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juin 2019

Cannabis, cocaïne, ecstasy: les Français consomment-ils plus que leurs voisins européens?

Deux personnes fumant du cannabis. (Illustration)

Un ami nous a quitté

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de notre éminent collègue et excellent ami, le docteur André Fabre, survenu à Créteil le 27 Mai 2019, à l’hôpital intercommunal (CHIC) où il a longtemps exercé.

Pédiatre de renom, formé aux écoles française et américaine, il s’est investi rapidement dans la protection des adolescents  par la lutte contre les drogues : il a été un pilier du CNPERT et un correspondant actif de notre blog  dés sa création.

Passionné d’informatique, il a largement développé l’utilisation des dossiers informatisés des patients et la mise en place du PMSI dans notre hôpital. Cette compétence lui a valu de développer la cellule informatique de l’Académie nationale de médecine.

La cérémonie religieuse sera célébrée le mardi 11Juin à l’Eglise suédoise (9 rue Médéric à Paris 17e), l’inhumation aura lieu en Suéde le 14 Juin au cimetière de Karaby.

A son épouse, Britt-Marie, à ses enfants et ses petits enfants, nous adressons nos sentiments de vive sympathie. Nous perdons un ami fidèle, présent dans tous les combats, qui a apporté compétence et fougue à la défense de nos convictions. Il est et reste présent parmi nous, nous ne l’oublierons pas.

Pr. Jean-Paul Tillement

En deux ans, 1,6 million de fumeurs en moins en France

INFOGRAPHIE – Il faudra encore attendre dix ou quinze ans pour observer une inversion de la courbe de mortalité.

1,6 million de fumeurs en moins, en à peine deux ans: le recul spectaculaire du tabagisme en France se confirme en 2018, selon le dernier Baromètre santé publié mardi 28 mai. Pour la deuxième année consécutive, l’enquête met en évidence une diminution du nombre de fumeurs quotidiens âgés de 18 à 75 ans. «L’ampleur de la baisse sur deux ans, de l’ordre de 12 %, est sans précédent: elle traduit non seulement un arrêt du tabac chez des fumeurs mais aussi une réduction du nombre de jeunes qui entrent dans le tabagisme», se réjouit François Bourdillon, le directeur général de Santé publique France qui voit dans ces résultats «un grand succès».

En 2018, 32% des Français adultes consommaient du tabac: 25,4 % quotidiennement (en chute de 1,5 points par rapport à 2017) et 6,6 % de manière occasionnelle. Ils ont aussi allumé moins de cigarettes – 15 par jour en moyenne. La cigarette électronique, de plus en plus utilisée pour arrêter de fumer, est devenue le premier outil d’aide au sevrage. 3,8 % des Français vapotent au quotidien en 2018, contre 2,7 % un an plus tôt. La moitié d’entre eux sont des anciens fumeurs.

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«L’instauration du paquet sans logo a contribué à rendre la cigarette moins attrayante, notamment auprès des jeunes»

Amélie Eschenbrenner, chargée de communication au Comité national contre le tabagisme (CNCT)

Cette baisse (moins importante qu’en 2017) est «la preuve qu’une politique cohérente et énergique a des effets sur la santé publique», salue Amélie Eschenbrenner, chargée de communication au Comité national contre le tabagisme (CNCT). Après des années d’attentisme, les autorités sanitaires ont pris le taureau par les cornes en 2016. La baisse actuelle est, selon les experts, la conséquence de l’arsenal de mesures antitabac mises en œuvre depuis lors: augmentation régulière des prix, mise en place du paquet neutre, remboursement des substituts nicotiniques (patchs, gommes) comme des médicaments ou encore, lancement d’une opération d’incitation à l’arrêt, le «Mois sans tabac». Sa dernière édition en novembre 2018 a connu un succès important, avec 250.000 inscrits. «Cet événement, ainsi que l’instauration du paquet sans logo, a contribué à rendre la cigarette moins attrayante, notamment auprès des jeunes», affirme Amélie Eschenbrenner. En 2017, l’enquête Escapad menée chez les mineurs de 17 ans avait déjà montré une baisse du tabagisme dans ce public.

Le dernier Baromètre santé, réalisé par téléphone auprès de 9000 personnes, comporte cependant plusieurs points noirs. Les chercheurs remarquent l’impact des inégalités sociales qui restent très marquées, même si elles ont tendance à s’atténuer. Ainsi 19,4 % des Français ayant au moins le bac fument quotidiennement, contre 28,2 % des non-diplômés.

De plus en plus de fumeuses

Par ailleurs la prévalence du tabagisme dans notre pays est toujours l’une des plus élevées en Europe, notamment chez les femmes. Avec 11,5 millions de fumeurs quotidiens en 2018, la France est encore loin des pays ayant imposé des politiques offensives de plus longue date, à l’instar des États-Unis et de l’Australie qui comptent aujourd’hui moins de 15 % de fumeurs.

» LIRE AUSSI – Tabac: les fumeurs sous-estiment encore les risques

Selon François Bourdillon, «les effets de cette baisse de consommation sur la mortalité ne se feront de toute façon pas sentir avant dix ou quinze ans». On estime à 75.000 le nombre de morts attribuables en 2015 au tabagisme, à la suite de cancers, de maladies cardiovasculaires ou de pathologies respiratoires. Cela correspond à 13 % des décès survenus en France métropolitaine. Depuis quinze ans, ce décompte augmente de 5 % chez les femmes chaque année en moyenne. Conséquence visible avec retard de leur entrée dans le tabagisme dans les années 1960 et 1970.

La tendance à la baisse va-t-elle se poursuivre? Le CNCT se dit confiant : «L’objectif de la première génération sans tabac en 2032, c’est-à-dire moins de 5 % de fumeurs chez les jeunes majeurs nés en 2014, est accessible.» En 2020, le prix du paquet de cigarettes coûtera 10 euros.

Pourquoi la légalisation du cannabis constituerait un drame de santé publique

Pr Jean Costentin

Membre des Académies Nationales de Médecine et de Pharmacie, contributeur du CERU, le labo d’idées universitaire, le Professeur Costentin, auteur de “Le désastre des toxicomanies en France” (Éditions Docis, 2018), explique en quoi la légalisation du cannabis constituerait un drame de santé publique.

Une course de vitesse se joue entre les tenants de la légalisation du cannabis, pressés de voir commis l’irrémédiable, et ceux qui informés des méfaits de cette drogue, tentent d’alerter les Français sur le drame sanitaire qui en résulterait.

La toxicité du cannabis, tant psychique que physique, a été maintes fois démontrée. Elle n’est d’ailleurs plus contestée dans le milieu médical. Pourtant, de nombreux lobbys favorables à sa légalisation investissent de gros moyens de communication pour faire accroire que cette drogue est un produit anodin. Face à cette propagande offensive, le rôle des médecins doit être de rappeler la véritable nature de cette substance et les dangers qu’elle fait peser sur notre santé.

La toxicité psychique du cannabis, liée à son principal constituant, le THC, a de multiples effets : elle induit une ivresse et provoque des effets désinhibiteurs qui sont la source de nombreux dangers aussi bien pour la conduite automobile que dans diverses activités professionnelles. Il a été démontré également que l’usage de ce toxique perturbait fortement la capacité d’apprendre et donc les activités éducatives ; il favorise la survenue d’anxiété, de troubles dépressifs pouvant inciter au suicide ; il joue un rôle dans l’apparition ou l’aggravation d’une schizophrénie qu’on ne sait guérir. De plus cette…

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Drogue et alcool: 400 hospitalisations et 10 décès par jour au Canada

La Presse canadienne – Ottawa

Plus de 400 Canadiens sont hospitalisés chaque jour en raison de maux liés à la consommation de substances et dix personnes en décèdent tous les jours, selon un nouveau rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).

Les données de l’ICIS ont été recueillies en 2017-2018, notamment afin de mesurer le fardeau de la consommation de drogue ou d’alcool sur le système de santé. Les chiffres ont toutefois été prélevés avant la légalisation du cannabis à des fins récréatives, en octobre 2018.

Selon le rapport, les hospitalisations relatives à la consommation de substances sont plus nombreuses que celles liées à des crises cardiaques ou à des accidents vasculaires cérébraux (AVC).

La consommation d’alcool serait particulièrement dévastatrice : parmi les dix décès par jour, 7,5 sont liés à cette substance. En général, l’alcool est responsable de la moitié des séjours à l’hôpital.

La mortalité est probablement plus élevée en réalité, puisque l’ICIS n’a pas tenu compte des décès survenus à l’extérieur des hôpitaux – comme cela arrive pour plusieurs personnes qui succombent à des surdoses d’opioïdes.

Parmi les Canadiens hospitalisés pour des méfaits liés aux substances, deux sur trois sont des hommes.

Le portrait est très différent chez les plus jeunes, âgés de 10 à 19 ans. Les filles sont plus nombreuses à être hospitalisées que les garçons, et leurs problèmes sont plus souvent causés par la consommation de cannabis.

« Chez les femmes, le taux de méfaits atteint un sommet à la mi-vingtaine, puis redescend à mesure qu’elles avancent en âge », précise-t-on dans le rapport.

Par ailleurs, les gens vivant dans des quartiers défavorisés seraient trois fois plus susceptibles de se retrouver à l’hôpital pour ces raisons.

Le Québec dépasse la moyenne

Les données entre les provinces varient beaucoup, et le Québec dépasse légèrement la moyenne canadienne. Le taux d’hospitalisation par 100 000 habitants était de 477 au Canada, et il s’élevait à 507 au Québec.

Le Québec se situe toutefois bien loin des sommets constatés dans les territoires. Aux Territoires du Nord-Ouest, le taux d’hospitalisation atteint 2015, et il est de 1022 au Yukon. Au Nunavut, il y avait eu 870 hospitalisations par 100 000 habitants.

C’est à Terre-Neuve-et-Labrador que l’on retrouve le taux d’hospitalisation le plus bas, avec un taux de 373 hospitalisations sur 100 000.

Troubles de santé mentale

L’ICIS note par ailleurs que plusieurs de ces Canadiens hospitalisés présentent des problèmes de santé mentale – quatre patients sur dix étaient atteints de troubles comme l’anxiété, la dépression et la schizophrénie.

« Un lien complexe unit les problèmes de santé mentale et la toxicomanie. En effet, les problèmes non maîtrisés de santé mentale peuvent mener à la consommation d’alcool ou de drogues sous forme d’automédication, alors que l’usage chronique de substances peut entraîner des problèmes de santé mentale comme l’anxiété, la dépression ou la psychose », explique l’organisation dans son rapport.

D’ailleurs, ces patients sont plus susceptibles de passer plus de jours à l’hôpital par rapport aux autres, selon l’ICIS.

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Cannabis: des «conséquences importantes sur la santé mentale des ados»

La Dre Gabriella Gobbi est catégorique. « Le cannabis, ce n’est pas une drogue légère », a mentionné la chercheuse en marge d’une présentation faite au congrès de l’ACFAS lors d’un colloque sur les nouvelles perspectives scientifiques et l’importance pour la prévention du suicide.

Les données qu’elle a présentées sont évocatrices, alors qu’environ « 16 000 cas de tentatives de suicide au Canada seraient évités chaque année si les adolescents ne fumaient plus de cannabis ».

Psychiatre à l’Hôpital général de Montréal, la Dre Gobbi observe dans sa propre pratique une hausse des consultations pour des problèmes de santé mentale chez de jeunes consommateurs de cannabis.

Elle a notamment évoqué le cas d’un jeune Français, fils de deux médecins, qui avait consommé du cannabis une fois avant d’arriver au Canada pour ses études, lorsqu’il avait 19 ans.

Mais « pendant une période de stress et d’insomnie, ses amis lui offrent du cannabis », a relaté la Dre Gobbi. À 22 ans, sa copine l’amène à l’urgence. Il est en dépression sévère et a des idées suicidaires.

La Dre Gobbi souligne que le cas de cet étudiant illustre « le risque du groupe ». « Quand il habitait avec ses parents, il n’avait pas vraiment consommé, […] mais avec les pairs, quand tous tes amis consomment, tu consommes aussi, explique-t-elle.

Selon des données de 2013, l’âge moyen de la première consommation de cannabis se situait à 15,1 ans au Canada et à 13,5 ans au Québec.

La prévention devrait donc commencer à la préadolescence, entre 11 et 13 ans, croit la Dre Gobbi. «Les études sont très claires et disent que quand les parents sont très informés des conséquences du cannabis sur la santé mentale, c’est là que la prévention est la plus efficace, expose-t-elle. C’est donc très important que les parents soient bien informés que le cannabis n’est pas une drogue légère, que ce n’est pas une drogue récréative.»

Les conséquences sur le cerveau peuvent se faire sentir à l’adolescence, mais aussi «plus tard dans la vie», souligne par ailleurs la psychiatre. Les jeunes adultes sont «encore à risque entre 18 et 21 ans», dit-elle, alors qu’on observe une «augmentation exponentielle» de la consommation de cannabis dans cette petite tranche d’âge.

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