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Date

10 juin 2023

«Drogue: la mexicanisation de la France»

Par Yves Thréard

Fusillades en plein centre-ville, toxicomanes errant de parc en parc, saisies records de cocaïne dans les ports… Dans tout le pays, la consommation et le trafic de drogues font des ravages.

Le jeune homme avait 16 ans. Il est tombé, le 1er avril, sous les balles de ses tueurs, à deux pas du Vieux-Port. Il est l’une des dernières victimes de la guerre sans merci que se livrent les gangs de la drogue à Marseille. Une ville qui n’en peut plus de voir son nom associé au narcotrafic.

À chaque règlement de comptes, l’émoi est immense, mais rien ne change, en attendant les prochaines fusillades. Les cinq dernières ont eu lieu dans la nuit de mercredi: quatre blessés, dont un adolescent. Rien ne change, sauf l’ampleur du fléau. Celui-ci touche de plus en plus de mineurs et n’est plus cantonné aux quartiers réputés dangereux de la Cité phocéenne. Il s’exporte partout, et partout met en danger les honnêtes gens.

Cette inquiétante évolution est celle de toute la France, en butte à des arrivées de stupéfiants également massives depuis les ports d’Anvers, d’Amsterdam ou du Havre et, par les airs, en provenance de Guyane. L’éventail des substances s’est considérablement élargi avec l’apparition des produits de synthèse à forte dangerosité. Cette économie souterraine en plein développement a pesé, en 2022, près de 5 milliards d’euros, plus que l’achat de livres!

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Les mafias, dont les parrains résident souvent à l’étranger, recrutent une main-d’œuvre non seulement toujours plus jeune, mais aussi prête à déménager pour des emplois de guetteur ou de livreur payés 100 euros la journée: désormais, 40 % des mineurs présentés à la justice marseillaise pour trafic de stupéfiants ne sont pas des «locaux». Inutile de préciser que les «risques du métier» sont immenses (brimades, enlèvements, meurtres) et que l’exploitation de ces salariés au noir relève de la traite des êtres humains. Aujourd’hui, même les départements ruraux sont en proie à la vendetta, qui a pris l’ensemble du territoire en otage!

Emmanuel Macron avait fait de la traque du trafic de drogue, principal moteur de la délinquance, un cheval de bataille de sa campagne. Dans la foulée, Gérald Darmanin promettait une opération coup-de-poing toutes les deux heures. Un an après, la mexicanisation de la France est pourtant en marche…

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VIDÉO – À consommer sans modération : la folle percée des boissons sans alcool

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Ces dernières années, les Français consomment davantage de boissons sans alcool.Il y a quelques années encore, l’option jus de fruits était souvent la seule option. Mais aujourd’hui, tout est possible : bières, vins et cocktails sans une goutte d’alcool colonisent même les cartes des restaurants.

Ce week-end, un groupe d’amis a décidé de se retrouver autour d’un verre en terrasse, à Nantes (Loire-Atlantique). La moitié ont commandé de la bière. Mais pour Nolwenn Le Bozec, ce sera un cocktail sans alcool. Cette jeune femme de 25 ans a arrêté d’en consommer il y a deux ans. Et elle est loin d’être la seule. Le gérant du bar voit affluer des clients amateurs de boissons sans alcool. Il a même fait évoluer sa carte qui propose aujourd’hui une dizaine de références contre deux ou trois seulement, il y a quelques années.

La consommation d’alcool a baissé de plus de moitié depuis 1961

Les Français restent parmi les gros buveurs en Europe. Mais depuis quelques années, leur consommation diminue. En 1961, un Français buvait près de 26 litres d’alcool par an, contre 11,5 litres en 2018. Le marché s’adapte à la nouvelle demande. Dans les grandes surfaces, les rayons dédiés au « sans alcool » s’élargissent.

Bière, grand cru et cocktail sans alcool : le boom des boissons à consommer sans modération !

Même les marques classiques des spiritueux s’y mettent. À Nantes, la première cave sans alcool vient d’ouvrir ses portes. On y trouve des bières, des cocktails et même du vin désalcoolisé. Le marché du sans alcool se développe vite, mais demeure encore minoritaire dans un pays où le vin occupe une place majeure. Près de 10% des Français consomment de l’alcool quotidiennement.

Source TF1

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