Une nouvelle drogue menace les Lycéens

20 adolescents à l’hôpital

TF 1 le 13 Février 2020 : début 14′ 28″

vidéo disponible jusqu’au 21/02/2020

Cette information de TF1 était annoncée dans « La lettre du CNPERT » de Janvier 2020

Alerte N°1 sur les ravages des drogues : l’ecstasy nouvelle, une drogue qui a tué en 2019 Pr J.-P. Goullé

L’ecstasy ou MDMA (méthylène-dioxyméthamphétamine) est une drogue de synthèse de la famille des amphétamines. Historiquement, sa diffusion en France a suivi l’essor du mouvement festif techno, elle est en outre recherchée plus spécifiquement pour ses effets empathogènes /entactogènes [améliorant chez de nombreux sujets leur
capacité à entrer en relation avec les autres (empathie) et à atteindre, pour soi-même, un état de sérénité permettant le contact avec son propre intérieur]. À forte dose, c’est une drogue hallucinogène qui peut entraîner une modification des perceptions sensorielles.

La MDMA est plutôt ingérée ; elle peut être aussi sniffée, et plus rarement fumée ou injectée. Elle provient majoritairement des Pays-Bas, premier pays de production en Europe occidentale. Le prix moyen d’un comprimé est de 10 euros (acheté moins de 1 euro par lot de 1000 en Belgique ou aux Pays-Bas). Après des années d’un oubli croissant, l’usage de ses comprimés fait un grand retour dans l’espace festif, par une
stratégie marketing de trafiquants issus de réseaux mafieux qui infiltrent les clubs, les discothèques et les teknivals.

Cinq pour cent des 18-64 ans ont expérimenté la MDMA/ecstasy en 2017, soit environ
1,9 million d’individus, tandis que la consommation dans l’année concernait 1,0% d’entre elle ; soit une progression d’un facteur 3 depuis 2010. Les tranches d’âge les plus concernées sont les 26 – 34 ans (8,5% d’expérimentateurs) et les 18 – 25 ans (7,0%).

Chez les jeunes de 17 ans, l’expérimentation s’établit en 2017 à 3,4%. Le 16 octobre dernier, le système européen d’alerte précoce (early working system ou EWS) de
l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies, via son réseau, a diffusé une alerte destinée à tous les professionnels du secteur en contact avec des usagers
de drogues. Ils ont été prévenus que des comprimés très fortement dosés en MDMA circulaient au cours des derniers mois sur le marché. Il s’agit de comprimés dont les logos et les couleurs changent constamment (tête de singe/no hear, de couleur rose ; Nespresso, de couleur grise ; balance/soul, de couleur bleue ; tête de singe/no see, de couleur jaune) ce qui rend leur repérage extrêmement difficile. Ils renferment tous
entre 150 et 250 mg de MDMA.

Du fait de leur forte teneur en MDMA, Ils présentent un grand danger, la prise d’un seul comprimé pouvant menacer le pronostic vital. Depuis quelques années, les comprimés d’ecstasy ont des teneurs en constante augmentation pour atteindre des niveaux très
supérieurs à ce qui pouvait être observé dans les années 2000. Ainsi, alors qu’en 2009, la teneur moyenne dans un comprimé était de 44 mg, en 2017 elle atteignait en
moyenne 128 mg. Actuellement les teneurs maximales observées peuvent être supérieures à 300 mg par comprimé soit une dose très supérieure à celle
considérée comme toxique (environ 1,5 mg/kg de poids corporel).

Ces nouveaux comprimés, eu égard à leur forte teneur en MDMA, présentent des risques de complications graves (déshydratation, convulsions, coma, hyperthermie ou troubles cardio-vasculaires potentiellement mortels). Cette augmentation
considérable des teneurs est en lien avec les nouvelles formes d’ecstasy apparues sur le marché clandestin : des comprimés plus gros, aux couleurs plus vives et
avec des formes 3D représentant des logos de grandes marques connues. Récemment des jeunes  5 consommateurs festifs occasionnels parfaitement intégrés (étudiants du supérieur, y compris en médecine) se sont fait piéger par cette drogue d’un soir
et sont morts.

L’ecstasy, drogue festive par excellence, considérée jusqu’alors comme peu dangereuse, est devenue une nouvelle drogue tueuse. La cote d’alerte est dépassée dans le milieu de la nuit. Ainsi à Paris intra-muros, la brigade des stupéfiants fait état de 10 morts imputables à cette drogue au cours des 10 premiers mois de 2019, soit plus du tiers des décès par surdose enregistrés au cours de la même période.

L’ecstasy, avec ses 10 morts, a tué davantage que la cocaïne (8 morts) ou que l’héroïne (7 morts). De plus, il s’agissait de victimes qui étaient en parfaite santé, contrairement à la plupart de celles dues à la cocaïne ou à l’héroïne. Face à ce nouveau danger, il convient d’informer et de prévenir non seulement les adolescents et les parents, mais aussi d’appeler les autorités à la plus grande vigilance.

La chute du business du cannabis au Canada

Près de 18 mois après la légalisation, le bilan est désastreux pour les entreprises du secteur, concurrencées par le marché noir.

Par Ludovic Hirtzmann
Dans l’usine de Smith Falls (Ontario), Canopy Growth fabrique des produits dérivés du cannabis (ici, du chocolat).
Dans l’usine de Smith Falls (Ontario), Canopy Growth fabrique des produits dérivés du cannabis (ici, du chocolat). Blair Gable/REUTERS

Les espoirs des entreprises du secteur du cannabis partent en fumée. Après une année 2019 décevante, les géants de la marijuana canadienne accumulent les mauvaises nouvelles depuis le début du mois. Aurora Cannabis a annoncé en fin de semaine le licenciement de 500 employés sur 1600. Un autre producteur, Tilray, a fait part de sa volonté de se séparer de 10% de ses effectifs début février. Plusieurs autres sociétés ont procédé à des suppressions de postes ces dernières semaines.

Presque un an et demi après la légalisation du «pot» comme les Québécois appellent le cannabis, le marché s’effondre. Depuis la légalisation de la marijuana le 17 octobre 2018, l’indice boursier du secteur, le Canadian Marijuana Index, s’est écroulé de 781 points à 178 points le 12 février. D’une capitalisation boursière de 4,9 milliards de dollars canadiens (3,3 milliards d’euros) au jour de la légalisation, le producteur de cannabis Aphria ne vaut plus aujourd’hui que 1,1 milliard (750.000 euros).