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17 octobre 2023

Après 5 ans de légalisation : des milliers de visites aux urgences en plus en raison du cannabis

The young person smoking medical marijuana joint outdoors. The young man smoke cannabis blunt, close-up.

MISE À JOUR Lundi, 16 octobre 2023 22:42

La légalisation du cannabis il y a cinq ans a eu pour conséquences de faire bondir les visites aux urgences, ont relevé des médecins dans un commentaire publié par le journal de l’Association médicale canadienne la semaine dernière.

En révisant les études parues au Canada depuis la légalisation de la marijuana le 17 octobre 2018, les auteurs ont noté que l’usage du cannabis n’a guère évolué au pays, mais que la drogue douce a tout de même un impact important sur le milieu hospitalier.

Des milliers de patients aux urgences

Notamment, une étude menée en Ontario et en Alberta a permis de constater une hausse de 20 % du nombre de cas d’empoisonnement et de troubles liés au cannabis. Une autre étude, menée en Ontario, met en lumière une multiplication par 13 du nombre d’admissions à l’urgence de personnes avec le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde, qui se traduit par des nausées et vomissements causés par le cannabis.

Grossesses, enfants, accidents

Le nombre de femmes enceintes qui ont exposé leur fœtus au cannabis pendant leur grossesse a aussi doublé, tandis que le nombre de visites à l’hôpital pour des enfants qui ont ingéré du cannabis a triplé.

Pour autant, les auteurs ont noté des avantages à la légalisation de la drogue, particulièrement dans les palais de justice où le nombre de dossiers liés au cannabis a largement diminué – de 73 % pour les femmes et de 83 % pour les hommes.

«En analysant les faits après cinq ans de légalisation, on constate que le succès des objectifs de la politique est mitigé, avec des bénéfices dans le système de justice qui semblent plus tangible qu’en santé», ont noté les médecins en appelant à continuer à suivre les impacts de la Loi sur le cannabis.

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Bientôt à Marseille, une salle de shoot proche de trois écoles !

Sarah-Louise Guille 16 octobre 2023

Au 110, boulevard de la Libération, dans le IVe arrondissement : c’est à cette adresse que Marseille verra l’ouverture d’une salle de shoot. Ce projet, dans les tuyaux depuis des années, a été validé en ce mois d’octobre 2023.

La salle de shoot fut d’abord une volonté de la municipalité de Jean-Claude Gaudin, puis une promesse de campagne de Michèle Rubirola, avant d’être un projet porté par Benoît Payan et Michèle Rubirola – toujours elle – en tant qu’adjointe à la santé. Le feuilleton aura donc été long mais, après des ouvertures annoncées et reportées, la salle de shoot marseillaise devrait bien voir le jour, comme confirmé dans un communiqué rédigé par la Fédération Addiction : 

« Le comité de pilotage de la Halte soins addictions (HSA), constitué de la préfecture de région PACA et des Bouches-du-Rhône, de l’agence régionale de santé PACA, de la ville de Marseille, du tribunal judiciaire de Marseille et de l’AP-HM, a confirmé la proposition de l’association ASUD Mars Say Yeah d’implanter la HSA au 110, boulevard de la Libération. »

Gestion confiée à une association militante

Anciennement appelée salle de consommation à moindre risque (SCMR), elle est désormais nommée Halte soins addictions (HSA). In fine, c’est la même chose. Il s’agit d’un « espace de réduction des risques par usage supervisé et d’accès aux soins », comme défini par l’arrêté du 26 janvier 2022 publié au Journal officiel le 23 février 2022. De son côté, l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) précise que ces structures « permettent aux usagers de drogues de les consommer dans des conditions plus sûres, par injection ou par inhalation ».

En somme, un lieu où les toxicomanes peuvent se rendre pour se droguer et être aidés. Sa gestion sera confiée, comme prévu, à l’association ASUD Mars Say Yeah dont le but est de « changer l’image des usagers de drogues dans la société et à leurs propres yeux. Changer la loi qui pénalise l’usage simple et privé des adultes. Transformer les « toxicos » en citoyens comme les autres, bénéficiaires de droits et de devoirs. » Tout un programme !

Dans une ville gangrenée par le trafic de drogue et qui vit au rythme des règlements de comptes entre gangs, pas sûr que l’idée soit louable. Le 26 juin dernier, lors d’un déplacement dans la cité phocéenne, Emmanuel Macron semblait vouloir s’attaquer aux consommateurs pour toucher les trafiquants. Dans une interview accordée à La Provence, le président de la République appelait une « réponse plus efficace au délit d’usage de stupéfiants ».

Comment, dans ces conditions, peut-on confier le projet à une association qui milite pour la dépénalisation du cannabis et souhaite « mettre fin aux sanctions pour simple consommation de drogues » ? Et comment l’État peut-il allouer un budget de un million d’euros par an à ce projet, sachant cela ? Encore une belle incohérence.

Ouvrir la structure discrètement

Par ailleurs, rappelons que cette Halte soins addictions a mis du temps à aboutir : son installation était controversée. En 2019, Martine Vassal, présidente du conseil départemental et de la Métropole, s’était dite « opposée à l’ouverture programmée d’une salle de shoot subventionnée, à deux pas de l’hôpital de la Conception et du centre-ville ». Les riverains étaient également très réticents à l’idée qu’une telle structure s’installe dans leur quartier.

Cette-fois ci, ce n’est plus dans le Ve arrondissement mais dans le IVe, plus loin de l’hôpital de la Conception mais toujours aussi proche du centre-ville et très proche du centre de jeunesse Timon-David (88 m), des écoles Saint-Vincent-de-Paul (150 m) et Saint-Joseph-la-Madeleine (260 m) et de la crèche Les Mirabelles (170 m).

Résultat : les riverains ne sont pas les mêmes, mais ils sont toujours aussi inquiets. Sur le groupe Facebook du Comité d’intérêt de quartier (CIQ), Marion Fabre, mère de famille, ne comprend pas cette décision : « C’est hallucinant de vouloir mettre ça dans une rue où il y a trois écoles (dont collèges et lycées) et une crèche ! » 

Elle n’est pas la seule à avoir été choquée par cette annonce. Thibault M. Imhoff, administrateur de la page, dénonce une « décision unilatérale pour ne pas dire arbitraire, sans aucune concertation ni consultation citoyennes, sans prévenir – à défaut d’impliquer – les associations de parents d’élèves, les directeurs d’établissements scolaires avoisinants, les associations de commerçants ou le CIQ. » 

Rien de très étonnant puisque Béatrice Stambul, alors présidente de l’association ASUD Mars Say Yeah, annonçait, en 2019, qu’elle procéderait de la sorte : « Il est sûrement préférable d’ouvrir la structure sans faire trop de bruit, pour ne pas éveiller des protestations d’office. »

Outrés, les habitants du quartier n’entendent pas en rester là. Ils doivent se réunir, ce lundi 16 octobre au soir, pour débattre du projet mais aussi, sans doute, pour voir comment s’y opposer. À ce jour, l’espoir est encore permis puisque le ministre de la Santé et de la Prévention, Aurélien Rousseau, n’a pas entériné cette décision.

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