Explosion de la consommation de cannabis : « La France est un lieu de production (LCI -TF1)

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Paul, 18 ans, accro au cannabis : « je suis une loque » (Europe N°1)

TÉMOIGNAGE – La consommation de cannabis est repartie à la hausse chez les jeunes en France. Une addiction dans laquelle Paul est tombé, adolescent.

A 17 ans, près d’un adolescent sur deux a déjà fumé un joint. Selon une étude de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publiée mardi, la consommation de cannabis chez les jeunes est nettement repartie à la hausse. Paul, 18 ans, fait partie de ces accrocs au THC (tetrahydrocannabinol, la molécule qu’on retrouve dans le cannabis, ndlr). « Au début, c’est juste un plaisir. Et à la fin, c’est un besoin », confie le jeune homme à Europe 1.

« J’ai niqué toutes mes années de lycée »

« Je suis tombé vraiment dans le cannabis quand j’avais 15 ans. Je fumais déjà tous les jours », raconte Paul, extrêmement lucide sur son addiction. « Tu commences à fumer tout le temps, tu commences à fumer tout seul. Aujourd’hui, j’ai 18 ans et j’ai niqué toutes mes années de lycée », poursuit-il. « Je suis en Terminale et je n’ai plus envie d’aller en cours. Je me suis fait virer et je ne sais même pas comment je vais avoir mon Bac parce que je fais que fumer. Je deviens une loque en fait. Je ne fais plus rien ».

Selon l’étude de l’OFDT, menée en mars 2014 auprès de 22.023 personnes âgés de 17 ans,47,8% des jeunes affirment avoir déjà essayé le cannabis et 9,2% disent en fumer au moins dix fois par mois. Paul, lui, en fume quotidiennement. Il est parfaitement conscient des problèmes que cela pose sur son quotidien. « Tu te refermes sur toi-même », avoue-t-il. « Tu deviens flemmard, t’as rien envie de faire. Tes potes te proposent de faire des trucs et tu dis ‘non, je vais rester chez moi, je vais rien faire, j’ai la flemme de sortir ».

« C’est super dur d’arrêter »

Pourtant parfaitement clairvoyant sur sa situation, Paul ne voit pas le bout de son addiction. « Oui, j’ai envie d’arrêter de fumer mais c’est super dur », lâche-t-il avant de donner un conseil pour ceux qui seraient tentés par la marijuana : « si je vois un jeune qui commence à fumer, j’aimerais bien lui dire qu’il ne faut pas commencer« 

MDMA : pourquoi la consommation explose chez les ados

DROGUE – En quelques années, la MDMA est devenue la drogue la plus « hype » chez les jeunes en France. Le Dr Laurent Karila, psychiatre addictologue et porte-parole de l’association SOS Addictions, fait le point pour metronews sur ce phénomène inquiétant.

L’expérimentation de MDMA (ecstasy) chez les jeunes âgés de 17 ans a pratiquement doublé en France au cours des trois dernières années, révèle la dernière enquête de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Le Dr Laurent Karila, psychiatre addictologue et porte-parole de l’association SOS Addictions, fait le point pour metronews sur cette drogue qui fait fureur chez les adolescents.

En quelques années, la MDMA (anciennement connue sous le nom d’ecstasy) est devenue la nouvelle drogue à la mode chez les jeunes. En effet, le nombre d’adolescents âgés de 17 ans ayant expérimenté cette drogue a pratiquement doublé en l’espace de trois ans : 3,8% des adolescents de 17 ans l’ont testé en 2014, alors qu’ils étaient 1,9 % en 2011, d’après les chiffres de l’OFDT.

La MDMA, c’est quoi au juste ?
Les premiers usages récréatifs de la MDMA remontent à la fin des années 80, où son usage était très répandue dans les clubs branchés de New-York, avant de débarquer au milieu des années 90 dans les rave parties. « La MDMA est le principe actif de l’ecstasy », précise le Dr Laurent Karila, qui dirige le Centre d’enseignement, de recherche et de traitement des addictions (CERTA) à l’Hôpital Paul Brousse de Villejuif.

Autrement dit, de l’amphétamine. Au début des années 2000, on la voit réapparaître sous forme de cristaux qu’il faut ensuite réduire en poudre afin de l’absorber par la bouche ou le nez. « Le problème, c’est que la MDMA est souvent coupée avec d’autres produits, comme la cocaïne. Il est donc difficile de connaître son véritable dosage. »

 Comment expliquer le phénomène ?
La MDMA a pour effet de stimuler les contacts, en créant un sentiment d’euphorie, d’excitation et d’empathie. « Les jeunes sont attirés par cette drogue parce qu’elle associé au milieu festif », reprend le psychiatre. Il y a un effet de mode autour de la MDMA, qui est devenue en quelques années un marqueur générationnel. »

En effet, le nombre de jeunes âgés de 17 ans ayant testé la cocaïne a très peu augmenté au cours trois des dernières années (+0,2%). Moins chère, la MDMA est aussi plus facile à trouver, sur Internet ou lors des soirées. « Le plus marquant, c’est que son usage est en hausse aussi bien chez les jeunes filles que les jeunes garçons », explique le psychiatre.

Quels sont les dangers pour la santé ?
A entendre les consommateurs, la MDMA aurait peu d’effets secondaires et un faible pouvoir addictif, en comparaison à la cocaïne ou au cannabis. Une « aberration », estime le Dr Laurent Karila. La consommation répétée de cette drogue peut avoir en effet des conséquences graves sur la santé.

Laurent Karila en dresse une liste non exhaustive : hyperthermie maligne (forte fièvre pouvant conduire à un décès), hépatite fulminante, etc. « On observe des dégâts importants sur les organes, comme le rein et le foie, mais aussi au niveau du cerveau à travers des troubles psychologiques ou cognitifs, des dépressions. » Sans parler du risque d’addiction, en cas de prise régulière.

Comment prévenir l’usage de la MDMA chez les jeunes ?
Le phénomène est assez inquiétant, estime Laurent Karila : « Des campagnes de prévention doivent être menées pour informer les jeunes sur les risques pour la santé et aider les parents à détecter une addiction chez leur enfant. » Par exemple, s’il dépense beaucoup d’argent, s’il grince des dents (bruxisme), mais aussi à travers les sorties répétées jusqu’à l’aube ou les changements d’humeur. En cas de soupçons, mieux vaut s’adresser aux professionnels de santé : « Il existe des consultations pour jeunes consommateurs ou encore des centres d’addictologie », conseille le psychiatre.

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