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29 mars 2024

Interdire la pub pour l’alcool : quel serait le manque à gagner ?

Jupiler Belgique
© D.R.

Frederic Brebant

Le Conseil Supérieur de la Santé préconise une interdiction pure et simple de la publicité pour les marques de bières, de vins, de champagnes et autres spiritueux. Si une telle loi était adoptée en Belgique, quel serait le manque à gagner pour les éditeurs de presse, les chaînes de télé et les autres médias qui vivent de la publicité, notamment pour les boissons alcoolisées ?

L’étau se resserre autour de la publicité pour l’alcool en Belgique. Il y a quelques jours, la Chambre a approuvé, en séance plénière, un projet de loi du ministre de la Santé instaurant de nouvelles limitations sur la vente de vin, de bière et autres spiritueux. Le texte de Frank Vandenbroucke prévoit ainsi l’interdiction de la vente d’alcool « fort » aux mineurs de moins de 18 ans (sauf pour la bière et le vin), ainsi que de la vente d’alcool via des distributeurs automatiques, dans les stations-services le long des voies rapides entre 22h et 7h, et dans les hôpitaux.

Mais le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) considère aujourd’hui que ce texte de loi ne va pas assez loin. Pour combattre les dommages liés à la consommation d’alcool, le CSS préconise en effet une interdiction pure et simple du marketing et de la publicité pour toutes les marques de bières, de vins, de champagnes et autres spiritueux en Belgique.

Si, aujourd’hui, la loi belge interdit déjà la publicité pour l’alcool à la radio et à la télévision « cinq minutes avant et cinq minutes après les programmes visant un public mineur d’âge », ainsi que dans les journaux, périodiques et les supports digitaux spécifiquement destinés aux jeunes, il reste toutefois encore beaucoup de marge aux marques de bières, de vins et de spiritueux pour vanter leurs produits dans la presse écrite, à la télé, au cinéma ou via l’affichage en rue.

Le poids de l’alcool

Mais combien pèse exactement le secteur de l’alcool dans le marché publicitaire belge ? Finalement pas grand-chose, si l’on en croit les derniers chiffres disponibles. En 2023, les investissements bruts mesurés par Nielsen (hors remises d’usage et qui incluent une partie des dépenses dans le digital à l’exception des GAFAM) s’élèvent, tous secteurs confondus, à quasi 5 milliards d’euros en Belgique.

Parmi les différents annonceurs, le secteur de l’alimentation (qui comprend aussi les marques de l’alcool) ne représente « que » 10,8% de ces investissements bruts, soit 540 millions d’euros. Le secteur des « loisirs, tourisme, culture et sport » est loin devant avec 1,22 milliard de dépenses publicitaires brutes en 2023, tout comme le secteur de la distribution sur la deuxième marche du podium avec 1,15 milliard.

Si l’on s’intéresse maintenant d’un peu plus près au secteur de l’alimentation, on constate que le rayon alcool ne pèse pas bien lourd en termes publicitaires. Ensemble, les marques de bières, vins, champagnes et autres spiritueux ne représentent « que » 69 millions de dépenses brutes effectuées par les annonceurs en Belgique, soit 12,7% des investissements dans cette catégorie alimentation.

Mais si l’on prend encore un peu plus de hauteur et que l’on considère cette fois la totalité des investissements bruts sur tous les supports publicitaires en Belgique (à l’exception des GAFAM), soit 5 milliards d’euros en 2023, le rayon alcool ne représente au final qu’un « petit » 1,4% de toute l’enveloppe.

Des dépenses brutes (69 millions) qui sont très majoritairement captées par la télévision et l’affichage, au coude-à-coude dans les préférences des annonceurs sur le terrain des boissons alcoolisées et qui seraient donc les grands perdants d’une éventuelle interdiction publicitaire.

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Schizophrénie : fumer du cannabis aggrave les symptômes, surtout chez les jeunes

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Lorsqu’on est atteint de schizophrénie, fumer de l’herbe augmente et aggrave les symptômes, comme les délires, les hallucinations ou le repli sur soi. (Photo d’illustration – Minute Santé) • ©France Télévisions / Clard Pixabay – Kindel Media

La schizophrénie se manifeste souvent entre 15 et 25 ans, un âge où l’on aime expérimenter l’alcool, le tabac… et le cannabis. Celui-ci est souvent présenté comme jouant un rôle dans l’apparition de cette maladie mentale. Mais qu’en est-il réellement ? Éléments de réponse dans cet épisode de Minute SanJulie Postollec • Publié le 28 mars 2024 à 11h14, mis à jour le 28 mars 2024 à 11h15D’un côté, on a le cannabis : diversement répandue dans les Outre-mer, cette drogue est très consommée dans les territoires du Pacifique, notamment en Nouvelle-Calédonie. Dans les DROM, il y a moins de fumeurs annuels ou au stade d’expérimentation que sur l’Hexagone, mais ces derniers la consomment de manière plus intensive.

Selon l’OFDT (Observatoire français des drogues et des tendances addictives), en 2022, 56 % des plants de cannabis saisis en France l’ont été dans les Outre-mer et notamment en Polynésie française.

La moitié tente de se suicider

De l’autre, on a la schizophrénie. Cette maladie psychiatrique, souvent caricaturée, est en fait très complexe et touche presque 1% de la population en France et ailleurs. Elle se caractérise par trois types de symptômes :

  • Ceux dits productifs(ou positifs) qui sont les plus connus et les plus impressionnants : hallucinations (visuelles, auditives, olfactives…), sentiment de persécution ou paranoïa, mégalomanie, idées délirantes et excentriques.
  • Ceux dits négatifs (ou déficitaires) : émotivité réduite, perte d’intérêt, apathie, repli familial et social… Ils correspondent à un appauvrissement affectif et émotionnel et peuvent ressembler à une dépression
  • Enfin, les symptômes dissociatifs : trouble de l’attention, difficulté à comprendre ou se faire comprendre, à planifier des tâches simples… Ils correspondent à une désorganisation de la pensée des patients, qui peut être discordante avec ce qu’ils ressentent ou ce qu’ils vont faire.

Très handicapante, cette maladie peut conduire parfois au pire : selon l’Inserm, la moitié des patients fait une tentative de suicide au cours de sa vie et entre 10% et 20% en décèdent.

Plus de schizophrénie chez les Antillais ?

Bien que touchant toute la population, la schizophrénie semble plus fréquente chez les personnes vivant en milieu urbain et celles ayant un parcours d’immigration. Une étude de 2015 précisait ainsi que le risque de troubles psychotiques était « particulièrement élevé chez les immigrés à peau pigmentée et chez les Antillais, qui ne sont pas des immigrés suivant la définition stricte du terme« . 

Mais les interprétations manquaient : dépression psychotique engendrée par le départ des Antillais vers l’Hexagone puis le retour au pays ? Abus de drogues ? Car la question qui revient souvent est : quel est le lien entre la schizophrénie et le cannabis ?

C’est ce que tentent de savoir les médecins depuis des années et ils ne sont pas tous d’accord. On tente de vous résumer cela en une minute dans la vidéo ci-dessous, et de vous donner plus de détails dans l’article ci-dessous.

https://www.instagram.com/reel/C5BgDWuoVPS/embed/captioned/?cr=1&v=14&wp=675&rd=https%3A%2F%2Fla1ere.francetvinfo.fr&rp=%2Fschizophrenie-fumer-du-cannabis-aggrave-les-symptomes-surtout-chez-les-jeunes-1459166.html#%7B%22ci%22%3A0%2C%22os%22%3A958.2000000001863%2C%22ls%22%3A290.20000000018626%2C%22le%22%3A589.1000000000931%7D

Le cannabis aggrave les délires

À force de recherches, certaines hypothèses ont été vérifiées. Plusieurs études ont ainsi montré que chez une personne atteinte de schizophrénie, fumer de l’herbe augmente et aggrave les symptômes, comme les délires, les hallucinations ou le repli sur soi.

Les symptômes peuvent être aussi plus précoces et plus résistants aux traitements médicamenteux, comme l’expliquait le Dr Alice Deschenau, psychiatre addictologue, sur le plateau de l’émission Allô Docteurs sur France 5.

Ce qui joue sur les symptômes, c’est le tétrahydrocannabinol, ou THC, contenu dans le cannabis. C’est le principal composé à l’origine des effets psychotropes tels que l’euphorie ou l’altération de la perception.  Plus une personne schizophrène va fumer un joint chargé en THC, plus il risque de souffrir d’hallucinations puissantes ou de délires aggravés.

Les jeunes plus vulnérables

Une étude danoise publiée en mai 2023 dans la revue Psychological Medicine confirme que la consommation abusive de cannabis augmente le risque de schizophrénie, surtout chez les jeunes hommes.

Les chercheurs de l’Université de Copenhague ont examiné les dossiers médicaux de près de 7 millions de personnes. En isolant les consommateurs de cannabis et à l’aide de modèles statistiques, ils ont estimé que jusqu’à 30 % des cas de schizophrénie chez les hommes âgés de 21 à 30 ans auraient pu être évités.

Ces données viennent appuyer une autre étude, finlandaise cette fois, selon laquelle les jeunes ayant fumé régulièrement ont trois fois plus de risques d’être atteint de schizophrénie avant l’âge de 30 ans. Les adolescents étudiés n’avaient aucun symptôme précurseur, ni de parents affectés.

Un cerveau fragile en réorganisation

Alors cette drogue déclenche-t-elle la maladie ? Impossible de répondre clairement à la question. Mais il y a clairement une concomitance liée à l’âge, car avec la puberté, les neurones et différentes zones du cerveau sont en pleine maturation et se réorganisent. Toute perturbation, qu’elle soit génétique ou environnementale, peut donc avoir des conséquences néfastes sur le bon fonctionnement du cerveau adulte.

« Ceci explique pourquoi la majorité des maladies psychiatriques se développent avant l’âge de 25 ans« , indique l’Inserm dans son dossier sur la schizophrénie, qui se manifeste en effet le plus souvent entre 15 et 25 ans.

Or cette tranche d’âge est également celle où l’on expérimente les « plaisirs défendus » : alcool, tabac… et cannabis. D’après l’Inserm, le THC perturberait justement la maturation cérébrale des adolescents.

Teneur doublée en 10 ans

Un THC dont la concentration est de plus en plus forte. L’OFDT a ainsi noté que « la teneur moyenne en THC de la résine de cannabis a plus que doublé en dix ans, passant de 12,3 % en 2011 à 30 % en 2022, tandis que, dans la même période, celle de l’herbe a progressé de 34,6 %« .

Alors le THC peut-il déclencher une schizophrénie ? C’est une ligne que beaucoup ne franchissent pas et qui fait débat, car l’augmentation des taux de THC aurait pu avoir pour conséquence une augmentation de la fréquence de cette maladie, or le nombre de malades reste stable.

Dans tous les cas, le conseil numéro un des médecins est de proscrire l’usage du cannabis lorsqu’on souffre de schizophrénie ou qu’on a des antécédents familiaux au premier degré.

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