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26 mars 2024

Trafic de drogue: «Attaquons nous à la demande plutôt qu’à l’offre»

Par Jacques Garello

Le trafic de drogue se poursuit malgré l’opération «place nette XXL» à Marseille0 seconds of 1 minute, 3 secondsVolume 0%

FIGAROVOX/TRIBUNE – Pour Jacques Garello, professeur émérite à l’université Aix-Marseille, le retour des dealers, quelques heures seulement après l’opération «place nette XXL» à Marseille, illustre l’échec de la stratégie qui consiste s’attaquer uniquement à l’offre, c’est-à-dire aux trafiquants.

Jacques Garello est professeur émérite à l’université Aix-Marseille, président de l’ALEPS et past directeur international du Lions Club.


Après la spectaculaire opération «place nette XXL», honorée par la visite et les propos d’Emmanuel Macron, les trafiquants de drogue marseillais ont prévenu leurs clients de la Castellane : la drogue est à nouveau disponible et les prix sont affichés.

C’est dire que la façon dont on lutte contre la drogue, en France et dans la plupart des pays, n’a aucune chance d’être efficace parce qu’on cherche la solution du côté de l’offre c’est-à-dire des trafiquants, au lieu de regarder du côté de la demande c’est-à-dire des drogués.

Offre et demande : nous voici dans la logique classique de l’analyse économique.En effet l’économie est satisfaction des besoins grâce à l’échange entre individus ou groupes. L’échange peut se faire à l’intérieur d’une communauté, par exemple familiale ou religieuse.

L’échange peut se faire sur un marché, et la monnaie permet alors d’élargir le cercle des transactions. Sur un marché il y a nécessairement une offre et une demande, un fournisseur et un client, un producteur et un consommateur. Les prix du marché révèlent les pénuries et les excédents actuels, les profits résulteront de l’aptitude de l’entreprise à corriger les déséquilibres en innovant. Il n’est pas besoin d’être professeur d’économie pour se rendre à ces évidences.

En matière de drogue l’action sur l’offre est inopérante, pour deux raisons au moins. La première c’est que dès qu’un réseau de trafiquants est détruit, un espace s’ouvre sur le marché, et un concurrent s’en empare. Les leçons de la prohibition de l’alcool aux États-Unis sont sans appel : toujours plus de consommation, toujours du marché noir, de la corruption jusque dans la police, la justice et les élus. La deuxième raison est que l’offre de drogue a la possibilité de créer sa propre demande ; les trafiquants fabriquent leurs clients en faisant naître l’addiction.

Droguée gentiment, gratuitement, et parfois avec des drogues «douces», la victime devra finalement vendre de la drogue pour payer celle dont elle a besoin et grimpera ainsi, souvent, dans l’escalade, l’overdose, allant vers des drogues toujours plus dures et plus chères. Ceux qui ont les moyens se propulseront plus vite en haut de l’échelle.

La drogue devient alors un problème culturel. Elle est caractéristique d’une société où l’environnement moral et spirituel est à la facilité, à la fatalité.Jacques Garello

Par contraste on néglige habituellement le côté de la demande, on ne se pose pas la vraie question : pourquoi le besoin de drogue ? La question se pose aux grands adolescents et aux adultes, et de plus en plus aux mineurs. Ce n’est pas, comme le veulent ceux qui politisent le problème, une question de catégorie ou de situation sociale.

Il y a toujours et partout des raisons personnelles qui se trouvent dans une vie perturbée, dans une vie sans intérêt et sans espoir. Une vie perturbée par un accident, par des drames mal vécus, pour lesquels le secours de la famille, des proches, de la religion n’a pas été suffisant. Naguère le malheureux se réfugiait dans l’alcool ou le tabac : faciles à se procurer, d’un prix accessible, socialement tolérés.

Voici que la drogue est maintenant à la portée de tous ; la publicité est apparue, les prix sont affichés, et dans n’importe quel lieu. La vie peut être sans intérêt et sans espoir : le quotidien d’un emploi routinier, sans initiative, rémunéré à l’ancienneté, les horaires et les transports harassants, l’ascenseur social en panne. La drogue devient alors un problème culturel. Elle est caractéristique d’une société où l’environnement moral et spirituel est à la facilité, à la fatalité.

Il est dramatique que la drogue atteigne maintenant les enfants mineurs : non seulement ils sont des victimes, mais ils sont de plus en plus des acteurs. C’est bien là que devraient aller les efforts prioritaires : au niveau de l’éducation. Car c’est aussi prendre le mal à sa racine, et libérer les générations futures. Je conçois bien qu’on puisse rééduquer des adultes en ouvrant des centres spécialisés, mais en général il s’agit d’accompagner des drogués déjà condamnés, c’est un support médical qui leur est administré.

Bien plus nécessaire et efficace à long terme est la prévention au niveau de l’enfance. C’est bien là que devraient aller les efforts : au niveau de l’éducation. Les neurologues et les psychologues sont formels : on peut éduquer les jeunes enfants pour éviter qu’ils soient victimes de toute addiction, de la drogue comme du tabac ou de l’alcool.

Pour cela il faut briser le mimétisme, cette tendance des enfants à faire comme les autres, et à subir le réflexe de bande – lorsqu’il faut imiter le chef -, et d’autre part leur enseigner quelques valeurs morales, leur apprendre qu’il y a un bien et un mal, qu’il faut respecter les autres. Il existe des programmes fondés sur ces principes, et mis à la disposition des enseignants dûment formés. Je connais par exemple le programme «Quest», diffusé en France dès les années 1970 par le Lions Club International.

Mais les syndicats d’enseignants ont obtenu du ministère l’interdiction du programme, qui ne sera levée qu’en 2010. En ce moment même des programmes très voisins, souvent dénommés «Communication bienveillante» ou «Communication non violente» se multiplient en France, dans les établissements privés mais aussi publics.

Dans le monde entier plus de 80 millions d’élèves ont appris à ne pas céder au mimétisme et à échapper au harcèlement. La drogue des jeunes a été totalement éradiquée en Australie et en Corée du Sud.

Le pire est que les enfants jouent aux adultes : la criminalité des mineurs est en croissance vertigineuse. Jacques Garello

On peut douter de l’intérêt actuel de l’Éducation nationale pour développer cette approche. L’heure est plutôt à l’écologie et à la politisation, les enfants sont formatés à l’égalitarisme, habitués au harcèlement, on se drogue à la colle. Le pire est que les enfants jouent aux adultes : la criminalité des mineurs est en croissance vertigineuse.

Dans ces conditions les déclinologues se sont multipliés, et nous avons maintenant un mélange disparate de «carpe diem» destructeur de toute rigueur mais assez tentant, et d’apocalypse écologique prophétisant la destruction de la planète. Les accents du marxisme s’entendent toujours : il faut détruire un système fondé sur l’injustice sociale et l’appât du gain. Les philosophes postmodernes en rajoutent une couche : l’homme est déchu et la société est nécessairement en décomposition.

De la sorte l’éducation des enfants est maintenant guidée vers l’égalitarisme, le collectivisme et la permissivité – de sorte que la jeunesse est prête pour toutes les révoltes, donc pour la drogue. Quant aux adultes, la drogue est une revanche sur des vies sans bonheur, sans amour, et sans Dieu.

Le devoir des hommes libres, tant qu’ils le sont encore, est de diffuser le message inverse : ayons foi dans l’être humain, rejetons les prophètes de malheur, racontons la véritable histoire du progrès de l’humanité jusqu’à nos jours, réformons nos institutions pour restaurer la liberté, la responsabilité, la propriété et la dignité des personnes.

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Addiction aux drogues : « Des patients plus jeunes et plus instables »

Toujours plus de produits stupéfiants, toujours plus puissants, notamment pour le cannabis. Avec quelles conséquences sanitaires ? Réponses avec Stéphane Billard, psychiatre addictologue au centre hospitalier psychiatrique de Quimper.

« Ce qui m’alarme le plus, c’est la diversité des drogues et leur facilité d’accès », témoigne le psychiatre addictologue Stéphane Billard.
« Ce qui m’alarme le plus, c’est la diversité des drogues et leur facilité d’accès », témoigne le psychiatre addictologue Stéphane Billard. (Laurent Silliau, d’après une photo de Vincent Michel)

Marée blanche, notre série-enquête sur la drogue

Le cannabis est de loin la drogue la plus consommée en France, mais celui consommé dans les années 1990-2000 n’a plus rien à voir avec celui d’aujourd’hui. Ce dernier est deux à trois fois plus puissant en moyenne.

La molécule de THC crée de l’anxiété. Plus son taux est important, plus les troubles liés à l’anxiété le seront aussi. Avec un risque plus grand de « bad trip » (un « mauvais délire », NDLR).

C’est aussi davantage de désorientation, avec les notions d’espace et de temps encore plus altérées. L’usager peut se retrouver « bloqué », incapable d’agir. Autre effet : cela peut engendrer des délires de persécution pour ceux qui ont déjà une fragilité psychiatrique, ou faciliter l’entrée dans la schizophrénie pour les personnes qui ont déjà cette prédisposition. Cela n’engendre pas plus de cas, mais ceux-ci vont se déclencher plus tôt.

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La Lettre du C N P E R T­­

Comité National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies
S’il faut être attentif à l’état de la planète que nous léguerons à nos enfants, il est majeur de nous préoccuper de l’état des enfants que nous lui léguerons.
ÉDITORIAL
Président d’EDVO (Espoir du Val d’Oise), Jean-Paul BRUNEAU 

L’association nationale EDVO (Espoir du Val d’Oise) propose des séances d’information préventive et de développement du sens critique pour les collégiens et lycéens, sur le sujet des addictions et de la consommation des produits psychoactifs. EDVO, située à Montmagny 95360, fondée en 1987 par Jean-Paul Bruneau, formateur anti-drogue de la Police nationale, retraité, est une association probablement unique en France quant à son type d’accompagnement
Avec 37 ans de pratique professionnelle au service de l’humain en grande difficulté, notamment avec un problème d’addiction, elle a fait évoluer son mode de prise en charge en fonction des besoins de ses résidents, principalement polytoxicomanes en rétablissement.
L’équipe est pluridisciplinaire et sa méthode d’accompagnement, utilisée aux USA, en Angleterre et au Canada, est inspirée du Modèle Minnesota à savoir, une prise en charge globale associant le thérapeutique, le social, les changements de comportements fondés sur l’abstinence de tout produit psychoactif, l’autogestion des émotions, la préparation à une autonomie durable, avec réinsertion sociale et l’accès au logement individuel… 
EDVO forme depuis 33 ans des intervenants en prévention dans le milieu scolaire ou socio-éducatif et dans les entreprises et les collectivités, sur tout le territoire national (Jean-Paul Bruneau a effectué un D.U. « toxicomanie/dopage » – Faculté de Médecine d’Angers et un D.U. « Addictions et psychiatrie » – Université Paris Diderot). Trois conférenciers d’EDVO interviennent à la demande des chefs d’établissement (9000 élèves rencontrés chaque année). Lire l’article
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DROGUE DANS LES SERVICES DE PSYCHIATRIE: UN FLÉAU À NE PAS SOUS-ESTIMER­
Un article intitulé « La santé mentale en ruine » a été récemment publié dans l’hebdomadaire « Valeurs Actuelles » par Victor Eyraud*. Il s’appuie sur le témoignage de médecins et d’infirmiers de différentes structures hospitalières.Cet article rappelle tout d’abord les différences d’organisation, théoriques, des unités de psychiatrie. Certaines unités, « ouvertes », accueillent des volontaires en soins libres. D’autres sont dites « fermées » : là, nombre de patients y sont présents contre leur volonté (contrainte d’un tiers, mesure administrative concernant un individu susceptible de troubler l’ordre public). Mais, en pratique, dans certains hôpitaux ces secteurs sont de plus en plus difficiles à séparer et à organiser faute de moyens.Lire l’article
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LE TABAGISME RECULE MALGRÉ LES EFFORTS DÉPLOYÉS PAR L’INDUSTRIE DU TABAC POUR ENRAYER LES PROGRÈS­
Dans son rapport du 16 janvier 2024 sur les tendances du tabagisme, l’OMS estime à 1,25 milliard le nombre d’adultes fumeurs dans le monde. Environ 1 adulte sur 5 dans le monde consomme du tabac contre 1 sur 3 en 2000.Le rapport indique que 150 pays parviennent à réduire la consommation de tabac. Le Brésil et les Pays-Bas obtiennent de bons résultats grâce aux mesures anti-tabac : le Brésil a enregistré une diminution relative de 35 % depuis 2010 et les Pays-Bas sont sur le point d’atteindre l’objectif de 30 %.

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ON NE DEVRAIT PAS DIRE « À VOTRE SANTÉ » QUAND ON BOIT DE L’ALCOOL­

L’alcool c’est :- Au Havre 44% de morts de plus qu’au niveau national.- Des altérations des fonctions cognitives beaucoup plus précoces et importantes que ce que l’on pensait- La première cause de démence précoce car il détruit la myéline qui est l’isolant des nerfs à l’intérieur du cerveau (sans myéline l’influx nerveux va à 3 km/h et avec à 300 km/h) et il tue les neurones qui produisent les nouveaux neurones.-
La deuxième cause de cancer évitable (en particulier du sein, et du colon). Au total c’est 20 000 nouveaux cancers par an.- La première cause de retard mental non génétique.- Plus de 1000 morts et 10 000 blessés sur les routes.Lire l’article
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LE PROFESSEUR JEAN COSTENTIN RÉPOND À UN MEMBRE DU CNPERT L’INTERROGEANT SUR LE « DRY JANUARY »­
Déplorons a priori cette expression « dry january », ésotérique pour les non familiers de la langue de Shakespeare ; ne pourrait-on être plus clair pour être sûrs d’être compris, en n’adoptant pas la pusillanimité sémantique de certains addictologues qui ont peur des mots qui pourraient fâcher ou faire peur. Parlons sans ambages d’un « janvier abstinent / ou sobre / ou sans alcool ! et saluons cette initiative d’une complète pertinence.
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Les contrefaçons de benzodiazépines : une menace croissante pour la Santé PubliqueLe marché des drogues illicites est en constante évolution, avec des tendances et des produits qui fluctuent au fil des ans. Si les trafics de cannabis, cocaïne, héroïne et kétamine continuent de se développer, de nouvelles molécules apparaissent. Ainsi, depuis 2016, une nouvelle menace émerge sous la forme de contrefaçons de benzodiazépines, mettant en danger la santé publique (1,2). Ces contrefaçons de médicaments sédatifs, dont le bromazolam est l’un des principaux exemples, représentent un risque croissant pour les consommateurs et les autorités de santé publique. Lire l’article
EN 2022 LA CONSOMMATION DE DROGUE À L’ADOLESCENCE SERAIT EN BAISSE
­Selon l’enquête EnCLASS du 25 janvier dernier­ EnCLASS est une enquête conduite par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives et l’École des hautes études en santé publique, en partenariat avec l’Éducation Nationale. Réalisée pour la première fois en 2018, elle s’adresse à des collégiens et des lycéens âgés de 11 à 18 ans.
Cette enquête déclarative s’intéresse à leur santé et à leur consommation de drogues. Entre mars et juin 2022, près de 10.000 collégiens et lycéens ont participé en France à cette deuxième édition, permettant notamment d’évaluer les niveaux d’expérimentation et de consommations d’alcool, de tabac, de cannabis et d’autres drogues. Il est constaté une baisse continue des usages, baisse qui confirme des enquêtes récentes chez les adolescents (enquête ESPAD 2019 à 16 ans et enquête ESCAPAD 2022 à 17 ans).Lire l’article
POLYADDICT, MAIS LIBÉRÉE…

Il n’y a que deux catégories de lanceurs d’alerte qui soient en mesure de dissuader l’immense foule de nos compatriotes retenus prisonniers d’addictions multiples. Les premiers sont les professionnels de la santé physique et mentale qui maîtrisent les connaissances nécessaires pour pouvoir parler pertinemment de ces sujets ; les seconds sont les anciens dépendants qui ont réussi à s’arracher à ce qui les a faits si longtemps souffrir, qu’il s’agisse de drogues, d’alcool, de tabac ou de tout autre produit ou activité, comme par exemple, le jeu.Lire l’article
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Une invitation de EDVO

 Nous serions honorés de votre présence le 4 Avril à 19 h à la cinémathèque Robert LYNEN, 11 Rue Jacques BINGEN à PARIS 17ème, à la présentation du film « Juste pour Aujourd’hui ». Réservation indispensable : contact@titusfilms.fr

Le tournage de ce film sur 6 mois, au contact de nos résidents en rétablissement, a permis à Valérie JOURDAN de produire un film de 52mn qu’elle présentera aux médias et personnalités ce 4 Avril. (voir invitation ci-jointe).

Ce film fait suite aux reportages réalisés précédemment sur notre méthode d’accompagnement social et thérapeutique des sortants de cure ; 75 % de nos pensionnaires maintiennent leur abstinence avec une réinsertion sociale durable au terme d’une année de suivi. (voir reportages sur www.edvo.fr).

Comptant sur votre participation, avec Valérie JOURDAN, je vous accueillerai avec plaisir le 4 Avril pour ce film projeté en avant-première.

Bien à vous.

Jean-Paul BRUNEAUPrésident Fondateur de l’Association Nationale EDVO06 09 21 26 92

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