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Date

7 janvier 2015

Comment apprendre à gérer ses émotions sans en passer par une addiction

Les émotions trop fortes, violentes, peuvent être à l’origine d’un processus d’addiction chez la personne qui y est sujette.

Apprenez à détecter les signaux qui disent « danger ! », grâce à ce troisième volet de notre série consacrée à la gestion des émotions.

Atlantico : Qu’est-ce qui fait qu’une personne deviendra « addict » (drogue, cigarette, aliments, sport, etc.) et qu’une autre ne développera pas de tendance addictive?

Sylvie Protassieff : Pour qu’une addiction se développe chez une personne, il faut la conjonction de trois facteurs : un produit, un milieu, une personnalité. Il faut entendre le terme « produit » au sens large, on y trouve bien sûr l’alcool, le tabac, tous les psychotropes, (ce qu’on appelle dans la langue courante les drogues et tous les produits utilisés comme tels, colles, etc.), mais aussi les médicaments. Le milieu agit comme un facteur d’entraînement et parfois même de justification pour l’usage du produit.

Pour un adolescent par exemple, s’il est physiquement fragile et s’il se trouve dans un milieu qui va le mettre en présence de telle ou telle substance, ces facteurs vont l’encourager à la consommation. Ils peuvent également devenir un code de reconnaissance entre plusieurs jeunes. Un adulte seul, peut trouver une satisfaction en jouant au poker. De plus, se retrouver en groupe avec d’autres joueurs va entraîner une tendance à adopter des comportements. Utiliser des substances, adopter un comportement est généralement encouragé par le groupe. C’est ce que l’on constate aussi la plupart du temps à propos de la cigarette. La personnalité présente en général des carences de l’axe narcissique. Autrement dit, pour avoir un axe objectal, c’est-à-dire être capable de parler, d’échanger avec les autres, il faut déjà avoir une bonne assise intérieure personnelle. C’est ce qu’on appelle le narcissisme (dans le sens positif du terme). Les carences dans l’appréciation de soi se trouvent souvent dans le sentiment de ne pas avoir été aimé, de ne pas être l’enfant choisi par ses parents ou de ne pas être celui que ces derniers attendaient. C’est alors un vécu qui peu être le lit d’une addiction ultérieure, qui viendra palier un manque. Le problème de l’appréciation de soi est aussi fréquent chez beaucoup de personnes non « addicts ».

Quelle différence peut-on établir entre l’addiction à une substance et l’addiction à un comportement ? Qu’est ce qu’on appelle une addiction comportementale ? Peut-on vraiment qualifier « d’addiction » un comportement dans lequel aucune substance n’intervient ?

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L’utilisation de la E-Cigarettes explose chez les plus jeunes

Source : Teen prescription opioid abuse, cigarette, and alcohol use trends down

National Institute on Drug Abuse (NIDA), December 16, 2014

Présentée comme un outil d’arrêt du tabac par ses producteurs et comme une nouvelle incitation à fumer et à contourner les lois anti-tabac par ses détracteurs, la e-cigarette poursuit sa conquête du monde. Alors que l’Australie a définitivement interdit la e-cigarette et que l’OMS en réclame une restriction plus forte, une étude menée aux Etats-Unis montre que la e-cigarette est dorénavant le moyen le plus utilisé par les plus jeunes pour fumer, devenant ainsi la première technique d’initiation au tabagisme.

Cette situation nouvelle, inédite mais logique après les investissements publicitaires massifs des industriels de la e-cigarette, met également en lumière l’incapacité voire l’abandon des instances de santé publiques face à un outil dont les dangers restent ignorés de leurs utilisateurs. Il faut bannir la e-cigarette avant qu’il ne soit trop tard.

L’étude menée aux Etats-Unis  par l’Institut National des abus de drogues (NIDA) a mesuré chez des adolescents du collège au lycée, l’utilisation d’alcools, de drogues, tabac et e-cigarettes, dont de précédentes études avaient retrouvé une augmentation exponentielle d’utilisation parmi les plus jeunes, cible marketing privilégiée des fabricants. 41 000 jeunes ont répondu à un questionnaire.

L’étude retrouve que les plus jeunes fument dorénavant plus de e-cigarettes que de tabac, banalisant dangereusement le fait de fumer selon les experts.  17% des 17-18  déclarent avoir utiliser une e-cigarette dans les mois précédents ainsi que 13.6% reconnaissaient avoir fumer des cigarettes. Parmi les 15-16 ans, les résultats montrent une utilisation respectivement à 16% et 7% et parmi les 12-14 de 8.7% et 4%. Si la consommation de e-cigarette explose en comparaison aux études réalisées en 2013, l’usage de toutes les autres drogues, cigarettes, médicaments  opiacés, MDMA, K2/spice (MJ synthétique) et alcool, sont eux en décroissance chez les moins de 18 ans.

A l’heure où les Etats-Unis, à la différence de la France, a réussi à faire passer le nombre de fumeurs en dessous de la barre des 18% de la population (36% en France), la e-cigarette pose un problème terrible de santé publique. Certes, il reste probable que fumer une e-cigarette est moins toxique que de fumer du vrai tabac, mais toujours beaucoup plus que de ne rien fumer ;  Or cette étude montre un engouement et une utilisation de plus en plus fréquente de la e-cigarette chez des jeunes non-fumeurs. Ces e-cigarettes peuvent contenir de la nicotine, substance addictive déjà rencontrée dans la cigarette, mais aussi en fonction des fabriquant, contenir des éléments nocifs, cancérigènes ou autres.

Cette année, nous sommes très inquiets du niveau d’utilisation des e-cigarettes chez les adolescents“ expliquait Lloyd D. Johnston, médecin et principal auteur de cette étude “Ce serait une tragédie si ce produit détruisait les grand progrès obtenus dans la lutte contre le tabagisme des plus jeunes”.

Par ailleurs dans les Etats ayant normalisé la vente du cannabis, l’étude retrouve un taux d’utilisation de cette drogue chez 40% des 17-18 ans, souvent mixée avec de la nourriture, alors que ce taux d’utilisation n’est que de 26% dans les Etats n’ayant pas libéralisé la vente de medical marijuana, un argumenta allant contre ceux plaidant pour sa libéralisation, comme le plaidait encore récemment le quotidien Le Monde, sous prétexte que l’interdiction favorise la consommation. C’est le contraire.

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