Pourquoi la légalisation du cannabis constituerait un drame de santé publique

Pr Jean Costentin

Membre des Académies Nationales de Médecine et de Pharmacie, contributeur du CERU, le labo d’idées universitaire, le Professeur Costentin, auteur de “Le désastre des toxicomanies en France” (Éditions Docis, 2018), explique en quoi la légalisation du cannabis constituerait un drame de santé publique.

Une course de vitesse se joue entre les tenants de la légalisation du cannabis, pressés de voir commis l’irrémédiable, et ceux qui informés des méfaits de cette drogue, tentent d’alerter les Français sur le drame sanitaire qui en résulterait.

La toxicité du cannabis, tant psychique que physique, a été maintes fois démontrée. Elle n’est d’ailleurs plus contestée dans le milieu médical. Pourtant, de nombreux lobbys favorables à sa légalisation investissent de gros moyens de communication pour faire accroire que cette drogue est un produit anodin. Face à cette propagande offensive, le rôle des médecins doit être de rappeler la véritable nature de cette substance et les dangers qu’elle fait peser sur notre santé.

La toxicité psychique du cannabis, liée à son principal constituant, le THC, a de multiples effets : elle induit une ivresse et provoque des effets désinhibiteurs qui sont la source de nombreux dangers aussi bien pour la conduite automobile que dans diverses activités professionnelles. Il a été démontré également que l’usage de ce toxique perturbait fortement la capacité d’apprendre et donc les activités éducatives ; il favorise la survenue d’anxiété, de troubles dépressifs pouvant inciter au suicide ; il joue un rôle dans l’apparition ou l’aggravation d’une schizophrénie qu’on ne sait guérir. De plus cette…

Lire la suite

Publicités

Drogue et alcool: 400 hospitalisations et 10 décès par jour au Canada

La Presse canadienne – Ottawa

Plus de 400 Canadiens sont hospitalisés chaque jour en raison de maux liés à la consommation de substances et dix personnes en décèdent tous les jours, selon un nouveau rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).

Les données de l’ICIS ont été recueillies en 2017-2018, notamment afin de mesurer le fardeau de la consommation de drogue ou d’alcool sur le système de santé. Les chiffres ont toutefois été prélevés avant la légalisation du cannabis à des fins récréatives, en octobre 2018.

Selon le rapport, les hospitalisations relatives à la consommation de substances sont plus nombreuses que celles liées à des crises cardiaques ou à des accidents vasculaires cérébraux (AVC).

La consommation d’alcool serait particulièrement dévastatrice : parmi les dix décès par jour, 7,5 sont liés à cette substance. En général, l’alcool est responsable de la moitié des séjours à l’hôpital.

La mortalité est probablement plus élevée en réalité, puisque l’ICIS n’a pas tenu compte des décès survenus à l’extérieur des hôpitaux – comme cela arrive pour plusieurs personnes qui succombent à des surdoses d’opioïdes.

Parmi les Canadiens hospitalisés pour des méfaits liés aux substances, deux sur trois sont des hommes.

Le portrait est très différent chez les plus jeunes, âgés de 10 à 19 ans. Les filles sont plus nombreuses à être hospitalisées que les garçons, et leurs problèmes sont plus souvent causés par la consommation de cannabis.

« Chez les femmes, le taux de méfaits atteint un sommet à la mi-vingtaine, puis redescend à mesure qu’elles avancent en âge », précise-t-on dans le rapport.

Par ailleurs, les gens vivant dans des quartiers défavorisés seraient trois fois plus susceptibles de se retrouver à l’hôpital pour ces raisons.

Le Québec dépasse la moyenne

Les données entre les provinces varient beaucoup, et le Québec dépasse légèrement la moyenne canadienne. Le taux d’hospitalisation par 100 000 habitants était de 477 au Canada, et il s’élevait à 507 au Québec.

Le Québec se situe toutefois bien loin des sommets constatés dans les territoires. Aux Territoires du Nord-Ouest, le taux d’hospitalisation atteint 2015, et il est de 1022 au Yukon. Au Nunavut, il y avait eu 870 hospitalisations par 100 000 habitants.

C’est à Terre-Neuve-et-Labrador que l’on retrouve le taux d’hospitalisation le plus bas, avec un taux de 373 hospitalisations sur 100 000.

Troubles de santé mentale

L’ICIS note par ailleurs que plusieurs de ces Canadiens hospitalisés présentent des problèmes de santé mentale – quatre patients sur dix étaient atteints de troubles comme l’anxiété, la dépression et la schizophrénie.

« Un lien complexe unit les problèmes de santé mentale et la toxicomanie. En effet, les problèmes non maîtrisés de santé mentale peuvent mener à la consommation d’alcool ou de drogues sous forme d’automédication, alors que l’usage chronique de substances peut entraîner des problèmes de santé mentale comme l’anxiété, la dépression ou la psychose », explique l’organisation dans son rapport.

D’ailleurs, ces patients sont plus susceptibles de passer plus de jours à l’hôpital par rapport aux autres, selon l’ICIS.

Source