Le trafic de stupéfiants étend sa toile d’araignée sur tout le territoire français. Métropoles, villes moyennes, bourgs, campagnes… aucun lieu n’est préservé. Fusillades en plein centre-ville, nombre croissant de toxicomanes errant de parc en parc, saisies records de cocaïne dans le port du Havre ….
A chaque règlement de comptes, l’émoi est grand dans la population mais rien ne change jusqu’à la prochaine fusillade. L’éventail des substances s’élargit sans cesse, avec l’apport de produits de synthèse à forte dangerosité. Il s’agit maintenant d’une économie souterraine en plein développement, représentant près de 5 milliards d’euros en 2022.
Les victimes directes, consommateurs, vendeurs, sont de plus en plus jeunes, mais la terreur s’étend à toutes les générations : habitants des quartiers de « deal », passants agressés, victimes d’une balle perdue, automobilistes accidentés.
Nombre de quartiers sont devenus des zones de non-droit où notre police, malgré un travail acharné, n’arrive pas à faire reculer le fléau. Face à cette évolution dramatique, le gouvernement est incapable d’apporter des solutions à la hauteur du phénomène : ce n’est pas en annonçant que l’amende sur la détention du cannabis devra être payée immédiatement, y compris pas carte bancaire, que l’on règlera le problème. Il est évident, par ailleurs, que la seule répression du trafic de drogues ne suffit pas.
Depuis longtemps, ici même, nous avons réclamé que des de campagnes de prévention, basées sur les connaissances scientifiques, soient menées, en premier lieu au niveau scolaire, pour mettre en garde les mineurs contre les méfaits provoqués par les drogues.
Rien n’a été fait jusqu’ici, probablement parce qu’il s’agit de mesures à long terme, sans rapport avec le temps « électoral ».
Malheureusement, il est à craindre qu’il soit trop tard pour revenir en arrière et que nous soyons en train de devenir un narco-état, certains parlent même de « mexicanisation ». Cause et symptôme de l’ensauvagement d’une société déboussolée, la drogue risque de mettre en péril notre démocratie.
Jean-Pierre PUJOL
C’est bien volontiers que nous relayons ce message d’un de nos collègues du CNPERT
Jean Paul Tillement
