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3 Mai 2024

Légalisation du cannabis. Le cinglant échec de l’exemple californien

« Moi président, je légaliserai le cannabis », titrait alors le quotidien Ouest-France le 8 janvier 2022 dans un article narrant le déplacement à Angers de Yannick Jadot (EELV) alors candidat à l’élection présidentielle s’étant déroulée quelques mois plus tard.

À l’occasion de la visite d’un laboratoire pharmaceutique angevin menant des recherches sur le cannabis thérapeutique, Yannick Jadot déclarait, selon le Courrier de l’Ouest, que s’il arrivait à l’Élysée, il autoriserait « la culture du cannabis comme le font beaucoup de pays. On inscrira le cannabis au registre des plantes à cultiver, parce qu’on a un besoin urgent de soulager les douleurs de beaucoup de malades ».

Mais, outre le cannabis thérapeutique, le candidat EELV de l’époque envisageait aussi de légaliser le cannabis « récréatif ». « En tant que drogue douce, comme va le faire l’Allemagne », car, selon lui, il s’agissait d’« un enjeu de sécurité et de santé », ajoutant en guise d’argument que la France était « le pays le plus répressif et celui où l’on fume le plus ».

En Californie, « une hausse exponentielle » du cannabis illégal

D’exemples étrangers en matière de légalisation du cannabis, il en a été question dans un article du Figaro publié le 6 avril dernier. Article qui s’intéresse au cas de la Californie, un État américain où, huit ans après la légalisation du cannabis, « les fermes clandestines submergent le désert », résume le quotidien français.

En effet, au grand dam des utopistes d’EELV, la réalité du terrain finit toujours par prendre le pas sur la théorie : la légalisation du cannabis en 2016 par la Californie a eu pour effet d’appliquer de fortes taxes sur les produits légaux. Conséquence logique et inévitable, les cultures illégales de drogue dans cet État de la côte ouest américaine ont connu « une hausse exponentielle ».

Ironie de l’histoire, comme le rappelle Le Figaro, cette légalisation totale du cannabis approuvée par référendum voilà désormais huit ans avait justement pour mission première de mettre les trafiquants et tous les acteurs de la culture illégale sur la touche. Mais les autorités californiennes n’avaient visiblement pas anticipé cet impact de la fiscalité, faisant finalement le jeu des narcotrafiquants.

Le marché illégal plus important que le marché légal

Dorénavant, les autorités californiennes en sont réduites à effectuer de multiples opérations policières pour démanteler des centaines de serres. Notamment dans le désert de Mojave, à l’est de Los Angeles.

Avec un prix évalué à 600 dollars pour 450 grammes de cannabis, les gérants de ces fermes illégales sont à la tête d’un commerce très lucratif. Quant aux débouchés, les trafiquants peuvent également facilement revendre leur drogue « dans la moitié des 50 États américains où l’usage récréatif du cannabis est toujours interdit », précise le titre de presse.

Enfin, autre conséquence prévisible, le caractère rentable de ces trafics illégaux suscite iné-vitablement divers règlements de compte dans une Californie où, de l’avis de certains experts, ces cultures clandestines de cannabis représentent une manne financière plus importante que le marché légal.

Au total, l’État de Californie compterait plusieurs dizaines de milliers de fermes illégales sur son territoire. À quand une visite de Yannick Jadot afin d’y présenter ses solutions ?

Crédit photo : Capture YouTube (photo d’illustration)
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Près de 250 hospitalisations d’enfants par an pour intoxication au cannabis

Quentin Haroche | 02 Mai 2024

Paris – Si le cannabis est loin d’être la principale cause d’intoxication accidentelle chez les enfants, l’intoxication au cannabis a souvent des conséquences graves pour les plus petits.

C’est l’inquiétude de tous les parents : que son petit enfant boive de la lessive ou avale une pile-bouton et qu’il faille l’amener de toute urgence à l’hôpital. Si c’est généralement à ce genre de cas que l’on pense lorsqu’on évoque le sujet des intoxications accidentelles des enfants, il existe d’autres sources d’accidents domestiques certes moins fréquentes mais tout aussi voire encore plus graves.

Le dernier rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur la question pointe notamment du doigt le danger des ingestions accidentelles de cannabis par les jeunes enfants, de plus en plus fréquentes et particulièrement graves.

Pour élaborer ce rapport sur les intoxications accidentelles des enfants, publié le 24 avril dernier, les agents de l’Anses, en collaboration avec Santé Publique France (SPF) se sont appuyés sur plusieurs bases de données, notamment celles des centres anti poison (CAP), aussi bien que sur que les données hospitalières et de mortalité. Ils ont ainsi pu dresser un état des lieux des intoxications accidentelles chez les enfants entre 2014 et 2020.

Le cannabis, première cause d’admission en réanimation chez les enfants de moins de six ans

Au total durant cette période, plus de 143 000 appels à des CAP pour des intoxications d’enfants de moins de 15 ans ont été enregistrés, ainsi que plus de 63 000 passages aux urgences et plus de 23 000 hospitalisations pour des enfants de moins de six ans (ainsi que 23 décès d’enfants de moins de 15 ans).

Ce sont sans surprise les produits de nettoyage et d’entretien qui constituent la principale source d’intoxication accidentelle, à l’origine de plus de 29 % des cas enregistrés par les CAP, les produits de traitement de la lessive étant parmi eux la principale source d’accident. Le rapport de l’Anses note cependant que les intoxications pédiatriques dues à ces produits ont baissé de moitié entre 2014 et 2020 « suite à l’application des mesures de prévention européenne obligatoires depuis 2015 : boîte opaque, fermeture renforcée, pictogrammes de prévention… ».

Les intoxications au monoxyde de carbone constituent le cas le plus fréquent d’intoxication accidentelle conduisant à une hospitalisation (10,8 %), suivies de diverses intoxications médicamenteuses par analgésiques non opioïdes (10,4 % dont 5,9 % par paracétamol) ou par benzodiazépines (9,5 %). 

Le cannabis est lui à l’origine de 7,3 % de ces cas graves, soit environ 240 hospitalisations d’enfants de moins de six ans par an. Mais signe de la particulière dangerosité de cette drogue pour les enfants, le cannabis constitue la première cause d’hospitalisation en réanimation pour intoxication accidentelle pour les enfants de moins de six ans (23,3 %), devant les intoxications au monoxyde de carbone (20,6 %) et les intoxications par benzodiazépines (7,5 %). Chaque année, ce sont une vingtaine d’enfants qui sont admis en réanimation pour avoir ingéré du cannabis. 

Entre un et deux enfants hospitalisés en réanimation pour morsure de serpent chaque année

Les intoxications accidentelles au cannabis chez les enfants ont augmenté entre 2014 et 2020, que ce soit en fréquence ou en gravité : 11 % des passages aux urgences pour ingestion de cannabis ont abouti à une admission en réanimation en 2020, contre seulement 5 % en 2014. L’Anses note que le cannabis est de loin la drogue la plus souvent en cause en cas d’intoxication accidentelle de l’enfant, seulement quatre cas graves liés à d’autres stupéfiants ayant été recensés par les CAP entre 2014 et 2020.

Parmi les autres sources, à première vue improbables, d’intoxication accidentelle d’enfants, on peut relever les piqures d’araignée, qui constituent la première cause de passages aux urgences pour les enfants de moins de six ans, mais aussi les morsures de serpent, responsables d’une à deux admissions en réanimation chaque année. L’Académie de Médecine a d’ailleurs publié vendredi dernier des recommandations sur « les risques pour les enfants en contact étroit avec des animaux de compagnie non traditionnels » (ACNT).

Pour éviter les intoxications accidentelles, l’Anses rappelle quelques recommandations somme toute assez basiques : mettre hors de portée des enfants les petits objets ou les produits, ranger les médicaments ou veiller au bon usage des appareils de chauffage à risque d’émission de monoxyde de carbone.

L’Anses met également en garde contre la pratique du déconditionnement des produits ménagers, qui consiste à transvaser un liquide potentiellement dangereux dans une bouteille sans étiquette : chaque année, les CAP reçoivent plus de 6 700 appels liés à cette pratique, pour des accidents qui touchent enfants comme adultes.

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