Ce sketch « Bienvenue en crétinocratie » a été réalisé par deux amies : l’une médecin rhumatologue, l’autre passionnée par le théâtre. Elles ont voulu montrer, par la dérision, ce que la légalisation du cannabis comporte de banalisation de sa toxicité.
Elles veulent alerter un public jeune, particulièrement exposé aux risques et à la toxicité attachés à cette drogue.
C’est avec un vif plaisir que le CNPERT accueille ce sketch sur son blog ; en souhaitant que ceux qui le visionneront s’attacheront à le diffuser très largement. Nos vifs remerciements et nos félicitations à mesdames M.-L. S.-L. et M. B., ses réalisatrices. Pr. Jean Costentin, président du CNPERT Pr. Jean-Paul Tillement, vice-président du CNPERT, responsable de son blog « drogaddiction.com »
La semaine dernière, deux mineurs ont trouvé la mort à Nîmes dans le cadre de violences inédites liées au trafic de drogue. La consommation et le commerce explosent dans les petites et moyennes villes : pourquoi intéressent-elles autant les dealers ? Comment le gouvernement envisage-t-il de réagir ?
Avec
Michel Gandilhon Expert associé au département sécurité-défense du Conservatoire national des arts et métiers
La consommation de drogues entre “Homo Economicus et Homo Festivus”
“Les drogues sont des substances psychoactives qui répondent à trois grands besoins humains : diversifier nos plaisirs, atténuer la douleur et augmenter notre performance”, détaille Michel Gandilhon. “Elles répondent à un air du temps”, poursuit-il. Ainsi, une consommation reflète une tendance sociétale, et notamment des souffrances : la consommation de cocaïne s’inscrit dans l’ère du néolibéralisme et de la concurrence, tandis que l’épidémie des opioïdes est l’expression d’une souffrance qui a rongé la société étasunienne. Devant cette dynamique sociétale, Jean-Pierre Couteron propose alors de parler de “société addictogène”.
Les violences liées au trafic clandestin, un phénomène européen
Michel Gandilhon souligne que la violence liée aux drogues concernait surtout, auparavant, des pays en difficulté de développement. Cependant, cette violence grandit désormais en Europe, ainsi que la production de drogue elle-même, notamment aux Pays-Bas et en Espagne pour le cannabis et les drogues de synthèse.
Les législations adoptées par les États influent alors sur les autres pays membres. Aux Pays-Bas, la dépénalisation du cannabis n’a pas entraîné la régulation de l’offre, Michel Gandilhon ajoute “le paradoxe de cette politique, c’est qu’ils ont laissé l’offre aux crimes organisés”. Le pays devient alors une plateforme exportatrice de drogue sur le reste de l’Europe. Le développement de cette industrie et les violences qui y sont associées nécessitent des politiques de régulation et de
Quelle réponse de l’État face à la crise ?
Une des réponses de l’Etat face à cette crise dans les petites et moyennes villes est le déploiement des forces de l’ordre. Cependant, Michel Gandilhon relativise leur efficacité en matière de lutte contre le trafic : “Il y un certain nombre de réponses développées par la police judiciaire à Marseille efficaces dans la lutte contre le blanchiment d’argent. A l’inverse, le déploiement des CRS sur des points de deal à chaque homicide n’est pas franchement efficace pour lutter contre le trafic”.
Les invités interrogent la possibilité de la légalisation pour mieux réguler l’offre et la consommation à partir des cas existants. Jean-Pierre Couteron émet néanmoins des réserves sur la forme que celle-ci doit prendre : “Confier la légalisation aux mêmes entreprises et à la même logique économique qui n’ont pas su réguler l’alcool ni le tabac serait un échec”.