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Date

16 septembre 2023

CANNABIS : Pourquoi sa consommation peut vous plomber

Le cannabis pourrait être une source importante mais encore négligée d'exposition au plomb et au cadmium (Visuel Adobe Stock 606696934).

Des taux élevés de contaminants en particulier de métaux dans le sang et dans les urines des consommateurs de cannabis sont révélés par cette recherche menée à la Mailman School of Public Health de l’Université Columbia.

C’est l’une des premières études à rapporter les niveaux de biomarqueurs métalliques chez les consommateurs de cannabis, et à faire précisément le lien entre une consommation autodéclarée de cannabis et des preuves d’exposition aux métaux chez les consommateurs. Jusqu’ici de telles études s’étaient bornées à analyser la composition du cannabis.

Cependant, précise l’auteur principal, Katelyn McGraw, chercheur en sciences de la santé environnementale à la Columbia Public Health, « la plante de cannabis est un piégeur de métaux ». C’est pourquoi l’équipe a eu l’idée les niveaux de biomarqueurs métalliques chez les consommateurs de cannabis.

L’étude a analysé les données de 7.254 participants de la cohorte NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey for the years) sur la période 2005-2018 qui ont été classés selon leur consommation : non consommateur de cannabis et non-consommateur de tabac, consommateur de cannabis exclusivement, fumeur de tabac exclusivement et consommateur de cannabis et de tabac. Le taux de cotinine sérique a permis de vérifier le tabagisme. L’équipe a mesuré 5 métaux dans le sang et 16 dans l’urine. L’analyse constate que :

  • les participants qui consomment exclusivement du cannabis présentent des taux de plomb significativement plus élevés dans le sang (1,27 ug/dL) et dans l’urine (1,21 ug/g de créatinine) vs les consommateurs de cannabis et de tabac.

Aux États-Unis, un territoire « en avance sur la légalisation » déjà 28 États réglementent les concentrations d’arsenic inorganique, de cadmium, de plomb et de mercure dans les produits à base de cannabis, cependant les limites « des doses admissibles » varient selon le métal et selon les États.

Les chercheurs insistent sur le manque de données sur les contaminants du cannabis, en particulier les métaux qui devraient faire au plus tôt l’objet d’une règlementation et d’un contrôle, compte-tenu du nombre croissant de consommateurs de cannabis.

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Alcool : l’étiquetage sanitaire devrait être obligatoire partout dans l’UE, selon un nouveau rapport

Clara Bauer-Babef

Les bouteilles de vins et spiritueux vendus en Irlande devront bientôt afficher des messages de prévention à l’attention des consommateurs, à l’instar de ceux inscrits sur les paquets de cigarettes, d’ici mai 2026. 

Alors que l’Irlande a reçu le feu vert de la Commission européenne en janvier 2023 pour afficher des messages de prévention sur ses bouteilles d’alcool, le Centre de Politique européenne (CEP) aimerait voir la règle appliquée dans tous les États membres. 

Les bouteilles de vins et spiritueux vendus en Irlande devront dès mai 2026 afficher des messages de prévention à l’attention des consommateurs, à l’instar de ceux inscrits sur les paquets de cigarettes.

Les Irlandais pourront donc bientôt lire des messages comme « La consommation d’alcool provoque des maladies du foie » ou bien « Il existe un lien direct entre l’alcool et les cancers mortels ».

Si le Comité permanent des médecins européens (CPME) salue cette décision, les lobbies viticoles ne l’entendent pas de cette oreille et s’inquiètent d’une fragmentation du marché unique.

En effet, les règles de commercialisation des biens et marchandises sont uniformisées à l’échelle européenne : si un pays décide d’imposer ses propres règles, cela pourrait déséquilibrer la compétition entre producteurs européens.

« La décision de la Commission européenne est un coup de canif. Cela crée un précédent extrêmement périlleux », avait estimé la Fédération des Exportateurs de Vins & Spiritueux de France (FEVS) en juin dernier.

Mais pour le Centre de Politique Européenne (CEP), la future loi irlandaise est un exemple qui gagnerait à être appliqué dans tous les pays membres.

« Compte tenu du risque sanitaire avéré de l’alcool, il est légitime d’introduire cette nouvelle obligation d’étiquetage partout dans l’Union européenne », estime Victor Warhem, économiste et représentant du CEP en France, lors d’un entretien avec Euractiv.

Si l’étiquetage protège la santé des consommateurs, quelles conséquences pour les producteurs de vin qui y voient une menace directe pour le marché unique ?

« Les dispositions incluses dans la réglementation irlandaise en matière d’étiquetage sont incompatibles avec le droit communautaire en vigueur et constituent une entrave injustifiée et disproportionnée aux échanges dans le cadre de la législation communautaire », avait réagi le Comité européen des entreprises vins.

Le lobby français du vin juge « périlleux » l’étiquetage des bouteilles en Irlande

L’Irlande a reçu en janvier dernier le feu vert de la Commission européenne pour doter ses bouteilles d’alcool d’une étiquette sanitaire. Une décision vivement critiquée par les exportateurs de vins français qui craignent pour le marché unique.

Étiqueter pour la prospérité ?

Mais selon un rapport du CEP publié en août dernier, étiqueter toutes les bouteilles d’alcool vendues en Europe aurait, au contraire, des bienfaits économiques pour la filière des vins et spiritueux.

« Cela aurait pour effet d’éviter de multiplier les coûts d’étiquetage pour les producteurs d’alcool, notamment français, espagnols et italiens ou de conduire ces derniers à se détourner du marché irlandais avec des conséquences encore plus négatives sur la santé du secteur », peut-on lire dans le rapport.

D’autant que le marché du vin est en crise, selon Victor Warhem, qui note que si les grands producteurs de vin vont pouvoir prendre en charge ces coûts supplémentaires, pour les petits producteurs cela risque de poser problème.

Mais la France, l’Italie et l’Espagne ne l’entendent pas de cette oreille.

En réaction à la future loi irlandaise, les trois pays, qui produisent à eux seuls 47 % de l’ensemble des bouteilles de vin vendues dans le monde, ont décidé de travailler à l’élaboration d’un document commun pour contester la décision de la Commission.

À ce jour, la Commission européenne n’a pas reçu de lettre de la coalition et estime que la future législation irlandaise ne porte pas atteinte au marché unique. Mais à l’aube des élections européennes, nul doute que le dossier sera au menu des débats à Bruxelles et à l’agenda de la future Commission.

D’ici là, dès décembre 2023, les bouteilles de vin vendues dans l’UE devront tout de même indiquer les ingrédients et les valeurs nutritionnelles sur leurs étiquettes au moyen d’un QR code.

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Cannabis : Prendre du CBD ou conduire, il faut choisir

INFRACTION Les conducteurs qui consomment ce produit risquent une condamnation sévère

Julie Polizzi pour 20 Minutes

Que ce soit sous forme de crème, de baume, de gouttes à mettre sous la langue ou encore d’herbe à fumer, la commercialisation des produits à base de cannabidiol, plus connu sous l’acronyme CBD, s’est largement développée ces dernières années.

Néanmoins, un flou juridique persistait : cette consommation est-elle compatible avec la conduite d’un véhicule ? Le feuilleton judiciaire a été tranché.

Consommer oui, conduire non

Si l’article R. 5132-86 du code de la santé publique prohibe depuis très longtemps le cannabis, il autorise cependant le commerce de « variétés de cannabis dépourvues de propriétés stupéfiantes ».

Et justement, le Conseil constitutionnel a estimé (dans une décision du 7 janvier 2022) que les produits à base de CBD n’entraient pas dans le champ de la définition de stupéfiant puisqu’ils n’entraînaient pas de risque de dépendance ou d’effets nocifs pour la santé. Pour cela, il faut toutefois que la teneur en THC (tétrahydrocannabinol) du produit ne dépasse pas 0,3 %.

Le 29 décembre 2022, le Conseil d’État a d’ailleurs confirmé cette analyse en relevant « qu’en l’état des données de la science, si le cannabidiol a des propriétés décontractantes et relaxantes ainsi que des effets anticonvulsivants, il ne présente pas de propriétés psychotropes et il ne comporte pas les mêmes effets indésirables que le delta-9-tétrahydrocannabinol ».

Mais de là à prendre le volant, c’est une tout autre histoire ! En effet, même avec cette faible teneur, un contrôle salivaire par les forces de l’ordre peut vous faire apparaître positif au tétrahydrocannabinol.

Le Code de la route réprime la conduite sous l’emprise de stupéfiants
Le Code de la route réprime la conduite sous l’emprise de stupéfiants – iStock

Attendez au moins 7 heures

Au cours des deux dernières années, de nombreux automobilistes consommant du CBD ont ainsi été condamnés pour ce motif. Comme axe de défense, les avocats recommandaient donc de conserver les factures d’achat de ces produits, mais aussi de demander un prélèvement sanguin (plus précis) en plus du prélèvement salivaire lors du contrôle, et enfin de s’orienter vers un laboratoire spécialisé capable de prouver que les traces de THC provenaient de CBD et non de cannabis.

Mais pendant combien de temps faut-il alors s’abstenir de conduire ? Selon certaines études, le THC serait en effet détectable dans la salive de 8 à 24 heures après sa consommation, et même jusqu’à 8 jours après pour les fumeurs réguliers.

En revanche, il n’existe pas de données claires pour les traces contenues dans les produits au CBD. Par prudence, les avocats recommandent d’attendre au moins 7 heures.

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