Un vote sur la future « salle de shoot » à Paris rassemble une majorité d’opposants (Le Monde)

La votation populaire sur la salle de consommation de drogue qui devrait s’implanter autour de la gare du Nord, organisée à l’initiative d’un élu UMP, a attiré dimanche 14 avril de nombreux Parisiens venus pour la plupart dire leur refus du projet.

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Le gouvernement a donné début février son feu vert pour expérimenter une salle de consommation de drogue dans ce quartier. Destinée aux toxicomanes de rue précarisés, elle doit leur permettre de consommer leurs drogues dans de bonnes conditions d’hygiène, sous supervision de personnels de santé, et de réduire les troubles à l’ordre public. Le lieu d’implantation n’a pas encore été décidé.

Au total, 296 personnes ont voté dans le petit café « Rapide du Nord », non loin de la gare, où était installée une urne. Une majorité d’entre elles (280 voix) se sont exprimées contre le projet, 16 seulement ont voté pour. « C’est un grand succès », a estimé le conseiller d’arrondissement Serge Federbusch (UMP), opposant au projet et qui organisait ce vote.

« ON A DÉJÀ LES ROMS ET LES CLOCHARDS »

Les habitants du quartier, mais aussi de tout Paris, s’étaient pressés dès l’ouverture. A la question: « Etes-vous favorable à l’ouverture d’une salle de shoot dans le quartier de la gare du Nord ? », la majorité des votants, dont certains étaient militants ou sympathisants UMP, ont exprimé ouvertement leur hostilité devant la presse. Pour Hélène, mère de famille de 27 ans récemment installée dans le quartier, la salle « va dépénaliser la consommation de drogue et attirer une population dangereuse de drogués », alors que les toxicomanes sont installés depuis longtemps près de la gare du Nord.

« Ca va créer une insécurité supplémentaire », renchérit Etienne, venu avec sa femme. « On a déjà les Roms, les clochards, et les drogués qui viennentchercher leur méthadone. » « Aujourd’hui, les dealers se cachent. Avec une telle salle, ils seront protégés par une zone de non-droit », semble savoir de son côté Jean-Claude, retraité, qui tient le registre des votants. C’est l’argument de Serge Federbusch: « Pour qu’une telle salle fonctionne, il faut que les toxicomanes n’aient pas peur de venir, donc il ne faut pas de policiers. Le problème c’est qu’on veut installer cette salle dans un quartier déjà touché par de nombreux trafics, qui nécessite une présence policière », dit-il.

Le maire PS du Xe arrondissement, Remy Féraud, porteur du projet, a au contraire assuré qu’un renforcement des effectifs de police autour de la gare avait été demandé avec l’ouverture de la salle. Mais pour Philippe, riverain, les toxicomanes, « c’est un problème de santé publique, ça doit se régler à l’hôpital – il y en a deux dans le quartier – et pas dans une ’boutique' ». SOURCE

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