Les psychotropes : La grande menace

 11.615 personnes prises en charge pour désintoxication, alors qu’en 2015, ce nombre est passé à 85.777 et en 2016, il  a grimpé pour atteindre 21 507 personnes.

Peut-on dire que l’explosion de la violence dans les stades, les écoles, contre les femmes et les enfants, et en milieu familiale soit liée à la consommation de la drogue, qui  connait une fulgurante ascension chez les jeunes ?

Une question que se sont posés hier, les participants au séminaire sur la toxicomanie et la violence, organisé à Alger, par l’Onlcdt (Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie), sans pour autant donner une réponse claire.

Cependant beaucoup d’entre eux s’accordent à reconnaitre que les violences et l’abus de drogue est un couple qui fait bon ménage en se nourrissant l’un de l’autre. Expert, Salah Abdennouri, met l’accent sur « le danger mortel » que constitue la prolifération de la drogue en rappelant les quantités énormes de résine de cannabis saisies par les services de sécurité, et qui ont connu une hausse de 235 %,  de 2011 et 2015, avec un pic de 211,5 tonnes, en 2013.

« Si durant ces dernières années, le volume de drogue saisi a diminué moitié, en raison de l’implication des unités de l’ANP dans les opérations de lutte au niveau des frontières notamment à l’ouest du pays, celui des psychotropes a quand à lui, connu une hausse inquiétante.

Il est passé de 637.961 comprimés en 2015 à 1,072 million, en 2016 puis à 2,201 millions en 2017… », déclare l’intervenant. Il précise que cette hausse concerne aussi  le nombre de consommateurs 2010,  il y a eu 11.615 personnes prises en charge pour désintoxication, alors qu’en 2015, ce nombre est passé à 85.777 et en 2016, il  a grimpé pour atteindre 21 507 personnes.

Abdennouri, rappel les résultats d’une enquête menée en 2016 par l’Office sur la consommation d’alcool, de tabac et de drogue, et qui a touché 12.103 élèves du primaire et du collège, qui montrent que  13,3 % des enfants ont fumé au moins une fois durant les douze derniers mois,  2,3 % ont consommé des psychotropes, 2,3 % ont bu de l’alcool, 3,6 % ont pris du cannabis et 1,9 ont gouté à l’ecstasy.

Le conférencier met en avant le phénomène de la violence sous toutes ses formes, mais sans pour autant donner d’indice qui lie l’explosion de cette violence et à l’addiction à la drogue, regrettant au passage,  « l’absence » d’un système de données centralisé qui « permet à tous les intervenants d’y avoir accès », car dit-il, « le problème de la drogue et de la violence est multisectoriel ».

Les représentants de la sureté national, Salim Djenah, et de la gendarmerie nationale, Youcef Dahmani, parlent des actions de prévention et de lutte contre la drogue,  citant les volumes de saisies, sans toute fois, donner un aperçu sur le traitement des personnes impliquées, en matière de procédure, depuis leur arrestation  jusqu’à leur présentation notamment lorsque les délits de consommation de drogue, sont aggravés par le recours à la violence

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Alcool : l’inquiétante consommation des femmes

Les femmes boivent de plus en plus. Les conséquences sur leur santé sont encore plus graves pour elles que pour les hommes.

Pour le Pr Michel Reynaud, un des précurseurs de l’addictologie en France, l’un des faits marquants de ces dernières années est l’alcoolisme au féminin, indique Libération. « Entre un quart et un tiers de nos patients sont des femmes. Le plus impressionnant est la banalisation. (…). Il y a une normalisation sociale. Les femmes ont le droit de se saouler, de prendre une cuite. Cela ne choque plus personne », constate ce médecin.

Après le tabac, c’est donc l’alcool. Dans les années 70-80, note Libération, les femmes se sont mises à fumer autant que les hommes. Désormais, elles boivent malgré une baisse constante de la consommation depuis les années 60. Il y aurait entre 500.000 et 1,5 million buveuses excessives en France, selon Michel Reynaud, en colère contre l’inaction des pouvoirs publics en la matière. « Les nouvelles autorités sanitaires n’arrêtent pas de dire qu’il faut (…) mettre l’accent sur la prévention. Là, rien. Pas même des discours… »

« L’alcoolisme au féminin est différent de celui des hommes, souligne le quotidien. Il touche plus particulièrement les classes aisées. Sur le plan de l’âge également, la consommation d’alcool diffère : chez les hommes, elle est la plus forte vers 18 ans, chez les femmes autour de 27 ans. Ces dernières associent plus souvent alcool et médicaments. Lorsqu’apparaissent des symptômes physiques (comme les tremblements) liés à une consommation excessive d’alcool, les femmes vont se rendre plus rapidement chez le médecin… sans pour autant évoquer leur problème d’alcool.

« Il y a deux types de consommation problématique, explique le Pr Reynaud, dans Libération. (…) D’abord, le binge drinking, cette alcoolisation massive un soir donné. Au début c’était un monopole des jeunes garçons. Aujourd’hui, ces ados filles complètement saoules le vendredi soir ne surprennent plus personne. »

« Cette consommation juvénile diffère de l’alcoolisme des femmes adultes. » Pour ces dernières, les causes sont multiples : certains l’expliquent par le stress, par la « charge mentale » qui pèse sur ces femmes surchargées par le travail, les enfants, les tâches ménagères… Leur cerveau, leur cœur et leur foie sont bien plus fragiles que ceux des hommes face à l’alcool. « Le risque de mortalité due à l’alcool augmente plus rapidement chez les femmes que chez les hommes », rappelle l’Institut national du cancer (Inca).

Que font les autorités sanitaires face à ce fléau ? Les industriels de l’alcool dépensent 100 fois plus pour la publicité que les campagnes officielles de prévention. Le 15 avril dernier, des médecins et des associations de lutte contre l’alcoolisme ont plaidé pour des mesures fortes, comme l’instauration d’un prix plancher par unité d’alcool, afin de lutter contre la consommation excessive. Un plan proposé par la filière viticole, celle des alcools et les brasseurs doit être soumis au gouvernement « d’ici l’été ». Outre l’indication pour les femmes enceintes, il devrait aussi porter sur la consommation d’alcool par les mineurs, la conduite de véhicules et la consommation abusive. « Bref, en matière de prévention de l’alcoolisme, féminin ou pas, on progresse à très petit pas », conclut Libération.

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