Education : Addiction des jeunes : une réalité de plus en plus précoce

Tabac, alcool, cannabis, cocaïne, amphétamines…

Le Languedoc-Roussillon figure parmi les huit régions les plus concernées par les problèmes d’addiction.Les chiffres sont alarmants : à 17 ans, deux jeunes sur trois du Languedoc-Roussillon ont déjà expérimenté l’ivresse alcoolique, un jeune sur trois est un fumeur quotidien tandis que la moitié d’entre eux déclare avoir expérimenté le cannabis. « Les âges d’entrée dans la dépendance sont de plus en plus précoces », souligne Suzanne Guglielmi, responsable de pôle prévention et promotion de la santé à l’Agence Régional de Santé du Languedoc-Roussillon. « La région se situe bien au-dessus de la moyenne nationale ».

Et les indicateurs sont alarmants. Le Languedoc-Roussillon fait partie des cinq premières régions où les pratiques de consommations de drogues sont les plus fortes, avec leur lot de co-morbidités (VIH, hépatites…) et leur impact sur des populations très vulnérables (détenus, femmes, enfants). De son côté, la consommation élevée du tabac, notamment chez les jeunes femmes, devrait entraîner « une épidémie » attendue de cancer du poumon.

Tandis que l’alcool est l’une des causes de la mortalité prématurée régionale ainsi que de prématurité et de morbidité périnatale et infantile. La toxicité liée aux spiritueux chez la jeune femme enceinte serait responsable de 10 à 20 % des enfants et jeunes accueillis en établissements spécialisés dans les troubles comportementaux. Comment endiguer un phénomène qui se conjugue rapidement avec la précarité psychologique et sociale ? « Il faut aller au devant, avoue Suzanne Guglielmi. Il faut être capable d’intervenir plus tôt, partout sur les lieux où l’on consomme ».

Depuis 2005, date de la création des « Consultations Jeunes Consommateurs », les mineurs souffrant de troubles addictifs sont accompagnés par des professionnels de la santé et de l’éducation (lire ci-contre). « Certains sont dans une réelle dépendance. D’autres veulent juste faire un point, parler de leur consommation et justement ne pas tomber dans la dépendance. On peut les voir une fois, deux fois ou plus. On a aussi des parents qui sont là pour avoir des renseignements », explique Suzanne Gugliemi. Si les rappels à la loi existent, « il faut aussi montrer que nous sommes là pour les aider », souligne-t-elle. Pour enfin, stopper la courbe de ces chiffres alarmants.

Les jeunes rencontrent de plus en plus tôt l’alcool et le tabac. SOURCE

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