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mars 2024

Kafka, Courteline, Cannabis : aux États-Unis, l’enfer d’une légalisation chaotique

Le marché illégal du cannabis aux Etats-Uns, que la légalisation rêvait d’anéantir, a décuplé et offre désormais au milieu criminel de nouvelles opportunités pour le trafic de stupéfiants.

Xavier Raufer

Un enfer bienséant, pavé de si bonnes intentions… Et un inextricable bazar, près duquel la fa­meuse boîte de Pandore fait figure de paquet-cadeau. D’usage incapables de résister à l’assaut d’un lobby, les États-Unis libéralisent l’usage du cannabis. De gré ? De force ? Cocteau disait : « Puisque ces événements nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs ». De fait, à di­vers stade (« Médical »… récréatif…), 41 des 50 États américains ont en cours un tel pro­cessus. Comment cela évolue-t-il ? fort mal.

D’abord, Washington refuse à ce jour de légaliser tout stupéfiant : ce qui relève du fédéral – prêts bancaires, cartes de crédit – est interdit aux boutiques vendant une drogue … légale dans huit États sur dix.

Ainsi, les États-Unis, phare libéral mondial, initient-ils l’aventure loufoque de gérer au millimètre un marché… interdit à l’échelle nationale ; contrôler au gramme près ce qu’on peut faire pousser et comment ; engrais ou pesticides licites ; fermes agréées, sous quelles conditions. Et Washington taxe lourdement un produit… dont il rejette l’existence.

Or comme les lois fédérales excluent toute substance illicite, les boutiques de can­nabis légal ven­dent tout en espèces (bonjour les braquages…) et ne peuvent déduire leurs frais ou dépenses de leur imposition, qui ainsi grimpe … jusqu’à 80% du chiffre d’affaires !

Pire : le total interdit (fédéral) d’exporter le cannabis récolté, d’un État à l’autre. L’Oklahoma et la Californie produisent dix fois plus de cannabis qu’elles n’en usent ; la ville de New York fume ± 70 tonnes de hasch par an, mais en cultive peu : entre eux, tout export est interdit ! Seule so­lution, la contrebande.

Résultat, disent les commissions officielles, le marché illégal du cannabis, que la légalisation rêvait d’anéantir, décuple de taille, offrant désormais au milieu criminel cent facilités nouvelles de trafic.

Bureaucraties tatillonnes sans moyens de contrôle… sociétés fantômes… hommes de paille… contrôle indirect du crime organisé… En peu d’années, tout cela génère une forte con­trebande intérieure. Parmi les pires nœuds au cerveau que se fait aujourd’hui Washington : comment régler le problème massif du cannabis « légal », mais vendu « illégalement » ?

Eh oui, on en est là.

Complique encore l’affaire, l’usage bien ancré outre-Atlantique d’effacer les problèmes par l' »ingénierie sociale ». Décodeur : remplacer les mots qui fâchent par d’autres, innocents. La mafia, mais non, dites « mob » ; Un cercueil (« coffin ») : affreux, mettez « casket » (coffret) à la place ; « gambling » (jeux d’argent) à Las Vegas ?

Horreur, parlez de « gaming » (comme les jeux des enfants) : tout va bien. Ainsi, les boutiques de cannabis, pures et simples fumeries, devien­nent-elles d’aimables « dispensaires ». Multiplier ces ripolinages sémantiques étant bien sûr l’idéal moyen pour que nul, en fin du compte, n’y comprenne plus rien.

S’ajoute à cela la bienséance politique, faisant de bonnes intentions initiales un ingérable ba­zar : visite démonstrative à New York. D’origine, guerre de Sécession ou pas, les États-Unis ont toujours maltraité leur population noire ; la police de New York (NYPD) a ainsi arrêté (1980-2020) environ un million d’individus pour usage/trafic de drogue (du cannabis, surtout).

Or – à toxicomanie analogue dans les diverses races – 94% de ces arrestations visaient des quartiers noirs ! D’où – acte de justice économique et sociale – l’attribution de la majorité des « dispen­saires » de drogue légale aux minorités réprimées et aux femmes. Entre en jeu en 2021, dans l’État de New York, un « Office of cannabis management » (OCM) et son programme phare « Con­ditional Adult Use Retail Dispensary », CAURD. Satisfaction générale ?

Non : d’autres minorités, anciens combattants… fermiers en faillite… s’estiment lésés et attaquent OCM-CAURD en jus­tice. Résultat : la machine se bloque et sa bureaucratie, tout autant. D’ailleurs, comment de pauvres gens pourraient-ils ouvrir des « dispensaires », sans le sou ? 200 millions de dollars de prêts sont prévus par l’État en théorie : concrètement, rien n’arrive. Et la seule de­mande d’at­tribution coûte déjà 2 000 dollars, non remboursables.

D’où, de riches bourgeois peuvent seuls lancer ces boutiques, dont les frais d’ouverture peu­vent dépasser le million de dollars. Résultat : à New York (janvier 2023) un « dispensaire » lé­gal… et 1 400 illicites : le milieu criminel a tout l’argent nécessaire et sait intimider la concur­rence. Sur 160 pâtés de maison (« Blocs ») de Manhattan, 65 boutiques illégales vendent un can­nabis qui l’est tout autant. Et la justice raciale ? À Chicago, seuls 1% des « dispensaires » appar­tiennent à des Noirs ; à New York, sans doute pas mieux.

À New York, chercher « weed stores » sur internet renvoie à 100% de boutiques illégales. L’une d’elles, pleine d’humour, s’est baptisée « Prohibition » ; certaines « épiceries » vendant la drogue illégale acceptent en paiement… des tickets-restaurant. Devant une concurrence sans règles ni limites, les « dispensaires » légaux titubent déjà au bord de la faillite. L’anarchie règne, la ville et l’État de New York se renvoient la patate chaude.

« L’enfer est pavé de bonnes intentions » : même pour les « progressistes » américains.

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Quels sont les effets de l’alcool sur notre intestin?

C’est un fait scientifiquement prouvé: la consommation excessive d’alcool est mauvaise pour notre santé. Mais quels sont les effets de cette substance sur notre flore intestinale? Dans les colonnes de HLN, le professeur Jeroen Raes, du Flemish Intestinal Flora Project, nous explique comment l’alcool peut affecter notre intestin. “Selon une récente étude, un intestin en mauvaise santé pourrait contribuer à l’état de manque ou à l’envie d’alcool.”

Inge Stiers, Elise Lucca 05-03-24

Les études scientifiques s’accordent depuis bien longtemps sur les méfaits de l’excès d’alcool. Les personnes qui boivent plus que le maximum recommandé de dix verres par semaine courent un risque accru de contracter plus de 200 maladies et problèmes de santé. Selon des études récentes, cette substance nocive affecte également notre intestin. Et cela n’est pas sans conséquences, car un microbiome sain est essentiel pour une bonne digestion, une bonne immunité et une bonne santé intestinale.

Une flore intestinale en bonne santé

Pour bien comprendre l’impact de la consommation d’alcool sur notre intestin, il faut d’abord savoir à quoi ressemble une flore intestinale saine. “Dans le cadre d’un projet scientifique, nous avons analysé la flore intestinale de quelque 5.000 Flamands afin d’en savoir plus sur la nature, la fonction et le fonctionnement des milliards de bactéries qui vivent dans nos intestins”, explique le professeur Jeroen Raes à HLN.

“Nos recherches montrent qu’il est très difficile de définir une flore intestinale saine, car il existe des variations importantes entre les individus. De nombreux facteurs influencent également la composition de cette flore intestinale, tels que l’alimentation, la prise de médicaments ou le temps de passage des aliments dans le système digestif.”

“En revanche, nous pouvons plus facilement voir à quoi ressemble une flore intestinale en mauvaise santé et quand elle est perturbée. Une flore intestinale malsaine présente une faible biodiversité, et donc peu de types de bactéries différents. En outre, on y trouve davantage de bactéries liées à l’inflammation et moins de bactéries bénignes. Les personnes dont la flore intestinale est perturbée ont également moins de bactéries par gramme de selles. En résumé, elles ont moins de bactéries, moins de types différents de bactéries et plus de mauvaises que de bonnes.”

L’effet de l’alcool sur l’intestin

“Dans le cadre de cette étude, nous avons également examiné très spécifiquement l’effet de l’alcool sur la flore intestinale, ce qui a montré que la différence entre un buveur et un non-buveur dans le cas d’une consommation modérée d’alcool était presque négligeable”, détaille le professeur. “On observe des effets majeurs sur l’intestin seulement en cas de consommation excessive d’alcool.”

Les réactions inflamma­toi­res peuvent conduire au cancer du côlon, par exemple

“Certaines études ont révélé que les personnes aux prises avec un problème d’alcool présentent souvent un déséquilibre entre les bonnes et les mauvaises bactéries intestinales. C’est ce qu’on appelle la ‘dysbiose’. Les buveurs excessifs souffrant de dysbiose présentent également un risque accru de fuite intestinale.

Dans ce cas, les cellules de la paroi intestinale ne s’emboîtent plus correctement, ce qui crée des ouvertures microscopiques. Cela permet aux toxines et aux bactéries de pénétrer dans la paroi intestinale et de s’infiltrer dans les tissus sous-jacents et dans le reste du corps. Cela peut provoquer une inflammation.”

Selon Jeroen Raes, il ne faut pas prendre cette situation à la légère. “Les réactions inflammatoires peuvent conduire au cancer du côlon, par exemple. On peut donc voir clairement qu’il existe des liens entre la flore intestinale et l’inflammation, entre l’inflammation et le cancer du côlon et entre l’inflammation et l’alcool. Mais nous n’avons pas encore suffisamment de connaissances sur l’ordre exact de tout ceci.”

Effet sur le comportement addictif?

Autre découverte étonnante: un intestin en mauvaise santé pourrait contribuer à l’état de manque ou à l’envie d’alcool. Dans une étude récente datant de 2023, des scientifiques ont examiné la flore intestinale de 71 personnes âgées de 18 à 25 ans. Les résultats, publiés dans la revue scientifique “The Lancet”, ont montré que les personnes qui s’adonnent plus fréquemment à la consommation excessive d’alcool présentaient des modifications du microbiome liées à une plus grande appétence pour l’alcool.

“Il ne s’agit que d’une seule étude, donc je ne peux pas me prononcer davantage. Mais les résultats sont intéressants”, commente Jeroen Raes. “Nous avons également découvert qu’il existe un lien entre la composition de la flore intestinale et la dépression.

Les bactéries intestinales produisent de nombreuses substances, les neurotransmetteurs. Ceux-ci ont un effet sur le fonctionnement de notre cerveau et de nos nerfs. Cela pourrait expliquer le lien avec le comportement addictif. Mais il faudra encore de nombreuses années de recherche pour découvrir exactement comment cela fonctionne.”

Il faut bien comprendre qu’il s’agit ici d’une consommati­on modérée d’alcool. Dès que l’on commence à en abuser, ces effets positifs sont annulés – Le professeur Jeroen Raes

Les dessous du trafic de drogue dans l’ouest de la France

Dans l’ouest, ce marché est dominé par quelques individus ayant la capacité de faire venir de grandes quantités de produits stupéfiants… par des moyens toujours plus sophistiqués.

Et quand il s’agit d’écouler le produit, les narcotrafiquants sont aussi à la pointe de l’innovation, comme en témoigne l’effarant succès des réseaux « ubershit » avec leurs livreurs de cocaïne à domicile et autres promos sur le cannabis.

Dans le troisième volet de « Marée blanche », notre enquête au long cours sur le trafic de drogue, zoom sur les réseaux parfois tentaculaires à l’oeuvre et leurs méthodes.

Les dessous du trafic de drogue dans l'ouest de la France

Marée blanche, notre série-enquête en 5 épisodes sur le trafic de drogue

Episode 1 : Drogue sur les docks

Episode 2 : La France submergée

Episode 3 : Des réseaux tentaculaires (vous êtes ici)

Episode 4 : diffusion à partir du 12 mars

Episode 5 : diffusion à partir du 26 mars

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Addict à la cocaïne, Gaëlle témoigne d’une vie en enfer

La jeune femme, qui habite Saint-Herblain, a souhaité témoigner pour faire mieux connaître les dégâts causés par la prise de drogue. Elle se bat au quotidien pour sortir de la dépendance.

Gaëlle, maman d’une petite fille, addict à la cocaïne, a vécu trois ans en enfer. Aujourd’hui, elle regarde vers un nouvel horizon et témoigne pour faire mieux connaître les dégâts monstrueux de la drogue.
Gaëlle, maman d’une petite fille, addict à la cocaïne, a vécu trois ans en enfer. Aujourd’hui, elle regarde vers un nouvel horizon et témoigne pour faire mieux connaître les dégâts monstrueux de la drogue.

 Ana, tu as dix ans et si je t’écris cette lettre, c’est qu’il est temps pour toi de savoir… ​. Ainsi débute, en juillet 2022, la lettre que Gaëlle a écrit à sa fille pour lui révéler sa descente aux enfers, à la suite de la prise régulière de cocaïne.  Ma descente aux enfers a commencé le jour où son maître est venu frapper à ma porte, celui que je considère aujourd’hui comme le diable. ​ La jeune femme de 38 ans a encore du mal à nommer la cocaïne.

Cadre commercial dans un établissement de formation, Gaëlle est mariée et maman d’une petite fille. Elle adore faire la fête avec ses amis, avec occasionnellement la prise de cocaïne. Tout bascule en mars 2020. En cours de séparation de son conjoint, elle doit déménager, mais le confinement bouleverse le fragile équilibre.  Je me suis sentie prisonnière de cette situation, confinée à trois dans un appartement. Alors, la cocaïne est arrivée dans ma vie de façon régulière, tous les soirs ​.

La drogue lui procure un sentiment de force, une sensation d’adrénaline, mais le lendemain, c’est la descente, la déprime et la culpabilité.  Le cœur de ma vie, c’était la cocaïne, toujours à la recherche de mon dealer pour trouver 2 grammes par jour. J’étais isolée, je mens, je vole, je manipule mes proches. 

« Esclave à la cocaïne » pendant trois ans​

Gaëlle essaye d’arrêter toute seule, mais elle ne tient pas, car la drogue est devenue une maladie chronique et neurologique. L’addiction lui coûte très cher, elle dépensera plus de 60 000 € et elle devra emprunter pour continuer à vivre.

Elle prend conscience de la nécessité d’une cure de sevrage en milieu hospitalier, puis elle s’engage dans des postcures à Nantes et à Royan, en Charente-Maritime, avec parfois des écarts qui entraînent la rechute. C’est dans ces moments-là qu’elle décide d’écrire à sa fille de 10 ans.  Je lui ai expliqué que l’addiction à la cocaïne était une vraie maladie qui a fait de ma vie un enfer. Elle m’a posé plein de questions : comment tu achètes ? À quel prix ?… ​.

Depuis début février 2024, la jeune femme, sortie d’une postcure, se reconstruit en changeant ses habitudes. Elle a décidé de s’installer loin de Nantes, de ses points de deal et de consommation.  Je cherche un nouveau travail. Je rêve de liberté, car j’ai été pendant trois ans littéralement l’esclave de la cocaïne ​.

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Le cannabis serait responsable d’une hausse de 42 % des crises cardiaques et de 25 % du risque d’AVC

©FRÉDÉRIC J. BROWN / AFP

Une équipe de chercheurs a démontré que le fait de consommer du cannabis sous toutes ses formes, même en vapotant, était bien « associé à un nombre plus élevé d’effets cardiovasculaires indésirables ».

avec Jean Costentin

Jean Costentin est membre des Académies Nationales de Médecine et de Pharmacie. Professeur en pharmacologie à la faculté de Rouen, il dirige une unité de recherche de neuropsychopharmacologie associée au CNRS. Président du Centre National de prévention, d’études et de recherches en toxicomanie, il a publié en 2006 Halte au cannabis !, destiné au grand public.

Atlantico : Une récente étude démontre que la consommation de marijuana sous toutes ses formes est liée à un risque accru d’accident vasculaire cérébral de plus de 42 % et de crise cardiaque de 25 %. Les chercheurs du Massachusetts et de Californie  ont passé quatre ans à évaluer plus de 400 000 adultes américains dans 27 États pour examiner le lien entre la consommation de cannabis et des problèmes tels que les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux. La consommation de cannabis augmente-t-elle le risque de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral ?

Jean Costentin : Des accidents vasculaires cérébraux peuvent survenir chez des sujets jeunes qui sont consommateurs de cannabis. Des études ont montré que le danger s’éloignait lors de l’arrêt de la consommation de drogue mais en cas de rechute, le risque de récidives et de problèmes de santé était bien réel avec éventuellement des séquelles. D’autres travaux ont démontré que le cannabis est la troisième cause de déclenchement d’un infarctus du myocarde. Une vaste cohorte montrait que le cannabis était plus dangereux à cet égard que ne l’est le tabac.

La consommation de cannabis pourrait-elle entraîner une augmentation significative du risque de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral même si les gens consomment le cannabis en vapotant ou en produits comestibles ?

Le cannabis fumé, différent du vapotage, induit six fois plus de goudrons cancérigènes et d’oxyde de carbone que le tabac lui-même. Lorsque du tabac est ajouté, cela démultiplie les effets notamment de l’oxyde de carbone.

L’oxyde de carbone est un gaz qui se fixe sur l’hémoglobine, le pigment de nos globules rouges impliqués dans le transport de l’oxygène depuis l’alvéole de nos poumons lorsque l’on respire jusqu’aux muscles qui consomment cet oxygène. Le fait de fumer du cannabis engendre six fois plus d’oxyde de carbone et perturbe significativement l’apport d’oxygène au muscle cardiaque et à la fibre musculaire de nos vaisseaux.

Voilà pourquoi déjà, par le seul fait de l’oxyde de carbone, il y a une toxicité cardiovasculaire. Le THC a des effets hémodynamiques. Il a des effets sur le transfert du sang. Ceci est tout à fait malencontreux pour la circulation cérébrale et pour la circulation coronaire.

Le cœur, qui est un muscle, est irrigué par des vaisseaux qui sont les vaisseaux coronaires mais aussi pour les vaisseaux des membres inférieurs. Les artérites oblitérantes chroniques pour le tabac sont bien connues chez le gros fumeur au-delà de cinquante ans. Mais cela se produit de manière de plus en plus précoce chez les sujets jeunes qui sont de consommateurs importants de cannabis.

Donc le cannabis fumé, le cannabis par son THC, par l’oxyde de carbone s’il est fumé, par les goudrons cancérigènes, est à l’origine donc de méfaits cardiovasculaires indubitables.

Le danger, pour les jeunes notamment, n’est-il pas de croire que le fait de vapoter du cannabis ou d’en consommer dans des formes alternatives serait moins dangereux ?

Le fait de vapoter fait que le sujet ne reçoit à ce moment-là que le THC le tétrahydrocannabinol, mais sans avoir ni les goudrons cancérigènes, ni l’oxyde de carbone. Cela semble donc moins toxique. De même pour le tabac, le fait de vapoter permet à celui qui est accro de bénéficier de la nicotine.

Le THC pour le cerveau est un drame. Une étude dont je suis l’auteur va être publiée prochainement dans le Bulletin de l’Académie nationale de médecine sur les effets épigénétiques du THC. Cela concerne des modifications de l’enveloppe des gènes que l’on appelle la chromatine.

Les actions du cannabis, du THC sur cette enveloppe de chromatine modifient l’exposition de ces gènes à la machinerie qui permet de les transformer en protéines. Les effets épigénétiques constituent d’abord une malédiction pour le consommateur. Mais lorsque cela concerne les spermatozoïdes ou les ovules, cela va transmettre à leur descendance des modifications diverses et variées.

Est-ce que les résultats de ces études ne doivent pas permettre d’accélérer la prévention et les campagnes par rapport à la santé publique et face aux risques du cannabis et des dangers d’en consommer sous toutes ses formes ?

Il y a 1000 autres méfaits du cannabis en plus des problèmes cardiaques et les AVC. Mais cela n’a pas eu beaucoup d’effets. Certains veulent en faire un médicament et souhaitent via l’utilisation du 49.3 faire passer dans la loi de financement de la sécurité sociale 2024 l’autorisation du cannabis dit thérapeutique pour cinq ans renouvelables. En termes de prévention, la situation est donc délicate. 

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Pourquoi l’alcool est-il si dangereux pour le cerveau des adolescents ?

Article de Nina Bailly

Parmi les dix pays qui consomment le plus d’alcool au monde, neuf font partie de l’Union Européenne. À cette culture de l’alcool est d’ailleurs associée toutes sortes de mythes, comme celui selon lequel boire avec ses parents dès le plus jeune âge apprendrait à avoir une consommation plus responsable en grandissant.

Il faut donc le rappeler: l’alcool est une toxine qui peut nuire gravement à la santé et selon la BBC, il fait encore plus de dégâts

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Qu’est-ce que la cocaïne rose, cette drogue au nom trompeur qui émerge en France ?

STUPÉFIANT•Aussi appelée « pink C » ou « tussi », la cocaïne rose est un mélange de plusieurs substances, souvent de la kétamine et de la MDMA

Des sachets de cocaïne rose, à Medellin, en Colombie, le 2 avril 2022.
Des sachets de cocaïne rose, à Medellin, en Colombie, le 2 avril 2022. - J. Sarmiento/AFP / AFP

L’essentiel

  • La « cocaïne rose » est un mélange de plusieurs substances, souvent de la kétamine (un anesthésique) et de la MDMA (de l’ecstasy), dans des proportions variables.
  • « C’est l’imprévisibilité du contenu qui contribue à sa dangerosité, estime le psychiatre et addictologue Jean-Michel Delile. Car avec la kétamine, dès qu’on passe en surdosage, on peut avoir des comas, des pertes de conscience et un vrai risque d’overdose. »
  • Repérée pour la première fois en France en 2022, sa présence reste marginale mais s’étend dans les milieux festifs alternatifs.

«Panthère rose », « pink C », « tussi », « tucibi »… De petits noms mignons au goût de fraise, de banane ou de passion, pour un produit l’étant nettement moins. L’usage de « cocaïne rose » qui, contrairement à ce que laisse supposer son nom, ne contient pas de cocaïne, est en expansion en France. Une drogue au contenu flou et aux effets pouvant s’avérer très dangereux.

De quoi est-elle composée ?

« Ce n’est pas une drogue spécifique, mais un nom commercial qui renvoie à des associations de molécules diverses », précise d’emblée Jean-Michel Delile, psychiatre addictologue et président de Fédération Addiction. Le plus fréquemment, il s’agit d’un mix de kétamine (un anesthésique) et de MDMA (de l’ecstasy), dans des proportions variables, auquel est ajouté un colorant rose.

Une couleur « glamour » qui permet de vendre le produit beaucoup plus cher que de la MD ou de la kétamine. Un gramme de Pink C coûte entre 60 et 100 euros, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (contre un prix autour de 40 euros pour de la kétamine et 50 euros pour de la MD). « Dans ce domaine aussi il y a des effets de mode, et là, il y a un vrai côté marketing », analyse l’addictologue.

Quels sont ses effets et les risques associés ?

Les effets de la cocaïne rose sont donc ceux de la MDMA associés à ceux de la kétamine. « Avec la MDMA, il y a un effet très stimulant et empathogène, explique Laurent Karila, professeur de psychiatrie et d’addictologie et auteur de Docteur, addict ou pas ? (Editions Harper Collins). En gros, ça booste et on aime tout le monde. »

Mais qui dit effets « positifs » dit aussi effets négatifs. Parmi eux : « une descente horrible sur le plan psychique, avec de l’anxiété, une forte tristesse, des idées suicidaires. » Dès la première prise de MD, il existe aussi un risque d’hyperthermie pouvant conduire en réanimation et un risque d’hépatite fulminante, une intoxication du foie.

La kétamine, elle, provoque des effets dissociatifs, telles que des hallucinations visuelles, de la dépersonnalisation (l’impression de sortir de son propre corps) et une insensibilité à la douleur. La dangerosité de la kétamine tient à sa très étroite marge de sécurité. « Dès qu’on passe en surdosage, on peut avoir des comas, des pertes de connaissance et un vrai risque d’overdose », précise Jean-Michel Delile. À très haute dose, il existe également un risque de « K-Hole ». Une perte totale de conscience, avec incapacité de bouger, assimilée à une expérience de mort imminente.

Avec ce nom trompeur, le consommateur s’attend à prendre de la cocaïne, une substance provoquant une sensation d’euphorie, un gain d’énergie, une impression de meilleure confiance en soi, mais aussi un risque de paranoïa, d’anxiété et d’idées délirantes. En snifant de la cocaïne rose, peu de consommateurs connaissent la composition exacte de la poudre. « C’est l’imprévisibilité du contenu qui contribue à sa dangerosité, insiste le président de Fédération Addiction. Il faut donc vraiment informer sur cette nouvelle substance à haut risque, dont le nom très marqueté peut attirer des jeunes. »

Qu’en est-il de présence sur le territoire français ?

« A l’échelle européenne, des signalements concernant la circulation de cocaïne rose ont été faits, en particulier en Italie, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas », explique Ivana Obradovic, directrice adjointe de l’OFDT.

En France, la pink C a été repérée pour la première fois en 2022 par le dispositif Sintes. Sa présence restait anecdotique et marginale mais « depuis un an, on en retrouve sur la quasi-totalité du territoire », selon Jean-Michel Delile. « A chaque sortie, nos équipes trouvent des échantillons de poudre rose, assure le président de Fédération Addiction.

Par bonheur, on n’a pas encore eu d’intoxication sévère mais il vaut mieux prévenir. » Si la pink C se répand dans les milieux festifs alternatifs, telles que les free-parties, elle n’aurait toutefois pas encore fait son arrivée dans les boîtes de nuit et les soirées privées.

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