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Date

9 juin 2023

LA FRANCE SOUS L’EMPRISE DE LA DROGUE

Cause et symptôme de l’ensauvagement d’une société déboussolée, la drogue installe son emprise sur tout le territoire français. Métropoles, villes moyennes, bourgs, campagnes… aucun lieu n’est préservé. Aucun âge non plus : les victimes directes – consommateurs, vendeurs – sont de plus en plus jeunes, mais la terreur s’étend à toutes les générations : habitants des zones de « deal », simples passants agressés ou victimes collatérales d’une balle perdue, automobilistes accidentés…

L’affaire Palmade, très médiatisée en raison de l’identité du chauffard drogué et alcoolisé, n’est que l’un des accidents de la route attribués à la consommation de stupéfiants qui font quelque 700 morts par an. La drogue détruit des familles et ronge les cerveaux (souvent irrémédiablement chez les plus jeunes). Selon le ministère de l’Intérieur, 10% des auteurs d’homicides conjugaux en 2021 avaient consommé des substances psychoactives.

Et près de la moitié des femmes ayant subi un viol ou une tentative de viol, estimaient que leur agresseur était sous l’influence de l’alcool ou de la drogue. Celle-ci est aussi souvent consommée par des terroristes pour se donner du « courage » avant de passer à l’acte, tels les « assassins » (« ḥašišiywn », en persan) membres d’une secte musulmane qui tuaient sous l’emprise du haschisch.

Chaque jour égrène les « faits divers » dus à la drogue. Il y aurait entre 3000 et 4000 points de deal répartis sur le territoire national. On ne compte plus les règlements de compte entre trafiquants, y compris à coups de kalachnikov et en plein jour ! Rien qu’à Marseille, 26 fusillades mortelles ont eu lieu depuis le mois de janvier (avec un record dans la nuit du 3 avril avec l’exécution de deux hommes de 21 et 23 ans, et de deux adolescents de 15 et 16 ans).

Le 10 mai, une mère de famille a été tuée d’une balle perdue sous les yeux de sa fille. Lundi dernier 5 juin, encore à Marseille, un guetteur tombe sous les balles alors qu’il tentait de se réfugier dans une mosquée. Ce même 5 juin, à Nîmes, le maire annonce la fermeture de la médiathèque du quartier de Pissevin barricadé par des dealers pour protéger leur commerce.

Mardi, à Valence, fermeture de deux écoles primaires après les menaces de trafiquants que gênaient les parents accompagnant leurs enfants… Les policiers et les soignants sont en première ligne des personnes agressées par des consommateurs de drogue totalement désinhibés ou « en manque ».

La panoplie des drogues ne cesse de se diversifier, guettant les consommateurs de drogues prétendument « douces » : au bout du cannabis, vient la tentation du crack (la drogue du pauvre, mélange de cocaïne et de bicarbonate), de la cocaïne, ou des drogues de synthèse, particulièrement dangereuses.

Celles-ci peuvent être confectionnées localement, s’ajoutant à l’offre des stupéfiants déversés massivement depuis les ports d’Anvers, d’Amsterdam ou du Havre ou, par les airs, de Guyane. Leur trafic est des plus lucratifs : les points de vente rapportent de 10 000 à 80 000 euros par jour, jusqu’à 150 000 euros de recette quotidienne pour les trois points de vente les plus rémunérateurs de Marseille. Sur l’ensemble du territoire, cette économie souterraine aurait rapporté, en 2022, près de 5 milliards d’euros…

Au bout du compte, il s’agit bien d’une crise de civilisation, sur fond de la désespérance de générations privées de l’héritage culturel et spirituel qui a fait l’Europe et la France, aggravée par une immigration inassimilable. Face à cette situation, le ministre de l’Intérieur mobilise préfets, policiers et gendarmes.

Mais son collègue ministre de l’Éducation nationale semble plus soucieux de faire passer le « wokisme » et la propagande transgenre dans les établissements que des campagnes de prévention contre la drogue épaulant une réforme de l’enseignement qui renouerait enfin avec l’incomparable patrimoine culturel de la France.

Concrètement, l’impuissance de l’État à juguler le cancer social de la drogue en investissant les « territoires perdus de la République » dirige la France vers une situation « à la mexicaine » alerte Yves Thréard dans Le Figaro .

Cannabis : un nouveau médicament présenté comme « révolutionnaire » pour traiter les addictions sévères

Ce médicament doit permettre de traiter les addictions sévères au cannabis alors qu’il n’existe pas encore un traitement approuvé pour traiter ces troubles, rapporte France Inter.Article rédigé par

franceinfo Publié le 09/06/2023

La France compte 900 000 consommateurs de cannabis quotidiens. Photo d'illustration. (PABLO VERA / AFP)
La France compte 900 000 consommateurs de cannabis quotidiens. Photo d’illustration. (PABLO VERA / AFP)

La société biopharmaceutique bordelaise Aelis Farma a publié, jeudi 8 juin, dans la revue scientifique anglaise Nature Medicine les résultats encourageants d’une nouvelle génération de médicaments pour traiter les addictions sévères au cannabis, rapporte France Inter vendredi 9 juin.

Une approche « révolutionnaire » selon les auteurs de cette étude, alors qu’il n’existe à ce jour aucun médicament approuvé pour traiter ces troubles.

Aelis Farma est spécialisée dans le développement de traitements pour les maladies du cerveau. Les premiers résultats publiés portent sur un médicament d’une nouvelle génération, nommé AEF0117. Il a entraîné « une réduction statistiquement significative » de la consommation de cannabis et de ses effets sur les fumeurs quotidiens, comme « aucun autre médicament n’a réussi » à le faire auparavant, d’après Margaret Haney, chercheuse américaine qui a supervisé les premières phases d’étude du médicament.

Un traitement en cours d’évaluation aux États-Unis

Ce traitement est le premier qui inhibe le récepteur CB1, celui qui est responsable des effets d’addiction au cannabis : il réduit, par exemple, les effets euphorisants de cette drogue. Il diminue aussi l’envie de prendre du cannabis, sans précipiter les conséquences du sevrage. Ce médicament se base en fait sur le mécanisme naturel utilisé par le cerveau pour combattre les effets du cannabis.

« Ces nouveaux résultats suggèrent clairement que AEF0117 pourrait être une approche efficace pour les patients cherchant un traitement pour les troubles liés à la consommation excessive de cannabis », selon Margaret Haney.

Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, il y a 900 000 consommateurs de cannabis quotidiens en France.

Ce nouveau traitement est désormais en cours d’évaluation aux États-Unis, via une étude de phase 2b (permet de déterminer la dose thérapeutique de la molécule sur une plus grande échelle), sur 330 participants souffrant d’addiction au cannabis. Les résultats devraient être disponibles d’ici mi-2024.

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