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Date

12 octobre 2023

Qu’est-ce-que le « Pète ton crâne » (PTC) cette drogue « 200 fois plus puissante que le cannabis » retrouvée chez un ado de 14 ans dans l’Aube ?

Publié le 11/10/2023 Écrit par Camille Bluteau

Illustration d'une cigarette électronique
Illustration d’une cigarette électronique • © JULIO PELAEZ / MAXPPP

PTC : Pète ton crâne. Cette drogue de synthèse fait de plus en plus d’adeptes chez les jeunes. Dans l’Aube, un ado de 14 ans a été surpris en possession de cette dernière par ses parents. Son vendeur a été interpellé le 2 octobre 2023. Il sera jugé en janvier 2024 à Troyes.

En décembre 2022, les parents d’un adolescent de 14 ans portent plainte après avoir découvert que leur fils était en possession d’une fiole de produit pour cigarette électronique contenant du PTC, « Pète ton crâne », aussi appelé la Buddha Blue. Selon une étude publiée en 2018, près de 4% des jeunes moins de 17 ans l’auraient expérimenté au moins une fois.

Une drogue « 200 fois plus puissante que le cannabis »

C’est une drogue de synthèse, « 200 fois plus puissante que le cannabis », qui circule depuis quelque temps parmi les adolescents et que vendait un Troyen interpellé par la brigade de Lusigny-sur-Barse (Aube), le 2 octobre 2023. Selon la gendarmerie, il aurait fourni plus de 200 clients, dont plusieurs mineurs à qui il récupérait les pièces d’identité en caution. 

Les jeunes justement, ils sont les premiers ciblés par cette drogue qui « se vend aux abords des établissements scolaires ou sur internet à très bas prix », regrette Gwénolée Martinot, médecin addictologue et coordinatrice à l’Association Addiction France, à Troyes. « Elle provoque de nombreux effets secondaires : de la psychotrope, des malaises, des vomissements, de la paranoïa, des idées suicidaires, un taux d’agressivité plus important… » énumère-t-elle. « En plus d’être plus forte que le cannabis, les effets peuvent durer jusqu’à 24 heures après la prise », précise-t-elle.

Une substance indétectable 

« Impossible à discerner à l’œil nu, indolore et incolore », cette substance qui se présente sous forme de poudre ou de liquide. Elle est majoritairement utilisée dans des cigarettes électroniques. « Les jeunes, ce qu’ils cherchent, c’est avoir des effets. Ils cherchent la prise de risque, mais ils en deviennent dépendants. Certains se réveillent la nuit pour vapoter », commente l’addictologue.

Dans son centre d’addictologie, Gwénolée Martinot reçoit principalement « des jeunes entre 14 et 25 ans grand maximum ». « Le syndrome de sevrage est très fort. Ils finissent par en trouver le manque ». Heureusement, la plupart des jeunes qui viennent la voir sont motivés à s’en sortir. « Ceux-là, ils n’ont pas réussi à arrêter eux-mêmes, ils sont sous emprise, se réveillent la nuit… Généralement, le sevrage se passe bien », explique-t-elle. Pour ceux qui n’y arrivent pas, elle fait de la prévention. « Notre challenge, c’est la motivation ».  

10 litres de PTC retrouvé chez le troyen

Du côté de Troyes, une enquête préliminaire a été diligentée après la découverte des gendarmes. Une perquisition réalisée à son domicile a permis la découverte « d’environ dix litres de liquide pour cigarette électronique ainsi que des résidus de poudre de cocaïne utilisés dans la fabrication de cette drogue de synthèse », précise la gendarmerie de l’Aube. 

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ET SI BOIRE DE L’ALCOOL N’ÉTAIT PLUS BIEN VU?

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©Getty/franckreporter

De quoi parle-t-on?

L’apéro est un rituel culturel très ancré en Suisse. Les personnes qui préfèrent du jus à un ballon de blanc sont souvent mal vues. Pourtant, les effets négatifs de l’alcool sur la santé sont bien connus. Le dénormaliser est-il la solution? 

«Tu es malade? Enceinte? Sous traitement?» font partie des questions que les personnes amatrices d’apéritifs festifs posent facilement à celles qui préfèrent un soda à un verre de vin. Il faut dire qu’en Suisse, boire régulièrement de l’alcool est une pratique socialement bien vue. Ce sont donc souvent les abstinents, ponctuels ou réguliers, qui se font taquiner sur leur prétendu manque de convivialité. En caricaturant un peu: qui ne boit pas est rabat-joie.

Et pourtant, n’en déplaise aux amateurs de coups de blanc, mojito et digestifs, l’alcool nuit à la santé. «C’est une substance psychotrope dangereuse. Elle est responsable de pas moins de 1600 morts par an en Suisse. Chez les jeunes de 20 à 35 ans, c’est la première cause de mortalité, qu’elle soit liée à un accident causé par une trop grande consommation d’alcool, à des comportements agressifs en état d’ivresse ou à des suicides commis sous influence de l’alcool», explique le Dr Thierry Favrod-Coune, médecin adjoint responsable de l’Unité des dépendances aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). 

Alcool et tabac, même combat?

Substance dangereuse et pourtant légale, l’alcool pourrait-il devenir moins bien accepté par la société, un peu à l’image du tabac, qui s’affichait avant sans vergogne (publicités, sponsoring, films) et que l’on pouvait consommer partout? Grâce, entre autres, à son interdiction dans les lieux publics fermés, fumer n’est plus aussi anodin aux yeux du grand public. «L’exemple du tabac montre qu’il est possible de faire changer les mentalités et de passer d’une substance à la mode à un produit reconnu comme néfaste», poursuit le spécialiste.

La fumée passive et ses conséquences sur la santé des non-fumeurs ont toutefois joué un rôle important dans la mise au ban des cigarettes. Si l’alcool n’entraîne cependant pas de désagréments semblables pour les convives non-buveurs, le Dr Favrod-Coune n’est pas de cet avis: «L’alcool a aussi des conséquences sur autrui. Outre des coûts de la santé importants, il provoque notamment des accidents, des comportements agressifs, des incivilités. La moitié des infractions pénales sont perpétrées sous l’influence de l’alcool. Il est donc très important de dénormaliser sa consommation.» 

Normaliser l’abstinence

Nicole Egli Anthonioz, cheffe de projet au sein du secteur recherche d’Addiction Suisse, rajoute: «Dénormaliser, c’est bien, mais on peut aussi penser à normaliser l’abstinence. Certaines interventions structurelles aident à y parvenir, comme poser des restrictions dans les cantines d’entreprises, limiter les horaires de vente et augmenter l’âge légal, entre autres. Les alcopops, ces boissons sucrées semblables à des sodas alcoolisés, sont vendus aux plus de 18 ans et non au plus de 16 ans. Cette différence est importante, car plus on entame tôt la consommation d’alcool, plus on est à risque de développer des habitudes problématiques ultérieurement.» 

Moins tous les jours, mais plus en grande quantité

La consommation quotidienne d’alcool a chuté. En 1992, 30% des hommes buvaient tous les jours; en 2017, ils n’étaient plus que 15%. Une bonne nouvelle pourtant contrebalancée par une augmentation de la consommation à risque entre 2007 et 2017, dont la prévalence est respectivement passée de 13,8% de la population à 17,7%. Et cela malgré un changement de discours des professionnels de la santé. «Aujourd’hui, le message est clair: il n’y a aucun bénéfice à boire de l’alcool, même juste un verre par jour.

On ne peut en effet pas isoler les effets bénéfiques cardiovasculaires des tanins du vin, de ceux toxiques sur le corps dans son entier. La consommation d’alcool est responsable de plus de deux cents maladies! C’est une drogue au même titre que les autres. Il ne faut pas l’interdire, car cela ouvre la voie à un marché noir dangereux. En revanche, il faut réduire son accessibilité et cesser d’en faire la promotion», conclut le Dr Favrod-Coune.

Réfléchir à sa consommation pour mieux la gérer

Pour la majorité des gens, opter pour l’abstinence totale d’alcool n’est pas indispensable. Boire de temps en temps un verre n’est pas spécialement bon pour la santé, mais c’est un plaisir au même titre qu’une sucrerie qui n’est pas particulièrement indispensable à l’organisme. Il y a une distinction à faire entre une consommation jugée problématique (lorsqu’elle dépasse 10 unités d’alcool* par semaine pour un homme et 5 pour une femme) et une addiction. Cette dernière nécessite un diagnostic médical et n’est pas uniquement liée aux doses ingérées, mais à la dépendance physique et psychique (et donc au manque) à la substance. 

«Boire peut procurer du plaisir et cela ne doit pas être diabolisé. En revanche, prendre conscience des risques liés à sa propre consommation et réfléchir à la façon dont on boit est important. Est-ce tous les jours? Fait-on des excès ponctuels? Peut-on se priver facilement d’un verre? Quels sont les comportements adoptés sous l’emprise de l’alcool?

Des initiatives comme le Dry January (le mois sans alcool, initié en Grande-Bretagne, ndlr) sont intéressantes car elles obligent les personnes qui y participent à mieux se rendre compte de leur consommation et à trouver des alternatives», explique Nicole Egli Anthonioz, cheffe de projet au sein du secteur Recherche d’Addiction Suisse.

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