Recherche

Date

11 septembre 2023

Le ministère de la Santé met aux oubliettes deux campagnes de prévention sur les dangers de l’alcool

Selon une enquête de Radio France, François Braun et son cabinet auraient enterré des campagnes de prévention, quelques mois après un courrier incendiaire du lobby de l’alcool. Une décision sur laquelle Aurélien Rousseau ne serait pas revenu.


Le nouveau ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, et l’ancien, François Braun, le 21 juillet à Paris. (Alain Jocard/AFP)

Le Mondial de rugby était l’occasion de rappeler les dangers de l’alcool. Le gouvernement en a décidé autrement. Selon Radio France, la direction générale de la Santé (DGS) avait demandé en novembre 2022 à Santé publique France de travailler sur une campagne de prévention intitulée «alcool et rugby». Elle aurait dû être diffusée en ce début septembre.

Mais elle aurait tout simplement été annulée après que le cabinet d’Emmanuel Macron a répercuté les arguments de la filière alcool auprès du cabinet de François Braun, le ministre de la Santé de l’époque. Selon Radio France, qui cite une source proche du dossier, il y a eu «une forme d’autocensure» au ministère avec pour résultat d’avoir «flingué» les deux campagnes.

«Tout était pourtant prêt»

Quelles campagnes ? Deux visuels ont été soumis par Santé Publique France, en présence et avec l’appui de la DGS, en mai 2023, au cabinet du ministre de la Santé, François Braun. «Tout était pourtant prêt, narre Radio France. Le scénario : un “coach de supporters”, physique de costaud, devait rappeler aux spectateurs d’éviter les abus d’alcool. “Ne laissez pas l’alcool vous mettre KO”, disait le slogan resté dans les cartons.» Mais elles sont donc annulées quelques semaines plus tard.

Pour sauver les apparences, une campagne de prévention à destination des jeunes est, elle, validée. «Les campagnes de prévention à destination des jeunes ou des femmes enceintes ne dérangent pas les alcooliers car elles sont ciblées», explique Myriam Savy, directrice du plaidoyer au sein de l’association Addictions France, à Radio France.

En revanche, les deux campagnes censurées «visent la population générale qui consomme de manière régulière de l’alcool. On leur dit l’alcool comporte un risque pour la santé. C’est un facteur de risque de cancer”. Et ça, la filière alcool n’aime pas.» Et elle dénonce «les pressions effectuées par les alcooliers sur les pouvoirs publics et en particulier l’Elysée».

Manque de volonté structurel de l’Etat

Des pressions orchestrées, selon Radio France, documents à l’appui, par le lobby Vin et Société, qui a envoyé un courrier incendiaire en janvier à Emmanuel Macron pour réagir à la campagne de prévention de Santé publique France diffusée pendant les fêtes. Un texte qui pourrait être à l’origine de «l’autocensure» du ministère de la Santé. Les associations de lutte contre les ravages de l’alcool fustigent d’ailleurs régulièrement le manque de volonté structurel de l’Etat sur ce sujet, notamment à l’occasion du Dry January.

«Au-delà de deux verres par jour, vous augmentez vos risques d’hémorragie cérébrale, de cancers et d’hypertension» ; «Pour votre santé, l’alcool c’est maximum deux verres par jour. Et pas tous les jours.» Une décision qualifiée d’«extrêmement inquiétante» par Myriam Savy, de l’association Addictions France. Qui ajoute : 

Source

L’agence mondiale antidopage (AMA) ouvre la porte aux drogues « récréatives »

­­Cet article fait partie de la « Lettre du CNPERT septembre 2023 » que vous pouvez lire en entier en cliquant ici
Si au cours d’une compétition est détectée dans les urines d’un sportif une drogue qui pourrait être le reliquat d’une consommation effectuée antérieurement à cette compétition à des fins « récréatives » (avec un taux inférieur à une certaine limite) et que le sportif peut apporter des éléments en faveur d’une consommation « festive », les suspensions de plusieurs années qui prévalaient antérieurement peuvent être ramenées à trois mois et, par le jeu « d’une composition administrative » négociée avec les Organisations nationales antidopage (ONADs), la sanction peut être réduite à deux mois ; c’est-à-dire à deux fois rien.

Ces sanctions ne constituent plus un frein à la consommation de cannabis ou de cocaïne ; les deux drogues qui sont actuellement les plus fréquemment en cause. Cette mansuétude appelle plusieurs commentaires. La présence de la drogue dans l’organisme d’une façon contemporaine de l’épreuve signifie qu’à un certain degré, difficile à apprécier, la drogue peut affecter les performances. 

Cette disposition de l’AMA s’affranchit des législations nationales dont certaines prohibent en toute période la consommation de ces drogues qui sont illicites. La défausse de certains sportifs est maintenant de se déclarer dépendants / « accros ». On comprend dès lors que, s’ils abordent l’épreuve dans les affres de l’abstinence, leur performance va être détériorée. Dans ce cheminement vers le pire, on verra peut-être apparaitre des demandes d’AUT (autorisations d’usages thérapeutiques) de drogues pour pallier les effets du sevrage !

Le concept de drogue récréative est doublement contestable, d’abord parce que ladite récréation peut se terminer mal, voire dramatiquement ; mais aussi parce que toutes les drogues sont récréatives, suscitant une sensation de plaisir liée à l’intensification de la stimulation des récepteurs dopaminergiques (D2) dans le noyau accumbens/striatum ventral. 

Cette disposition de l’AMA ouvre une boite de pandore. Dans notre pays où l’expansion pandémique des toxicomanies fait des ravages, cette disposition, qui aligne le code du sport sur les dérives des sociétés Nord-Américaines, est un très mauvais signal. La consommation de drogues par un sportif est interdite tant lors des entraînements que lors des épreuves.

Tout sportif convaincu d’être dépendant d’une drogue devrait être suspendu aussi longtemps qu’il lui faudrait pour qu’à plusieurs reprises il soit contrôlé exempt de drogues ou de leurs métabolites dans ses urines, ou qu’un test capillaire (cheveu) permette de constater son arrêt durable de consommation. 

Cette disposition de l’AMA parait inspirée par une idéologie funeste qui, à petits pas, veut faire progresser les sociétés vers la légalisation de toutes les drogues. Les barrières qui protégeaient des drogues par un front uni des familles, des religions, du monde éducatif, associatif, médical, et sportif s’effondrent, en route vers le pire.

Pr. Jean Costentin

Lire la suite de « La Lettre du CNPERT » en cliquant ici

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑