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Date

16 janvier 2022

Double féminicide dans l’Hérault

Le suspect était sous l’emprise de la drogue et pensait qu’on voulait le tuer

MIDI LIBRE

Deux jeunes femmes ont été tuées ce vendredi soir par un homme de 22 ans qui a reconnu en garde à vue consommer du cannabis. Les victimes avaient 21 et 25 ans.

Amélie avait 21 ans, elle était élève infirmière en seconde année. Caroline, sa voisine était âgée de 25 ans. Ambulancière, elle avait pris son service en tant que pompier volontaire la semaine dernière dans la caserne de Pézenas.

Toutes les deux ont été tuées de plusieurs coups de couteau par le compagnon d’Amélie, âgé de 22 ans et qui a été interpellé par les gendarmes alors qu’il s’était rendu dans le restaurant, en face des lieux du double homicide, de ses parents. Ces derniers le voyant arriver les vêtements ensanglantés avaient prévenu les gendarmes après s’être rendus chez le couple et ayant découvert les corps des deux victimes.

Il avait fumé du cannabis

Le procureur de la République de Béziers, Raphaël Balland, a confirmé ce samedi 15 janvier : « Le suspect affirme qu’il présente des problèmes psychologiques pour lesquels il aurait débuté un suivi ; qu’il se sentait très mal depuis plusieurs jours. Il affirme avoir fumé plusieurs joints de cannabis dans l’après-midi avec sa concubine et s’être ensuite senti particulièrement mal.

Il commençait à avoir très peur, ayant l’impression qu’on voulait le tuer. Il aurait alors voulu se rendre chez un psychologue mais sa concubine l’en aurait empêché. Ils se seraient alors battus et il aurait porté plusieurs coups de couteau à sa concubine, notamment au niveau du cou. »

La voisine se trouvait là par hasard

La voisine se trouvait là par hasard. Elle s’est présentée devant la porte et a proposé son aide. Le suspect l’a fait entrer dans son appartement et l’a tuée, elle aussi de plusieurs coups de couteau. « La voisine de l’étage supérieur serait ensuite arrivée devant leur appartement, a précisé encore le procureur Balland, alors qu’elle s’apprêtait à descendre dans la rue pour promener son chien. Elle aurait alors proposé son aide en sa qualité d’ambulancière, mais une fois entrée dans l’appartement, ils se seraient également battus et il aurait de nouveau porté plusieurs coups de couteau à cette seconde victime. Réalisant son geste, il aurait ensuite décidé de se rendre dans le restaurant familial en face de chez lui. »

Il avait l’impression de sortir de son corps

Le père du jeune qui travaillait au Super U de Roujan a expliqué que le comportement de son fils avait changé depuis qu’il consommait du cannabis environ depuis le mois de juillet dernier.

Devant les gendarmes, il a décrit son fils comme une personne plutôt renfermée sur elle-même depuis plusieurs années. Il passait énormément de temps devant son ordinateur, notamment pour jouer à des jeux vidéo violents. Il était aussi passionné de films d’horreur. Depuis qu’il consommait du cannabis, son fils aurait affirmé à sa famille qu’il avait parfois l’impression de sortir de son corps. 

Jusqu’à ce drame, ni les forces de l’ordre, ni les autorités judiciaires, ni même la famille de la concubine, n’avaient eu connaissance de l’existence d’éventuelles menaces ou violences de la part de cet homme à l’encontre de sa concubine.

D’une manière générale, cet homme était inconnu de des forces de l’ordre et de la justice. Le parquet de Béziers envisage d’ores et déjà de requérir l’ouverture d’une information judiciaire criminelle dans la journée de dimanche à l’issue de laquelle un nouveau communiqué de presse sera diffusé.

JEAN-PIERRE AMARGER

Les députés rejettent la légalisation du cannabis

Sans surprise, l’Assemblée nationale a rejeté, jeudi 13 janvier, la proposition de loi des Insoumis qui voulait légaliser le cannabis en France.

C’est un hémicycle clairsemé qui a rejeté, jeudi 13 janvier, la proposition de loi n°4746. Les députés de l’Assemblée Nationale ont voté contre le texte visant « la légalisation de la production, de la vente et de la consommation du cannabis sous le contrôle de l’État ».

Le principal article, le premier, autorisait « la production, la fabrication, le transport, l’importation, l’exportation, la détention, l’offre, la cession, l’acquisition ou l’emploi et, d’une manière générale, les opérations agricoles, artisanales, commerciales et industrielles relatifs au cannabis« . Quatre amendements qui demandaient la suppression de cet article ont été soumis au vote des députés. Sur les 80 élus, 53 ont voté pour, 24 contre.

Un texte transpartisan

La proposition de loi, rédigée par la France Insoumise, se voulait être au-dessus des clivages politiques. Des députés d’autres bords politiques ont cosigné le texte, comme la députée LREM du Loiret Caroline Janvier. Elle est favorable à « une légalisation encadrée – qui n’est pas une porte ouverte à la banalisation, encore moins à la promotion de la consommation du cannabis ».

Pour elle, les politiques de répression menées depuis cinquante ans sont inefficaces. « Les Français sont les champions d’Europe de la consommation de cette drogue ; ils occupent également une place sur le podium pour la consommation par les jeunes », a-t-elle rappelé lors des débats en séance publique.

A contrario, son collègue du groupe LREM François Jolivet, auteur de deux amendements de suppression adoptés par l’Assemblée Nationale, a redit son opposition à la légalisation du cannabis. « Les enjeux financiers sont tellement importants que ceux qui en profitent actuellement n’accepteront jamais de tout perdre. Les trafiquants reviendront et, comme leurs produits, ils seront plus forts », écrit le député de l’Indre dans son exposé sommaire qui accompagne un de ses amendements.

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