Les émotions trop fortes, violentes, peuvent être à l’origine d’un processus d’addiction chez la personne qui y est sujette.
Apprenez à détecter les signaux qui disent « danger ! », grâce à ce troisième volet de notre série consacrée à la gestion des émotions.
Atlantico : Qu’est-ce qui fait qu’une personne deviendra « addict » (drogue, cigarette, aliments, sport, etc.) et qu’une autre ne développera pas de tendance addictive?
Sylvie Protassieff : Pour qu’une addiction se développe chez une personne, il faut la conjonction de trois facteurs : un produit, un milieu, une personnalité. Il faut entendre le terme « produit » au sens large, on y trouve bien sûr l’alcool, le tabac, tous les psychotropes, (ce qu’on appelle dans la langue courante les drogues et tous les produits utilisés comme tels, colles, etc.), mais aussi les médicaments. Le milieu agit comme un facteur d’entraînement et parfois même de justification pour l’usage du produit.
Pour un adolescent par exemple, s’il est physiquement fragile et s’il se trouve dans un milieu qui va le mettre en présence de telle ou telle substance, ces facteurs vont l’encourager à la consommation. Ils peuvent également devenir un code de reconnaissance entre plusieurs jeunes. Un adulte seul, peut trouver une satisfaction en jouant au poker. De plus, se retrouver en groupe avec d’autres joueurs va entraîner une tendance à adopter des comportements. Utiliser des substances, adopter un comportement est généralement encouragé par le groupe. C’est ce que l’on constate aussi la plupart du temps à propos de la cigarette. La personnalité présente en général des carences de l’axe narcissique. Autrement dit, pour avoir un axe objectal, c’est-à-dire être capable de parler, d’échanger avec les autres, il faut déjà avoir une bonne assise intérieure personnelle. C’est ce qu’on appelle le narcissisme (dans le sens positif du terme). Les carences dans l’appréciation de soi se trouvent souvent dans le sentiment de ne pas avoir été aimé, de ne pas être l’enfant choisi par ses parents ou de ne pas être celui que ces derniers attendaient. C’est alors un vécu qui peu être le lit d’une addiction ultérieure, qui viendra palier un manque. Le problème de l’appréciation de soi est aussi fréquent chez beaucoup de personnes non « addicts ».
Quelle différence peut-on établir entre l’addiction à une substance et l’addiction à un comportement ? Qu’est ce qu’on appelle une addiction comportementale ? Peut-on vraiment qualifier « d’addiction » un comportement dans lequel aucune substance n’intervient ?
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