Cannabis de synthèse : des lycéens d’Annecy racontent

Un produit chimique encore méconnu, vaporisé sur de  l’herbe hachée… c’est ce qui a conduit une dizaine d’ados et de jeunes adultes à l’hôpital d’Annecy ces derniers jours. Le fournisseur a été interpellé. Les lycéens qui en ont consommé invitent à la plus grande prudence.

Hypotension sévère, vomissements, problèmes cardiaques… les symptômes ne trompent pas. Le cannabis synthétique a rendu malade une dizaine de jeunes annéciens la semaine dernière. Le produit est fabriqué de toute pièce, n’a rien à voir avec le cannabis naturel, si ce n’est l’aspect. Mais l’odeur n’est clairement pas la même ! Un indice pour éviter de se faire avoir.

Ariane Combes et Dominique Bourget ont rencontré quelques lycéens annéciens qui ont goûté au faux-cannabis. Leur avis est sans appel.

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Le cannabis de synthèse

 

Je croyais que mon coeur allait lâcher… j’ai vraiment eu peur de pas m’en sortir… »

Les produits chimiques utilisés ne sont pas considérés comme stupéfiants, en tout cas pas pour l’instant. C’est toute la perversité de la situation. Ce faux-cannabis est donc« potentiellement licite » comme l’explique le Procureur d’Annecy Eric Maillaud. « Ce produit n’est pas encore interdit puisqu’il n’est pas classifié ». 

Une jeune fille de 15 ans a été interpellée. Elle aurait fourni la majorité des jeunes hospitalisés. Elle devrait être poursuivie pour « incitation à la consommation de substances ayant les mêmes effets que des produits stupéfiants ».

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Peut-on être allergique au cannabis ?

À l’occasion de la Journée Française des allergies, ce 17 mars 2015, Sciences et Avenir se penche sur une question qui ne concerne pas que les consommateurs de marijuana.

JOINTS. Comme les autres plantes portant du pollen, le chanvre (Cannabis sativa), dont est issue l’herbe des fumeurs de joints, peut en effet provoquer des réactions allergiques. Un article récemment publié par une équipe canadienne dans la revue Annals of Allergy, Asthma and Immunology décrypte pour la première fois le processus allergène du cannabis, grâce à l’analyse des données scientifiques disponibles. Une information largement méconnue de la plupart des consommateurs de cannabis… et des autres.

Un risque (rare) de choc anaphylactique

Les chercheurs canadiens recensent les différents symptômes liés à une exposition au cannabis ayant provoqué une allergie, une hypersensibilité, parfois même un choc anaphylactique (allergie sévère potentiellement mortelle). Selon cette étude, le premier cas signalé d’allergie au cannabis date de 1971 : une femme âgée de 29 ans a eu un choc anaphylactique après avoir fumé du cannabis pour la première fois. Parmi les symptômes respiratoires, la rhinite allergique (type rhume des foins) et l’asthme allergique figurent parmi les cas les plus courants.

Selon une étude menée en 2014 par une équipe belge, des symptômes cutanés immédiats ont été observés chez des consommateurs de cannabis :  notamment de l’urticaire et l’angio-œdème suite au contact de la plante avec la peau ou les muqueuses (lèvres et paupières). Des symptômes respiratoires également, comme des rhinoconjonctivites ennuyeuses, et un angio-œdème palpébral.

Le syndrome cannabis-fruits/légumes

Les allergies touchent jusqu’à 1 % des fumeurs de cannabis (en France, cela représenterait environ 40.000 personnes), rapporte l’étude belge. Mais ces derniers ne sont pas les seuls concernés. Des anaphylaxies ont été observées après l’ingestion de graines de cannabis ou en buvant du thé de marijuana, soulignent les chercheurs. Et même chez des personnes n’ayant jamais consommé de cannabis ! « L’allergène aéroporté pourrait bien constituer une cause éventuelle de sensibilisation passive qui a récemment été suggérée chez un enfant de 5 ans », est-il écrit. En France, les comptes polliniques du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) révèlent la présence de pollen de cannabis de fin juillet à la mi-août principalement à Aix-en Provence, Grenoble, Bourgoin-Jallieu, Mâcon, Strasbourg et dans le Roussillon, ainsi qu’en octobre à Ajaccio.

Depuis quelques années, un nombre croissant d’allergiques au cannabis souffrent d’allergies croisées démontrées. Ce syndrome, appelé le « syndrome cannabis–fruits/légumes », semble surtout impliquer le Can s 3, une protéine. Étant un allergène stable qui résiste à la chaleur et demeurant fonctionnel dans le tractus gastro-intestinal, il risque d’entraîner des réactions généralisées tels que urticaire, difficultés respiratoires et anaphylaxie. L’allergie alimentaire d’origine végétale liée à cette protéine concernait surtout la pêche, la pomme, la cerise, la noisette, la tomate et parfois des agrumes comme l’orange et le pamplemousse (voir schéma ci-dessous). « Depuis lors il a été démontré qu’une sensibilisation au cannabis pourrait éventuellement engendrer une réactivité croisée avec des céréales, des boissons alcoolisées (bière et vin), le latex d’Hévea et le tabac », expliquent les chercheurs.

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