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Date

18 août 2022

Le binge drinking, une pratique dangereuse

Appelé aussi « biture express », le binge drinking est une pratique de plus en plus fréquente chez les jeunes vivant dans les pays industrialisés. Elle consiste en boire dans un court laps de temps plus de six verres standard d’alcool. Explications, facteurs de risques, dangers… On fait le point sur cette pratique en vogue chez les jeunes.  

alcool jeune

Sommaire

Le binge drinking est un phénomène très présent en France et qui touche plus particulièrement les jeunes. Il s’agit d’une alcoolisation intense et ponctuelle, ou intoxication alcoolique aiguë. Si ce type d’alcoolisation diffère de l’alcoolisme standard, il peut générer de graves conséquences à court terme et à long terme chez les jeunes et les adultes le pratiquant. Définition, prévention, traitement… On fait le point sur ce phénomène qu’est le binge drinking.

Définition : le binge drinking, c’est quoi ? Est-il plus présent chez les jeunes ?

Le terme de binge drinking nous vient tout droit d’Outre-Manche. Il est traduit en français par « alcoolisation ponctuelle importante » (API). Le binge drinking est une pratique qui consiste en une consommation d’alcool excessive et très rapide. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), le binge drinking décrit une alcoolisation d’au moins six verres standard d’alcool lors d’une soirée, dans un court laps de temps.

Pour rappel, un verre standard d’alcool équivaut à :

– 10 cl de vin ou de champagne

– 25 cl de bière

– 2,5 cl de pastis ou de whisky ou autre alcool fort

Quels sont les symptômes de cette alcoolisation aiguë ?

Le binge drinking, c’est donc un phénomène où les personnes impliquées boivent beaucoup et se mettent dans un état d’ivresse important. Il n’y a pas vraiment de symptôme à proprement parler du binge drinking, En terme de profils, les études montrent que les individus de sexe masculin sont plus exposés à ce phénomène. Ce sont également des personnes jeunes, voire très jeunes. Dans un rapport publié en 2017, l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT), 44% de jeunes âgés de 17 ans déclaraient avoir pratiqué le binge drinking durant le dernier mois. Cette consommation d’alcool excessive peut aussi se produire dans des environnements spécifiques, notamment dans le milieu des soirées étudiantes et des grandes écoles.

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Foie, cerveau… Quels sont les risques et conséquences de cette addiction ponctuelle ?

Si le binge drinking est une pratique fréquente, elle peut avoir de nombreuses conséquences à court terme et à long terme. En effet, le binge drinking va avoir plusieurs types de conséquences :

Les conséquences sur le moment

– Le consommation d’alcool va entraîner une altération des facultés cognitives et comportementales

– La prise de risque peut être accrue au niveau du comportement. Cela peut être le fait de prendre la route en état d’ivresse ou encore d’avoir des rapports sexuels non protégés

– La consommation d’alcool peut engendrer de l’agressivité et des troubles du comportement, rendre agressif (violences aux personnes) ou conduire à se mettre soi-même dans des situations dangereuses, sur la voie publique ou ailleurs

– Dans certains cas, le binge drinking peut générer des intoxications alcooliques aiguës, avec notamment des comas éthyliques

– Le binge drinking chez les jeunes peut aussi générer des troubles le lendemain de l’état d’ivresse avec des troubles du sommeil, de la concentration, ou encore des pertes de mémoire

– Le binge drinking répété peut aussi impacter financièrement a personne qui le pratique, en raison d’achats massifs d’alcool

Les conséquences à long terme :

En plus des conséquences immédiates sur la santé et la vie sociale, le binge drinking peut avoir plusieurs types de conséquences sur le long terme :

– Un risque accru de développer une addiction à l’alcool

– Un risque plus élevé également de développer des formes de cancer (gorge, côlon…)

– Le binge drinking chez les jeunes peut également à long terme entraîner des maladies cardiaques (cardiopathies) ou encore des troubles du foie (cirrhose). Des conséquences neurologiques (cerveau) telles que des neuropathies ou encéphalopathies peuvent aussi se manifester.

Prévention et traitement : comment soigner et arrêter le binge drinking ?

Il n’est pas forcément aisé de détecter le binge drinking chez les jeunes. Mais en cas de suspicion, il est important de dialoguer avec ce dernier sur les dommages générés par l’alcool. Il faut développer une relation de confiance, pour permettre au jeune victime de binge drinking de prendre conscience de sa consommation d’alcool. En cas de difficulté à dialoguer, il est aussi possible d’en parler avec son médecin traitant.

Source

Pourquoi les humains aiment ils autant l’alcool ?

Une nouvelle étude suggère que notre goût pour l’alcool pourrait trouver son origine chez nos ancêtres les singes qui consommaient des fruits mûrs fermentés.

De tous temps, les boissons alcoolisées ont suscité un intérêt chez les Hommes. Au-delà de l’effet d’ivresse qu’elles procurent, qu’est-ce qui fait qu’elles soient autant appréciées ?

Lire aussi : L’alcool stimule-t-il l’appétit ?

La théorie du singe ivre

La fermentation alcoolique est un processus biochimique par lequel des microorganismes transforment le sucre en alcool. Dans les fruits par exemple, l’absence d’oxygène oblige les levures contenues naturellement à transformer le glucose du fruit en éthanol. Plus un fruit contient de sucre, plus d’alcool sera produit.

Le biologiste Robert Dudley de l’Université de Californie de Berkeley aux États-Unis porte ses recherches depuis plusieurs années sur le goût prononcé des humains pour l’alcool. Pourquoi cette boisson nous séduit elle tant, et qu’est-ce qui nous conduit parfois à l’abus?

En 2014, il suggérait une théorie, celle du «singe ivre». Pour lui, ce vif intérêt pour les boissons alcoolisées remonterait à des millions d’années, lorsque nos ancêtres primates ont associé l’odeur de l’alcool aux fruits plus mûrs, donc plus sucrés et plus riches en énergie.

Récemment, une nouvelle étude est venue appuyer cette hypothèse. La primatologue Christina Campbell et son équipe de chercheurs ont collecté et étudié les restes de fruits consommés puis jetés par une espèce de singes Ateles geoffroyi, aussi appelée singes araignées à main noire, dans le Panama en Amérique centrale.

Dans ces restes de fruits (du Jobo, l’alimentation principale des singes-araignées), les chercheurs ont relevé une concentration d’alcool équivalente à environ 1 voire 2% d’alcool, directement issue de la fermentation naturelle du fruit en train de mûrir. L’équipe a également analysé l’urine de six de ces primates vivant en liberté. Cette dernière contenait des métabolites secondaires de l’alcool (comme du glucuronide d’éthyle et du sulfate d’éthyle): il s’agit de composés organiques intermédiaires qui sont issus du métabolisme. Autrement dit, les singes métabolisent réellement l’alcool et s’en servent comme une source d’énergie. Pour la première fois, ces chercheurs ont réussi à prouver que cette espèce de singes sauvages consomme bien de l’éthanol naturellement dans leur environnement.
>>Lire aussi : Comment l’alcool peut-il avoir un effet désinhibant ?

Les singes araignées se nourrissent de fruits. Crédits: shutterstock.

Pourquoi les singes sont-ils attirés par les fruits alcoolisés?

Les fruits contenant de l’éthanol sont aussi ceux chargés en sucre. Or, la présence élevée de glucose apporte une quantité plus importante d’énergie à celui qui consomme le fruit. C’est sans doute ce besoin calorique (élevé chez les singes) qui les conduit vers les fruits fermentés.

D’autres hypothèses ont été avancées: il se pourrait que les fruits fermentés confèrent un avantage antimicrobien aux primates; ou encore que les levures naturellement présentes permettent de pré-digérer le fruit.

Mais pour le biologiste Robert Dudley, les singes ne ressentent probablement pas l’ivresse que nous pouvons ressentir lorsque nous buvons, pour la simple et bonne raison que leur estomac est plein avant d’atteindre les niveaux d’alcool nécessaires pour être enivré.

Pour la primatologue Christina Campbell et autrice principale de l’étude, «il semble qu’il y ait une part de vérité dans l’hypothèse du « singe ivre », à savoir que la propension des humains à consommer de l’alcool découle d’une affinité profondément ancrée des primates frugivores pour l’éthanol présent naturellement dans les fruits mûrs».

Reste à compléter cette hypothèse par des études sur d’autres espèces de primates, et à découvrir les effets de l’éthanol sur leur physiologie.

Source: Royal Society Open Science, mars 2022.

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