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Date

23 avril 2023

Les nouvelles routes de la drogue

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DOULEUR CHRONIQUE : Pourquoi l’alcool fait mal

Comment la consommation d’alcool contribue à la douleur chronique, c’est ce que décrypte et nous explique cette équipe d’addictologues du Scripps Research : l’équipe décrit, dans le British Journal of Pharmacology, comment la consommation d’alcool mais aussi son sevrage, entrainent une augmentation de l’hypersensibilité.

Ainsi, 2 mécanismes moléculaires différents, l’un entraîné par la consommation d’alcool et l’autre par le sevrage alcoolique expliquent ce lien complexe entre l’alcool et la douleur et, en l’occurrence, peuvent entrainer le développement de la douleur chronique.

Les troubles liés à la consommation d’alcool qui comprennent notamment l’abus d’alcool, l’alcoolodépendance affectent près de 30 millions de personnes aux seuls États-Unis. On sait qu’au fil du temps, ces troubles peuvent déclencher de nombreuses maladies chroniques, notamment les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les maladies du foie et certains cancers.

L’auteur principal, le Dr Marisa Roberto, professeur de médecine moléculaire au Scripps Research relève que « la douleur est à la fois un symptôme répandu chez les patients souffrant de dépendance à l’alcool et une raison de boire à nouveau ». Ces travaux, en identifiant ces 2 voies moléculaires, désignent également de nouvelles cibles médicamenteuses possibles pour le traitement de la douleur chronique et de l’hypersensibilité associées à l’alcool.

La douleur, l’un des impacts majeurs de la consommation d’alcool à long terme

Plus de la moitié des personnes atteintes de trouble de la consommation d’alcool ressentent une douleur persistante d’un type ou d’un autre. La neuropathie alcoolique, une lésion nerveuse qui provoque des douleurs chroniques et d’autres symptômes, fait partie de ce type de douleurs. De précédentes études ont montré que :

  • le trouble de la consommation d’alcool est également associé à des changements dans la façon dont le cerveau traite les signaux de douleur, ainsi qu’à des changements dans l’activation du système immunitaire ;
  • à son tour, cette douleur peut entraîner une augmentation de la consommation d’alcool ;
  • de plus, pendant le sevrage, les personnes atteintes de ces troubles peuvent souffrir d’allodynie, une condition caractérisée par le fait qu’un stimulus inoffensif est perçu comme douloureux.

L’étude a recherché les causes sous-jacentes de ces différents types de douleurs liées à l’alcool, en comparant 3 groupes de souris adultes : des animaux modèles d’alcoolodépendance, des animaux ayant un accès limité à l’alcool non-dépendants, des animaux « naïfs » d’alcool. L’expérience montre que :

  • chez les souris dépendantes, l’allodynie se développe pendant le sevrage alcoolique et l’accès ultérieur à l’alcool permet de réduire la sensibilité à la douleur ;
  • environ la moitié des souris non-dépendantes à l’alcool montrent également des signes de sensibilité accrue à la douleur pendant le sevrage de l’alcool mais, contrairement aux souris dépendantes, cette neuropathie n’est pas inversée par une réexposition à l’alcool ;
  • les niveaux de protéines inflammatoires sont augmentées chez les souris dépendantes : cela suggère que différents mécanismes moléculaires peuvent entraîner la douleur ;
  • enfin, ces protéines inflammatoires peuvent être des cibles médicamenteuses prometteuses pour lutter contre la douleur liée à l’alcool.

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Dépénalisation de la drogue : le fiasco de l’Oregon

La dépénalisation de la drogue décidée par l’Oregon n’a pas été le succès escompté: les overdoses ont doublé car les incitations à se désintoxiquer ont disparu. Retour sur un fiasco.  

Des photos de victimes du fentanyl au siège de la Drug Enforcement Admnistration (DEA). La possession de cette drogue, l’une des plus consommées aux Etats-Unis, n’expose plus à une condamnation en justice dans l’Oregon. 

« Nous sommes connus pour nos microbrasseries et la marijuana – et maintenant pour le fentanyl et les tentes de sans-abri « , déplore Tony Vezina qui dirige 4D Recovery, un organisme de traitement de l’addiction. Tout en parcourant en voiture le centre historique de Portland, il montre des junkies fumant du fentanyl dans du papier d’aluminium.

Depuis que l’Oregon a décriminalisé la possession de petites quantités de drogue, en transporter sur soi ne vous expose généralement à aucun ennui sérieux. Désormais, au lieu d’être arrêtées, les personnes trouvées en possession de substances telles que le fentanyl, l’héroïne, la métamphétamine ou le LSD, sont condamnées à un procès-verbal et à une amende qui peut aller jusqu’à 100 dollars, mais qui est annulée si la personne appelle une hotline et accepte de subir une évaluation sanitaire.

58% des habitants approuvaient la décriminalisation

Autrefois l’Oregon était classé parmi les Etats américains connaissant le plus fort taux d’addiction aux drogues illicites, et parmi les plus mal lotis en matière d’accès aux traitements. Recourir au système de justice criminelle pour traiter l’addiction « a été un échec lamentable », rappelle le district attorney de Multnomah County Mike Schmidt qui, après avoir poursuivi pendant des années les utilisateurs, a fait campagne pour la décriminalisation. « Les gens souffrant d’addiction ont besoin d’aide, pas de sanctions judiciaires », proclamaient les flyers de la campagne. Les habitants ont approuvé la décriminalisation à 58%.

Doublement des morts par overdose

Mais depuis que la mesure est entrée en vigueur en février 2021, l’aide n’a pas été facile à trouver. Alors que la pandémie a généré une augmentation de la consommation de drogue dans tout le pays, les morts par overdose ont quasiment doublé en Oregon entre 2019 et 2021, tandis qu’elles n’augmentaient que de 50% au niveau national.

Inciter les gens à suivre un traitement par de simples procès-verbaux ne marche pas, souligne Keith Humphreys de l’université Stanford. Sans une pression sur les consommateurs, dit-il, « il n’existe aucun mécanisme pour les inciter à changer de comportement ». 

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Plus rien n’incite vraiment les drogués à se désintoxiquer 

Sur les 4.000 personnes ayant fait l’objet d’un procès-verbal au cours des deux années d’application de la nouvelle loi, moins de 200 personnes ont appelé la hotline, et moins d’une quarantaine se sont déclarées intéressées par un traitement. La district-attorney de Marion County, Paige Clarkson, rappelle que la répression était un moyen de pousser les gens à se traiter, et que la décriminalisation « nous a totalement privés de cet outil ».

Les partisans de la politique adoptée en Oregon espèrent que les mentors que peuvent devenir les anciens drogués sauront encourager les gens à entrer volontairement en traitement. Mais les financements nécessaires se faisant attendre, les capacités de traitement de l’Etat restent cruellement insuffisantes. Les candidats attendent parfois plus de trois mois avant d’être admis dans un programme. Il faudrait augmenter de 60% les capacités d’accueil.

D’autres Etats envisagent la décriminalisation 

L’Oregon est le seul Etat à avoir tenté la décriminalisation. Mais ses mauvais résultats ne devraient pas décourager les autres Etats de s’y essayer. Des projets de loi décriminalisant la possession ont été présentés dans neuf Etats, dont le Massachusetts et les Etats de New York et Washington. Au Canada, la Colombie britannique a dévoilé son propre projet pilote de décriminalisation.

Ses plus chauds partisans font valoir que la décriminalisation a déjà généré des avantages pour l’Oregon, estimant que 7.000 personnes de moins ont été arrêtées, et qu’il faudra un peu de temps avant que les autres bénéfices se fasse sentir. Pourtant, certains ont déjà changé d’avis. Mingus Mapp, conseiller municipal de Portland, était partisan de la décriminalisation.

Aujourd’hui il est dubitatif, notamment à l’égard de ceux qui recommandent la patience. « Vous n’avez qu’à regarder ce qui se passe sur nos trottoirs, dit-il, nous n’avons plus de temps à perdre. » Il regrette que l’Oregon ait démantelé un système de lutte contre l’addiction sans avoir rien prévu pour le remplacer.

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