Recherche

Date

21 septembre 2021

Lien entre usage du cannabis et crise cardiaque chez des jeunes

Une étude scientifique dirigée par des chercheurs de Toronto laisse croire qu’une consommation récente de cannabis est associée à un risque plus élevé de crise cardiaque chez les jeunes adultes, et que le risque augmente avec l’usage.

L’étude publiée mardi dans le journal de l’Association médicale canadienne précise que même si le risque de crise cardiaque chez les jeunes consommateurs de cannabis est généralement faible, les usagers âgés de moins de 45 ans courent un risque près de deux fois plus élevé d’être terrassés que ceux qui n’en consomment pas.

Les données ont été puisées auprès d’une population de 33 000 adultes âgés de 18 à 44 ans, dont 17% ont rapporté avoir pris du cannabis au cours des 30 derniers jours. Des incidents cardiaques ont été relevés chez 1,3% des consommateurs de cannabis et chez 0,8% des personnes qui n’en ont pas pris.

Le scientifique clinique torontois Karim Ladha croit utile que les médecins connaissent les conclusions de l’étude et en informent leurs patients car à son avis, prendre du cannabis peut poser un risque cardio-vasculaire.

Habitudes

De précédentes études avaient déjà établi un lien entre la forte consommation de la marijuana et le risque de crise cardiaque. L’étude dirigée par les chercheurs de Toronto s’est penchée sur le cas de personnes qui en ont pris quatre fois ou plus au cours d’une période de 30 jours.

L’étude a aussi constaté que les consommateurs de cannabis posaient plus de risques d’être des hommes, de fumer la cigarette ou de faire usage de cigarettes électroniques et de boire beaucoup d’alcool.

Or, il s’agit d’habitudes qui augmentent le risque de crise cardiaque, mais elles ont été prises en compte dans l’étude sur le cannabis.

Source

Santé. Elle cherche les secrets de l’addiction à l’alcool dans le cerveau

Qu’est ce qui se passe dans le cerveau des personnes alcooliques ? Quels sont les schémas neuronaux qui s’activent et quelles zones sont concernées ? Questions auxquelles le Dr Manon Auffret, du CHU de Rennes, cherche à répondre à travers une étude très innovante. Le but : mieux comprendre les mécanismes pour développer, à terme, des thérapies plus efficaces.

Le sujet est passionnant et répond aussi à un vrai problème de santé publique. En France, selon la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, près de 3,4 millions de personnes ont une consommation à risque d’alcool. Et 45 000 en meurent par an par cause directe ou indirecte. Sans omettre les problèmes et les violences liées à l’alcool ou les accidents de la route.

Technologies de pointe

Mais qu’est ce qui se passe dans le cerveau des personnes alcooliques et quels sont les mécanismes de l’addiction ? Des questions auxquelles, Manon Auffret, docteure en pharmacie et en neurosciences au CHU de Rennes (Ille-et-Vilaine), a décidé de tenter de répondre. Un projet, baptisé Craving-Net, qu’elle qualifie elle-même « de très novateur » et qui fera appel à des technologies de pointe comme l’électro encéphalographie à haute résolution (EEG-HR). Le craving désignant une envie irrépressible de consommer une substance. De l’alcool, des stupéfiants…

« Un outil plus précis »

« Avec l’IRM, nous pouvions déjà voir ce qui se passait dans le cerveau. Mais avec l’EEG-HR, nous disposons d’un outil plus précis et plus performant qui nous permet d’observer à la milliseconde les réseaux cérébraux. » Une précision 1 000 fois supérieure à celui de l’IRM. Des travaux soutenus par l’institut des neurosciences cliniques de Rennes (INCR) et financés par le fonds Bretagne Atlantique ambition (BAA) qui œuvre efficacement pour la recherche dans les neurosciences.

« En résumé, nous voulons pouvoir observer et comprendre l’envie de boire chez les patients alcoolo dépendants. Quels sont les flux neuronaux qui interviennent et quelles sont les parties du cerveau qui sont mobilisées. » Par analogie, c’est comme chercher le déplacement de quelques voitures parmi des milliards d’autres sur des autoroutes à des milliers de voies ! « Nous cherchons les marqueurs de l’addiction et à voir les différents degrés d’addiction. »

« Recruter des volontaires »

La finalité : « Il y en a plusieurs. L’une étant ensuite de pouvoir étudier l’efficacité des traitements directement dans le cerveau des patients et non plus d’une façon subjective. »

Pour l’instant, l’étude n’en est qu’à son début. « Nous avons commencé, avec l’aide du professeur Romain Moiran, spécialiste en addictologie, à recruter des volontaires entre 30 et 60 ans. » Des personnes alcooliques mais aussi non alcooliques pour pouvoir étudier les différences. Si tout va bien, les études commenceront début 2022.

Outre le projet du Dr Auffret, deux autres seront présentés ce lundi 20 septembre 2021 à la soirée du 7e anniversaire de BAA, au siège de Samsic : Prédilepsy qui vise à prédire la survenue des crises d’épilepsie afin de bloquer leur survenue et Parkinson vise à prédire l’évolution de la maladie de Parkinson et à guider la thérapeutique grâce à la découverte de neuro-marqueurs en EEG-HR.

Source

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑