Une étude s’inquiète de l’augmentation de la consommation d’alcool dans le monde

En 2017, chaque adulte dans le monde a consommé en moyenne 6,5 litres d’alcool pur, contre 5,9 litres en 1990, selon une étude publiée mercredi dans la revue médicale britannique « The Lancet ».

En moyenne dans le monde, chaque adulte a consommé 6,5 litres d\'alcool pur en 2017, contre 5,9 litres en 1990. Cette quantité devrait atteindre 7,6 litres d\'ici 2030, selon des estimations. (Photo d\'illustration)
En moyenne dans le monde, chaque adulte a consommé 6,5 litres d’alcool pur en 2017, contre 5,9 litres en 1990. Cette quantité devrait atteindre 7,6 litres d’ici 2030, selon des estimations. (Photo d’illustration) (FRANK MAY / PICTURE ALLIANCE / AFP)

En moyenne dans le monde, chaque adulte a consommé 6,5 litres d’alcool pur en 2017, contre 5,9 litres en 1990. Cette quantité devrait atteindre 7,6 litres d’ici 2030, selon des estimations établies à partir des données de 189 pays.

L’alcool représente « un facteur de risque majeur » dans l’apparition de nombreuses maladies, ainsi que dans la survenue de blessures et d’accidents, rappellent les auteurs de l’étude. Ce « changement de paysage » en matière de consommation d’alcool doit inciter les pays concernés à adopter les mesures qui ont prouvé leur efficacité ailleurs. L’étude évoque notamment « la hausse des taxes, une restriction de la disponibilité et l’interdiction du marketing et de la publicité pour l’alcool ». 

La consommation a doublé en Asie du Sud-Est

Aujourd’hui, c’est en Europe que la consommation par habitant est la plus élevée au monde, d’après les données présentées par cette étude. Mais cette consommation a reculé de 20% en vingt-sept ans, pour atteindre 9,8 litres d’alcool consommés par habitant chaque année. L’étude publiée dans The Lancet explique cette évolution par le net recul des consommations d’alcool dans certaines anciennes républiques soviétiques et certains pays d’Europe de l’Est.

A l’inverse, on observe un phénomène de rattrapage dans des pays à revenu intermédiaire,comme la Chine, l’Inde et le Vietnam, soutenu par « les transitions économiques et l’accroissement de la richesse ». Ces trois pays ont désormais « des niveaux de consommation supérieurs à certains pays européens » – respectivement 7,4 litres, 5,9 litres et 8,9 litres, selon l’article. Dans l’ensemble de l’Asie du Sud-Est, la consommation moyenne a doublé entre 1990 et 2017, pour atteindre 4,7 litres par habitant. Dans la région « Pacifique occidental », qui inclut notamment la Chine, le Japon et l’Australie, elle s’est accrue de 54%.

Le niveau de consommation enregistré reste en revanche stable et très limité en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, avec moins d’un litre d’alcool consommé par adulte et par an. Alors qu’une majorité de la population mondiale – 53% – ne boit pas régulièrement d’alcool, « les estimations indiquent que d’ici 2030 la moitié des adultes boira de l’alcool » au moins une fois par an, estime l’étude. Près d’un quart (23%) connaîtra aussi une alcoolisation massive (au moins six verres standards en une occasion) au moins une fois par mois. Ils n’étaient que 18,5% en 1990.

La consommation nocive d’alcool entraîne trois millions de morts par an, les hommes représentant plus de 75% de ces décès, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En France, l’alcool est responsable de 41 000 décès chaque année, soit la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac.

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