie scolaire sans aucune pénalité ni divulgation. Les motifs de prise du cannabis y sont clairement exprimés, soit festifs,  hédoniques, soit « thérapeutiques »  ou de « défonce ». En fait il s’agit d’une identification de la consommation dans un groupe social.

Chez nos jeunes on observe fréquemment soit la défonce, soit le besoin « thérapeutique » (dans ce cas, dès 8 heures du matin).

Précisons le motif « thérapeutique » : soulagement du mal être, combattre l’insomnie, participer au groupe et partager son secret. Mais en fait, dans son entretien l’interlocuteur de l’AE cherche avant tout à faire partager sa conviction par des raisonnements logiques, légitimant son choix et sa transgression juridique et morale.

L’argument le plus fréquent est l’absurdité d’associer à l’interdiction d’acheter et de détenir, la possibilité  de consommer à condition de ne pas être pris. La norme n’est pas claire. Autre avantage, c’est au lycée que le risque est moindre : si l’on se fait prendre, la sanction est faible, de un à trois jours d’exclusion. A l’extérieur, c’est plus cher, une convocation au tribunal, des peines aggravées en cas de récidive. On comprend mieux ce jeu de cache-cache au lycée avec le surveillant à la recherche des stocks (l’approvisionnement fait partie des difficultés) et de la prise sur le fait du toxicomane.

La maîtrise des contrôles sociaux est l’enjeu majeur des lycéens dépendants du cannabis.  Ils veulent à la fois exister en tant qu’être libre de leurs choix et d’une attitude critique vis-à-vis des institutions, tout en ayant la volonté d’être intégré au lycée et à l’évidence d’en sortir par le haut, c’est-à-dire avec le baccalauréat.

La question majeure reste de savoir si l’usage du cannabis est une cause de décrochage scolaire. Le  mémoire rapporte l’audition de 32 élèves en difficulté et  de 5 entretiens : tous et toutes souffrent plus ou moins de leur dépendance. Dans cette étude,  il apparaît clairement que non seulement  le cannabis ne favorise pas l’apprentissage mais qu’il provoque ou aggrave le décrochage. La réponse reste controversée au plan national.

Ce rapport souligne aussi l’importance du rôle de ces éducateurs qui au contact direct de la souffrance, permettent de l’entendre, de l’analyser, de la comprendre et de l’apaiser. Cette mission des responsables de la vie scolaire devrait être mieux connue et encouragée. Elle devrait être précisée  car AE comme CPE ne doivent rien cacher, faire respecter les règles de l’établissement, deux conditions nécessaires pour éviter des divergences de comportement entre enseignants et éducateurs.

Il n’en reste pas moins que l’erreur majeure de ces élèves est de croire que le cannabis peut être une aide, un soutien. Une fois encore, une explication claire des méfaits de cette drogue éviterait qu’on la considère comme un recours.

La prévention des toxicomanies passe par l’école, l’information devrait y être généralisée, obligatoire.

Jean-Paul Tillement et François Torres

 

 

Syndrome d’Alcoolisation Fœtale : 160 nouveau-nés guyanais atteints de troubles causés par l’alcool chaque année

La 4ème édition de la journée mondiale de sensibilisation au Syndrome d’Alcoolisation Fœtale a eu lieu mercredi 9 septembre. En Guyane, 23% des femmes enceintes ont déclaré avoir consommé de l’alcool au moins une fois au cours de leur grossesse, parmi elles 4% ont eu une consommation hebdomadaire.
Chaque année en France, ce sont plus de 15 000 enfants qui naissent avec des handicaps ou des troubles provoqués par la consommation d’alcool de leur mère pendant la grossesse. 
En Guyane, chaque année, ce sont 160 bébés qui viennent au monde avec des malformations physiques ou des troubles neurologiques liés à une consommation d’alcool pendant la grossesse.
Rien qu’un seul verre d’alcool peut engendrer de graves malformations qui sont souvent irréversibles de l’importance de cette journée de d’information et de sensibilisation.

Des lésions irréparables

L’association SAF Guyane (Syndrome d’Alcoolisation Fœtale), organisait une conférence de presse mercredi matin à l’occasion de la 4ème édition de la journée mondiale de sensibilisation au SAF, le Syndrome d’Alcoolisation Fœtale.

 » Cet alcool va rentrer dans le sac dans lequel se trouve l’enfant. Dans ce sac, on a le liquide amniotique dans lequel l’enfant va baigner pendant longtemps, pendant plusieurs heures, pendant plusieurs jours dans cet alcool. Cela va entraîner des lésions irréparables. »

Antoine Defo, neuro-pédiatre

Sur les quelques 8.000 enfants qui viennent au monde chaque année en Guyane, 1% est atteint par la forme la plus sévère du Syndrome d’Alcoolisation Fœtale (le SAF).

Un sujet tabou

Déficit d’information, habitudes culturelles, grossesses précoces ou encore tabous sociaux expliquent le phénomène. Chez nous, 23% des femmes enceintes déclarent avoir consommé au moins un verre pendant la grossesse, parmi elles 4% ont eu une consommation hebdomadaire.

 » La consommation d’alcool, on le sait, est faite par tout à chacun. Il y a peut-être un sujet tabou autour de cette consommation. En particulier chez la femme enceinte. Avec peut-être une pression sociales aussi qui existe et qui empêche peut-être certaines femmes qui ne veulent pas parfois dévoiler leur grossesse, ou parfois de ne pas pouvoir refuser un verre d’alcool alors qu’elles-mêmes peut-être seraient déjà informées des risques encourus quand elles consomment. »

Stéphanie Bernard, sage-femme, coordinatrice Réseau Périnatalité de  la Guyane SAF-GUYANE

Depuis deux ans, un médecin scolaire, dans trois établissements de Cayenne fait du repérage et de l’orientation d’élèves présentant des difficultés d’apprentissage liés au SAF. Trois enfants ont été diagnostiqués !

Syndrome d'Alcoolisation Fœtale : 160 nouveau-nés guyanais atteints de troubles causés par l’alcool chaque année

Stéphanie Bernard, sage-femme, coordinatrice Réseau Périnatalité de  la Guyane SAF-GUYANE  ©Anthony HILAIRE

L’alcoolisation du fœtus, c’est la première cause de retard mental non génétique chez l’enfant. C’est donc un fléau évitable, d’où le « zéro tolérance ».
En France chaque année, ont estime les conséquences du SAF à 20 milliards d’euros, de quoi en faire une grande cause nationale.

Drogues : le gouvernement s’engage dans un long combat

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Toutes les cinq minutes en moyenne, dans les quartiers nord de Marseille (Bouches-du-Rhône), une amende tombe : 200 euros pour chaque personne en possession de drogue, et un PV envoyé au domicile sans passage par leur commissariat. C’est une procédure simplifiée qui permet un gain de temps selon les policiers. « On peut le faire à la proximité des cités, on va verbaliser les acheteurs« , explique le commissaire Patrick Longuet. Car en effet, jusque là les policiers ciblaient en priorité les vendeurs, mais désormais, les consommateurs eux aussi sont visés. L’amende est inscrite au casier judiciaire.

1,5 million d’usagers réguliers de cannabis en France

Sur le plateau du 20 Heures, Anne-Claire Poignard a évoqué les quatre drogues qui sont en particulier dans le viseur des nouvelles législations : le cannabis en tout premier lieu, mais aussi la cocaïne, l’héroïne et les drogues de synthèses, comme l’ecstasy. En France, les personnes détenues pour trafic de stupéfiants représentent environ 18% de la population carcérale, c’est un peu plus de 10 000 individus.

 

L’amende forfaitaire pour la consommation de cannabis est-elle suffisante ?

Par le Professeur Costentin

Des addictologues s’émeuvent de la mise en place, au 1er septembre, de l’amende forfaitaire (de 200 €) qui punira désormais la consommation de cannabis et d’autres drogues.

Réitérons d’abord le regret que cette amende, en solde de tout compte, ne soit pas inscrite sur un fichier informatique consultable extemporanément par celui dressant une telle contravention, lui permettant de graduer son montant en fonction des récidives. Cette amende, plus qu’une « pompe à fric », deviendrait alors un outil de prévention pour limiter l’ampleur du « tsunami cannabique » qui inonde notre nation.

Ces « addictologues » protestataires, à contre-emploi, demandent à nouveau la légalisation du cannabis. Alors qu’ils sont désarmés pour détacher de cette drogue ceux qu’elle a accaparés, leur psittacisme s’exprime : « Légalisation ! Légalisation ! Légalisation ! » En sautant comme des cabris. Ils ne peuvent pourtant ignorer qu’elle accroîtrait le nombre de ses victimes ; devenant ainsi leurs propres victimes.

Leur responsabilité est aggravée par leur herméticité aux informations scientifiques inquiétantes qui s’accumulent sur ce cannabis ; ou bien ces informations ne les intéressent pas, ou bien ils n’en saisissent pas la portée. Les meilleures revues scientifiques mondiales leur apprendraient :

– Que l’incidence élevée des toxicomanies chez les adolescents dont les parents étaient consommateurs de cannabis ne résulte pas seulement de carences éducatives mais aussi d’effets épigénétiques (modification de l’expression de certains gènes). Les individus en âge de procréer qui exposent leurs gamètes au THC du cannabis font hériter l’enfant issu de leur union d’une sous-expression des récepteurs dopaminergiques D2 dans le noyau accumbens cérébral (récepteurs dont dépend la perception du plaisir). À l’adolescence, leur enfant éprouve des perturbations hédoniques qui les fait s’adresser à n’importe quelle drogue pour intensifier la libération de dopamine et pallier ainsi la raréfaction des récepteurs D2. Il en va de même si le cannabis est consommé par la femme enceinte (cf. les différentes publications du groupe de Y. Hurd aux USA).

– Que l’administration de cannabis à l’homme ou au rat modifie la méthylation des cytosines de l’ADN de leurs spermatozoïdes ; affectant le gène codant une protéine (DLGAP2) impliquée dans la communication entre les neurones. À sa modification sont associés des troubles du spectre de l’autisme ainsi que la schizophrénie (Schrott R. et coll., Epigenetics 2020, 15, 161-173).

– Que le substrat biologique du comportement asocial induit par la consommation de cannabis vient d’être reliée à une perturbation du métabolisme cérébral du glucose, réduisant la production d’énergie des neurones (Marsicano et al. 2020, dans la prestigieuse revue Nature).

– Que le cannabis conduit à l’escalade vers d’autres drogues, comme le montre l’épidémiologie ; les polytoxicomanies tendant à devenir la règle. Des bases neurobiologiques avaient déjà documenté l’appétence aux morphiniques (mécanisme épigénétique). Elles viennent de l’être pour la cocaïne (Sherma M. et al. Proceedings de l’Académie nationale des sciences des USA (PNAS) 2020, 117, 9991-10002). L’exposition à un cannabinoïde, préalablement à celle à la cocaïne, modifie les réponses épigénétiques et moléculaires à cette dernière ; la réceptivité à la cocaïne diffère alors notablement de ce qu’elle est chez les non-exposés aux cannabinoïdes.

En apostille, pour fermer le bec de ces « addictologues », pères OK de la légalisation, bloqués au stade cannombilical d’un chichon modèle 1968 : au Colorado, qui a légalisé le cannabis, les effets tératogènes (anomalies présentées par des fœtus et des bébés) ont explosé avec l’accroissement du nombre de femmes enceintes qui en consomment (Reece et Hulse, Clinical Pediatrics 2019, 58, 1085-1123).

Pour traiter leur psittacisme, ces « addictologues » égarés devraient prendre le temps de lire et d’essayer de comprendre une littérature dense, cohérente et d’un grand sérieux scientifique. Ils deviendraient honteux d’avoir proféré tant de sottises et, eu égard à la fonction qui devrait être la leur, d’avoir confondu cette prévention qu’ils négligent avec l’incitation qu’ils professent.

ALCOOL : L’app qui vous alerte en cas de zigzag

Ce développement est basé sur une signature motrice des déficiences fonctionnelles liées à l’excès d’alcool (Visuel AdobeStock_206499287)

Votre smartphone peut vous alerter en cas d’abus d’alcool, simplement en analysant votre marche. Cette application développée par une équipe des Universités de Pittsburg et de Stanford peut ainsi permettre par l’analyse des changements dans la façon de marcher, d’alerter le sujet ou le médecin qui suit un patient, sur une intoxication ou un excès d’alcool. Ce développement basé sur une signature motrice des déficiences fonctionnelles liées à l’excès d’alcool vient d’être documenté dans le Journal of Studies on Alcohol and Drugs.

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