Recherche

Date

15 décembre 2023

« JANVIER SANS ALCOOL »: ROUSSEAU PAS CONVAINCU PAR UNE CAMPAGNE GOUVERNEMENTALE, MAIS SERA « SOBRE »

Le ministre de la Santé Aurélien Rousseau le 27 septembre 2023
Le ministre de la Santé Aurélien Rousseau le 27 septembre 2023 – JULIEN DE ROSA / AFP

Le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, s’est montré jeudi pas convaincu par une campagne où le gouvernement dirait « comment vivre pendant un mois », mais a assuré qu’il serait lui-même « sobre » lors du « Défi de janvier », porté par des associations.

À l’approche de la cinquième édition française du « Dry January« , 48 scientifiques et médecins ont appelé le gouvernement à soutenir cette « opération positive qui consiste pour chacun (…) à s’interroger sur la place que prend l’alcool dans sa vie et à relever le défi de ne pas en consommer pendant cette période, sur une base volontaire qui n’est ni normative ni moralisatrice », dans un courrier du 21 novembre dévoilé lundi par le quotidien Le Parisien.

SENSIBILISER PLUS EFFICACEMENT AUX DANGERS DE L’ALCOOL

À la question de savoir s’il apportait son soutien à cette opération, le ministre de la Santé et de la Prévention a répondu sur BFMTV:

« À titre personnel, je suis toujours très méfiant ou prudent quand on dit : ‘Le gouvernement lance une campagne pour savoir comment vivre pendant un mois’ ».

Mais « si je prends mon exemple – je suis très sédentaire, un peu stressé par moments -, je vais essayer de profiter de ce mouvement collectif pour ne pas consommer d’alcool », « je serai sobre, j’ai d’ailleurs commencé maintenant », a-t-il affirmé.

Depuis son lancement en France, le « Défi de janvier » (équivalent français du « Dry January » anglo-saxon) a gagné en popularité, mais les associations qui le portent regrettent le manque de soutien de l’Etat, qui permettrait selon elles de sensibiliser plus efficacement aux dangers de l’alcool.

LA QUESTION DU LOBBY DE L’ALCOOL

Interrogé sur une influence du lobby de l’alcool, Aurélien Rousseau a rétorqué:

« Je n’ai jamais croisé de lobby de l’alcool personnellement. Le ministère de la Santé est engagé depuis des dizaines d’années sur des campagnes de lutte contre l’alcool ».

« On passe les messages de prévention: l’alcool, c’est 45.000 décès évitables par an », s’est-il défendu.

« J’assume de dire que j’ai deux priorités: la jeunesse, c’était la campagne lancée en septembre, et l’alcoolisation foetale –le premier verre pour une femme enceinte, ce sont des risques graves pour le bébé-« , a ajouté celui qui mènera sur ce sujet « un combat en 2024 ».

Source

Dry January : le ministère de la santé botte en touche sur le mois sans alcool

Interpellé par des addictologues qui soulignent le poids du « lobby alcoolier » dans les politiques publiques, Aurélien Rousseau défend l’action engagée par ailleurs en direction des jeunes et des femmes enceintes.

Par Mattea Battaglia  et Camille Stromboni 

Sur les berges de la Seine, à Paris, en février 2021.
Sur les berges de la Seine, à Paris, en février 2021. BERTRAND GUAY / AFP

Ce n’est pas encore cette année, semble-t-il, que le gouvernement apportera son soutien officiel au « défi de janvier », ce mois « sans alcool » porté par les associations de prévention. Le débat a rebondi avec l’interpellation du ministre de la santé, Aurélien Rousseau, par une cinquantaine d’universitaires et d’enseignants en addictologie.

Dans un courrier en date du 21 novembre, dont Le Parisien s’est fait l’écho mardi 12 décembre, ce collectif de scientifiques et de médecins a appelé l’Etat à soutenir cette « opération positive qui consiste pour chacun (…) à s’interroger sur la place que prend l’alcool dans sa vie et à relever le défi de ne pas en consommer pendant cette période, sur une base volontaire qui n’est ni normative ni moralisatrice ». Ils attendent toujours une réponse.

Popularisée au Royaume-Uni sous le nom de « Dry January », cette campagne, qui a trouvé un certain écho dans la société, reste un sujet sensible pour les autorités de santé depuis un « rétropédalage » dénoncé par les associations.

Fin 2019, alors que l’agence nationale Santé publique France avait préparé une première déclinaison de cette opération, le gouvernement avait fait marche arrière, laissant les acteurs associatifs porter seuls le dispositif. « On l’a appris au dernier moment, de la bouche du président du syndicat des vignerons, qui a dit qu’il n’y aurait pas de “janvier sec”, en sortant d’un rendez-vous avec le président de la République, Emmanuel Macron », rappelle Bernard Basset, président de l’association Addictions France. Une illustration, pour les addictologues, de l’influence du « lobby alcoolier ».

Source

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑