Les femmes auraient plus de risques que les hommes d’être accro au cannabis

Une étude italienne affirme que les femmes ont plus de risques de développer une dépendance au cannabis que les hommes, bien que ces derniers en consomment plus et plus régulièrement. L’hormone sexuelle féminine serait responsable.

Les débats sur le cannabis vont bon train depuis maintenant plusieurs années. Ses vertus thérapeutiques contre certaines maladies ont poussé des gouvernements à sa légalisation (contrôlée, dans la plupart des cas), mais il ne faut pas minimiser la dépendance qu’il peut générer chez les consommateurs, et les femmes sont les premières concernées. C’est en effet ce qu’avance le Conseil national de la recherche d’Italie : bien que les hommes aient 4 fois de chances d’essayer le cannabis et consomment des quantités plus importantes plus fréquemment, ce sont les femmes qui ont le plus de risques de devenir dépendantes à cause de l’œstrogène, l’hormone sexuelle féminine. Elles sont biologiquement plus sensibles aux effets de la drogue et à la diffusion de la dopamine dans le cerveau, qui crée instantanément du plaisir. « Le cannabis est la drogue illicite la plus consommée au monde, explique le Dr Liana Fattore, auteure de l’étude. Bien qu’il soit associé à des effets négatifs sur la santé, y compris le risque de développer une addiction, le cannabis médical et récréatif est de plus en plus légalisé. De plus, le cannabis synthétique [plus puissant que le cannabis mais qui en imite les effets, et jugé impropre à la consommation, NDLR] gagne en popularité et est associé à des vagues d’intoxications et à des décès occasionnels. Identifier les facteurs qu’impliquent la consommation de cannabis et l’addiction devient alors essentiel ».

10% des consommateurs deviennent accro

Si la raison exacte qui explique la plus grande « sensibilité » des femmes n’est pas connue, les scientifiques sont certains que le sexe joue un rôle majeur dans la régulation des cannabinoïdes, les substances chimiques qui activent les récepteurs cannabis présents dans le corps humain et chez les mammifères. « Des études sur les animaux suggèrent que les mécanismes endogènes [c’est-à-dire produits par le corps lui-même, comme l’œstrogène, NDLR] sont à l’origine de la sensibilité face aux cannabinoïdes.

Chez les rats, l’hormone féminine baptisée œstradiol impacte sur le contrôle des mouvements, le comportement social et la filtration de l’information sensorielle dans le cerveau – des aspects concernés par la consommation de drogue – en modulant le système endocannabinoïde. En retour, ce système influence la production d’œstradiol », poursuit le Dr Fattore.

Selon les chiffres du NHS, le système de santé publique britannique, 10% des consommateurs de cannabis deviennent dépendants, le risque étant accru si l’on commence durant sa jeunesse ou si l’on en prend tous les jours. Sans compter une potentielle dépendance au tabac, souvent associé à la drogue. Le mieux, c’est encore de ne jamais essayer…

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