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Date

6 juillet 2023

Lettre du CNPERT Juillet 2023

Chers collègues                                                                      

Voici la lettre N° 85 de notre CNPERT.

C’est par un bel éloge de notre ami, Jean-Pierre Olié par Claude Pierre Giudicelli qui nous rappelle la brillante carrière de notre collègue et son implication dans l’activité du CNPERT. Il nous manque déjà. Nous nous associons au chagrin de ses proches.

Malgré les constantes et nouvelles observations des méfaits du cannabis, la dernière étant l’association de sa consommation à l’émergence de troubles schizophréniques, les partisans de sa légalisation n’en démordent pas au mépris de toute logique. Non le cannabis n’est pas une drogue douce, non il ne favorise pas la créativité, non il n’est pas analgésique. Mais oui, il est addictogène, peu réversible et son marché est des plus rentables. C’est pour cela qu’on l’exploite.

Faute de pouvoir l’innocenter (!) ou l’imposer, on tente de le contourner en mettant à profit des substances apparentées chimiquement et toxicologiquement au THC et présentes dans la plante. Après le CBD, moins addictogène semble t-il, voici le HHC qui l’est nettement plus et qui en dérive. La preuve est faite que cette «  recherche  » vise des effets psychogènes et non thérapeutiques. On le savait déjà, mais elle s’affirme au grand jour avec des prix promotionnels.

Nos objectifs restent entiers avec l’espoir que l’antidote du THC verra le jour : imaginé à Bordeaux, il est étudié actuellement aux USA !

Bonnes vacances et à bientôt, à l’Académie.

Jean Paul Tillement

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Quand le CBD vire au C’est Bêtement Débile

Pr. Jean Costentin

La CBD mania s’amplifie, invitant à revenir sur ce qui s’apparente à une tromperie, à une alversation.

Avant d’évoquer les quelques effets réels, et surtout la multitude des effets imaginaires impartis au cannabidiol/CBD, objet d’un exceptionnel emballement médiatique, revenons sur les circonstances de son développement et sur l’engouement qu’il suscite, en prenant appui sur la crédulité de nombre de nos concitoyens.

Le chanvre indien/cannabis, par son principe actif majeur le tétrahydrocannabinol/THC, puissamment psychotrope (dès ses très faibles concentrations sanguines, de l’ordre du millionième de gramme par litre) induit, comme toutes les autres drogues, une appétence.

Elle incite à en répéter l’usage/l’us, ce qui conduit à l’abus, c’est à dire à la dépendance, qui affecte environ 20% de ceux qui ont eu la mauvaise idée de s’en approcher. Jouant de cet attrait et subodorant un juteux marché, des Rapatous de la finance, indifférents aux conséquences sanitaires, sociales, sociétale très négatives de son expansion, se sont préparés pour le produire abondamment et pour le diffuser.

Dépensant des sommes considérables, ils ont bâti des serres, sélectionné des cultivars, mobilisé des médias, lancé des commandos de lobbyistes pour subvertir des décideurs aux plus hauts niveaux des pouvoirs publics (députés, sénateurs, partis politiques, maires…). Leurs actions ont conduit à l’institution d’une mission parlementaire, initiée par le député O. Véran, avant qu’il ne devienne ministre de la Santé, puis le porte-parole que l’on sait du gouvernement.

Cette mission vise ostensiblement à la légalisation du cannabis, en trois strates : le cannabis dit « thérapeutique » ; le cannabis dit « de confort » (par référence au cannabidiol) ; et enfin le cannabis dit « récréatif » pour éviter le qualificatif toxicomaniaque susceptible d’effrayer l’électeur qui ne leur a pas donné mandat pour ce faire.

Simultanément des médecins, des pharmaciens, des scientifiques, pharmacologues, toxicologues, cliniciens, épidémiologistes, thérapeutes ont pris connaissance des méfaits sanitaires du cannabis, plus important encore que ceux du tabac et de l’alcool (auquel il est d’ailleurs souvent associé).

Malgré la pusillanimité et la discrétion des médias à les restituer, ces mises en garde cheminent et font craindre à ces Rapetous la ruine de leur projet du « cannabis pour tout, cannabis pour tous ». Les moyens qu’ils ont engagés étant énormes, ils devaient rebondir.

Une autre molécule, très voisine du THC, largement présente dans la plante, le cannabidiol/CBD, pouvait sauver leur mise. Des manipulations génétiques ont permis d’éteindre dans la plante la synthèse du THC et de privilégier celle du CBD. Il leur restait à bâtir une réputation extraordinaire à ce CBD, pour en faire une thériaque, une panacée, un sirop Typhon (de la chanson, buvons, buvons… de Richard Anthony).

Prenant grand soin de le distinguer du THC, ils ont déclaré que le CBD était dénué d’activités psychotropes. Pourtant, dans l’élan irrépressible lui impartissant des activités multiples, ils ont décrit des activités typiquement psychotropes : sédatif, tranquillisant, anxiolytique, ataraxique ; antistress ; antipsychotique ; antidépresseur ; actif pour l’aide à l’abstinence de plusieurs drogues.

Ils lui ont aussi imparti des activités neurotropes : anti spastique ; antalgique ; anti-Alzheimer ; antiparkinsonienne ; une activité dans la chorée d’Huntington ainsi que dans la redoutable sclérose latérale amyotrophique et encore comme antiépileptique.

Ils ont revendiqué de nombreux autres effets, physiques ceux-là, dans: l’arthrose ; les prostatites ; la fibromyalgie ; les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (Crohn et rectocolite hémorragique) ; le colon irritable ; l’acné ; les nausées et les vomissements, la prévention du diabète de type 2,….

Deux effets, ceux-là démontrés, ont permis l’obtention d’une autorisation de mise sur le marché de deux médicaments. Un premier, associe du THC à du CBD, le Sativex ® , indiqué contre les spasmes musculaires douloureux de la sclérose en plaques. Pourtant, 8 ans après l’obtention de son A.M.M. en France, et l’élévation au pinacle par les médias, il n’est pas commercialisé.

La commission spécialisée du ministère de la Santé a jugé que le service médical qu’il pouvait rendre étant négligeable, il ne serait remboursé qu’à 15% de son prix par la sécurité sociale (comme l’étaient alors les médicaments homéopathiques) ; exit ainsi le Sativex ®

Un second médicament, l’Epidyolex ® , fait du seul CBD, est commercialisé pour deux indications : le syndrome de Dravet et le syndrome de Lennox-Gastaut ; deux variétés rares et graves d’épilepsies infantiles.

Il s’agit d’une microniche thérapeutique mais s’agissant d’un produit issu du cannabis, son retentissement médiatique a été démesuré, présenté comme une révolution. Plus posément indiquons que ce médicament a démontré une activité antiépileptique, qu’il n’exerce qu’en étant ajouté aux autres médicaments faiblement actifs déjà administrés ; il diminue alors la fréquence des crises, sans pour autant les faire disparaître.

Des médias, des publicités mensongères, des groupes de pression, d’insatiables Rapetous, abusent de la crédulité du public. Craignons que les succès commerciaux qu’ils remportent stimulent leurs ardeurs pour de nouvelles malversations.

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