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10 décembre 2021

Crack à Paris : l’impasse malgré l’urgence

Par Hippolyte Radisson, le 9/12/2021
Alors que la Cour des comptes publie jeudi 9 décembre un rapport sur la mise en œuvre du « plan crack » à Paris, la situation s’enlise dans la capitale. Depuis 76 jours, 150 à 200 usagers de cette drogue dure s’entassent sur un lopin de terre dans le nord de la ville, sans que se dégagent de solutions à court terme.

Le train serpente dans l’obscurité des tunnels de la ligne 7 du métro parisien. Stalingrad, Riquet, Corentin-
Cariou, Porte de la Villette. C’est ce même parcours qu’ont emprunté, à la surface, les consommateurs de crack, repoussés toujours plus dans le nord de la capitale. Ballottés de la « colline du crack » au jardin d’Éole, puis dans le square Forceval à la Villette, où ils sont désormais implantés. Un lopin de terre bordé par le périphérique, où le sol s’est mué en boue.


REPORTAGE. Crack à Paris : un mur et peut-être la fin d’une impasse


On estime qu’il y a là 150 à 200 consommateurs de cette « drogue du pauvre », un dérivé de la cocaïne dont Crack à Paris : l’impasse malgré l’urgence une dose à fumer, un « caillou », se vend sur place pour 5 à 10 €. À l’euphorie, immédiate et éphémère, succède la redescente, anxiogène, qui pousse à reconsommer sans cesse. La solution devait être temporaire, les « crackers » sont là depuis 76 jours.


L’exaspération des riverains de Forceval
Pourquoi là ? Parce que c’est un « secteur sans riverains aux abords immédiats », expliquait la préfecture de police de Paris le 24 septembre, jour de l’évacuation vers Forceval. Cette phrase, Raphaël et Dominique la ruminent encore. Ils habitent dans le quartier des Quatre Chemins, à cheval entre Pantin et Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Comme 35 000 personnes environ.


À Paris, l’épineuse gestion de la crise du crack


« Ils disent qu’il n’y a pas de riverains mais nous, on subit. Ça nous est tombé dessus comme la misère sur le pauvre monde, s’exaspère Dominique, 68 ans, autour d’un thé à la menthe. Ces pauvres êtres malades sont dans la boue et les rats, moi je ne dors pas tranquille. » Elle habite à 300 mètres du mur construit à la hâte par la préfecture de police sous le passage Forceval, qui n’empêche pas les usagers de rejoindre les villes voisines, en quête d’argent ou de nourriture.
On croise des personnes hagardes qui titubent sur les trottoirs, d’autres, recroquevillées au sol, qui allument leur pipe. « Il y a quelques agressions, une mendicité insistante, plusieurs voisins ont retrouvé des gens dans leur voiture, leur immeuble, leur palier », énumère Raphaël, 65 ans. Il a rejoint avec Dominique le collectif « 93 anti crack », en faveur d’une prise en charge des toxicomanes et de solutions pour contrer l’insécurité.

L’amertume des élus locaux
Ces riverains ont envoyé une lettre au premier ministre Jean Castex le 3 novembre pour réitérer une demande d’entretien. Réponse le 3 décembre : Jean Castex ne va pas les recevoir, il renvoie au ministre de l’intérieur. L’entourage de Gérald Darmanin indique à La Croix qu’il faut se tourner vers la préfecture de police de Paris pour obtenir des réponses. Et la réaction de celle-ci est lapidaire : elle renvoie à des communiqués de presse… vieux de trois mois.

« Plan crack » à Paris : la Cour des comptes pointe des efforts insuffisants

L’amertume et la colère, on la retrouve chez les politiques locaux. Bertrand Kern, maire socialiste de Pantin, a entamé un combat sans relâche, manifestant régulièrement avec des collectifs d’habitants. Il se rappelle avoir appris l’évacuation des toxicomanes par la presse, le 24 septembre : « A 11 h 30, le chef du cabinet du préfet de police m’appelle pour me tenir au courant, me mettant devant le fait accompli. Je lui ai dit “vous vous moquez du monde”, puis j’ai raccroché. »
« Berlin-Pantin » : Véronique Olmi s’indigne de la construction d’un mur dans le nord-est de Paris Bertrand Kern et la maire d’Aubervilliers Karine Franclet (UDI) ont tenté en vain de faire annuler la décision du préfet avec un recours en urgence devant le tribunal administratif, en octobre. Ils attendent désormais un jugement sur le fond, qui ne devrait pas intervenir avant quelques mois. « C’est un mépris de nos territoires. Les habitants ont le sentiment d’être la poubelle de Paris, de n’avoir pas le droit à un cadre de vie apaisé. On rajoute de la fragilité à la fragilité », déplore Karine Franclet.


Des structures d’accueil pour sortir de l’impasse
Comment sortir de l’enlisement ? « Il faudrait créer des petites structures d’accueil qui leur permettent de consommer hors de la rue et de suivre un parcours de réinsertion médico-social », plaide Bertrand Kern. La loi permet depuis fin novembre la création de « haltes soins addictions » (HSA) pour que les usagers puissent consommer à moindre risque. Mais la ville de Paris avance avec prudence sur le sujet, tant elle sait que l’ouverture de ce qui est parfois appelé des « salles de shoot », dont l’une existe déjà depuis 2016, peut susciter des tensions.

« Le projet, à moyen et long terme, est d’avoir des lieux qui permettent à la fois le soin et un espace de
consommation, décrit l’adjointe à la santé de la maire de Paris, Anne Souyris. À court terme, c’est d’avoir
beaucoup plus de lieux de repos et d’élargir les horaires des lieux existants ». « Mais tout est bloqué dans la discussion avec l’ARS et la préfecture », reprend-elle. Pour faire face à l’urgence, 40 places d’hébergement ont été débloquées ces trois derniers mois, et un bus de soin est désormais présent tous les après-midi sur le camp, ajoute-t-elle. Plusieurs observateurs craignent que la situation continue à s’enliser jusqu’à la présidentielle.

Le bilan en demi-teinte du « plan crack »
En mai 2019, les services de l’État, le parquet, la ville de Paris et les associations concluaient un protocole sur trois ans pour tenter d’extraire les usagers du crack de la rue. La Cour des comptes en dresse le bilan ce jeudi.
Au lieu des 9 millions d’euros prévus, 25 millions ont été investis dans ce « plan crack ». Mais la mise en œuvre est inégale. Seuls 19 des 33 actions programmées avaient été effectuées en juin 2021. La Cour souligne des résultats « réels mais partiels », sans effets sur la « tranquillité publique ». La coordination entre les différents acteurs s’est progressivement essoufflée.
Les places d’hébergements d’urgence à l’hôtel ont significativement augmenté, passant de 60 à plus de 400.
Les maraudes assurées par les associations ont aussi été renforcées. Mais les salles de repos et salles de consommation n’ont pas assez été développées, par manque de personnel soignant et de lieux pour implanter de nouvelles structures.


Article sélectionné par Xavier de Beaurepaire

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Alcool : la France, le pays où l’on boit le plus fréquemment au monde

La culture de l’alcool a encore de beaux jours devant elle : selon l’institut de recherche londonien Global Drug Survey, la France serait le pays où l’alcool est consommé le plus régulièrement. Cependant, les gens seraient plus souvent saoûls en Australie.

Chaque année, le Global Drug Survey mesure la consommation d’alcool et de drogue à travers le monde. Cette année, à la question « Combien de jours avez-vous consommé de l’alcool au cours de cette dernière année ? », les Français·e·s ont répondu 132. La France est suviie de près par la Nouvelle-Zélande avec 120 jours, les Pays-Bas avec 112 jours et la Hongrie avec 109 jours. 

L’Australie, le pays où la population est le plus souvent ivre

Côté ébriété, les Australien·ne·s occupent la première place du classement : les participant·e·s à l’enquête ont déclaré avoir été saoûl·e·s 26,7 fois dans l’année, soit « avoir bu au point que les capacités mentales et physiques soient impactées, que l’équilibre/la parole soient affectés, d’être incapable de se concentrer clairement sur les choses et que la conversation et le comportement soient visiblement différent auprès des personnes de l’entourage. »

En France, la population se classe huitième et se dit avoir été ivre 17,5 fois de l’année, toujours au-dessus de la moyenne mondiale qui est à 14,6 fois par an et par habitant. En bas du classement, on trouve le Mexique, la Nouvelle-Zélande et la Roumanie. Tiens tiens, la Nouvelle-Zélande qu’on retrouvait….Au sommet du classement des pays où l’on boit le plus fréquemment. Un autre indicateur, celui du regret : sur le podium, l’Irlande, la Pologne…Et la Nouvelle-Zélande sont les trois pays qui « auraient voulu moins boire ou ne pas boire du tout » : les Irlandais regretteraient 28,4 fois dans l’année, la Pologne 28,3 et la Nouvelle-Zélande 27,4 fois par an. 

Ces chiffres ne sont cependant pas représentatifs des populations puisque les taux de consommation de drogues des personnes participant à l’enquête sont plus élevés que ceux de la population générale : « Les données peuvent être utilisées pour décrire les modes de consommation et identifier les nouvelles tendances en matière de drogues. » détaille l’étude. Utile pour décrypter de nouveaux usages, mais pas pour faire un état des lieux de toute une population, donc.

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