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Date

16 février 2021

Enquête citoyenne sur le cannabis « récréatif »

La députée donne ses réponses avant de poser ses questions

Professeur Jean Costentin

Dans cette période dominée par le coronavirus, la consultation des Français par une mission parlementaire sur leur perception du cannabis comme drogue « récréative » est indécente. L’expression « récréative » est jugée trompeuse par les spécialistes informés qui savent depuis longtemps que la « récré » cannabique engendre de nombreux drames.


Les initiateurs de cette consultation ne cachent pas leur souhait de légaliser cette drogue, mais leur main tremble, aussi cherchent-ils l’appui (assuré) de ses 1.500.000 consommateurs. Ils sont pressés car des données récentes sur ce cannabis (tels ses effets épigénétiques) s’ajoutant à d’autres méfaits, empêcheraient cette légalisation s’ils étaient connus.


Une enquête, opportune celle-là, serait d’évaluer les connaissances qu’ont nos concitoyens et nos « décideurs » des méfaits du cannabis. Cela guiderait le développement d’une indispensable pédagogie s’exerçant depuis l’Ecole jusqu’au troisième âge, palliant enfin les carences d’information que dénonce pour la France l’Observatoire Européen des toxicomanies.

C’est seulement après que l’on pourrait interroger les Français sur une éventuelle évolution du statut législatif du cannabis.
L’enquête devrait alors être diligentée par des juges impartiaux, et non par madame Janvier (députée LREM du Loiret), rapporteur sur le « cannabis récréatif » de la mission parlementaire. N’a t-elle pas exprimé dans le journal Ouest-France du 23 janvier 2021 la réponse qu’elle veut obtenir aux questions qu’elle pose ? Tenant ainsi la plume de ceux qu’elle interroge.


Réfutons les arguments qu’elle y développe –

« Le cannabis étant légalisé, les taxes perçues permettront de faire de la prévention ». C’est ainsi en autorisant cette drogue que l’on réduirait le nombre de ses consommateurs ?? Les taxes issues du tabac, n’ont pas empêché 13 millions de nos citoyens d’en abuser irrépressiblement, conduisant à 75.000 décès annuels et à de multiples handicaps ; ces taxes couvrent à peine la moitié des dépenses de santé qui lui sont imputables ! Au Colorado pour 1 $ de taxes encaissées sur le cannabis légalisé, l’Etat doit débourser 4,5 $ pour couvrir les dépenses qui en résultent.
-Alors que c’est l’objet d’une des questions de « l’enquête citoyenne », elle affirme que « la toxicité et les risques de dépendance de l’alcool et du tabac sont largement supérieurs à ceux du cannabis ». Cette affirmation fausse la disqualifie comme rapporteur de cette enquête.


-« C’est le sens de l’Histoire » que de légaliser le cannabis ; ce type d’argument a servi à toute les sauces, et même pour justifier le pire et de décocher ses flèches: « approches idéologiques ou morales »,
« confusion », « amalgames », « fantasmes».

Voilà pour ceux qui ne pensent pas comme elle. Il nous en faudrait plus pour renoncer à nous opposer à ses thèses, car nous disposons des solides connaissances biologiques, cliniques, épidémiologiques
qui manquent à Mme Janvier.
-« Pour que des territoires cessent d’être abimés par le trafic » ; elle assène que la légalisation supprimera les trafics. Que fait-elle des individus abimés par cette drogue, leur nombre déjà effarant, pour une drogue illicite, ne pourrait qu’être accru par sa légalisation.
La démocratie accorde le même poids à la voix de chacun ; pour ne pas pervertir ce grand principe chaque citoyen doit être rigoureusement informé et non pas trompé, comme madame C. Janvier s’y emploie.

Emmanuel Macron souhaite une génération sans tabac dès 2030

Paris, le jeudi 4 février 2021 – En cette journée internationale dédiée à la lutte contre le cancer, Emmanuel Macron a présenté les grandes lignes du futur plan français lors d’un discours vidéo retransmis dans le cadre des Rencontres annuelles de l’Institut National du cancer (INCa). Le chef de l’État a ensuite visité le centre Gustave Roussy dédié à la prise en charge des enfants atteints de tumeurs.

Priorité numéro 1 : éviter ce qui est évitable

Après plusieurs programmes quinquennaux, le nouveau plan s’inscrit dans une temporalité plus longue : décennale, afin de permettre une vision à plus long terme et de pouvoir inscrire certains projets dans la durée. L’objectif premier est une lutte décisive contre les facteurs de risque de cancer, au premier rang desquels le tabagisme.

Emmanuel Macron souhaite ainsi que « la génération qui aura 20 ans en 2030 soit la première génération sans tabac de l’histoire récente ». Pour ce faire, le Président a promis de nouvelles actions sur le prix, les lieux d’interdiction, ainsi qu’un important effort de communication, notamment auprès des plus jeunes. Autre cible : l’alcool, qui n’a pas été l’objet ces dernières années d’une lutte clairement dynamique, ce qui constitue un des manquements majeurs du précédent plan (2014-2019, prolongé en 2020). Bien sûr, pas question, a affirmé le Président de la République, dont on se souvient des déclarations ambivalentes sur le vin notamment, de viser un « zéro » alcool. Cependant, l’amélioration de la signalétique de mise en garde et un meilleur accompagnement des personnes présentant une consommation à risque sont au programme. Comme pour le tabac, des précisions plus concrètes sont attendues (en s’inspirant notamment d’une expertise collective de l’Inserm programmée au premier semestre 2021), afin que l’on n’en reste pas au stade des belles intentions. Il est par exemple à espérer qu’une véritable réflexion puisse s’engager sur la question du prix.

Grâce aux actions menées contre le tabac et l’alcool, mais aussi contre certains autres facteurs de risque (sédentarité et obésité en particulier), l’objectif est de diminuer de 60 000 par an le nombre de cancers dits évitables.

Dépistage : une dynamique à renforcer

Le second axe est de faire progresser les réflexes de dépistage. Cette orientation a déjà été engagée au cours des années précédentes avec une refonte du programme concernant le sein (pour une approche plus personnalisée) et l’adoption de nouveaux outils pour détecter le cancer de l’utérus. L’accent pourrait en particulier être mis sur le dépistage du cancer colorectal, a insisté le chef de l’État. Certains espèrent également que le nouveau plan permettra de repenser la question du dépistage du cancer du poumon. Globalement, l’objectif est de réaliser un million de dépistages supplémentaire par an à l’horizon 2025, pour atteindre 14 millions de participants. En tout état de cause, cette orientation apparaît d’autant plus essentielle alors que l’année 2020 a enregistré en raison du confinement une diminution très importante du nombre de diagnostics de cancer.

Déjouer les mauvais pronostics

Le plan cancer se donne également pour ambition d’améliorer le taux de survie des cancers de mauvais pronostic (dont le taux de survie à cinq ans est inférieur à 33 %). Des « réseaux d’excellence » sont ainsi promis par le chef de l’État, tandis que dans la continuité du plan précédent, l’accent sera de nouveau mis sur la recherche dédiée aux cancers de l’enfant.

Comme ses prédécesseurs, le programme se consacre aussi à la qualité de vie, pendant la phase aigüe, mais également après la maladie. Ici, deux axes majeurs. D’abord, ramener la proportion de patients présentant de séquelles cinq ans après leur diagnostic à un tiers (contre deux tiers aujourd’hui). Par ailleurs, des allègements divers des lourdeurs administratives sont prévues : diminution du reste à charge, simplification des différentes démarches et extension du droit à l’oubli (sans précision, tandis que la Ligue contre le cancer rappelle aujourd’hui que la promesse du Président de la République pendant sa campagne électorale prévoyait qu’il soit possible cinq ans après le diagnostic).

Des moyens à la hauteur

Si de nombreux éléments de précision manquent, la présentation du chef de l’État s’appuie néanmoins sur quelques objectifs chiffrés marquants. De la même manière, le budget global a lui aussi été dévoilé : les moyens consacrés à la lutte contre le cancer seront augmentés de 20 % et la moitié des ressources sera consacrée à la recherche. L’objectif en la matière est de favoriser une prise en charge de plus en plus personnalisée (45 000 décès par cancers par an sont liés au tabac).

Aurélie Haroche

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