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juin 2024

Les nitazènes, ces nouvelles drogues de synthèse qui inquiètent l’ONU

L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a publié ce mardi 25 juin son rapport annuel sur la drogue dans le monde. Ce rapport sonne l’alerte sur un nouveau groupe d’opioïdes fabriqués en laboratoire.

  • Gaspard Barthélémy, le 28/06/2024
Les nitazènes, ces nouvelles drogues de synthèse qui inquiètent l’ONU
Développés à l’origine pour traiter la douleur, les opioïdes sont aujourd’hui recherchés pour leurs effets euphorisants. FARKNOT ARCHITECT – STOCK.ADOBE.

Retrouvés dans plusieurs pays d’Europe, dont les pays Baltes, la France, le Royaume-Uni ou l’Irlande, les nitazènes sont dans le viseur de plusieurs agences de santé publique, mais c’est en Chine qu’ils seraient principalement produits. Leurs effets sont potentiellement destructeurs, certains nitazènes étant 500 fois plus puissants que la morphine.

Présentés comme de l’héroïne alors que bien plus forts, ils peuvent rapidement provoquer des overdoses. L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) vient de publier, mardi 25 juin, un rapport qui compile les observations des différentes agences nationales. Il s’inquiète de « vagues » de décès en Amérique du Nord et en Europe provoqués par la consommation de ces psychotropes fabriqués en laboratoire. L’an dernier en Irlande, 77 décès liés aux nitazènes ont été recensés à Cork et à Dublin, selon l’agence de santé publique irlandaise (HSE).

Les consommateurs peuvent se méprendre en considérant les cachets moins dangereux que les injections de drogue. Mais dans ces comprimés peuvent se cacher des molécules tout aussi mortelles. Le fentanyl, qui a préexisté aux nitazènes, a été en bonne partie responsable des 100 000 morts aux États-Unis en 2021, notamment à cause de comprimés frelatés.

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Effet de bascule

Dans le même temps, la production d’opium a connu une baisse historique de plus de 70 % en 2023, selon le rapport de l’ONUDC. Cette baisse est principalement due à l’arrêt de la production de pavot en Afghanistan, suite à une interdiction de sa culture par le régime taliban en 2022. Cette chute favoriserait l’essor des opioïdes de synthèse. L’ONUDC précise en effet qu’« une bascule des consommateurs d’héroïne vers d’autres opioïdes pourrait être prochainement ressentie » dans les pays où l’héroïne consommée provient d’Afghanistan, comme en Europe. La mécanique est peut-être déjà enclenchée. L’agence onusienne précise en effet que la consommation accrue de nitazène en 2023 pourrait être « une conséquence de la baisse de l’offre d’héroïne ».

Ravages des opioïdes

À l’origine, les opioïdes sont des substances médicamenteuses développées pour traiter la douleur. Mais elles sont aujourd’hui recherchées pour leurs effets euphorisants. On trouve dans cette variété de psychotropes les opiacés, dérivés de l’opium, mais également les fameux opioïdes de synthèse, aux effets similaires, mais à la composition différente. Ces derniers ont connu une attention internationale à partir des années 2010, où le fléau a frappé en Amérique du Nord.

Cette famille de drogue était la deuxième plus consommée au monde en 2022 : sur plus de 292 millions de personnes ayant consommé des drogues, 60 millions ont consommé des opioïdes. Elle reste loin derrière le cannabis, qui totalise plus de 228 millions de consommateurs. Cependant, les opioïdes sont de loin ceux qui ont emporté le plus de vies, pouvant notamment provoquer une détresse respiratoire. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), leur consommation était liée à 80 % des décès attribuables aux drogues en 2019.

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Drogues : les Français sont de plus en plus accros. La consommation d’ecstasy et de cocaïne explose

Publié le 28/06/2024 _ Sihem Boultif Journaliste santé en collaboration avec Laurent Karila (Psychiatre addictologue)

 Selon le dernier rapport de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), la consommation drogues explose en France. Comment expliquer cela ? Doctissimo a interrogé le Pr Laurent Karila, psychiatre et médecin addictologue à l’hôpital Paul-Brousse.

Sommaire

  1. Cocaïne, LSD, protoxyde d’azote… Tous les produits connaissent une demande croissante
  2. Des consommations de cocaïne et de MDMA qui explosent
  3. Un phénomène qui était « prévisible », selon Laurent Karila
  4. Comment savoir si l’on est dépendant ?

CocaïnecannabisMDMA… Les Français se droguent de plus en plus.

C’est la conclusion d’une étude menée par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publiée ce mercredi 26 juin. Un questionnaire soumis à 12490 personnes âgées de 18 à 64 ans, qui dévoile les effets de ces consommations illicites en France.

Cocaïne, LSD, protoxyde d’azote… Tous les produits connaissent une demande croissante

La première conclusion que l’on peut tirer de ce travail et que tous les stupéfiants connaissent une demande croissante. Champignons hallucinogènes, poppersprotoxyde d’azoteLSD, cocaïne , ecstasy… Les niveaux de consommation sont tous en forte augmentation.

« La consommation des drogues illicites (…), qui avait connu une période de stabilisation entre 2014 et 2017, présente en 2023 des niveaux d’usage en forte augmentation, quelle que soit la substance psychoactive, et notamment pour les stimulants » notent les auteurs de l’étude.

Des consommations de cocaïne et de MDMA qui explosent

Le rapport démontre aussi que chez les adultes, la consommation de cocaïne au cours des douze derniers mois a été multipliée par dix entre 1992 et 2023, passant de 0,3 à 2,7 %. Au total, ce serait près d’un majeur sur dix qui auraitdéjà consommé de la cocaïne en 2023, contre 6 % en 2017.

Côté MDMA, même constat. En 2023, 1,8 % des Français déclarent en avoir consommé au courant de l’année passée, contre 0,2 % en 2000, et un Français sur douze l’a déjà testée. Les femmes en particulier sont de plus en plus consommatrices de cette drogue festive.

Un phénomène qui était « prévisible », selon Laurent Karila

Comment expliquer cette situation ? Interrogé, le Pr Laurent Karila, auteur de Docteur : Addict ou pas ? aux éditions Harper Collins et du podcast Addiktion n’explique pas cette augmentation de la consommation de MDMA accrue chez les femmes. « Je n’ai pas d’arguments spécifiques à avancer pour expliquer cela. La MDMA reste une drogue « festive », qui est stimulante et plutôt utilisée dans un usage récréatif » détaille le médecin.

En revanche, l’explosion de la consommation de cocaïne était prévisible, selon lui. « C’était attendu. Je vois en consultation depuis 2009 des patients présentant une addiction à cette drogue et je constate qu’il y a de plus en plus de personnes concernées, depuis une quinzaine d’années ».

Pour Laurent Karila, les prix cassés, l’augmentation de la disponibilité du produit, l’ubérisation de sa livraison et sa consommation par des profils variés, allant du chômeur au jeune en passant par la femme au foyer, expliquent ces chiffres en forte augmentation.

Comment savoir si l’on est dépendant ?

En cas d’addiction à la cocaïne, quelle est la prise en charge ? « Elle se réalise en service spécialisé où des consultation spécifiques sont réalisées, généralement en ambulatoire » détaille le médecin. « Mais il n’existe pas de traitement spécifique à l’addiction à la cocaïne : on se base sur les données de la littérature et sur nos expériences pour traiter les patients, avec des prescriptions hors AMM, généralement« .

Encore faut-il reconnaître que l’on souffre d’une addiction. Comment faire ? Pour cela, Laurent Karila a mis au point un moyen mnémotechnique assez facile : les 5 C.

  • Contrôle (avec une perte de contrôle vis-à-vis du produit) ;
  • Consommation (avec envie irrépressible de consommer) ;
  • Compulsion (avec une activité compulsive vis-à-vis du produit) ;
  • Continu (un usage continu du produit) ;
  • Conséquences (un usage continu malgré les conséquences négatives).

« Si vous êtes confronté à ces problématiques avec un produit, pendant 12 mois, c’est qu’il y a une dépendance. Il est nécessaire de consulter, à ce moment-là » conclut le médecin.

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Cocaïne, cannabis, MDMA… radiographie de cette France qui se drogue

Par Angélique Négroni

À l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les toxicomanies, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publie une photographie des consommations illicites.

Les Français se droguent de plus en plus. Une conclusion sans appel que vient de tirer l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), avec une nouvelle étude publiée mercredi. Alors que les dernières données dataient de 2017, cette enquête, réalisée à partir d’un questionnaire soumis à 12.490 personnes de 18 à 64 ans, livre une juste photographie des consommations illicites en 2023 dans notre pays.

Que ce soient les champignons hallucinogènes, le poppers, le protoxyde d’azote, le LSD, la cocaïne ou l’ecstasy, tous ces produits connaissent une demande croissante. «La consommation des drogues illicites (…), qui avait connu une période de stabilisation entre 2014 et 2017, présente en 2023 des niveaux d’usage en forte augmentation, quelle que soit la substance psychoactive, et notamment pour les stimulants», écrivent les auteurs de l’étude.

10 joints en 30 jours

Dans ce contexte, où la drogue circule davantage, le cannabis détient une place à part. Il reste de loin le produit «phare» : celui qui attire le plus grand nombre de consommateurs. Les chiffres liés à cette substance livrent, en outre, des tendances marquantes. Tout d’abord, le nombre de ceux qui l’ont expérimenté dépasse désormais la barre des 50 % (50,4 %). Un Français sur deux a donc déjà fumé un joint. Le taux atteint même les 60 % chez les 25-44 ans.

En quelques années, l’expérimentation a augmenté. En 1992, elle ne touchait que 12,7 % des Français, rappelle l ‘OFDT. Depuis, la courbe ne cesse de monter : en 2005, le taux était de 28,7 % et, en 2017, il frôlait les 45 %. «Cela signifie que ce produit s’est banalisé. Les représentations qui sont faites du cannabis ont changé aussi. Mais cela s’explique surtout par un effet mécanique : les générations successives de jeunes qui ont consommé à l’adolescence sont parvenues à l’âge adulte, venant grossir la proportion d’expérimentateurs» , souligne Guillaume Airagnes, le directeur de l’OFDT.

Mais l’expérimentation, devenue monnaie courante, ne constitue pas un marchepied systématique vers un usage régulier. Le nombre de consommateurs réguliers de cannabis n’a pas décollé davantage. Le taux, qui était de 11 % en 2017, change à peine, accusant même une très légère baisse en 2023 avec un taux de 10,8 %. Un petit fléchissement est aussi constaté dans la catégorie des «grands» fumeurs , ceux qui ont fumé 10 joints au cours des 30 jours précédant l’enquête. Le taux et passé de 3,6 % à 3,4 %.

Les 18-24 ans consomment moins de cannabis

Aussi surprenante qu’elle puisse paraître, cette baisse s’explique par un décrochage des jeunes vis-à-vis de ce produit. Il n’empêche, les 18-24 ans restent la catégorie de consommateurs la plus importante. Pour cette tranche d’âge, le taux est de 22,9 % quand il était de 26,9 % en 2017.

Les adultes, au contraire, consomment davantage de cannabis. «C’est parmi les personnes de 55 à 64 ans que cet usage régulier a augmenté, passant de 0,2 % en 2017 à 1,2 % en 2023», peut-on lire dans le rapport. «C’est là encore un pur effet mécanique. Les anciennes générations qui consommaient davantage sont maintenant plus âgées», précise le responsable de l ’OFDT.

Entre 1992 et 2023, l’usage de cocaïne a été multiplié par dix

Pour Guillaume Airagnes, cette nouvelle étude révèle une évolution inquiétante : «le recours aux drogues stimulantes est en augmentation exponentielle», souligne-t-il. «L’usage de drogues illicites autres que le cannabis n’a cessé d’augmenter depuis 2010, et en particulier au cours des neuf dernières années avec une hausse de 2,1 points (passant de 1,8 % en 2014 à 3,9 % en 2023), contre 0,9 point entre 2005 et 2014 (de 1,1 % à 1,8 %), évolution portée par l’augmentation de la consommation de cocaïne et de MDMA», indique l’OFDT.

Sur ces dernières substances, les données du rapport sont édifiantes : «Entre 1992 et 2023, l’usage de cocaïne a été multiplié par dix, passant de 0,3 % à 2,7 %. Depuis sa première mesure en 2000, l’usage de MDMA (ecstasy) a également décuplé, passant de 0,2 % à 1,8 %».

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L’alcool tue 2,6 millions de personnes par an, selon l’OMS

L’alcool tue 2,6 millions de personnes par an, a indiqué mardi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), pour qui ce chiffre reste « inacceptablement élevé » malgré une légère baisse ces dernières années. Le dernier rapport de l’agence de santé de l’ONU sur l’alcool et la santé souligne que l’alcool cause quasiment un décès sur 20 chaque année au niveau mondial, en incluant les accidents de la route qui y sont liés, les violences, les abus et une multitude de maladies et de troubles.

Selon le rapport, 2,6 millions de décès ont été attribués à l’alcool en 2019 – les dernières statistiques disponibles -, soit 4,7% des décès dans le monde cette année-là. Les hommes représentent les trois quarts de ces décès. « L’utilisation de substances nuit gravement à la santé individuelle, augmente les risques de maladies chroniques et de maladies mentales et a pour résultat tragique des millions de morts évitables chaque année », a déploré le patron de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus dans un communiqué. Dans le rapport, il pointe « une certaine réduction de la consommation d’alcool et des maux induits depuis 2010 dans le monde ».

Mais « les maux sanitaires et sociaux dûs à l’abus d’alcool restent inacceptablement élevés », pour M. Tedros, qui souligne que les jeunes sont touchés de manière disproportionnée. La plus forte proportion de morts attribuables à l’alcool en 2019 se trouve dans la tranche des 20-39 ans, avec 13% des décès.

Cancers et accidents

L’alcool provoque une flopée de maladies, dont la cirrhose du foie et certains cancers. Sur les 2,6 millions de morts liées à l’alcool en 2019, le rapport indique que 1,6 million de personnes sont mortes de maladies non transmissibles, dont 474.000 de maladies cardiovasculaires et 401.000 de cancers. 724.000 décès supplémentaires résultent de blessures, dont des accidents de la route et de l’automutilation.

L’abus d’alcool rend également les personnes plus fragiles face à des maladies infectieuses comme la tuberculose, le sida et la pneumonie. Environ 209 millions de personnes vivaient avec une dépendance à l’alcool en 2019, soit 3,7% de la population mondiale. Dans le même temps, la consommation annuelle individuelle a légèrement baissé, à 5,5 litres en 2019 contre 5,7 litres neuf ans auparavant, selon le rapport.

Mais la consommation est répartie de façon inégale sur le globe, avec plus de la moitié de la population mondiale âgée de plus de 15 ans qui s’abstient totalement. L’Europe a les plus hauts niveaux de consommation, avec 9,2 litres d’alcool par an et par moyenne, suivie par les Amériques avec 7,5 litres. Les consommations les plus basses se retrouvent dans des pays à majorité musulmane en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie, explique le rapport.

Gros buveurs

En moyenne, un buveur a consommé 27 grammes d’alcool par jour en 2019, selon le rapport. Cela équivaut à peu près à deux verres de vins, deux bières ou deux shots d’alcool fort. « Ce niveau et cette fréquence de consommation sont associés à des risques plus élevés d’attraper de nombreuses maladies, ainsi qu’à la mortalité et les handicaps » qui les accompagnent, prévient l’OMS. 

En 2019, 38% des buveurs habituels ont reconnu s’être engagés dans des épisodes de forte consommation, définis comme la consommation d’au moins 60 grammes d’alcool pur lors d’une ou plusieurs occasions durant le mois qui précède.

Au niveau mondial, 23,5% des 15-19 ans sont considérés comme des buveurs habituels. Mais le chiffre bondit à plus de 45% pour les personnes de cet âge vivant en Europe, et à près de 44% pour ceux vivant aux Amériques. Au vu de l’ampleur du problème, l’OMS pointe un besoin urgent d’améliorer l’accès à des traitements de qualité pour les troubles liés à l’usage de substances.

En 2019, la proportion de personnes en contact avec des services s’occupant de toxicomanie allait de moins de 1% à un maximum de 35%, selon le pays étudié. « La stigmatisation, la discrimination et de fausses idées sur l’efficacité des traitements contribuent à ces graves lacunes dans la mise à disposition des traitements », a déclaré à la presse Vladimir Poznyak, chef du département alcool, drogues et comportements addictifs de l’OMS.

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CANNABIS : Sa conso régulière associée au COVID sévère

La consommation de cannabis est liée à un risque accru de forme sévère de COVID-19, conclut cette étude d’une équipe de l’Université de Washington, publiée dans le JAMA Network Open et qui aboutit à un risque multiplié par 2 chez les consommateurs de cannabis, un niveau de risque comparé à celui des fumeurs de produits du tabac.

Dans cette recherche, une forme sévère de COVID a été caractérisée par la nécessité d’une hospitalisation ou de soins intensifs en cas d’infection par le virus. Cette recherche concourt donc à préciser l’ensemble des facteurs de risque de ces formes graves d’infection, comprenant jusque-là l’âge, les antécédents de tabagisme, un indice de masse corporelle (IMC) élevé et la présence d’autres maladies telles que le diabète. Jusqu’à cette étude, les effets de la consommation régulière de cannabis sur la gravité du COVID restaient mitigés.

Le cannabis lié à un risque accru de maladie grave chez les patients atteints du COVID-19

L’étude analyse les dossiers médicaux de 72.501 participants évalués pour un COVID au cours des 2 premières années de la pandémie. L’analyse révèle que :

  • les participants qui ont consommé du cannabis au moins 1 fois au cours de l’année précédente s’avèrent significativement plus susceptibles d’avoir besoin, en cas d’infection, d’une hospitalisation et de soins intensifs ;
  • précisément, les patients COVID ayant déclaré avoir consommé du cannabis au cours de l’année précédente sont 80 % plus susceptibles d’être hospitalisés et 27 % plus susceptibles d’être admis en soins intensifs, après prise en compte du tabagisme et de la vaccination, des comorbidités, la date du diagnostic et les facteurs démographiques ;
  • à titre de comparaison, les fumeurs de tabac atteints du COVID sont 72 % plus susceptibles d’être hospitalisés et 22 % plus susceptibles de nécessiter des soins intensifs ;
  • chez ces participants le risque élevé de forme grave est comparable aux participants qui fument des produits du tabac.

L’auteur principal, le Dr Li-Shiun Chen, professeur de psychiatrie, souligne que

« la consommation de cannabis n’est pas anodine dans le contexte du COVID ».

Consommation de cannabis ou tabagisme, la survie au COVID diffère : alors que les fumeurs sont significativement plus susceptibles de mourir du COVID que les non-fumeurs, ce résultat n’est pas retrouvé à l’identique chez les consommateurs de cannabis.

« En ce qui concerne le risque de décès, le risque lié au tabac est clair, mais des preuves supplémentaires restent nécessaires pour le cannabis ».

Pris ensemble, ces résultats contredisent les précédentes recherches ayant suggéré que le cannabis pourrait aider l’organisme à combattre des maladies virales- dont le COVID-19.

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Tout est bénéfice avec le cannabis

Comme tout est bon dans le cochon

Professeur Jean Costentin

Par sa chair (jambon), ses boyaux (andouilles, andouillettes, tripes), son foie, ses pieds, sa queue, sa graisse (le saindoux), sa peau (maroquinerie), ses soies (pinceaux, brosses); la gélatine obtenue à partir de ses os et même les jouets que l’on fait avec ses osselets…le porc justifie ce constat « tout est bon dans le cochon ».

N’en irait-il de même avec le cannabis, qu’il s’agisse du chanvre textile ou du chanvre indien, est en passe de se hisser à un semblable degré d’utilitarisme.
Pour le chanvre textile, cannabis sativa, ses fibres (pour tresser des cordages ou tisser des toiles) ; ses graines (chènevis) pour en extraire une huile ou pour en faire des appâts pour la pêche (après leur cuisson dans l’eau), sa paillette pour en faire un isolant thermique.

Pour le chanvre indien, cannabis indica, on dispose d’une large variétés de cultivars obtenus par sélections génétiques, ou par manipulations génétiques pour lesquels on recourt à diverses modalités de culture : en plein champ, ou sous serres ou même dans des armoires de la salle de bain. Il s’agit alors de cultures hydroponiques, sur billes de polystyrène imbibées de solutions nutritives, avec pulvérisations d’eau, éclairage avec des lampes à vapeurs de sodium, un cycle jour/nuit imposé et une température régulée.

La résine du chanvre indien concentre une très grande variété de substances. Certaines, dites cannabinoïdes, sont dominées par le tétrahydrocannabinol /THC aux effets puissamment psychotropes, et en particulier toxicomanogènes.

A ses côtés, en proportions variables selon les cultivars et les conditions climatiques ayant accompagné sa croissance, un autres cannabinoïde, chimiquement très voisins, le cannabidiol/CBD, auquel sont allégué
de multiples effets, dont certains, sont du registre des psychotropes, mais qui n’est pas toxicomanogène.

Près d’une centaine d’autres cannabinoïdes ont été caractérisés mais leurs effets n’ont, pour la plupart, pas été étudiés. Alors qu’on baignait et même se noyait dans la complexité des cannabinoïdes, une autre famille chimiquement différente de la précédente, suscite un regain d’intérêt : la famille des terpènes.

Elle est représentée en particulier par le géraniol, le linalol, le - pinène, l’-humulène, le -caryophyllène. Dans une étude récente chez l’animal ces terpènes ont diminué la douleur de type neuropathique (induite par un anticancéreux, le paclitaxel). Leur action passerait à cet égard par la stimulation des récepteurs du type A2a de l’adénosine.

Ces terpènes seraient également actifs dans les douleurs inflammatoires induite par le lipopolysaccharide/LPS (1).
A force de chercher des poux dans une chevelure on finit par trouver quelque chose qui leur ressemble : Poux, poussières, lentes, pellicules ; vient ensuite ce que l’on fait de cette « découverte ».

Le lobby cannabique saura bien mettre en exergue ce constat pour diluer les méfaits avérés du cannabis, il parlera même de révolution thérapeutique. Il a aiguisé son art de la communication avec le cannabidiol/CBD, qui fonctionne si bien ; plus rien ne saurait l’arrêter.

(1) Schwarz et coll. Terpenes from Cannabis sativa induce antinociception in mouse chronic
neuropathic pain via activation of spinal cord adenosine A receptors. 2024, Pain. 2 mai 2024.

Professeur Jean Costentin

Psychodysleptiques /psychédéliques / onirogènes et dépression

Professeur Jean Costentin

Kétamine, psilocybine, champignons hallucinogènes, MDMA/ecstasy, LSD, l’ayahuasca (de l’écorce de certaines lianes Sudaméricaines) tout comme le protoxyde d’azote, dès un stade souvent précoce de leurs expérimentations sont présentées comme des révolutions thérapeutiques dans la dépression.

On omet habituellement de rappeler les raisons ayant conduit à leur bannissement originel : leur potentiel addictif ; la perte de contrôle de son comportement, la libération d’activités délirantes et hallucinatoires qui, joint à leur effet dissociatif, précipite souvent dans les psychoses, dont la schizophrénie.

Toutes ces substances ne sont pas des drogues ; elles ne suscitent pas toutes une addiction ; n’intensifient pas toutes la transmission dopaminergique dans le noyau accumbens pour susciter une sensation de plaisir. Néanmoins leur statut illicite, calqué sur celui des drogues, vise à en éloigner le consommateur en raison de leur dangerosité avérée.

Parmi ces agents psychodysleptiques proposés pour traiter des dépressions sévères, concentrons-nous ici sur l’un des plus documentés : la kétamine et son isomère S, l’eskétamine. Ces dérivés de la phencyclidine (PCP/ « poudre d’ange ») sont anesthésiques, analgésiques, toxicomanogènes.

Leur activité psychodysleptique est sollicitée dans les « rave parties » pour des expériences erratiques, qui peuvent néanmoins instaurer une pharmacodépendance. Ils peuvent être à l’origine d’accidents cardio-vasculaires, de troubles respiratoires, d’accidents dus à des troubles de l’équilibre et à un état confusionnel.

Des expériences négatives, mémorables (« bad trip ») associent une anxiété vive, des attaques de panique, une incapacité de distinguer la réalité des hallucinations, de contrôler ses émotions, avec la peur incontrôlée de ne pas recouvrer son état antérieur.

Plus grave encore est l’émergence de troubles psychotiques aiguës qui peuvent durer plusieurs jours et même être définitifs quand ils décompensent une schizophrénie latente.

La kétamine est un antagoniste non compétitif du glutamate sur ses récepteurs du type NMDA. Comme pour surmonter cet antagonisme survient un accroissement de la libération du glutamate. Cet acide aminé, aux fonctions neuro-médiatrices, stimule des récepteurs de l’acide glutamique d’un autre type: les récepteurs AMPA.

S’enclencheraient alors différentes cascades intracellulaires impliquées dans la neuroplasticité, qui
conduiraient à un accroissement de la synaptogenèse, corrigeant la dépression liée à une raréfaction des influx s’exerçant sur les dendrites de certains neurones.

Outre cette activité antagoniste des récepteurs NMDA, la kétamine et/ou ses métabolites affectent divers autres types de récepteurs : dopaminergiques D 2, sérotonergiques 5-HT 2 et 5-HT 1B , opioïdes, cholinergiques muscariniques (M 1 , M 2 , M 3 ) ainsi que nicotiniques, récepteurs du GABA, ainsi que certains canaux sodiques et calciques ; au total un grand imbroglio mécanistique.

Alors que les effets antidépresseurs d’une dose unique, après un bref délai d’action, ne durent que quelques jours, des traitements itératifs ont montré une longue durée de l’effet à l’issue de ces traitements. On décrit de très longues rémissions possibles et même aussi des guérisons ; tout comme avec des antidépresseurs classiques. De plus il existe aussi des patients complètement résistants à ces traitements.

La fréquence des dépressions, leurs sévérités possibles, dominées par leurs risques suicidaires, justifient l’attention que l’on accorde à toutes les éventualités thérapeutiques ; les kétamines sont de celles-là.

L’eskétamine – Spravato, a obtenu l’autorisation de mise sur le marché comme anti dépresseur, en association à un inhibiteur spécifique de la recapture de la sérotonine (IRSS) ou de la Noradrénaline (IRSN), chez des patients adultes, de moins de 65 ans, pour traiter des épisodes dépressifs sévères ayant résisté à au moins deux antidépresseurs différents ou à l’électro-convulsivothérapie (aux électrochocs).

L’efficacité alléguée, magnifiée par les médias, a été soumise à une évaluation pour déterminer le service médical rendu = SMR (dans l’absolu) ainsi que l’aide au service médical rendu = ASMR (comparée aux autres traitements disponibles). Le SMR a été jugé faible/insuffisant (malgré son association à un autre antidépresseur de référence) ; l’ASMR a été jugée absente.Bref, le pschitt d’un pétard mouillé.Une forme pour instillations nasales de l’eskétamine a été développée ; elle fait florèsdans certaines soirée branchées et « rave parties ». Sa diffusion en thérapeutique a révélé
nombre d’effets secondaires, dont certains qui sont franchement adverses, conduisent à une balance bénéfices/risques éloignée de l’enthousiasme que certains s’appliquaient à diffuser (1).

Parmi les effets détectés : une dissociation (déréalisation, dépersonnalisation), des idées suicidaires, une sédation, une pharmacodépendance incitant à des mésusages et des abus, des vertiges, des nausées, des céphalées, une dépression respiratoire, des attaques de panique, des tentatives de suicide, des troubles dépressifs…

Certains espéraient qu’avec cette drogue des « raves parties », on allait enfin pouvoir adorer ce qu’on avait brulé. Les développements présents n’y concourent pas. Wokisme et cancel culture, n’épargnent pas la psychopharmacologie ; le monde de la psychiatrie compte en son sein nombre d’idéologues préparés à de tels aggiornamentos. Ils ne tarderont pas à nous en proposer d’autres, mais notre vigilance est aiguisée.

(1) Ruixe L. et coll. Pharmacovigilance of esketamine nasal spray : an analysis of the FDA adverse reporting system database. Frontiers in Pharmacology 14 juin 2024

Professeur Jean Costentin

Leur fille fait un coma après avoir mastiqué du cannabis caché dans un Kinder, les parents condamnés

Un homme et une femme ont été condamnés à des amendes lundi 17 juin 2024 par le tribunal judiciaire de Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques. Le 31 mars dernier, la fille du couple, âgée de 2 ans, avait trouvé de la résine de cannabis dans un Kinder Surprise et l’avait mastiqué, provoquant un coma de plusieurs jours. Elle se porte aujourd’hui très bien.

Les parents d’une petite fille qui avait consommé du cannabis caché dans un œuf Kinder Surprise ont été condamnés à des amendes lundi 17 juin 204 à Pau. Photo d’illustration.
Les parents d’une petite fille qui avait consommé du cannabis caché dans un œuf Kinder Surprise ont été condamnés à des amendes lundi 17 juin 204 à Pau. Photo d’illustration. | FREEPICS4YOU / PIXABAY

L’affaire avait été largement relayée dans la presse. Le 31 mars 2024, une fillette de 2 ans vivant près de Pau (Pyrénées-Atlantiques) a fait un coma de plusieurs jours après avoir ingéré du cannabis caché dans un œuf Kinder Surprise. Ses parents étaient jugés devant le tribunal judiciaire lundi 17 juin 2024, rapporte  France Bleu Béarn Bigorre .

Le couple avait reconnu les faits et était simplement convoqué devant les juges ce lundi. Condamnés pour négligence, ils ont écopé de 1 000 € d’amende pour le père et 500 € pour la mère. L’avocat a rappelé devant le tribunal que le couple n’était que consommateur occasionnel de cannabis et que cet événement devait être vu comme « exceptionnel ».

Aucune séquelle pour l’enfant

Le jour des faits, la fillette de 2 ans avait trouvé un œuf Kinder Surprise en jouant chez elle. Mais la coque en plastique jaune qui contient normalement un petit jouet renfermait dans ce cas de la résine de cannabis, que l’enfant a porté à la bouche. C’est à ce moment-là que la mère est arrivée.

La femme, qui assure que sa fille a mastiqué la drogue sans l’avaler, a immédiatement lavé la bouche de l’enfant, précise  Le Parisien . Mais le lendemain matin, la fillette ne s’est pas réveillée. Conduite à l’hôpital, la petite victime a passé plusieurs jours dans le coma avant de se réveiller.

L’enfant va aujourd’hui très bien et ne gardera aucune séquelle de l’incident. « La leçon est passée de faire une extrême attention à la consommation de cannabis », a assuré l’avocat du couple devant le tribunal judiciaire. « Ils ont eu extrêmement peur. »

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Grandir auprès de parents alcooliques : quelles conséquences pour les enfants ?

© Getty Images / Peter DazeleyTemps de lecture

Récits d’enfance perturbés, relations familiales fracturées, troubles de confiance en soi, nombreux sont les effets délétères de l’alcoolisme au sein du foyer. Aujourd’hui, l’addiction à la boisson concerne de nombreux parents belges, une maladie qui affecte aussi la vie de leurs enfants. 

Scruter les signes sur le visage de leurs parents, vider les bouteilles dans l’évier, surveiller les consommations et trouver les cachettes… Les enfants de parents alcooliques font état d’une enfance bouleversée, marquée par l’alcool. Ils décrivent un environnement instable, des relations complexes, des sentiments troublés, une maladie à l’énorme impact sur l’entourage. Encore associé à des moments de convivialité, de fête ou de détente, l’alcool peut avoir des répercussions dommageables sur le consommateur mais également, sur sa famille. Selon Sciensano, 14% de la population belge boit de l’alcool en excès, c’est-à-dire plus de 10 unités d’alcool par semaine

Des enfances marquées par l’alcool

Les troubles alcoolodépendants des parents sont à l’origine de plusieurs difficultés pour les enfants. La première étant un climat familial instable lié à l’anxiété et l’irritabilité de la figure parentale. Dans son ouvrage « Les enfants de parents alcooliques« , le médecin addictologue Philippe Michaud distingue d’autres conséquences sur le foyer : « Les difficultés financières chroniques (un tiers du revenu est consacré en moyenne à l’entretien de la dépendance), la négligence des besoins psychiques et/ou physiques des enfants, la violence conjugale ou à l’encontre des enfants, les accidents domestiques ou de la voie publique, les abus sexuels incestueux…« 

Dans le podcast « Mes parents sont alcooliques« , de Radio France, la parole est donnée aux concernés. Ne visant pas à stigmatiser les parents ni à générer de la compassion, ce projet vise simplement à écouter les récits des enfants de parents alcoolodépendants, que l’on entend peu. Julien, 28 ans, raconte : « Le soir, mon père allait se coucher, assommé par l’alcool, et nous n’arrivions pas à raisonner ma mère, complètement bourrée. Un jour, sur le chemin du retour après un dîner chez des amis, j’ai demandé qu’on s’arrête parce que je voyais la voiture zigzaguer. J’ai pris les clés, j’ai dit « c’est fini, je veux plus. On va se planter ». C’est ce qu’on vit, nous, enfant d’alcoolique, régulièrement.« 

« Ça sent le pastis dans le lave-vaisselle »

Un homme raconte, résolu, au micro de Radio France : « Ça fait bien 20 ans que je sais que ça ne changera pas. Ma mère vit avec maintenant. En quelques secondes, je sais qu’elle est alcoolisée. Je n’ai plus de relations avec elle, c’est sûr. Je n’arrive pas à faire abstraction, quand ça arrive, je n’ai juste pas envie d’être à cet endroit. Ça me touche trop, en fait, ça me remue beaucoup trop.« 

Interviewée par le média français, une femme se souvient d’une après-midi en compagnie de sa mère : « Ça sent le pastis dans le lave-vaisselle. Maman est ivre. Je veux trouver la bouteille qui l’a rendue comme ça. J’ouvre tous les placards, je sais que je vais mettre la main dessus […]. Je vide la bouteille dans l’évier. Je me sens mieux, mais je sais que ça va recommencer.« 

En plus de la tristesse éprouvée, un phénomène courant est l’inversion des rôles parents enfants. Ces derniers se parentalisent et assument parfois la gestion du parent en plus de la leur, mais aussi du foyer. Se prendre en charge scolairement, cuisiner, protéger le parent en éloignant l’alcool du ménage et se présenter toujours sous son meilleur jour pour éviter les conflits alcoolisés. Un ensemble de situations qui peut mener à des troubles émotionnels et psychologiques, tels que l’hyperactivité, l’impulsivité, l’agressivité, des retards sur le plan cognitif et scolaire, une baisse de l’estime de soi, la dépression…

Et l’alcoolisme, ça se transmet ?

La consommation d’alcool, à l’origine d’un plaisir ressenti, vient stimuler le système de récompense du cerveau, secrétant de la dopamine. Le risque apparaît lorsque les prises se répètent : habitudes sociales ou besoin de réguler des sentiments négatifs ou positifs (tristesse, anxiété, tension, joie). L’alcoolodépendance arrive au stade où la consommation n’est plus maîtrisée, et où les individus ne peuvent plus s’empêcher de consommer de l’alcool. L’alcoolisme est une maladie chronique, et non un manque de volonté ou une faiblesse.

Selon le Centre des Addictions Bruxelles Epsylon, l’existence d’une personnalité addictive est un mythe. Processus de normalisation de l’alcool, liens génétiques, réponse au stress… L’addiction est liée à tout un contexte psychologique, affectif, familial, social, professionnel du système dans lequel l’individu évolue. Relier l’addiction aux gènes reste complexe, puisque le contexte module la vulnérabilité des individus face aux substances et que de nombreux facteurs sont à prendre en compte. 

Peut-on malgré tout dire que l’alcoolisme se transmet des parents aux enfants ? Dans l’étude « Enfants de parents affectés d’une dépendance : Problèmes et résilience« , les résultats indiquent que « les sujets alcooliques ont six fois plus de chances d’avoir des parents alcooliques que les individus non alcooliques de la population normale, et deux fois plus que ceux provenant d’une population clinique« . Plus on commence tôt et plus les risques augmentent également : boire avant 13 ans augmente de 47% le risque de devenir un adulte alcoolodépendant.

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