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Date

26 novembre 2020

Ça n’a pas marché ? Alors continuons !

« J’ai perdu beaucoup de clientèle depuis que la salle de shoot a été ouverte. J’ai été obligée d’installer des grillages pour protéger les fruits et les légumes à l’extérieur parce que les drogués me les volent. Il y a souvent des bagarres entre les drogués qui rentrent parfois dans mon épicerie pour se battre et même avec des couteaux. Le climat est devenu trop dérangeant : pas de sécurité, bruit et saletés. En résumé, je souffre de tellement d’embêtements que je ne peux plus garder ce commerce. »

La dame qui s’exprime ainsi tenait une épicerie située juste à côté de l’hôpital Lariboisière, dans le dixième arrondissement de Paris. 

Cette épicerie était ouverte 7 jours sur 7 et rendait bien service aux habitants du quartier. 

Mais la vie de cette commerçante est devenue un enfer le jour où la mairie de Paris a décidé d’installer à proximité de l’hôpital une salle de shoot. Et elle a dû vendre son commerce, la mort dans l’âme.

Une salle de shoot est un lieu où les toxicomanes peuvent s’injecter des drogues sous la supervision de professionnels de la santé. 

Ces salles de shoot sont censées permettre de « réduire les risques » liés à la consommation de drogue et elles sont très à la mode. De plus en plus de grandes métropoles occidentales ouvrent de tels sites.

Mais une question qui est rarement posée à leur propos est : pour qui exactement réduisent-elles les risques ?

En tout cas, certainement pas pour les riverains !

Depuis que la salle près de Lariboisière a ouvert, en 2016, les habitants sont excédés et désespérés. La salle fait affluer en masse les toxicomanes de tout Paris, et donc aussi les dealers.

Le quotidien des habitants est désormais fait de bagarres entre drogués, de dégradations, de vols, de cambriolages, de gens qui défèquent en pleine rue, de seringues abandonnées… Les commerçants voient leur chiffre d’affaire baisser dramatiquement et beaucoup finissent par abandonner.

Un restaurateur asiatique expliquait au journal Le Figaro : « Il est très difficile de travailler le soir, j’ai souvent des clients en train de manger qui voient des toxicomanes se piquer juste devant la vitrine ». La propriétaire d’un magasin de chaussures se désolait : « C’est la jungle, je n’ai jamais connu Paris dans cet état ». Et elle racontait qu’elle devait souvent faire « sortir des clients par une petite porte dérobée quand il y a du trafic devant la boutique ».

Et la situation est devenue pire encore avec l’épidémie de Covid. Les endroits habituels dans lesquels les toxicomanes avaient l’habitude d’aller ayant fermé, ils ont afflué en masse vers la salle de shoot.

Lors du premier confinement, un habitant témoignait dans Le Parisien :

« Les attroupements de toxicomanes sont permanents, ils négocient avec les dealers, s’embrassent, font des check… à 20 mètres de l’entrée du personnel soignant de Lariboisière, et cela en plein état d’urgence sanitaire. Les passants sont contraints de slalomer entre les groupes. 

Les gens se passent des kits d’injection, se piquent dans la rue au pied de nos immeubles. Et nous, nous sommes là, abandonnés à notre sort devant un nombre toujours plus important de toxicomanes (…) maintenant tout le monde se donne rendez-vous ici… Et pas dans la salle : dans la rue !
 »

Et croyez-vous que la municipalité écoute les plaintes des habitants ? Pas du tout. C’est même tout le contraire. Un habitant expliquait : « La mairie du 10ème nous dit que tout va très bien et nous fait passer pour des vieux cons de droite ou d’extrême droite. »

D’ailleurs, la mairie de Paris est bien déterminée à ouvrir de nouvelles salles de shoot. Il devrait y en avoir quatre supplémentaires prochainement. La procédure a été lancée ce mois-ci.

C’est une vraie folie, qui va ruiner de nouveaux quartiers de Paris et transformer en enfer la vie de milliers d’habitants qui n’ont rien demandé à personne. Et, bien entendu, d’autres villes emboiteront le pas. Aujourd’hui, il n’existe que deux salles de shoot en France : une à Paris et une à Strasbourg. Mais demain, il pourrait y en avoir des dizaines. Le gouvernement pousse d’ailleurs en ce sens.

L’Institut pour la Justice s’est toujours battu contre ces désastreuses salles de shoot, car nous savons bien que celles-ci ne font qu’aggraver les problèmes liés à la toxicomanie et notamment les problèmes de délinquance.

Nous venons d’ailleurs tout juste de publier une étude qui démonte tous les mensonges dont se servent les défenseurs de la politique de « réduction des risques ». Car cette politique a été mise en œuvre depuis maintenant des décennies, notamment en Amérique du nord.

La ville de Vancouver, au Canada, par exemple, est un véritable laboratoire en la matière. Depuis trente ans, elle a mis en place toute la panoplie. 

Aujourd’hui, elle dépense plus d’un million de dollars par jour pour faire face aux problèmes sociaux liés à la toxicomanie, mais en vain. Il y a toujours plus de sans-abris, toujours plus de délinquance… et toujours plus de toxicomanes qui meurent de surdose. Alors même que les salles de shoot sont censées diminuer ce risque.

Toutes ces informations précieuses, et bien d’autres encore, vous pourrez les trouver dans notre étude qui s’intitule « Le risque de la ”réduction des risques” » et qui est disponible gratuitement sur notre site.

Les salles de shoot sont une catastrophe en termes de délinquance et d’incivilité, et même pour les toxicomanes, qu’elles confortent dans leur addiction au lieu d’essayer de les en sortir.

Et, si nous laissons faire, le pire reste à venir, car cette politique de « réduction des risques », qui a malheureusement le vent en poupe, est en fait le cheval de Troie de ceux qui cherchent à légaliser toutes les drogues.

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LES MÉCANISMES DE L’ADDICTION RÉVÉLÉS

Pourquoi certaines personnes deviennent-elles accros aux drogues dures et d’autres pas?

Le Pr Christian Lüscher a élucidé, chez des souris, les processus cérébraux menant à l’addiction. Il vient de recevoir le prix Naegeli pour la recherche médicale, pour l’ensemble de ses travaux.

Que se passe-t-il dans notre cerveau quand nous consommons de la cocaïne, de l’héroïne, de l’alcool ou du tabac? Cela fait vingt ans que Christian Lüscher, professeur au Département des neurosciences fondamentales de l’Université de Genève et neurologue aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), s’intéresse à la question. Ses nombreuses découvertes dans ce domaine lui ont valu de recevoir récemment le prix Naegeli pour la recherche médicale, l’un des plus prestigieux en Suisse dans cette discipline.

Une distinction amplement méritée, tant le professeur genevois a démenti d’idées reçues en matière d’addiction. On pensait notamment que celle-ci entraînait une perte de fonctions. Au contraire, répond-il, «il s’agit d’un gain. Chez certaines personnes, le centre cérébral de la récompense est beaucoup trop stimulé par l’usage de la substance. C’est cela qui les pousse à une consommation excessive, en dépit des conséquences néfastes que ce comportement entraîne».

Au commencement du processus conduisant à l’addiction se trouve la dopamine. On savait que la consommation d’une drogue augmente la concentration de ce neurotransmetteur dans le centre de la récompense. Toutefois, il restait à identifier «les traces qu’elle laisse dans le cerveau bien après que la substance ait été éliminée de l’organisme», précise Christian Lüscher. Son équipe a identifié les mécanismes cellulaires qui sous-tendent l’augmentation de la concentration de dopamine. À cette occasion, elle a découvert que les substances addictives, loin de tuer les neurones comme on le pensait auparavant, modifient en fait la manière dont ils communiquent entre eux.

Un interrupteur de l’addiction

Récemment, le chercheur s’est attaqué à une autre question. «Comment expliquer que seule une fraction des consommateurs de substances – 25 à 30 % pour la cocaïne par exemple – devient accro, alors que les autres peuvent en faire un usage récréatif sans jamais perdre le contrôle?»

En travaillant avec des souris, le neuroscientifique et ses collègues ont trouvé, dans le cortex orbito-frontal, un circuit de neurones important pour la prise de décision. Une sorte d’interrupteur de l’addiction. «Lorsqu’on renforce artificiellement la connectivité des neurones dans cette zone, on rend l’animal compulsif. Et si, au contraire, on la diminue, il cesse de l’être.»

Ces recherches pourraient avoir des implications cliniques. Certes, elles ne sont pas directement applicables à l’être humain, car elles font intervenir le génie génétique. Toutefois, «maintenant que l’on connaît les mécanismes impliqués dans l’addiction, on pourrait tenter de leur faire faire marche arrière à l’aide de la stimulation cérébrale profonde (lire encadré) ou de produits pharmacologiques, dont certains sont déjà utilisés en oncologie », explique le chercheur. Tout en soulignant qu’il s’agit là « d’un travail de longue haleine».

Utiliser de l’électricité ?

Pour mettre fin à l’addiction, une piste serait d’avoir recours à la stimulation cérébrale profonde. Elle consiste à activer des structures situées à l’intérieur du cerveau à l’aide d’impulsions électriques à haute fréquence, délivrées par des électrodes. Cette technique a déjà fait ses preuves dans le traitement de la maladie de Parkinson mais, «dans sa forme actuelle, elle est encore trop imprécise pour cibler les circuits neuronaux impliqués dans l’addiction», constate le Pr Christian Lüscher, neurologue aux HUG.

Tout espoir n’est pas perdu, car son équipe cherche à développer de nouveaux moyens pour pouvoir l’utiliser à cette fin.

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AG 2020 : Le point sur ce blog

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