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Date

17 décembre 2023

Cannabis et psychosehumeur

Les nostalgiques du « summer of love » ont banalisé le haschich jusqu’à lui donner l’image de drogue douce. On connaissait alors les ravages de l’alcool et pas encore ceux du cannabis. Pourtant dès 1845, Moreau de Tours avait alerté sur le risque de psychose, dans son ouvrage Du haschich et de l’aliénation mentale.

On avait suggéré qu’une prédisposition génétique à la schizophrénie provoquait une attirance vers le cannabis comme automédication, de la même façon qu’un grand généticien avait osé affirmer qu’un seul gène prédisposait à la fois au cancer du poumon et au tabagisme.

Si la génétique de la schizophrénie est largement méconnue, on sait que les vécus douloureux, traumatismes de l’enfance et certains profils psychiques en multiplient le risque. Le haschich, ajouté à ces risques vient encore les multiplier par 2 ou 3. L’IRM constate la diminution du volume cérébral et la perte de substance grise ; ces pertes sont 2 fois plus importantes en cas de consommation de marijuana.

Cependant, aucune de ces prédispositions environnementales ou neurophysiologiques n’est prédictive d’une prise ultérieure de cannabis, contredisant l’hypothèse de l’automédication. En revanche, cette idée a la vie dure, augmentant la consommation chez les personnalités schizotypiques et aggravant le cercle vicieux des crises psychotiques et de la dépendance.

Le lien avec les symptômes psychotiques est dose-dépendant. Certains estiment un risque multiplié par 6 après seulement 50 prises de cannabis. Ceux qui ont fumé au moins 3 fois avant l’âge de 15 ans ont un risque 4 fois supérieur dc présenter une schizophrénie à l’âge de 26 ans.

La consommation avant 15 ans diminue aussi nettement les performances cognitives, l’attention et le contrôle de l’impulsivité. Evidemment, le risque augmente avec la concentration en THC qui est de 15% dans la skunk contre 5 % dans le hasch.

Toute la sphère mentale est concernée. Le suivi de plus de mille personnes de l’âge de 5 à 38 ans a montré que la consommation de cannabis à l’adolescence est associée à une baisse de QI pouvant aller jusqu’à huit points.

Les méta-analyses montrent également l’augmentation notable des troubles anxio-dépressifs, autres psychoses, idées délirantes, hallucinations, déficits cognitifs, agitation psychomotrice, anhédonie, comportements antisociaux.

Sachant que 1,2 millions de français en font un usage régulier et que la consommation chez les 12-18 ans a été multiplié par trois entre 1993 et 2003.

Sachant enfin que l’adolescence est une période de vulnérabilité et d’apprentissages, et que le cannabis thérapeutique est annoncé à grands renforts de publicité, voilà un sujet digne du réchauffement climatique.

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Addiction : de nombreux adolescents accros aux opioïdes

Publié le 17/12/2023

Durée de la vidéo : 3 min – Article rédigé par franceinfo – F. Prabonnaud, S. Giaume, N. Murviedro

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Stéphane, 18 ans, est déscolarisé. Pour la première fois, accompagné de sa mère, il ose consulter dans ce service d’addictologie. Le jeune homme a commencé à prendre du Tramadol, un médicament opioïde prescrit contre la douleur, après une année de harcèlement scolaire. Pour se sentir mieux, il ne cesse d’augmenter les doses. Il lui est facile d’en acheter sur Internet. Ses parents, eux, se sentent impuissants.

Facile d’accès

Aujourd’hui, Stéphane a décidé d’arrêter, mais seul, le sevrage est trop difficile pour lui. La psychiatre lui propose plusieurs types de prise en charge, dont celle en hôpital de jour avec une équipe pluri-professionnelle, et de nombreuses activités.

Le danger de nos jours est que les opioïdes sont consommés avec d’autres drogues ou alors, régulièrement, en soirée dans des cocktails que l’on peut voir sur les réseaux sociaux.

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