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Date

1 juillet 2023

Rien qu’un ou deux verres d’alcool par jour peuvent provoquer diabète de type 2 et obésité

Une consommation légère ou modérée d’alcool ne protège pas contre les risques de diabète de type 2 et d’obésité, d’après une étude.

Rien qu’un ou deux verres d’alcool par jour peuvent provoquer diabète de type 2 et obésité

ITAKDALEE/ISTOCK

L’ESSENTIEL

  • D’après une étude, boire rien qu’un verre d’alcool par jour a un impact délétère sur la santé.
  • La consommation d’alcool, quelle que soit la dose, est un facteur de risque d’obésité et de diabète de type 2.
  • Malgré les risques, les Français restent de grands consommateurs d’alcool comparés à d’autres populations.

L’alcool est un fléau et ce n’est pas qu’une question de dose. En effet, d’après une étude publiée dans Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism de l’Endocrine Society, même si l’on boit moins de 7 verres d’alcool par semaine, les risques sur la santé sont réels.

Alcool : boire peu n’a pas d’effet protecteur sur la santé 

Ainsi, s’il est largement admis qu’une consommation excessive d’alcool est à l’origine d’un large éventail de problèmes de santé (diabète, obésité, troubles hépatiques et maladies cardiaques) une consommation modérée d’alcool n’a pas d’effet protecteur.

En effet, d’après l’étude, même une consommation légère à modérée d’alcool (pas plus d’un verre standard par jour) ne protège pas contre l’obésité et le diabète de type 2.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont évalué les données auto-déclarées sur la consommation d’alcool de 408.540 participants à la banque de données britannique.

La consommation d’alcool impacte davantage les femmes

Ils ont constaté que les personnes qui buvaient plus de 14 verres par semaine avaient une masse grasse plus importante et un risque plus élevé d’obésité et de diabète de type 2.

Le diabète de type 2 est un trouble du métabolisme principalement lié au mode de vie, rappelle l’Inserm.

Ces associations étaient d’ailleurs plus fortes chez les femmes que chez les hommes. Mais aucune donnée n’est venue étayer l’association entre une consommation modérée d’alcool et l’amélioration de l’état de santé des personnes buvant moins de sept boissons alcoolisées par semaine. 

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Alcool : les Français boivent encore trop

« Nous espérons que nos recherches aideront les gens à comprendre les risques associés à la consommation d’alcool et qu’elles éclaireront les futures lignes directrices et recommandations de santé publique relatives à la consommation d’alcool« , a déclaré Tianyuan Lu, de l’Université McGill au Québec, Canada. 

« Nous voulons que notre travail encourage la population générale à choisir d’autres comportements plus sains que la consommation d’alcool« , ont conclu les auteurs.

En France, malgré une diminution régulière du volume d’alcool consommé depuis 50 ans, la consommation de boissons alcoolisées reste très importante, en fréquence et en volume, indique l’Assurance Maladie. La France est d’ailleurs au 4è rang des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) – qui compte 38 pays, en terme de consommation d’alcool. 

Source

Des accidents de la route qui portent la signature du cannabis

30/06/2023
Source: Université Laval

Le type d’accidents de la route dans lesquels sont impliqués les conducteurs qui ont consommé du cannabis serait différent de celui impliquant des conducteurs ayant consommé de l’alcool. C’est ce qu’a constaté une équipe de chercheurs canadiens après avoir étudié près de 7000 accidentés de la route, dont 30% avaient de l’alcool ou du THC dans le sang.


Image d’illustration Pixabay

Ces personnes ont été évaluées entre janvier 2018 et décembre 2021 à l’urgence de l’un des 15 centres de traumatologie qui participaient à l’étude. Un échantillon de sang a été prélevé chez ces patients dans les six heures suivant l’accident. « Ces prélèvements ont été faits pour des raisons médicales et non parce qu’on soupçonnait qu’il y avait eu consommation d’alcool ou de cannabis », précise l’un des auteurs de l’étude, Éric Mercier, de la Faculté de médecine et du Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval.

L’équipe de recherche, dont fait également partie Marcel Émond, de la Faculté de médecine de l’Université Laval, a quantifié la concentration d’alcool et de THC dans le sang de ces patients et ils l’ont mise en relation avec l’âge et le sexe des sujets, le lieu et l’heure de l’accident ainsi que la gravité des blessures. Les analyses, publiées dans la revue Addiction, ont révélé la présence de THC ou d’alcool chez 18% et 17% des patients respectivement. Elles ont aussi montré que 4% des patients présentaient un taux élevé de THC (≥ 5 ng/ml) et que 13% avaient un taux élevé d’alcool (≥ 0,08%).

Parmi les accidentés, les hommes étaient surreprésentés, tant dans le groupe avec taux élevé de THC élevé que dans le groupe avec taux élevé d’alcool. Les jeunes étaient aussi plus à risque, particulièrement dans le groupe de personnes ayant consommé du cannabis. « Un des résultats qui nous a frappés est que, chez les moins de 19 ans, 5% présentaient un taux élevé de THC alors qu’à peine 3% avaient un taux élevé d’alcool », souligne le professeur Mercier.

Les caractéristiques de l’accident semblent révélatrices d’un certain patron de consommation, suggèrent les résultats. Ainsi, il y a davantage de risque que les accidents impliquant des personnes ayant un taux élevé d’alcool se produisent la nuit, pendant la fin de semaine, en zones rurales, qu’ils impliquent un seul véhicule et qu’ils causent des blessures graves.

À l’opposé, il y a plus de risques que les accidents impliquant des personnes ayant un taux élevé de THC surviennent pendant la journée, un jour de semaine et qu’ils impliquent plusieurs véhicules. « Cela suggère une consommation routinière de cannabis plutôt qu’une consommation récréative dans un contexte spécial », avance Éric Mercier.

Lorsque les membres du personnel soignant traitent un patient qui a eu un accident de la route typique de ceux qui surviennent sous l’effet du cannabis, ils devraient avoir une conversation avec le patient sur les risques que ce produit pose pour la conduite automobile « Des interventions de la sorte ont montré leur efficacité dans le cas de l’alcool », rappelle le professeur Mercier, qui est également médecin urgentologue et chef d’équipe en traumatologie à l’hôpital de l’Enfant-Jésus du CHU de Québec.

Les interventions des gouvernements pourraient aussi s’inspirer des résultats de cette étude, poursuit-il. « Nos données montrent que les jeunes de moins de 19 ans forment un groupe particulièrement à risque pour ce qui est de la conduite automobile sous l’effet du cannabis, ce qui n’est pas le cas pour l’alcool. La règle du zéro alcool prévue au Code de la sécurité routière pour les moins de 22 ans peut expliquer ce constat. Il faudrait envisager l’adoption d’une mesure similaire pour le THC. »

Enfin, les campagnes de sensibilisation portant sur les risques associés à la conduite automobile sous l’effet du cannabis auraient intérêt à cibler les jeunes hommes, un groupe chez qui la juste appréciation du risque fait parfois défaut. « Il existe une fausse croyance qui veut que le cannabis affecte peu la capacité de conduire. Une personne sous l’effet du cannabis est très mal placée pour évaluer son niveau d’intoxication et sa capacité à conduire. Il n’est pas mauvais de le redire et de rappeler que la conduite sous l’effet du cannabis peut avoir des conséquences graves pour soi-même et pour les autres », conclut le professeur Mercier

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