Surdoses fréquentes de cannabis chez les visiteurs du Colorado depuis la légalisation

WASHINGTON | Un nombre grandissant de visiteurs qui se rendent dans le Colorado, premier État américain à avoir légalisé la vente du cannabis en 2014, se retrouvent aux urgences après avoir consommé cette drogue de manière excessive, révèle une étude publiée mercredi.

«Les visites aux urgences dues à la consommation de cannabis ont augmenté davantage chez les personnes qui ne résident pas dans le Colorado que chez celles habitant cet État», a ainsi constaté le Dr Howard Kim, de la faculté de médecine de l’Université Northwestern, principal auteur de cette étude parue dans le New England Journal of Medicine.

«Cela pourrait indiquer que les non-résidents de l’Etat ne sont pas bien informés sur les effets néfastes de la marijuana», estime-t-il.

Ces effets peuvent être de l’anxiété, des hallucinations, une altération des capacités mentales, des symptômes cardiovasculaires (accélération du rythme cardiaque, palpitations et hypertension), des douleurs gastro-intestinales ou des vomissements.

Plus fréquent avec des produits comestibles

Les chercheurs relèvent que les surdoses se produisent plus souvent quand cette drogue est consommée sous forme comestible, dans des biscuits par exemple, car les utilisateurs ne se rendent pas compte immédiatement des effets du cannabis.

«Les gens qui mangent des produits contenant de la marijuana ne ressentent aucun effet sur le moment, ce qui les conduit à en consommer davantage», explique le Dr Kim. «Et quand les effets se font sentir ils sont beaucoup plus puissants».

De plus, le contenu en cannabis de ces produits comestibles varie énormément, il est ainsi difficile de savoir quelle dose exactement est absorbée.

Les visiteurs dans le Colorado venant d’un autre Etat ou de l’étranger qui se sont retrouvés aux urgences hospitalières avec des symptômes de surdose de cannabis ont représenté 163 visites pour 10.000 en 2014, contre 78 pour 10.000 en 2012, soit une augmentation de 109%.

Parmi les habitants du Colorado, le nombre de ces visites est passé de 70 pour 10.000 en 2012 à 101 pour 10 000 en 2014, ce qui représente un accroissement de 44%.

«Nous avons noté que ces visiteurs extérieurs étaient venus dans le Colorado pour de toutes autres raisons que de consommer du cannabis: ils venaient rendre visite à de la famille ou pour affaires», précise le Dr Kim. Et «ils se sont retrouvés à l’hôpital parce qu’ils ont voulu essayer un peu de marijuana».

La plupart ont été soignés et ont pu rentrer chez eux après quelques heures.

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L’addiction au cannabis favoriserait la dépendance à l’alcool

Selon deux études récentes, les fumeurs réguliers de cannabis sont plus à même de développer une dépendance à d’autres substances addictives, dont l’alcool, à court terme.

L'addiction au cannabis favoriserait la dépendance à l'alcool

Attention, une addiction peut en cacher une autre. Deux nouvelles études viennent en effet de montrer que les fumeurs réguliers de cannabis présentent plus de risques de développer une dépendance à l’alcool que les non-fumeurs. La première étude, menée par des psychologues et des épidémiologistes des universités américaines de Columbia, de la ville de New-York et de Yeshiva, est publiée dans la revue Drug and Alcohol Dependence . Elle utilise les données d’une large enquête menée aux Etats-Unis (National Epidemiologic Study of Alcohol Use and Related Conditions ou NESARC) pendant deux périodes (2001-2002 puis 2004-2005). Les scientifiques se sont intéressés à un panel de 27 461 adultes volontaires. Principal résultat de cette étude : les participants qui fumaient de la marijuana pendant la première période (2001-2002) étaient 5,4 fois plus nombreux à souffrir d’alcoolisme en 2004-2005 que les personnes qui n’en fumaient pas. « L‘usage du cannabis est associé à une augmentation du risque d’abus d’alcool persistant sur une durée de trois ans chez les adultes américains« , concluent les auteurs de ces travaux. Une affirmation que semble confirmer une seconde étude, publiée quelques jours plus tard dans le JAMA Psychiatry  et menée cette fois-ci par des chercheurs américains et français en psychiatrie et en épidémiologie, de l’Institut National de la Toxicomanie (Bethesda, Etats-Unis), des universités de Columbia (Etats-Unis) et de Paris Descartes (France). Ces scientifiques ont ici aussi utilisé les données de l’enquête NESARC. Ils ont alors estimé la force de l’association entre usage de cannabis en 2001-2002 et désordres psychologiques liés à l’alcoolisme en 2004-2005 pour 34 653 personnes. Parmi tous ces participants, 1 279 adultes fumaient du cannabis en 2001-2002 et, trois ans plus tard, ceux-ci présentaient plus de troubles psychiques et addictifs (pour l’alcool, la nicotine et les autres drogues) que les autres sujets.

Prévenir sur les risques de dépendances multiples

Ce qui conduit ce second groupe de chercheurs à la conclusion suivante : « au sein de la population générale, l’usage de cannabis est associé à un risque élevé de dépendance à de nombreuses autres substances. » C’est pourquoi les deux études préconisent aux décisionnaires des programmes cliniques de cibler spécifiquement ce risque de dépendance multiple dans les actions de prévention. Selon Alcool Info Service, 8,8% des Français présentent une consommation d’alcool à risque chronique ou de dépendance, soit près de six millions de personnes. En parallèle, l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT) estime à 1,4 million le nombre de personnes consommant régulièrement du cannabis dans notre pays.

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