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4 octobre 2021

Le cannabis médicinal engendre des maladies cardiovasculaires graves

Source: Université Laval1Le cannabis médical est de plus en plus prescrit aux personnes souffrant de douleurs chroniques, mais son usage ne serait pas sans risque. Une étude qui vient de paraître dans BMC Cardiovascular Disorders associe le cannabis médical à une hausse de 44% du risque de problèmes cardiovasculaires graves.

Arsène Zongo, de la Faculté de pharmacie et du Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval, et six chercheurs de l’Université de l’Alberta et de l’Université de Toronto, ont examiné l’incidence des visites à l’urgence ou des hospitalisations en raison d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral chez 18 653 patients à qui on avait prescrit du cannabis médical. Ils ont fait le même exercice pour un groupe de 51 243 patients comparables sur le plan des caractéristiques sociodémographiques, des habitudes de vie et de certains indicateurs de santé.

Pendant le suivi des sujets – qui a été de 8 mois en moyenne -, l’incidence des événements cardiovasculaires graves a atteint 7,19 par 1000 personnes dans le groupe cannabis et 5,67 par 1000 personnes dans le groupe témoin, soit une augmentation de 44% du risque.

Lorsque tous les événements cardiovasculaires, peu importe leur gravité, ont été considérés dans les analyses, leur incidence était de 28,34 par 1000 dans le groupe cannabis et de 19,0 dans le groupe témoin, soit une hausse de 47% du risque.

L’étude ne permet pas d’établir de lien de cause à effet entre le cannabis médical et les problèmes cardiovasculaires, mais elle appelle à la prudence, commente Arsène Zongo.

Le chercheur rappelle qu’il n’existe pas encore de démonstration scientifique de l’efficacité du cannabis médical pour la grande majorité des conditions pour lesquelles il est prescrit. « Ce sont des considérations juridiques et non des preuves scientifiques qui ont conduit le Canada à légaliser l’usage du cannabis médical en 2001. »

Le profil de sécurité du cannabis médical est encore mal connu, mais il se précise à mesure que son usage croît dans la population. « Considérant le peu de preuves scientifiques démontrant l’efficacité du cannabis médical, il est important que les médecins évaluent bien les bénéfices et les risques avant d’en prescrire à leurs patients, souligne le professeur Zongo. Il serait hasardeux d’en prescrire à des personnes qui ont des problèmes cardiaques connus sans assurer un suivi très serré de ces patients. »

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Des scientifiques espèrent développer un vaccin contre les overdoses d’opioïdes 

93.331 personnes sont décédées d’une overdose en 2020 aux États-Unis.

Cachets d'oxycodone prescrits par un médecin, 18 septembre 2019, Washington,DC. | ERIC BARADAT / AFP
Cachets d’oxycodone prescrits par un médecin, 18 septembre 2019, Washington,DC. | ERIC BARADAT / AFP

Repéré sur NBC News

Erika Edwards, journaliste pour NBC News a pu assister aux premières injections d’un essai de vaccin créé pour empêcher les overdoses d’opioïdes. Cet essai, encadré par Sandra Comer, a lieu à la faculté de médecine du Minnesota.

Tous les participants de l’essai sont addictes aux opioïdes. Ils vont passer dix semaines sous la surveillance de l’équipe de la faculté qui leur administrent des doses d’opioïdes non-mortelles pour observer la réaction du vaccin.

Son principe est assez simple, il force le système immunitaire du patient à développer des anticorps contre une cible donnée, comme pour tous les vaccins. Dans cet essai, c’est l’oxycodone qui est visé.

En revanche, le vaccin ne pourra pas empêcher les sujets de ressentir le manque de drogue. Il pourra seulement protéger les personnes susceptibles de consommer de l’oxycodone d’une overdose et des dommages au cerveau.

Deux autres universités développent également des vaccins ciblant d’autres opioïdes comme le fentanyl. Mais tous les scientifiques s’accordent à dire que pour lutter contre cette crise sanitaire, un vaccin ne suffit pas. Il faut qu’il soit couplé à des traitements pour lutter contre l’addiction elle-même, que ce soit des substituts ou une thérapie.

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Des chiffres édifiants

En 2020, aux États-Unis, 93.331 personnes sont mortes par overdose de drogue dont 70% à cause des opioïdes. En 2019, au moins 1,6 millions de personnes avaient un problème d’addiction sévère aux opioïdes aux Etats-Unis. Certains le sont devenus après une soirée seulement, beaucoup d’autres après une prescription d’anti-douleurs. En 2019, au moins dix millions d’Américains ont consommé des opioïdes en dehors d’un schéma de prescription classique.

En France, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), entre 2000 et 2017, le pays est passé de 15 à 40 hospitalisations pour overdose d’opioïdes par million d’habitants, et le nombre de décès pour overdose a plus que doublé sur la même période.

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