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juillet 2023

Lettre du CNPERT Juillet 2023

Chers collègues                                                                      

Voici la lettre N° 85 de notre CNPERT.

C’est par un bel éloge de notre ami, Jean-Pierre Olié par Claude Pierre Giudicelli qui nous rappelle la brillante carrière de notre collègue et son implication dans l’activité du CNPERT. Il nous manque déjà. Nous nous associons au chagrin de ses proches.

Malgré les constantes et nouvelles observations des méfaits du cannabis, la dernière étant l’association de sa consommation à l’émergence de troubles schizophréniques, les partisans de sa légalisation n’en démordent pas au mépris de toute logique. Non le cannabis n’est pas une drogue douce, non il ne favorise pas la créativité, non il n’est pas analgésique. Mais oui, il est addictogène, peu réversible et son marché est des plus rentables. C’est pour cela qu’on l’exploite.

Faute de pouvoir l’innocenter (!) ou l’imposer, on tente de le contourner en mettant à profit des substances apparentées chimiquement et toxicologiquement au THC et présentes dans la plante. Après le CBD, moins addictogène semble t-il, voici le HHC qui l’est nettement plus et qui en dérive. La preuve est faite que cette «  recherche  » vise des effets psychogènes et non thérapeutiques. On le savait déjà, mais elle s’affirme au grand jour avec des prix promotionnels.

Nos objectifs restent entiers avec l’espoir que l’antidote du THC verra le jour : imaginé à Bordeaux, il est étudié actuellement aux USA !

Bonnes vacances et à bientôt, à l’Académie.

Jean Paul Tillement

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Quand le CBD vire au C’est Bêtement Débile

Pr. Jean Costentin

La CBD mania s’amplifie, invitant à revenir sur ce qui s’apparente à une tromperie, à une alversation.

Avant d’évoquer les quelques effets réels, et surtout la multitude des effets imaginaires impartis au cannabidiol/CBD, objet d’un exceptionnel emballement médiatique, revenons sur les circonstances de son développement et sur l’engouement qu’il suscite, en prenant appui sur la crédulité de nombre de nos concitoyens.

Le chanvre indien/cannabis, par son principe actif majeur le tétrahydrocannabinol/THC, puissamment psychotrope (dès ses très faibles concentrations sanguines, de l’ordre du millionième de gramme par litre) induit, comme toutes les autres drogues, une appétence.

Elle incite à en répéter l’usage/l’us, ce qui conduit à l’abus, c’est à dire à la dépendance, qui affecte environ 20% de ceux qui ont eu la mauvaise idée de s’en approcher. Jouant de cet attrait et subodorant un juteux marché, des Rapatous de la finance, indifférents aux conséquences sanitaires, sociales, sociétale très négatives de son expansion, se sont préparés pour le produire abondamment et pour le diffuser.

Dépensant des sommes considérables, ils ont bâti des serres, sélectionné des cultivars, mobilisé des médias, lancé des commandos de lobbyistes pour subvertir des décideurs aux plus hauts niveaux des pouvoirs publics (députés, sénateurs, partis politiques, maires…). Leurs actions ont conduit à l’institution d’une mission parlementaire, initiée par le député O. Véran, avant qu’il ne devienne ministre de la Santé, puis le porte-parole que l’on sait du gouvernement.

Cette mission vise ostensiblement à la légalisation du cannabis, en trois strates : le cannabis dit « thérapeutique » ; le cannabis dit « de confort » (par référence au cannabidiol) ; et enfin le cannabis dit « récréatif » pour éviter le qualificatif toxicomaniaque susceptible d’effrayer l’électeur qui ne leur a pas donné mandat pour ce faire.

Simultanément des médecins, des pharmaciens, des scientifiques, pharmacologues, toxicologues, cliniciens, épidémiologistes, thérapeutes ont pris connaissance des méfaits sanitaires du cannabis, plus important encore que ceux du tabac et de l’alcool (auquel il est d’ailleurs souvent associé).

Malgré la pusillanimité et la discrétion des médias à les restituer, ces mises en garde cheminent et font craindre à ces Rapetous la ruine de leur projet du « cannabis pour tout, cannabis pour tous ». Les moyens qu’ils ont engagés étant énormes, ils devaient rebondir.

Une autre molécule, très voisine du THC, largement présente dans la plante, le cannabidiol/CBD, pouvait sauver leur mise. Des manipulations génétiques ont permis d’éteindre dans la plante la synthèse du THC et de privilégier celle du CBD. Il leur restait à bâtir une réputation extraordinaire à ce CBD, pour en faire une thériaque, une panacée, un sirop Typhon (de la chanson, buvons, buvons… de Richard Anthony).

Prenant grand soin de le distinguer du THC, ils ont déclaré que le CBD était dénué d’activités psychotropes. Pourtant, dans l’élan irrépressible lui impartissant des activités multiples, ils ont décrit des activités typiquement psychotropes : sédatif, tranquillisant, anxiolytique, ataraxique ; antistress ; antipsychotique ; antidépresseur ; actif pour l’aide à l’abstinence de plusieurs drogues.

Ils lui ont aussi imparti des activités neurotropes : anti spastique ; antalgique ; anti-Alzheimer ; antiparkinsonienne ; une activité dans la chorée d’Huntington ainsi que dans la redoutable sclérose latérale amyotrophique et encore comme antiépileptique.

Ils ont revendiqué de nombreux autres effets, physiques ceux-là, dans: l’arthrose ; les prostatites ; la fibromyalgie ; les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (Crohn et rectocolite hémorragique) ; le colon irritable ; l’acné ; les nausées et les vomissements, la prévention du diabète de type 2,….

Deux effets, ceux-là démontrés, ont permis l’obtention d’une autorisation de mise sur le marché de deux médicaments. Un premier, associe du THC à du CBD, le Sativex ® , indiqué contre les spasmes musculaires douloureux de la sclérose en plaques. Pourtant, 8 ans après l’obtention de son A.M.M. en France, et l’élévation au pinacle par les médias, il n’est pas commercialisé.

La commission spécialisée du ministère de la Santé a jugé que le service médical qu’il pouvait rendre étant négligeable, il ne serait remboursé qu’à 15% de son prix par la sécurité sociale (comme l’étaient alors les médicaments homéopathiques) ; exit ainsi le Sativex ®

Un second médicament, l’Epidyolex ® , fait du seul CBD, est commercialisé pour deux indications : le syndrome de Dravet et le syndrome de Lennox-Gastaut ; deux variétés rares et graves d’épilepsies infantiles.

Il s’agit d’une microniche thérapeutique mais s’agissant d’un produit issu du cannabis, son retentissement médiatique a été démesuré, présenté comme une révolution. Plus posément indiquons que ce médicament a démontré une activité antiépileptique, qu’il n’exerce qu’en étant ajouté aux autres médicaments faiblement actifs déjà administrés ; il diminue alors la fréquence des crises, sans pour autant les faire disparaître.

Des médias, des publicités mensongères, des groupes de pression, d’insatiables Rapetous, abusent de la crédulité du public. Craignons que les succès commerciaux qu’ils remportent stimulent leurs ardeurs pour de nouvelles malversations.

Vers une République de marquis poudrés?

La cocaïne ne semble pas touchée par l’inflation. Voici pourquoi

Céline Pina 4 juillet 2023

Vers une République de marquis poudrés?
Plus d’une tonne de cocaïne saisie au bord d’un navire de commerce par les douaniers garde-côtes de Manche-Mer du Nord, Dunkerque, octobre 2021

Comme chez nos voisins européens, la cocaïne est désormais disponible à prix cassé dans nos villes et nos campagnes. Importée en gros, elle a cessé d’être un produit de luxe. Mais son inquiétant pouvoir de corruption et de destruction, lui, n’a pas diminué.


La vie est chère ? Tout augmente ? Pas forcément. De 150 euros au détail il y a quelques années, le gramme de cocaïne se négocie aujourd’hui entre 60 et 80 euros à Paris. Face à la hausse de prix de l’énergie et des matières premières, la cocaïne, jadis produit de luxe, se démocratise.

L’augmentation des saisies en témoigne : dans le port d’Anvers, en 2022, la police a saisi 110 tonnes de cocaïne. En 2015, c’était moins de 16 tonnes. Ces chiffres témoignent moins de l’amélioration des performances policières contre le trafic que de l’explosion du marché : l’Europe est le nouvel eldorado des trafiquants de cocaïne.

Yann Bastière, représentant de SGP Unité Police explique le mécanisme à l’œuvre : « Le marché de la cocaïne aux États-Unis est saturé. Dans le même temps, la production explose. En Colombie, premier pays producteur, les surfaces ensemencées ont augmenté de 43 % en 2021 par rapport à 2020. Trouver de nouveaux débouchés est une nécessité vitale.

Pour que ces marchés soient rentables, il faut pouvoir écouler de grandes quantités de drogue. Voilà pourquoi l’Europe et son importante classe moyenne sont la cible privilégiée des trafiquants depuis quelques années. Voilà pourquoi les prix sont en baisse tandis que la qualité augmente : il faut conquérir et fidéliser de nouveaux consommateurs. »

Des arrivées massives et peu contrôlées

La porte d’entrée de la drogue, ce sont les grands ports de conteneurs, comme Anvers, Rotterdam ou Le Havre. Un autre acteur est déterminant dans le cas de la France : la Guyane. Sa frontière avec le Suriname, narco-État et plaque tournante du trafic de la cocaïne colombienne vers la France, en fait un véritable « narco-département ».

Selon une source policière, « la frontière avec le Suriname, très peu contrôlée, ressemble aux Champs-Élysées en matière de fréquentation, surtout à l’approche des deux rotations quotidiennes de l’aéroport de Cayenne vers la France. À chaque contrôle, on attrape trois ou quatre mules, mais on sait très bien que ce n’est que la pointe immergée de l’iceberg. Plus il y a de mules, alors que les effectifs de douane sont limités, plus un grand nombre passe entre les mailles du filet. Ils se moquent de perdre trois ou quatre mules si sur chaque voyage ils en font passer des dizaines d’autres. » 

Et ce fonctionnaire longtemps chargé de la lutte contre le trafic de stupéfiants de raconter : « Un jour, nous avions décidé de faire un contrôle exhaustif et inopiné d’un avion. Même en prenant la décision le plus tard possible, le pouvoir de corruption des trafiquants est tel que l’info a fuité malgré tout. Eh bien, sur un avion de 250 personnes, une quarantaine de personnes ne se sont pas présentées à l’embarquement alors que les billets n’étaient plus remboursables. »

Le gros du trafic vers l’Europe reste néanmoins transporté par conteneur. Dans le cas emblématique d’Anvers, seul 1,5 % des 12 millions de conteneurs débarqués sont analysés. De source policière, on estime que seulement 10 % de la drogue transitant par ce biais serait interceptée. Pour les trafiquants, cette perte est acceptable au vu des énormes bénéfices : le marché de la cocaïne à Anvers est estimé à plus de 50 milliards par an, soit 10 % du PIB de la Belgique.

Terreur et corruption

« Les trafiquants connaissent parfaitement le fonctionnement des ports. Ils planquent notamment la drogue dans des conteneurs de produits périssables, car ceux-ci doivent être débarqués très vite et ne peuvent être stockés. Mais surtout, ils disposent de tellement d’argent qu’ils n’ont pas de mal à corrompre des dockers, des douaniers, des policiers… Et si la corruption ne marche pas, il reste la terreur », raconte Fabrice Rizzoli, président de Crim’Halt. À Anvers, la violence générée par le trafic de drogue a ainsi débordé du port sur la ville, pour finir par gangrener le pays. La situation est devenue d’autant plus incontrôlable que les autorités ont longtemps refusé d’investir dans des systèmes de caméras performants ou des portiques à scanners.

Facile d’accès, le port est devenu le terrain de jeu de la « Mocro Maffia », cette mafia marocaine qui sévit dans le nord de l’Europe, notamment en Belgique, aux Pays-Bas ou dans le nord de la France, régions où beaucoup d’immigrés issus du Rif se sont installés depuis les années 1960. En effet, l’arrivée de la cocaïne s’appuie sur les réseaux déjà existants, et notamment ceux du cannabis.

Selon Yann Bastière, « il existe une joint-venture entre mafias italienne, marocaine et corse, et les producteurs sud-américains. Une des preuves de ces liens structurels se trouve au Maroc. On y saisit en effet de plus en plus de cocaïne alors que le Maroc n’est pas producteur. Le produit y arrive, car il emprunte les routes du trafic de cannabis et est distribué par les mêmes acteurs. »

En France, le port du Havre s’est imposé rapidement comme une porte d’entrée importante pour la cocaïne. En 2021, 10 tonnes de cocaïne ont été saisies, une augmentation de 164 % en un an. Comme à Anvers, corruption et violences ont organisé l’emprise mafieuse sur le port et les dockers sont en première ligne.

L’organisation particulière des ports et le règne de syndicats tout-puissants qui imposent leurs normes empêchent l’installation de caméras, imposent un accès libre aux conteneurs par les dockers, font de ceux-ci des agents incontournables pour récupérer la marchandise.

Une source policière nous a confirmé que, « sans la complicité de dockers, faire sortir la drogue est impossible. D’ailleurs, un certain nombre d’entre eux se retrouvent devant la justice suite à des affaires de corruption. Cela permet de se faire une idée des sommes offertes par les trafiquants. 10 000 euros pour un prêt de badge, 50 000 euros au grutier pour déplacer un conteneur… Difficile de résister à de telles tentations. »

L’appât du gain n’explique cependant pas tout. Selon Yann Bastière, « l’extrême violence des trafiquants et leur détermination mettent une pression énorme sur les employés des docks, les douaniers et les policiers. Au Havre, des dockers ont été enlevés et séquestrés, leurs familles ciblées. Et il y a une disproportion entre les moyens affectés au contrôle et à la police, et ceux des trafiquants. » Depuis que les polices belges, françaises et néerlandaises ont réussi à s’introduire dans la messagerie Sky ECC utilisée par des réseaux mafieux, elles sont tombées sur des vidéos de chambres de torture, de personnes démembrées et passées au hachoir.

De quoi décourager l’honnêteté. Le port du Havre a déjà connu des enlèvements et son premier mort. En 2020, le corps d’Allan Affagard, docker et syndicaliste CGT, a été retrouvé derrière une école. Il avait été soupçonné d’avoir facilité la sortie de cocaïne du port et mis en examen pour cela. Des accusations qu’il avait toujours récusées.

Le pouvoir des trafiquants

Aux Pays-Bas, la princesse héritière et le Premier ministre sont directement menacés de mort par les trafiquants. En Belgique, c’est le ministre de la Justice qui est ciblé. Mais si des menaces réelles pèsent sur la classe politique, l’inquiétude réside aussi dans sa corruption potentielle. Avec des enjeux et des moyens colossaux, les réseaux mafieux ont besoin de développer des liens avec les élus à tous les niveaux.

Certes, peu d’affaires ont éclaté, mais les spécialistes pensent que l’histoire retentissante qui a éclaboussé la ville de Saint-Denis, où une demi-tonne de cannabis était entreposée dans le centre technique municipal, n’est peut-être pas si exceptionnelle. La relative impunité dont a bénéficié l’employé durant le temps qu’a duré ce trafic interroge sur l’aveuglement des élus et la grande mansuétude de la hiérarchie.

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On peut citer aussi le cas de Florence Lamblin, élue EELV et adjointe au maire du 13e arrondissement, accusée d’avoir aidé au blanchiment d’argent lié au trafic de drogue, ou encore de Nicolas Jeanneté, directeur du parti Nouveau Centre et conseiller de Paris, accusé de trafic de stupéfiants, de Mélanie Boulanger, maire PS de Canteleu et de son adjoint chargé du commerce, accusés d’avoir été sous l’emprise de trafiquants de drogue et de leur avoir « facilité » la vie.

Comme dans le cas des personnels portuaires, le ciblage des élus pourrait s’avérer d’autant plus « rentable » que les menaces de mort des caïds de la drogue sont crédibles, durables et suivies d’effets, là où la protection policière peut apparaître limitée et défaillante.

En attendant une réaction à la hauteur des périls encourus, les spécialistes du marché de la drogue alertent : « Quand la production augmente et que les prix sont quasiment divisés par deux, on constate un rajeunissement et une massification des consommateurs. […] Pour s’en procurer, il suffit de taper “livraison de cocaïne” sur Twitter ou Snapchat par exemple, cela permet d’obtenir un numéro fonctionnant sur WhatsApp, qui vous livre chez vous dans l’heure », raconte Yann Bastière. L’ubérisation du deal fonctionne à merveille. Pour notre malheur collectif.

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La «drogue du zombie» ravage les Etats-Unis: arrive-t-elle en Suisse?

La «drogue du zombie» pousse les autorités sanitaires américaines à s’emparer du dossier dans l’urgence. A Philadelphie, l’épicentre du fléau, les ravages sont conséquents. Mais qu’en est-il en Suisse?

Une nouvelle drogue qui sonne comme une potion de l’enfer: la xylazine, un sédatif pour animaux non-autorisé pour un usage humain par l’Agence américaine des médicaments (FDA) mélangée à du fentanyl. Une mixture si addictive qu’elle a remplacé l’héroïne à New York. Si Philadelphie est le noyau, même l’épicentre de ce cocktail (dévastateur) baptisé «tranq», la Grosse pomme est touchée de plein fouet par le fléau: 19% des overdoses , soit 419 décès, impliquaient de la xylazine en 2021, selon les chiffres établis par la ville.

Surnommée la «drogue du zombie», elle peut vous mettre KO pendant des heures, selon les témoignages compulsés.

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Pourtant, la substance n’est pas si dangereuse. C’est surtout le croisement avec le fentanyl qui est fatal. Le mélange, 50 fois plus puissant que l’héroïne, est responsable de la crise des opioïdes au pays de l’oncle Sam. Ce tranquillisant pour animaux inhibe le système nerveux sympathique, responsable de la contraction des muscles. Cela ralentit donc le rythme cardiaque et la respiration du consommateur, rappelle L’Express.

Le pire? Les effets secondaires

L’administration Biden en parle comme «la drogue la plus mortelle ayant jamais menacé les Etats-Unis». Et si les individus sous l’emprise de cette drogue se traînent, comme déconnectés de leur corps, elle peut également engendrer des plaies profondes sur une peau nécrosée, creusant même jusqu’à l’os. Les effets secondaires sont absolument dévastateurs.

«Souvent, les gens disent qu’apparaissent des petits bleus ou des marques noires, puis c’est comme si les tissus mouraient dans la zone concernée»

Une infirmière à l’AFP

Même si elle n’appartient pas à la famille des opioïdes, elle provoque, tout comme eux, une insuffisance respiratoire en cas d’abus. Pire, le naloxone, remède prévu pour traiter les surdosages, n’a aucun effet sur la xylazine.

Et en Suisse?

L’Europe reste, pour l’heure, à l’écart de cette tendance mortelle. La France a officiellement repéré des cas, mais l’impact sur le marché est très, très moindre. Le produit a été détecté par deux fois dans de l’héroïne, à Lyon.

Au Royaume-Uni, une première overdose mortelle a été repérée par les autorités cette année. Comme le rapporte Le Point, l’Agence européenne des drogues souligne, dans une publication datant du 16 juin, le cas de l’Estonie qui a identifié de la xylazine dans plusieurs échantillons contenant des mélanges de différentes drogues. 

L’agence explique que la percée de ce cocktail n’est pour l’heure que très limitée, mais «ce groupe de substances représente une menace, susceptible d’avoir un impact plus significatif sur la santé et la sécurité européennes à l’avenir.»

Nick Gallagher reacts as volunteer registered nurse Jennifer D'Angelo treats his skin wounds the Savage Sisters' community outreach storefront in the Kensington neighborhood of Philadelphia, ...

Un consommateur de xylazine, ici, à Philadelphie. keystone

Les ravages aux Etats-Unis préoccupent les autorités sanitaires, car la situation paraît ingérable dans plusieurs villes américaines. Un désastre sanitaire qui ne semble pas trop inquiéter ici, en Suisse. Frank Zobel, directeur adjoint chez Addiction Suisse, reste mesuré concernant l’arrivée de la xylazine.

«Les marchés des drogues américains et européens sont souvent très différents. Cela fait dix ans que nous parlons du fentanyl et à part quelques épiphénomènes, nous n’en avons pas encore»

Frank Zobel, co-responsable du secteur Recherche chez Addition Suisse

Si une crise éclate aux Etats-Unis, «cela ne signifie toutefois pas qu’elle va apparaître de manière significative chez nous», tempère Frank Zobel.

«Notre expérience est qu’il ne faut pas créer des « drug panics » avant qu’elles n’existent véritablement» Frank Zobel

En Europe, les habitudes de consommation ne changent pas. En Suisse, les autorités continuent à encadrer les usagers. Les locaux de consommation ou les suivis par des médecins font que les personnes tombées dans la drogue ne bouleversent pas leur routine et ne cherchent pas à tenter de nouvelles drogues comme la xylazine.

Ce fléau qui gangrène certaines villes des Etats-Unis est lié à l’accès aux soins: difficile et trop onéreux pour une frange de la population. «On envoie les forces de police, mais ça ne sauve pas le consommateur. En Suisse, ils sont suivis et ne sont pas livrés à eux-mêmes comme aux Etats-Unis», conclut Frank Zobel.

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Rien qu’un ou deux verres d’alcool par jour peuvent provoquer diabète de type 2 et obésité

Une consommation légère ou modérée d’alcool ne protège pas contre les risques de diabète de type 2 et d’obésité, d’après une étude.

Rien qu’un ou deux verres d’alcool par jour peuvent provoquer diabète de type 2 et obésité

ITAKDALEE/ISTOCK

L’ESSENTIEL

  • D’après une étude, boire rien qu’un verre d’alcool par jour a un impact délétère sur la santé.
  • La consommation d’alcool, quelle que soit la dose, est un facteur de risque d’obésité et de diabète de type 2.
  • Malgré les risques, les Français restent de grands consommateurs d’alcool comparés à d’autres populations.

L’alcool est un fléau et ce n’est pas qu’une question de dose. En effet, d’après une étude publiée dans Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism de l’Endocrine Society, même si l’on boit moins de 7 verres d’alcool par semaine, les risques sur la santé sont réels.

Alcool : boire peu n’a pas d’effet protecteur sur la santé 

Ainsi, s’il est largement admis qu’une consommation excessive d’alcool est à l’origine d’un large éventail de problèmes de santé (diabète, obésité, troubles hépatiques et maladies cardiaques) une consommation modérée d’alcool n’a pas d’effet protecteur.

En effet, d’après l’étude, même une consommation légère à modérée d’alcool (pas plus d’un verre standard par jour) ne protège pas contre l’obésité et le diabète de type 2.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont évalué les données auto-déclarées sur la consommation d’alcool de 408.540 participants à la banque de données britannique.

La consommation d’alcool impacte davantage les femmes

Ils ont constaté que les personnes qui buvaient plus de 14 verres par semaine avaient une masse grasse plus importante et un risque plus élevé d’obésité et de diabète de type 2.

Le diabète de type 2 est un trouble du métabolisme principalement lié au mode de vie, rappelle l’Inserm.

Ces associations étaient d’ailleurs plus fortes chez les femmes que chez les hommes. Mais aucune donnée n’est venue étayer l’association entre une consommation modérée d’alcool et l’amélioration de l’état de santé des personnes buvant moins de sept boissons alcoolisées par semaine. 

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Alcool : les Français boivent encore trop

« Nous espérons que nos recherches aideront les gens à comprendre les risques associés à la consommation d’alcool et qu’elles éclaireront les futures lignes directrices et recommandations de santé publique relatives à la consommation d’alcool« , a déclaré Tianyuan Lu, de l’Université McGill au Québec, Canada. 

« Nous voulons que notre travail encourage la population générale à choisir d’autres comportements plus sains que la consommation d’alcool« , ont conclu les auteurs.

En France, malgré une diminution régulière du volume d’alcool consommé depuis 50 ans, la consommation de boissons alcoolisées reste très importante, en fréquence et en volume, indique l’Assurance Maladie. La France est d’ailleurs au 4è rang des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) – qui compte 38 pays, en terme de consommation d’alcool. 

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Des accidents de la route qui portent la signature du cannabis

30/06/2023
Source: Université Laval

Le type d’accidents de la route dans lesquels sont impliqués les conducteurs qui ont consommé du cannabis serait différent de celui impliquant des conducteurs ayant consommé de l’alcool. C’est ce qu’a constaté une équipe de chercheurs canadiens après avoir étudié près de 7000 accidentés de la route, dont 30% avaient de l’alcool ou du THC dans le sang.


Image d’illustration Pixabay

Ces personnes ont été évaluées entre janvier 2018 et décembre 2021 à l’urgence de l’un des 15 centres de traumatologie qui participaient à l’étude. Un échantillon de sang a été prélevé chez ces patients dans les six heures suivant l’accident. « Ces prélèvements ont été faits pour des raisons médicales et non parce qu’on soupçonnait qu’il y avait eu consommation d’alcool ou de cannabis », précise l’un des auteurs de l’étude, Éric Mercier, de la Faculté de médecine et du Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval.

L’équipe de recherche, dont fait également partie Marcel Émond, de la Faculté de médecine de l’Université Laval, a quantifié la concentration d’alcool et de THC dans le sang de ces patients et ils l’ont mise en relation avec l’âge et le sexe des sujets, le lieu et l’heure de l’accident ainsi que la gravité des blessures. Les analyses, publiées dans la revue Addiction, ont révélé la présence de THC ou d’alcool chez 18% et 17% des patients respectivement. Elles ont aussi montré que 4% des patients présentaient un taux élevé de THC (≥ 5 ng/ml) et que 13% avaient un taux élevé d’alcool (≥ 0,08%).

Parmi les accidentés, les hommes étaient surreprésentés, tant dans le groupe avec taux élevé de THC élevé que dans le groupe avec taux élevé d’alcool. Les jeunes étaient aussi plus à risque, particulièrement dans le groupe de personnes ayant consommé du cannabis. « Un des résultats qui nous a frappés est que, chez les moins de 19 ans, 5% présentaient un taux élevé de THC alors qu’à peine 3% avaient un taux élevé d’alcool », souligne le professeur Mercier.

Les caractéristiques de l’accident semblent révélatrices d’un certain patron de consommation, suggèrent les résultats. Ainsi, il y a davantage de risque que les accidents impliquant des personnes ayant un taux élevé d’alcool se produisent la nuit, pendant la fin de semaine, en zones rurales, qu’ils impliquent un seul véhicule et qu’ils causent des blessures graves.

À l’opposé, il y a plus de risques que les accidents impliquant des personnes ayant un taux élevé de THC surviennent pendant la journée, un jour de semaine et qu’ils impliquent plusieurs véhicules. « Cela suggère une consommation routinière de cannabis plutôt qu’une consommation récréative dans un contexte spécial », avance Éric Mercier.

Lorsque les membres du personnel soignant traitent un patient qui a eu un accident de la route typique de ceux qui surviennent sous l’effet du cannabis, ils devraient avoir une conversation avec le patient sur les risques que ce produit pose pour la conduite automobile « Des interventions de la sorte ont montré leur efficacité dans le cas de l’alcool », rappelle le professeur Mercier, qui est également médecin urgentologue et chef d’équipe en traumatologie à l’hôpital de l’Enfant-Jésus du CHU de Québec.

Les interventions des gouvernements pourraient aussi s’inspirer des résultats de cette étude, poursuit-il. « Nos données montrent que les jeunes de moins de 19 ans forment un groupe particulièrement à risque pour ce qui est de la conduite automobile sous l’effet du cannabis, ce qui n’est pas le cas pour l’alcool. La règle du zéro alcool prévue au Code de la sécurité routière pour les moins de 22 ans peut expliquer ce constat. Il faudrait envisager l’adoption d’une mesure similaire pour le THC. »

Enfin, les campagnes de sensibilisation portant sur les risques associés à la conduite automobile sous l’effet du cannabis auraient intérêt à cibler les jeunes hommes, un groupe chez qui la juste appréciation du risque fait parfois défaut. « Il existe une fausse croyance qui veut que le cannabis affecte peu la capacité de conduire. Une personne sous l’effet du cannabis est très mal placée pour évaluer son niveau d’intoxication et sa capacité à conduire. Il n’est pas mauvais de le redire et de rappeler que la conduite sous l’effet du cannabis peut avoir des conséquences graves pour soi-même et pour les autres », conclut le professeur Mercier

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