L’histoire commence par la comparaison du pouvoir attractif de biscuits très populaires aux USA (Oréo) à de simples gâteaux de riz proposés au libre choix de rats. Ils préfèrent les premiers, crémeux et sucrés. Dans une autre expérience, on propose à d’autres rats le choix entre deux solutions, l’une de cocaïne, l’autre d’eau salée. Ils préfèrent la première.
Il n’en fallait pas plus avancer que ces malheureux biscuits étaient aussi addictifs, voire plus que la cocaïne.
Expérimentations probablement correctes, conclusions totalement fausses (les conclusions des auteurs sont nettement plus prudentes que l’utilisation faite de leur travail)
C’est le moment de rappeler la différence majeure entre gourmandise et addiction. Tout aliment qui procure un plaisir, qui suscite la gourmandise, n’est pas, on s’en serait douté, toxicomanogène, suspect d’être addictif. Il est même recommandé d’en profiter avec modération.
On voit bien le double danger de ce genre d’interprétation de résultats expérimentaux, extrapolés en « découvertes sensationnelles ».
Ou bien on banalise l’addiction car on mange tous les jours et de préférence ce que l’on aime et alors nous sommes tous des toxicomanes. Ou bien, on en fait une maladie et on exonère alors le malade de toute responsabilité en cas d’addiction.
Cet amalgame ne résiste pas à l’analyse. La dépendance qui caractérise la toxicomanie est une maladie grave, le syndrome de sevrage alcoolique est mortel sans traitement. Lorsque l’on ferme un tripot, le joueur invétéré est irascible, malheureux, etc…mais il n’en meurt pas.
Réservons donc le mot addiction aux seules toxicomanies.
Je ne résiste pas au plaisir (sans addiction !) de proposer aux lecteurs les excellents articles de Aurélie Haroche et Michel Lejoyeux, ci-dessous.
Jean-Paul Tillement
Addict aux titres chocs : attention danger !
Mise à jour le 25/10 à 18:28
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Paris, le samedi 26 octobre – L’information paraissait si appétissante qu’il semblait difficile de résister à la tentation de la reproduire à notre tour. Mais sous quelle forme ? En relevant son caractère insolite ? En proposant à nos lecteurs une question toute trouvée telle que : « Quel est le biscuit qui rend aussi accroc que la cocaïne ? » Derrière ce tâtonnement, notre réflexion était un peu troublée. Bien que nous soyons les premiers défenseurs de la nature ontologiquement provocatrice des titres, nous savions bien qu’il était plus que trompeur d’affirmer que les centenaires et très célèbres petits gâteaux baptisés Oreo sont aussi addictifs que la cocaïne comme l’a tonné une partie de la presse. Certes l’expérience menée par Jamie Honohan, jeune diplômée en neurosciences de l’université du Connecticut démontre la force d’attraction de ceux que l’on appelle parfois les « whoopies » mais il est certain que l’étude aurait pu être menée avec n’importe quel petit biscuit à la crème et qu’il n’est rien dans les Oreo qui puissent les faire comparer à une véritable drogue.
Oreo et cocaïne : même combat ?
Ses travaux ont en effet Continuer à lire « Plaisir et gourmandise ne font pas une addiction, un canular révélateur »