Recherche

C.N.P.E.R.T.

Centre National de Prévention, d Etudes et de Recherches en Toxicomanies

Date

10 février 2018

Le désarroi des parents face à la consommation excessive de cannabis

Plus de 7 % des jeunes de 17 ans présenteraient un risque élevé d’usage problématique, soit environ 60 000 adolescents de cet âge.

LE MONDE | Par François Béguin

Que faire lorsqu’un adolescent se met à avoir une consommation excessive de cannabis ? Cette question, des milliers de parents se la posent chaque année en France, avec souvent le sentiment d’être bien démunis et bien seuls pour y répondre.

Aucune famille ne semble a priori immunisée contre une telle situation. Médecin à Bordeaux (Gironde), Stéphanie, qui préfère garder l’anonymat, et son mari, dentiste, n’avaient par exemple jamais pensé que l’un de leurs enfants puisse un jour être concerné par une telle addiction. Lorsqu’un soir celui-ci, alors en classe de troisième, rentre en stop parce qu’il s’est endormi dans le bus de retour du collège, « défoncé » après avoir fumé du cannabis, ils tombent des nues. A cette époque pourtant, avec une consommation quasi-quotidienne, ses résultats scolaires plongent.

Phénomène loin d’être marginalFin de l’argent de poche, interdiction de sortie… Stéphanie et son mari multiplient les sanctions mais rien n’y fait. Au domicile familial, les positions se figent, « c’était la guerre », dit la mère de famille. C’est finalement le recours à CAAN’abus, une consultation jeune consommateur (CJC) conseillée par la ligne d’appel gratuite et anonyme Drogue info service, qui permet de faire retomber la tension. « La psychologue nous a aidés à lâcher prise, raconte Stéphanie. On le flique moins. On est moins sur lui, ça ne se termine plus en pugilat, à le plaquer au sol… »

Le phénomène est loin d’être marginal. Selon les chiffres publiés mardi 6 février par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), 7,4 % des jeunes de 17 ans, soit environ 60 000 adolescents d’uniquement cet âge, seraient susceptibles de présenter en 2017 un « risque élevé d’usage problématique » de cannabis. Une population qui représentait un quart (24,9 %) des jeunes ayant fumé au moins une fois dans l’année écoulée, en hausse de 3 points par rapport à 2014 (21,9 %).

Source

Cannabis, alcool, tabac : quelles sont les conséquences chez les adolescents ?

La publication des premiers chiffres de l’enquête ESCAPAD menée par l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFTD) montre une diminution de la consommation de tabac, de cannabis et d’alcool chez les adolescents. L’occasion de revenir sur un risque pas si anodin à cet âge.

Cannabis, alcool, tabac : quelles sont les conséquences chez les adolescents ?  PHOTOGRAPHEE.EU/EPICTURA
 

Le tabagisme des adolescents est le plus bas jamais enregistré depuis vingt ans avec une baisse de 18 % par rapport à l’an 2000. Pourtant, 6 adolescents sur 10 disent avoir déjà essayé de fumer une cigarette. Les jeunes sous-estiment souvent les risques du tabac pour la santé et le risque de dépendance à un âge sensible pour la maturation de leur cerveau. Plus les enfants commencent à fumer jeunes, plus ils risquent de devenir des consommateurs réguliers et moins ils sont susceptibles de renoncer au tabac.

On croit à tort que pour sensibiliser les jeunes contre les méfaits du tabac, il faut adopter une démarche différente de celle des adultes. Pourtant une action pédagogique s’adressant à toutes les tranches d’âge est plus efficace pour changer les comportements, en particulier chez les adultes qui montrent souvent le mauvais exemple.

L’inquiétant « Binge Drinking »

L’adolescence est une période de changement et de transition, en particulier pour le cerveau. Il subit une reconfiguration importante et les centres responsables des émotions sont particulièrement modifiés.

Pour certains adolescents, consommer de l’alcool est une façon d’expérimenter des sensations fortes. Le « Binge Drinking », c’est à dire le fait de ne boire que rarement mais en quantité très importante (plus de 5 verres en un temps très court) concernerait plus de quatre jeunes sur 10 d’après cette enquête.

En plus du risque de violences et de blessures graves, la consommation abusive d’alcool attaque davantage la mémoire et la plasticité du cerveau des adolescents que celui des adultes. Une consommation excessive précoce augmente la prise de décision à risque tout au long de la vie. Sans oublier que les jeunes qui consomment de l’alcool avant l’âge de 21 ans augmentaient de 70 % leur risque d’être éventuellement aux prises avec un problème de consommation de drogues.

Pédale douce sur le cannabis

Les drogues dites « douces », comme le cannabis, en apparence moins dangereuses, peuvent constituer un piège important. Les conséquences d’une utilisation massive de cannabis sur le développement psychologique et social peuvent être nombreuses et influencer le jeune jusqu’à son âge adulte. Les effets nocifs en relation au cannabis sont plus prononcés lorsque la première consommation se fait avant l’âge de quatorze ans.

Comme pour le tabac et l’alcool, l’expérimentation du cannabis est en baisse et passe pour la première fois depuis 2000 sous la barre des 40 %. Ce chiffre est une bonne nouvelle à la vue des effets immédiats et chroniques d’une prise de cannabis sur le système nerveux, que ce soit sur le risque de psychoses, les capacités de mémorisation, d’attention et d’apprentissage. Le cannabis consommé par les adolescents est soupçonné d’être l’une des causes de l’échec scolaire.

Source

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :