Selon les chiffres publiés ce mardi 30 novembre par le ministère de l’Intérieur, plus de 220 000 personnes sont mises en cause dans des histoires de drogues chaque année depuis 2016. Mais la majorité sont des consommateurs.

Environ 208 000 personnes ont été mises en cause en moyenne chaque année depuis 2016 pour usage et/ou trafic de stupéfiants par les services de police et de gendarmerie, selon les chiffres publiés ce mardi 30 novembre 2021 par le ministère de l’Intérieur.

Sur les 220 000 mis en cause, 179 000 sont des consommateurs

En moyenne, 44 000 personnes ont été interpellées pour trafic, 179 000 pour consommation et 2 000 pour d’autres infractions. Dans ce total, 17 000 contrevenants ont été arrêtés pour trafic et usage, souligne dans un rapport le service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI).

Entre 2016 et 2020, la consommation et la vente de drogue concernent près d’une interpellation sur cinq (18 %) par les forces de l’ordre, soit le troisième motif derrière les atteintes aux personnes (35 %) et aux biens sans violence ni menace (27 %).

Plus d’arrestations pour trafic

Si le nombre de mis en cause pour usage de stupéfiants a légèrement baissé entre 2016 et 2019 (-3 %), les arrestations pour trafic ont bondi de 15 % sur la même période.

Les infractions constatées pour consommation et trafic ont logiquement baissé sur les neuf premiers mois de 2020, en raison du premier confinement dû à la pandémie de Covid-19, avant de rebondir au dernier trimestre (+22 % d’usagers mis en cause par rapport au dernier trimestre 2019) dans le contexte de l’expérimentation puis la généralisation des amendes forfaitaires délictuelles (AFD). Celles-ci permettent aux forces de l’ordre de sanctionner sur place sans passer par une procédure chronophage.

Des hommes de moins de 30 ans

Les données permettent également de dessiner le profil du consommateur et du trafiquant : à une écrasante majorité, il s’agit d’hommes (91 %), Français neuf fois sur dix, et âgés de moins de 30 ans (74 %). Selon que l’on détient de la drogue pour sa seule consommation personnelle ou pour en faire commerce, la réponse pénale diffère.

Plus de la moitié des personnes mises en cause pour usage (55 %) font l’objet d’une alternative aux poursuites ou d’une composition pénale – mesure qui permet d’éviter un procès lorsque des faits d’une faible gravité sont reconnus par l’auteur – avec une amende à payer sept fois sur 10. En revanche, près d’un mis en cause sur six pour trafic (59 %) passe par la case jugement et 80 % environ sont condamnés à la prison.

La France, grande consommatrice de stupéfiants

La France est le pays de l’Union européenne qui compte en proportion le plus de consommateurs de stupéfiants, avec 45 % des 15-64 ans qui ont déjà consommé du cannabis au cours de leur vie, contre 27 % dans l’ensemble de l’UE, selon les derniers chiffres de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT).

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