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décembre 2023

Dry January : le ministère de la santé botte en touche sur le mois sans alcool

Interpellé par des addictologues qui soulignent le poids du « lobby alcoolier » dans les politiques publiques, Aurélien Rousseau défend l’action engagée par ailleurs en direction des jeunes et des femmes enceintes.

Par Mattea Battaglia  et Camille Stromboni 

Sur les berges de la Seine, à Paris, en février 2021.
Sur les berges de la Seine, à Paris, en février 2021. BERTRAND GUAY / AFP

Ce n’est pas encore cette année, semble-t-il, que le gouvernement apportera son soutien officiel au « défi de janvier », ce mois « sans alcool » porté par les associations de prévention. Le débat a rebondi avec l’interpellation du ministre de la santé, Aurélien Rousseau, par une cinquantaine d’universitaires et d’enseignants en addictologie.

Dans un courrier en date du 21 novembre, dont Le Parisien s’est fait l’écho mardi 12 décembre, ce collectif de scientifiques et de médecins a appelé l’Etat à soutenir cette « opération positive qui consiste pour chacun (…) à s’interroger sur la place que prend l’alcool dans sa vie et à relever le défi de ne pas en consommer pendant cette période, sur une base volontaire qui n’est ni normative ni moralisatrice ». Ils attendent toujours une réponse.

Popularisée au Royaume-Uni sous le nom de « Dry January », cette campagne, qui a trouvé un certain écho dans la société, reste un sujet sensible pour les autorités de santé depuis un « rétropédalage » dénoncé par les associations.

Fin 2019, alors que l’agence nationale Santé publique France avait préparé une première déclinaison de cette opération, le gouvernement avait fait marche arrière, laissant les acteurs associatifs porter seuls le dispositif. « On l’a appris au dernier moment, de la bouche du président du syndicat des vignerons, qui a dit qu’il n’y aurait pas de “janvier sec”, en sortant d’un rendez-vous avec le président de la République, Emmanuel Macron », rappelle Bernard Basset, président de l’association Addictions France. Une illustration, pour les addictologues, de l’influence du « lobby alcoolier ».

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Des enfants goûtent de l’alcool à 14 ans !

30% des accidents mortels sont dus à une consommation excessive d’alcool, la prévention routière veut sensibiliser avant les fêtes

  • Les lunettes permettent de simuler les effets d'une alcoolémie.Les lunettes permettent de simuler les effets d’une alcoolémie. DDM – Illustration Léa Collet

Sécurité routièreTarbes

Publié le 13/12/2023

À l’approche des fêtes de fin d’année, la prévention routière organise, samedi à Tarbes, un atelier de sensibilisation à la consommation excessive d’alcool. 

« En 2022, 30 % des accidents mortels sont dus à une consommation excessive d’alcool (+2 points par rapport à 2021). Cette part s’élève à 48 % la nuit » s’alarme la prévention routière. 

D’autant que selon le baromètre 2022 de la prévention routière, 80% des Français déclarent consommer de l’alcool le soir du 31 décembre

Samedi 16 décembre, l’association Prévention Routière sera place Saint-Jean, à Tarbes, avec un atelier de sensibilisation pour #BienRentrer.

À partir de 14 heures et jusqu’à 16 heures, les bénévoles animeront des ateliers et des animations autour de la consommation d’alcool. 

Un atelier « Atelier doses-bar/doses-maison » permettra d’expliquer que les doses d’alcool servies chez soi peuvent être beaucoup plus importantes que celles des bars. Les visiteurs pourront simuler les effets de l’alcool avec des lunettes spéciales. L’objectif est de sensibiliser sur l’altération des réflexes en conduisant après avoir bu.

La prévention routière distribuera des éthylotests « pour se tester au moindre doute. » Enfin, un support écrit rappellera les bons conseils pour anticiper son retour de soirée en toute sécurité. 

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Alcool : les addictologues demandent au gouvernement de soutenir le Dry January

Paris, le mardi 12 décembre 2023

Quatre ans après, les addictologues n’ont toujours pas digéré le coup. En novembre 2019, après plusieurs mois de préparation en commun entre Santé Publique Française (SPF), les addictologues et les différentes associations de lutte contre l’alcoolisme, le Président de la République avait décidé sans coup férir de retirer le soutien de l’Etat au « Dry January » ou « Défi de Janvier ».

Cette opération de mobilisation sociale importée du Royaume-Uni et visant à promouvoir la modération en incitant les Français à ne pas boire d’alcool tout au long du mois de janvier n’était pas du gout du chef de l’Etat, qui ne cache pas son amour du vin. Pour ses quatre premières éditions, le Dry January à la française aura donc été mené par les médecins et les associations seuls, sans soutien des autorités.

Deux campagnes anti-alcool abandonnées par le gouvernement

Quatre ans après cette rupture entre le gouvernement et les addictologues, ces derniers tendent de nouveau la main. Dans une lettre ouverte au ministre de la Santé publiée ce lundi par le journal Le Parisien, 48 addictologues demandent à Aurélien Rousseau de revenir sur la décision de 2019 et de soutenir officiellement la 5ème édition du Dry January, qui commence dans trois semaines.

« La confiance envers le gouvernement pour mener une politique cohérente et résolue est sérieusement altérée » débutent les médecins. « La restauration de cette confiance ne peut passer que par des gestes forts, aussi bien en termes de contenu que de portée symbolique. Soutenir l’opération de mobilisation sociale connue en France sous le nom de Défi de Janvier nous semble être une opportunité de choix ».

Ces derniers mois, les relations entre les addictologues et le gouvernement n’ont fait que se tendre. La faute notamment à l’abandon de deux campagnes de santé publique contre l’alcool. D’abord en janvier, lorsqu’après une première série de diffusion, une campagne dont le slogan « ce n’est pas un peu absurde de se souhaiter bonne santé avec de l’alcool » interrogeait sur la place de l’alcool dans notre société, n’a plus été rediffusée.

Puis à l’automne dernier, quand une campagne intitulée « ne laissez pas l’alcool vous mettre KO » et censée être diffusée à l’occasion de la coupe du monde de rugby, a finalement été abandonnée du jour au lendemain. A la place, le ministère de la Santé a diffusé des messages appelant les jeunes à…boire de l’eau et à manger quand ils boivent trop d’alcool.

Une campagne qui a divisé les addictologues, certains considérant qu’elle participait d’un mouvement de banalisation de la consommation excessive d’alcool, mais d’autres jugeant qu’elle s’inscrivait dans une démarche positive de réduction des risques.

Le gouvernement est-il dans la main du lobby du vin ?

Derrière le retrait du soutien de l’Etat au Dry January et l’abandon des différentes campagnes de santé publique, certains ont vu l’influence du lobby de l’alcool et notamment du vin. C’était d’ailleurs le syndicat des vignerons de la Champagne qui avait annoncé en 2019 le retrait du soutien de l’Etat au Dry January.

Une influence grandement surestimée assure le Dr François Braun, ancien ministre de la Santé : « J’ai décidé d’arrêter ces campagnes car je les trouvais nulles, c’était ma décision, leur message trop négatif ne collait pas avec l’idée de la prévention que j’en avais, je n’ai jamais subi aucune pression des lobbys » explique l’ancien ministre au Parisien.

Car au-delà d’une éventuelle (voire probable) pression des lobbys et du poids du vin dans la culture et l’économie française, la politique de lutte contre l’alcool est également freinée par des hésitations sur la marche à suivre. Faut-il prôner l’abstinence, au risque d’adopter une position trop moralisatrice, ou plutôt miser sur la réduction des risques ?

Avec le Dry January, les addictologues croient avoir trouver le bon équilibre. « Il ne s’agit pas d’une ligue anti-alcool, seulement d’une pause sous forme de défi, la question c’est : puis-je me passer d’alcool ou non ? » explique le Pr Olivier Cottencin, addictologue à Lille.

Ils ont donc bon espoir qu’Aurélien Rousseau reviendra sur les positions des précédents ministres de la Santé et soutiendra le Dry January. Pour le moment, le ministre a simplement fait savoir qu’il était « déterminé à s’engager sur une politique générale contre l’alcool ».

Quentin Haroche

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« DRY JANUARY »: 48 ADDICTOLOGUES DEMANDENT AU GOUVERNEMENT DE SOUTENIR LE MOIS SANS ALCOOL

François Blanchard Le 12/12/2023

Un barman remplit une pinte de bière. (photo d'illustration)
Un barman remplit une pinte de bière. (photo d’illustration) – Pixabay

Un groupe d’addictologues demande au ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, de promouvoir officiellement le défi d’un mois de janvier sans alcool. En 2020, le gouvernement avait retiré son soutien à l’opération.

Ils veulent « des gestes forts ». Dans un courrier révélé par Le Parisien, et publié en intégralité par France info, 48 addictologues demandent au ministre de la Santé Aurélien Rousseau de soutenir l’opération « Dry January », ou « Défi de janvier », qui incite à ne pas consommer d’alcool durant le mois.

« Il s’agit d’une opération positive qui consiste pour chacun, dans le cadre d’un mouvement collectif, à s’interroger sur la place que prend l’alcool dans sa vie et de relever le défi de ne pas en consommer pendant cette période », écrivent les membres du Collège national universitaire des enseignants d’addictologie.

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Consommation de cannabis : un risque de maladies cardiaques et d’AVC

Marlene Busko 5 décembre 2023

États-Unis – La consommation de cannabis est associée à un risque accru de maladies cardiaques et d’AVC, selon deux études présentées lors des sessions scientifiques du congrès 2023 de l’American Heart Association (AHA).

La consommation quotidienne de marijuana est liée à un surrisque de 34 % d’insuffisance cardiaque dans les quatre ans, par rapport à la non-consommation, selon une nouvelle étude d’observation [1]. Alors que dans une autre étude [2], les troubles liés à la consommation de cannabis ont été associés à un risque accru de 20 % d’événements cardiaques et cérébraux indésirables majeurs (ECCM) au cours d’une hospitalisation chez des patients plus âgés présentant un risque cardiovasculaire et qui ne fumaient pas de tabac.

Les chercheurs soulignent qu’il s’agit de données d’observation et qu’elles ne peuvent donc montrer qu’une association et non un lien de cause à effet, mais qu’elles s’appuient sur d’autres résultats récents.

Malgré les limites de l’étude, « s’agit-il d’un signal ? Absolument », a déclaré le Pr Robert L. Page II, docteur en pharmacie, dans un entretien avec theheart.org | Medscape Cardiology*.

*Le Pr Page est professeur à la Skaggs School of Pharmacy and Pharmaceutical Sciences de l’Université du Colorado (États-Unis) et a présidé le groupe de rédaction de la déclaration scientifique 2020 de l’AHA : « Medical Marijuana, Recreational Cannabis, and Cardiovascular Health ». Il n’a participé à aucune des deux études en cours.

Consommation de marijuana et risque d’insuffisance cardiaque

La consommation de marijuana aux États-Unis a augmenté de façon exponentielle avec la légalisation croissante au niveau des états, mais son effet sur la santé cardiovasculaire n’est pas clair, écrivent les auteurs de la première étude, les Drs Yakubu Bene-Alhasan et coll (Baltimore, Etats-Unis).

Dans leur travail, les chercheurs ont évalué l’association entre la consommation de marijuana et le risque d’insuffisance cardiaque par rapport à des non-consommateurs. Ils se sont appuyés sur les données d’enquête et les dossiers médicaux des participants au programme de recherche All of Us parrainé par les National Institutes of Health.

Ils ont identifié 156 999 adultes âgés de 18 ans ou plus qui n’avaient pas reçu de diagnostic d’insuffisance cardiaque au départ. L’âge moyen des participants était de 54 ans et 61 % d’entre eux étaient des femmes.

Environ un quart d’entre eux souffraient d’hypertension (24 %) ou d’hyperlipidémie (23 %), 9,2 % avaient un diabète de type 2 et 9 % une maladie coronarienne. L’indice de masse corporelle (IMC) médian était de 28 ; 17 % étaient des fumeurs et 22 % d’anciens fumeurs. Presque tous avaient une assurance santé (95 %).

Sur la base de la consommation de marijuana déclarée par les participants, définie comme une consommation non prescrite ou supérieure aux doses prescrites au cours des trois mois précédents, ils ont été classés comme n’ayant jamais consommé de marijuana (107 976 participants), comme anciens consommateurs (33 816) ou comme consommateurs moins que mensuels (7 292), mensuels (1 686), hebdomadaires (2 326) ou quotidiens (3 903). Au cours d’un suivi médian de 45,3 mois, 2 958 cas d’insuffisance cardiaque ont été recensés.

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Les enfants qui boivent des sodas pourraient consommer plus d’alcool en grandissant

Par Isabelle Missiaen pour Le Point dim. 3 décembre 2023

Une étude établit un lien entre la consommation de sodas chez les enfants et le risque de consommer de l'alcool jeunes.  - Credit:Patrick Lefevre/MaxPPP/BelPress
Une étude établit un lien entre la consommation de sodas chez les enfants et le risque de consommer de l’alcool jeunes. – Credit:Patrick Lefevre/MaxPPP/BelPress

On connaissait déjà le lien entre la consommation de sodas et les risques de dépression. Mais une étude, repérée par Midi libre, dévoile désormais les dangers de ces boissons ultracaloriques pour le développement des enfants.

Une équipe de chercheurs américains et sud-coréens a présenté, dans la revue Substance Use and Misuse, les résultats de ses observations sur 2 000 enfants de 9 à 10 ans pendant un an. Les chercheurs pointent que le risque de consommation d’alcool à un jeune âge est multiplié par deux chez les enfants buvant quotidiennement des sodas à base de caféine.

« Nos résultats suggèrent que la consommation quotidienne de boissons gazeuses contenant de la caféine chez les enfants est un facteur prédictif de la consommation de substances dans un avenir proche », confirme l’autrice de l’étude, Mina Kwon, du département de psychologie de l’université nationale de Séoul. Pour cette dernière, « une explication possible est que les substances contenues dans les sodas caféinés (caféine et sucre) pourraient induire un effet toxicologique sur le cerveau, rendant l’individu plus sensible aux effets renforçants de drogues plus dures comme l’alcool ».

D’autres effets dévoilés

Le rapport précise cependant qu’« il n’existe pas de consensus sur une dose sûre de caféine chez les enfants, et certains enfants pourraient être plus vulnérables que d’autres aux effets indésirables associés à une consommation fréquente de caféine ».

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«Il y a des soirées où de la drogue circule» : la députée Caroline Janvier brise le tabou des stupéfiants et de l’alcool en politique

2 décembre 2023 Par John Timsit

L’élue Renaissance Caroline Janvier brise le tabou de la drogue et de l’alcool en politique

Dans des confidences à Paris Match ce jeudi, la parlementaire Renaissance réplique à la suite de l’affaire Joël Guerriau. «Il faut aussi analyser ce phénomène comme un système, sans rien excuser», explique cette ex-consultante dans le secteur médico-social.

C’est rare qu’une députée, qui plus est lorsqu’elle est dans la majorité, brise l’omerta sur les liens entre politique et substances. Alors que l’affaire Joël Guerriau, du nom du sénateur accusé d’avoir drogué la parlementaire MoDem Sandrine Josso en vue d’une agression sexuelle à son domicile mi-novembre, a bien secoué la classe politique, l’élue Renaissance du Loiret Caroline Janvier a décidé de prendre le taureau par les cornes.

Dans des confidences à Paris Match, publiées ce jeudi, elle l’affirme : «Il y a des soirées où de la drogue circule.» «Comme il y a des dîners ou des fins de sessions parlementaires où il y a une consommation excessive d’alcool», relate-t-elle.

Si Sandrine Josso «a un grand courage de parler», considère Caroline Janvier, «il faut aussi analyser ce phénomène comme un système, sans rien excuser.» Pour celle qui est parlementaire depuis 2017, «la politique fabrique des comportements déviants.» Façon pour elle de décrire les attitudes qu’elle a pu observer ces dernières années au Palais Bourbon. Des dérives qui «se font davantage au cours des séances de nuit, de retour de dîners où il y a eu de l’alcool», raconte cette ancienne consultante dans le milieu médico-social. «Il a été proposé, au bureau de l’Assemblée, qu’on ne serve plus d’alcool à la buvette, mais ça en est resté là», déplore également la députée macroniste.

«Vous prenez quelque chose pour tenir»

Avec la cadence de travail qu’impose la politique, Caroline Janvier s’était mise à boire, quelques fois, plusieurs verres par jour. Elle s’est arrêtée depuis. «Je fais le lien avec les séances de nuit, qui n’ont aucun sens, avec le rythme de vie, la pression de l’agenda, des médias avec qui on n’a pas le droit à l’erreur», fait-elle valoir. Et de présenter le dilemme auquel sont confrontés bon nombre d’élus : «Soit vous avez une excellente hygiène de vie, soit vous prenez quelque chose pour tenir.»

Car la députée Renaissance ne s’arrête pas là et indique que «les pratiques addictives existent aussi chez les ministres». «Que la personne qui leur jette la première pierre se mette à leur place une semaine. Ils ont un niveau de pression inimaginable», détaille l’élue. Qui «échange avec certains», n’ayant pour eux «pas de jugement mais de l’empathie.» Si la parlementaire refuse «jeter le discrédit» sur ces personnalités gouvernementales, elle souhaite dénoncer «les dérives (qui) sont le symptôme d’un engagement excessif.»

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Pourquoi le nombre des toxicomanes s’accroit

Pr. Jean Costentin

Quelques chiffres permettent d’approcher l’importance quantitative des toxicomanies. Cent sept mille morts l’an passé par surdose aux U.S.A. en 2020, dont 80.000 résultant des seules surdoses d’opioïdes et d’opiacés, alors que les morts par armes à feu, qui défraient la chronique, sont de l’ordre de 40.000 : (60 % par suicides et 37 % par homicides).

En France, les deux drogues licites – le tabac et l’alcool sont annuellement responsables de respectivement 75.000 et 41.000 morts, et ce à partir de 13 millions de fumeurs et 4,5 millions d’alcoolodépendants (dont quelques centaines de milliers d’alcooliques). Si tous ceux qui abusent de ces deux drogues n’en meurent pas, beaucoup sont victimes de handicaps altérant leur qualité de vie et obérant les comptes sociaux de la Nation.

Le cannabis, la drogue illicite la plus consommée en France, l’est de façon régulière par plus de 1.500.000 de nos concitoyens. Pour banaliser les drogues illicites dans le dessein d’obtenir leur légalisation, une
argutie commune met en avant leur moindre létalité ; en se gardant de préciser que c’est leur prohibition qui empêche que le nombre de leurs consommateurs atteigne les 13 millions de sujets tabagiques, ou les 4,5 millions de sujets alcoolodépendants.

De plus, leur létalité et les handicaps physiques sont bien loin de résumer leurs effets très délétères.

Pourtant la consommation des drogues illicites s’envole sous les effets cumulés :

De leur production qui explose, de leur diffusion qui s’affranchit des frontières, et de la démission croissante des pouvoirs publics à les combattre.

De l’apparition exponentielle de nouvelles drogues (désignées par pusillanimité sémantiques « N.S.P. » : nouvelles substances psychoactives, évitant le mot drogue qui interpellerait davantage ceux qui hésitent à en user. Cette expression omet qu’une substance peut être psychoactive sans être une drogue (cf. divers médicaments psychotropes).

Des bénéfices considérables tirés de leur vente, permettant à des lobbies puissants de subvertir médias, politiciens et autres « influenceurs ». Plus de 220.000 « dealers » proposent ces drogues, et même les livrent à domicile, quand cette livraison, après commande sur le Net n’est pas réalisée par la Poste.

-Du développement de l’esprit « fêtard » / « teuffeur », diffusé par le cinéma, la TV et des réseaux sociaux.

-D’un laxisme judiciaire qui minimise les sanctions qui pourraient être infligées aux consommateurs et même aux dealers. La comparaison des sanctions pénales prononcées dans les pays européens pour la possession d’UN KILOGRAMME d’héroïne ou de cannabis (une telle quantité n’est pas pour un usage personnel), publiés par l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies, montre que la France et les Pays-Bas sont les deux pays les plus laxistes dans l’application des peines, ce qui encourage largement le trafic. Si nous avons la législation la plus sévère en la matière en Europe, le constat est qu’elle n’est pas du tout appliquée.

-Du désintérêt complet de l’Éducation nationale pour mettre en garde contre les toxicomanies.

De statistiques peu fiables sur ces consommations, puisqu’elles ne sont basées que sur les déclarations des personnes interrogées, alors qu’on dispose de tests urinaires qui permettraient de déterminer précisément l’importance et la nature des consommations.

De l’escalade des drogues, devenue irréfragable, par le constat des polytoxicomanies qui tendent à se généraliser, et dont les mécanismes neurobiologiques sont largement élucidés. Les drogues induisent une sensation de plaisir, liée à l’intensification de la libération d’un neuromédiateur – la dopamine, « l’amine du plaisir », dans une petite structure cérébrale : le noyau accumbens/striatum ventral. Quand la drogue est éliminée de l’organisme ou qu’elle est métabolisée/transformée, son effet disparait. Une sensation de déplaisir, de frustration, de malaise, fait suite au plaisir initial.

Elle incite à reprendre cette drogue au plus vite. Au fil de ses usages son effet plaisant, apaisant, diminue ; le plaisir éprouvé lors des premiers usages s’est mué en un besoin tyrannique. Après avoir accru sa dose et/ou sa fréquence de consommation, pour restaurer un haut niveau de transmission dopaminergique, quand cela ne suffit plus le toxicomane ajoute une autre drogue, puis bientôt d’autres encore, aboutissant à une polytoxicomanie.

Cela correspond typiquement à l’escalade que dénient les tenants de la légalisation des drogues, ourtant devenue irréfragable.

Le tabagisme est habituellement la ligne de départ de cette course de relai. Le relai est d’abord passé au cannabis, omniprésent dans notre Nation qui n’en est pas encore productrice ; « encore », car des lobbies font pression pour sa légalisation à des fins « thérapeutiques » avec l’instauration d’une production nationale, qu’ils élargiraient très vite à celle d’un cannabis « récréatif ».

La résine de cannabis (haschisch) est associée au tabac, non seulement qui sert de support pour sa combustion, mais aussi parce que le tabac majore le plaisir suscité par le cannabis, par un effet épigénétique. Le cannabis suscite à son tour, également par un effet épigénétique, l’intensification des effets d’autres drogues, comme la cocaïne ou lesmorphiniques.

Cette course de relai devient une réaction en chaîne, dans laquelle chaque drogue incite à en consommer une autre (tabac-cannabis-cocaïne-héroïne). Et alors qu’il est si difficile de se sevrer d’une seule de ces drogues, le sevrage devient impossible quand elles sont associées.

Une autre donnée complète ce tableau morbide. Le cannabis induit chez ses consommateurs des effets épigénétiques qui consistent en une modification durable de l’expression de certains de leurs gènes. Ceci prolonge certains effets du cannabis alors qu’il est complètement éliminé de l’organisme (ce qui déjà demande plusieurs semaines).

De plus ces modifications épigénétiques peuvent être transmises par le consommateur aux enfants
qu’il pourrait concevoir. Parmi les diverses anomalies dont peuvent hériter ces enfants, il est décrit une sous expression (et donc une raréfaction) des récepteurs de la dopamine dans leur noyau accumbens, ce qui les rend, dès l’adolescence, plus vulnérables aux toxicomanies.

Ces éléments mis bout à bout additionnés expliquent l’accroissement inquiétant du nombre de toxicomanes dans notre Nation.

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