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Date

9 juillet 2020

Pourquoi le cannabis rend asocial

Les consommateurs réguliers de cannabis ont tendance à se replier sur eux-mêmes, voici pourquoi.

La consommation de cannabis peut mener à des changements comportementaux, notamment à une réduction des interactions sociales chez certains individus. Pour mieux comprendre le phénomène, le chercheur Giovanni Marsicano et son équipe de l’Inserm, en collaboration avec l’équipe de Juan Bolaños de l’université de Salamanque (Espagne), ont identifié pour la première fois les mécanismes cérébraux qui sous-tendent la relation entre cannabis et diminution de la sociabilité. Leurs résultats sont publiés dans la revue Nature.

RÉCEPTEURS EN FORME D’ÉTOILE

Plus précisément, les scientifiques montrent qu’après une exposition au cannabis, des récepteurs localisés dans des cellules du système nerveux central s’activent. Baptisés astrocytes, ces récepteurs en forme d’étoile conduisent le consommateur de drogue à se replier sur lui-même.

“Etant donné l’importance des astrocytes et de l’utilisation de l’énergie pour le fonctionnement cérébral, nous avons voulu comprendre le rôle de ces récepteurs cannabinoïdes bien particuliers, et les conséquences sur le cerveau et sur le comportement lorsqu’ils sont exposés au cannabis », explique Giovanni Marsicano.

Pour ce faire, son équipe a exposé des souris au cannabinoïde THC, le principal composé psychoactif du cannabis. Leurs interactions sociales ont été clairement diminuées, et ce jusqu’à 24h après la prise de drogue.

TROUVER DES SOLUTIONS THÉRAPEUTIQUES

“Notre étude est la première à montrer que la baisse de sociabilité parfois associée à la consommation de cannabis est la conséquence d’une altération du métabolisme du glucose dans le cerveau. Elle ouvre aussi de nouvelles pistes de recherche pour trouver des solutions thérapeutiques afin de pallier certains des problèmes comportementaux résultant d’une exposition au cannabis. En plus, elle révèle l’influence directe du métabolisme énergétique des astrocytes sur le comportement », détaille Giovanni Marsicano.

Ses travaux ouvrent ainsi de nouvelles perspectives quant à la prise en charge des patients souffrant d’une addiction au cannabis. En France, l’expérimentation du cannabis concerne 45 % des adultes de 18 à 64 ans. La consommation dans l’année s’élève à 11% (15% pour les hommes et 7% pour les femmes), cette proportion s’avérant stable dans le temps. Un usage régulier est déclaré par 3,6% de la population

Source.

Retour sur le cannabis impatiemment qualifié de «thérapeutique»

Joute iséroise, entre un député et une sénatrice.

Pr. Jean Costentin

Le député LREM de l’Isère,  O. Véran  (qui n’était pas encore ministre de la Santé), a  fait  voter par l’Assemblée nationale (25 oct. 2019) dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, un amendement permettant d’expérimenter le cannabis « thérapeutique ». Il conviendrait de mettre des guillemets à « thérapeutique », car si le cannabis est d’emblée considéré comme tel, il n’est plus besoin de l’expérimenter ! Le président de la commission temporaire mise en place par l’Agence nationale de sécurité du médicament (N. Authier) avait lui aussi franchi ce Rubicon sémantique, pour forcer le destin du cannabis. Ces subterfuges éloignent de plus en plus ce sujet de la rigueur médicale.

La sénatrice LR de l’Isère, Frédérique Puissat, s’est étonnée de la médiatisation accordée à cet amendement (ne concernant, à titre expérimental que 3000 personnes) qui occulte deux faits plus importants à ses yeux : le déficit du budget de la Sécurité sociale et la « sortie du modèle de la Sécurité sociale tel qu’il avait été fondé en 1945 ».

Que n’avait-elle dit !

Veran, piqué au vif, déçu de ne pas être acclamé pour ce qu’il croit être un de ses exploits, a commis une lettre ouverte, où il déploie tout l’arsenal de l’emphase, de l’exagération et des trémolos politiciens : « Cette mesure concerne (il aurait du dire : pourrait potentiellement concerner) plusieurs centaines de milliers de nos compatriotes à bout de nerfs, à bout de souffle, à bout de forces… rongés à petit feu par des maux quotidiens que les traitements actuels ne permettent pas de soulager… Résumer l’expérimentation du cannabis thérapeutique à un simple buzz n’est pas digne d’une élue de la République   […] L’expérimentation de nouveaux traitements à base de cannabis médical peut soulager des patients en situation d’impasse thérapeutique, bien que nous soyons conscients que les solutions miracles n’existent pas. Mais s’il y a bien un miracle qui peut préserver une vie, c’est avant toute chose l’espoir. Cet espoir qui se retrouve dans l’intonation d’une voix fébrile vous contant l’atrocité des douleurs continues qui font de son quotidien un insupportable périple. Cet espoir que vous détectez dans les yeux d’un patient lorsqu’il raconte avoir tout perdu à la suite d’un accident de la route, y compris sa mobilité, emprisonnée par la douleur […] Madame la sénatrice, si la détresse de certains individus qui vous entourent dans les transports en commun, que vous frôlez en marchant sur le trottoir, avec qui vous échangez sur un marché, à qui vous souriez à la caisse d’un magasin, ne vous alerte pas, j’en suis sincèrement navré. Mais ne me reprochez pas d’y être extrêmement sensible».

Ouf !

Être doué de  compassion, manifester de l’empathie, être attentif à la douleur d’autrui, être mu par le désir de soulager ses maux, sont les fondements, in petto, de l’engagement médical. Cette détermination requiert la discrétion qui sied à l’intimité relationnelle patient-médecin. Aussi ce déballage ampoulé, emphatique, impudique, faisant dans la sensiblerie, s’échappe de l’esprit médical que néanmoins il récupère pour « moucher », à fleuret non moucheté, son adversaire politique, la sémillante sénatrice.

Durant  le confinement dû à la covid 19, on a connu une pétition du même style, d’une même impudeur, dont fut destinataire Monsieur Véran (devenu ministre de la Santé) ; on croirait presque qu’il l’avait sollicitée, sinon écrite, tant elle est de la même veine. Elle émane des habituels médecins pétitionnaires militant pour la légalisation du cannabis qui volaient au secours de nos anciens, requérant la dispensation de cannabinoïdes dans les EHPADs : « Nous le devons bien à celles et ceux qui ont déjà payé un si lourd tribut à la pandémie et qui vivent dans l’angoisse ou le désespoir ».  Ouf encore !

Vous avez justement remarqué, Madame la sénatrice, que l’arbre du cannabis « thérapeutique » cachait la forêt de la Sécu (dont la covid19 vient d’exploser les comptes). L’amateur de contrepets salue le fait que vous ne vous en êtes pas laissé conter par ce ministre de la Santé qui, de façon sinistre se lamentait…

 

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